‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 16 sur 101 · SPÉCIAL ET COMPARATIF DES ÉTATS ORGANO-PÂTHOLOGI- QUES DE LA BOUCHE · texte numérisé non relu

SPÉCIAL ET COMPARATIF DES ÉTATS ORGANO-PÂTHOLOGI- QUES DE LA BOUCHE

1506. Les maladies dont les diverses parties de la bouche peuvent être le siège sont , en général , assez apparentes pour qu'on puisse se dispenser de donner, avec beaucoup de détails, leurs principaux caractères diagnostiques.

1607. 1° Stomato-pathie. Souffrance de la bouche;

1 5o8. StomatO'hémie, Congestion sanguine de la membrane orale. Elle a pour caractère la rougeur des diverses parties decette membrane. C'est surtout dans les gencives qui entourent les dents qu'elle est commune. Fréquemment celles-ci présentent une teinte fortement violacée , elles saignent au moindre contact , etc ;

1 609. 3° Stomatite. Inflammation de la membrane muqueuse de la bouche. Rougeur d'une teinte variée, tuméfaction générale ou circonscrite, douleur ordinairement très vive, chaleur decette membrane. Ces phénomènes se remarquent vers les lèvres ou les

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joues; d'autres fois vers les gencives (gengivite) , ou îa surface de la langue (glossite superficielle). Tanîôi le tissu de la membrane est uniformément rouge; tantôt c'est par plaques que cette rougeur se dessine. Productions puitacées ou coeunneuses se manifestant sur une base enflammée ou ulcérée. Ces ulcérations sont assez fréquentes; elles occupent souvent, sur les lèvres , les cryptes mu queux , tandis que la membrane située alentour n'est que rouge. Quelquefois et consécutivement des abcès se manifestent dans le tissu cellulaire sous-jacent à îa membrane orale. L'inflammation peut être sur-aiguë [hyper - stomatite) ^ sub-aiguë [hypo-stomatite) ; elle revêt quelquefois des formes spéciales. Lorsqu'elle s'accompagne de la formation d'une couche pultacée [stomatite pultacée ^ aphtes), ou d'une membrane accidentelle [stomatite couenneuse)^ elle a souvent de la tendance à s'étendre, dans le premier cas, vers le tube digestif; et dans le second, vers le pharynx et le larynx. On peut considérer comme des stomatites spéciales^ mais très secondaires à la toxicohémie et à la dermite coïncidantes, les éruptions scarlatineuses, rubéoliques , morbilleuses ou varioliques de la membrane orale. La stomatite est souvent le résultai de la souffrance d'une odontopathie (maladie d'une dent). C'est alors vers la dent malade , et souvent autour de l'orifice d'une fistule dentaire, que l'inflammation de la membrane muqueuse est îa plus vive (i). Dans Id, stomatite mer-* curiellelix membrane buccale, et surtout celle qui correspond aux joues, aux lèvres, à îa langue, pré-

(i) Fréquemment, dans des cas pareils, du pus se forme dans l'ah/éole; il glisse par une fistule de l'os , on s'épanche entre cet os et les tissus qui recouvrent celui ci , et détermine l'engorgement inflammatoire du tissu cellulaire, et des abcès qui, plus tard, s'ouvrent ordinairement dans la bouche. De là, l'afFcction que l'on désigoe sous le nom de fluv«oa. L'aspect

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sente une surface grise, saignante, souvent fendillée; en général la stomatite est accompagnée d'une salivation et d'une odeur très fétide de l'haleine; mais cela est surtout remarquable dans celle dont il est ici question. Dans la stomatite sipliylitique ^ qu'il faut se donner garde de confondre avec les ulcérations entretenues par l'éruption, par la saillie, ou par la mauvaise direction des dents (ce qui se reconnaît par l'inspection du rebord alvéolaire et par le siège qu'occupe la maladie) , il existe des ulcérations à bords coupés à pic, à base indurée, rouge, et à surface grisâtre. Du reste, cet aspect existe quelquefois dans des stomatites non siphylitiques, La stomatopathie cancéreuse se reconnaît aux signes généraux des ulcérations cancéreuses.

i5io. Dansla^^n^tVîY^jles douleurs sont vives, et le lieu malade occupant ordinairement le limbe de la gencive, est souvent en contact avec du tartre ou des dents cariées; dans la glossite superficielle ^ les mouvemens de la langue, et par conséquent la parole, la mastication et la déglutition sont très gênés. Dans la péristaphylite il y a souvent une tendance marquée aux vomissemens. Dans la stomatite avec ulcération de la voûte palatine il faut se rappeler que l'os est facilement atteint, qu'il se perfore facilement et établit ainsi une communication avec les fosses nasales. La stomatite des joues est souvent compliquée de parotidite et d'abcès du tissu cellulaire sous - cutané. Et r inflammation superficielle et circonscrite des lèvres donne souvent lieu à la formation de vésicules d'ai)ord

de la tumeur extérieure annonce presque toujours quelle estladent cariée ; car le lieu où Tengoi-gement est le plus marqué correspond presque toujours à celle-ci. Il résulte de là un faciès difFérent dans les fluxions qu] suivent la carie des diverses dents, faciès à l'aide duquel il m'est souvenî arrivé de dire , avant d'avoir fait ouvrir la bouche . quelle tUait la dent affectée, •

