‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 19 sur 101 · PALPATION DE L OESOPHAGE · texte numérisé non relu

PALPATION DE L OESOPHAGE

1535. La palpation de la porlion d'œsophage sîluée au cou est quelquefois possible à gauche du larynx* On se rappelle à ce sujet les belles opérations faites par M. Bégin pour Textraction de corps étrangers introduits dans cette portion du conduit de la déglutition. On peut, dans certains cas, y sentir des corps étrangers qui y feraient saillie , et par la douleur que cause la pression, lorsqu'il s'agit d'une œsophagite, déterminer la hauteur à laquelle cette affection existe. Plus bas l'œsophage ne peut être palpé à l'extérieur.

1536. La palpation médiate du pharynx peut être pratiquée avec un stylet boutonné; elle est moins sûre et moins fréquemment utile que la palpation immédiate.

1537. La palpation médiate ou le cathétérisme de l'œsophage, se fait avec une sonde ou une canule de gomme élastique, enduites d'un corps onctueux. Ces instrumens peuvent être introduits par les fosses nasales , mais ils se dirigent plus facilement par la bouche (i). Le malade est assis, sa tête est renversée et maintenue contre la poitrine d'un aide. L'explorateur, déprimant avec le doigt de la main gauche la base de la langue , et s'en servant aussi pour guider l'instrument, évite, s'il se peut , la luette ; puis portant la canule ou la sonde le long de la paroi postérieure du pharynx , pour ne pas pénétrer dans la glotte, il dirige l'instrument assez profondément pour arriver jusqu'à l'es-

(1) Il faut, en général, que la canule ait un volume assez considérable, et qu'elle soit plus grosse que les sondes les plus volumineuses destinées au canal de l'urètre. Quand elles sont trop petites, elles peuveut passer dans un rélrécissement, même squirreux, sans être arrêtées parluî. C'est ce qui est arrivé dans une observation relatée dans îe Bulletin clinique, n»

EXPLORATION DE l'oESOPHAGE.

tomac. Il fait exécuter de légers mouvemens d'allée et de venue , et s'il éprouve quelque résistance, il réitère les mouvemens d'une manière alternative et tourne légèrement l'instrument sur luimême pour qu'il pénètre avec plus de facilité.

1538. Cette petite opération peut donner des notions importantes dans plusieurs cas : c'est ainsi qu'elle peut faire reconnaître des retrécissemens organiques de l'œsophage ou du pharynx (comme dans un cas signalé par M. Bégin). Soit, en effet , que des tumeurs extérieures les produisent, soit qu'une affection chronique de ces conduits leur donne naissance , ces rétrécissemens ont pour caractèrestladifficulté qu'onéprouve à introduireune sonde, et la sensation que celle-ci communique à la main qui explore. On sent quelquefois manifestement que l'extrémité de l'instrument pénètre dans le point affecté ci qu'on ne peut la porter plus loin. Toutefois, il faut remarquer que la contraction spasmodique de l'œsophage a été parfois si violente dans un espace circonscrit, qu'elle s'opposait au passage de la sonde, et donnait à la main la sensation d'un corps dur et résistant. Pour éviter de commettre cette méprise dont les conséquences pratiques pourraient être fort graves, il faudrait renouveler le cathétérisme à plusieurs reprises, et le pratiquer avec des instrumens de volume varié. Lorsqu'il s'agit de retrécissemens de l'œsophage, il serait possible de se servir d'empreintes et de sondes graduées, analogues à celles qu'employait Ducamp, pour l'exploration de l'urètre, ou encore des instrumens proposés par MM. Amussat, Lallemand, Ségalas, etc. dans cette dernière affection.

1539. Dans le cas de corps étrangers engagés dans l'œsophage, lapalpation médiate est pratiquée

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