STOMATITE.

claires et qui parfois contiennent ensuite du pus en se desséchant ( herpès labialis , dermite superficielle vésiculeuse des lèvres), La glossite profonde ou musculaire présente les caractères généraux deFinflammation ; mais ici la tuméfaction devient énorme et occu pe tantôt une partie circonscrite, tantôt toute l'étendue de la langue. De là, une très grande difficulté ou une impossibilité absolue dans l'exécution des fonctions de cet organe.

i5i 1. Aux phénomènes locaux de la stomatite se joignent des accidens généraux très variables, en raison du siège spécial, de la nature, du degré, de l'étendue, etc., de la stomatite.

i5i2» Uodontite^ ou inflammation de la pulpe dentaire, a pour caractères, la douleur vive et les élancemens ressentis exclusivement dans une dent; ils sont rarement accompagnés d'une sensation de pulsation (n'' i5io).

i5i3. La parotidite ou l'inflammation de la parotide a pour caractères : la douleur, la chaleur, la tuméfaction de cette glande. Par conséquent, c'est sur la branche montante de l'os maxillaire et derrière elle que ces phénomènes ont lieu. Aces symptômes se joignent fréquemment une douleur et une tuméfaction dans le trajet du conduit excréteur de la parotide. L'ouverture de celui-ci, dans la bouche, est quel- > quefois oblitérée par des enduits ou par des couches plastiques , ou encore est ulcérée. Souvent la salive augmente de quantité; d'autres fois elle diminue; il peut arriver qu'elle se supprime, et cela aurait lieu si son conduit était entièrement bouché. Quelquefois l'introduction d'un stylet dans le canal de Sténon y fait reconnaître du pus, et la pression ftiite sur le trajet de ce vaisseau excréteur , fait couler ce liquide avec plus d'abondance.

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1 5 14- Stonuitorrhagie. (Héniorrhagiebuccale^) Il suffit d'énumérer ici les sources de l'écoulemenl du sang par la cavité buccale ; car, pour peu que l'inspection soit faite avec quelque soin, on reconnaît facilement la source de cette iiémorrhagie. Or, les gencives 5 les alvéoles à la suite de l'extraction d'une dent, la membrane orale près du pharynx, la langue dans le cas de blessure de ses vaisseaux , etc. , sont principalement les parties où la stomatorrhagie se déclare. Elle peut être très abondante et déterminer les phénomènes de poïyanliémie étudiés ailleurs.

1515. Le scorbut des gencives a été considéré comme une maladie hémorrhagique, parce que dans cette affection il se manifeste souvent un écoulement de sang par la bouche. L'état des gencives qui y correspond est celui-ci : elles sont tuméfiées, livides, molles , saignantes au moindre contact; le sang qui s'écoule est noir, peu consistant ; il en reste entre les parties molles et les dents; il se putréfie; la gençive s'enflamme, s'ulcère, les enduits s'altèrent ainsi que le sang; Fodeur de la bouche devient infecte. Cet état est fréquemment le résultat d'une cause toute locale: la présence d'enduits épais et indurés qui déchirent les gencives, comme dans le cas de gengivite, et surtout la présence de ces concrétions entre le collet de la dent et la gencive, ou encore la présence de débris de racine dans les alvéoles produisent ausîsi le même effet. D'autres fois l'état scorbutique des gencives est lié à la langueur de la circulation veineuse, à des maladies du cœur, à la stase du sang , et très probablement à une altération dans les principes constituans de ce liquide (hémo-pathie scorbutique).

1 5 1 6. b^Sialalorrhée. (Écoulement très abondant de salive par la bouche, — salivation.) — Cet état coexiste ou non avec l'inflammation de la glande parotide, ou

EXPLORATION DO PHARYNX

avec des affections locales de la membrane orale. 11 fout faire ici bien attention de ne pas prendre pour une augmentation dans la sécrétion salivaire le simple écoulement par la bouche, de la salive qui, dans Tétat normal, est portée dans l'estomac.

1617. 6" Développement anormal et distension ^ par la salivej, du conduit de Warthon ; grenouillette. Existence sous la base de la langue d'une tumeur obîongue, contenant un liquide clair, visqueux, transparent; Forilîce du conduit est quelquefois bouché par des concrétions crétacées.

1 5 1 8. 7" Odontalgie, Douleur correspondant exciusivementà une ou plusieurs dents très ordinairement cariées, et qui s'étend au loin dans d'autres ramifications nerveuses , ainsi que le font les névralgies qui seront étudiées ailleurs (tome 3) . Il n'y a d'autres moyens de distinguer cette souffrancenerveuse dentaire d'une lésion semblable des troncs nerveux voisins, que par la circonscription du point du départ et de la douleur, et souvent par l'altération physique et appréciable aux sens de k dent malade (1).

§ 2. Exploration du pharynx et de l'œsophage.

1519. L'inspection , à l'extérieur, des organes de la déglutition, n'est guère applicable qu'au pharynx. Cependant oh pourrait quelquefois juger par la saillie qu'ils produiraient sur le côté inférieur et gauche du cou , de la présence de corps étrangers, ^volumineux, arrêtés à cette hauteur dans l'œsophage. Les plaies pénétrantes, comme aussi les \ilcères fis-

(1) Voyez, pour les autres affections de la bouche et des dents, les ouvrages de chirurgie, et ceux qui ont trait à i'art du dentiste.

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liiîeux de ce conduiî: ouverts à rexiérieur, ont pour caractère pathognomoniqiie, la sortk) des aîimens ou des boissons lors de la déglutition , par la solution de continuité.

i52o. Quant au pharynx, on peut, dans l'amygdalite ou dans l'hyper-amygdalotrophie , reconnaître rengorgeaient des amygdales à la partie supérieure et latéraleducou, et cela, un peu au-dessous de l'angle de la mâchoire inférieure, dans l'espace que circonscrivent le sterno-mastoïdien , le larynx et l'angle maxillaire. C'est là aussi que pourraient faire extérieurement saillie, soit des abcès voisins du pharynx, soit des corps étrangers volumineux qui seraient engagés dans ce conduit.

î 52 1 . C'est surtout l'inspection delà surface interne du pharynx qu'il est important de faire. Pour y parvenir, sur un adulte, il faut faire ouvrir largement la bouche (1454) î éclairer le fond de cette cavité avec une bougie, qui est souvent préférable à la lumière du jour àcause de la difficulté quel'ontrouvepresque toujours, à faire placer la tête de telle sorte, que cette lumière vienne éclairer le fond de la cavité orale. 11 vaut beaucoup mieux tenir soi-même la bougie delamain droite, parce qu'alors on dirige la lumière sur le point où on le désire, que de la confier à une autre main qui porte souvent des ombres sur les points que l'on cherche à examiner. Le manche d'une cuiller ou tout autre corps analogue, tenu de la main droite, étant alors porté rapidement sur la langue, le baissant et le déviant dans le sens opposé au lieu qu'on veut explorer, permet de découvrir celui-ci. En général, le doigt du médecin, préalablement lavé, est comme pour la bouche, préférable a tout autre instrument ; il abaisse bien mieux la langue, et en provoque moins les contractions; on s*en sert aussi plus facilement. Il faut

COLORATION DU PHARYNX

avoir le soin d'abaisser rapidement la surface linguale au moment où Forgane est dans le relâchement, et éviter, autant que possible , de toucher au voile du palais et à la luette. Sans cela on produirait des nausées, qui empêcheraient d'explorer d'une manière convénable. Pour mieux examiner le pharynx, il est bon, ainsi qu'il a été dit à l'occasion de l'exploration des fosses nasales (885), d'engager le malade à bailler ; de cette sorte le voile du palais se relève et permet de découvrir plus haut la paroi postérieure du pharynx,

1622. Sur les jeunes enfans, il n'est que trop souvent difficile d'examiner le pharynx avec le soin qu'il exige. Cela est d'autant plus regrettable que, fréquemment, le diagnostic des maladies les plus graves <le l'enfance repose sur l'examen physique du pharynx. Les pleurs, les cris, si les parens n'ont pas l'énergie nécessaire, sont des obstacles insurmontables à toute espèce de recherche fructueuse. Il vaut mieux, dans un cas douteux , lorsque les parens se refusent à une exploration indispensable, se retirer, en les prévenant des conséquences possibles de leur incurie ou de leur faiblesse^ que de compromettre, par son peu de fermeté, la vie"^ de l'enfant et sa propre réputation. Souvent on est réduit , comme nous l'avons dit à l'occasion de l'inspection de la bouche, à pincer le nez , pour fermer son orifice , et pour forcer ainsi la bouche à largement s'ouvrir. On saisit alors ce moment pour porter vivement un bouchon entre les dents Comme on a tenu une bougie prête pour éclairer le fond de la gorge, et comme on a pris la précaution de bien faire maintenir l'enfant, de cette sorte on peut examiner convenablement lepharynx, et y porter, s'il en est besoin , les topiques nécessaires.

i523. 11 faut noter ici la rosigeur et les teintes variées du pharynx', qui correspondent fréquemment

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