‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 21 sur 101 · SOIF · texte numérisé non relu

SOIF

qu^on ne peut découvrir par un examen^uperficiel, il n'existerait pas de solutions de continuité. Cette considération a conduit, k la Clinique, à découvrir quelquefois des ulcérations situées très haut sous le voile du palais, ou très bas vers le larynx. Parfois, bien qu'il existe des concrétions couenneuses du pharynx , il y a peu de douleurs; aussi ne doit-on jamais négliger d'examiner la gorge toutes les fois que le malade se plaint de celte partie. J'ai eu à regretter dans un cas où l'entérite typhohémique était presque guérie, comme la nécroscopie la démontré , la perte d'un malade qui succomba à une pharyngite couenneuse, celle-ci aurait peut»être été arrêtée par la cautérisation, si l'on avait fait plus tôt attention à un très léger mal de gorge qui datait de la surveille.

i548. La soif a été beaucoup étudiée sous le rapport de la séméiotique. En général , dans l'état de santé, la soif se déclare lorsque le sang a perdu une partie de sa sérosité et que l'organisme et probablement le pharynx éprouvent l'influence de cette déperdition de liquide : ainsi , toutes les circonstances qui éveillent les exhalations cutanée et respiratoire, telles que la chaleur atmosphérique, un exercice violent, etc., etc., et toutes celles qui excitent l'action de l'appareil urinaire, tel que l'usage des vins blancs donnent lieu à une soif vive. Certaines substances portées sur le pharynx et surtout dans l'estomac produisent encore le même effet : tels sont les alimens salés et les liqueurs alcooliques. Ces substances paraissent souvent agir plutôt sur le sang que sur la membrane pharyngienne etstomacale. Ce n'est pas en effet au moment même où elles ont été en contact avec ces tissus, mais plus d'une heure après et lorsqu'elles sont déjà ab-

EXPLORATION DU PMARYKX.

sorbées, au moins en partie, quelles éveillent le sentiment de la soif. Cependant certains alimens portent à boire davantage; mais c'est plutôt en donnant aux boissons un goût agréable qu'ils en font prendre une plus grande quantité qu'en causant une soif réelle; c'est ainsi qu'on boit avec plaisir du vin avec les huîtres, et qu'on ne serait guère porté à faire usage de l'eau , qui cependant appaise si bien la véritable soif. Sans nier donc que l'excitation du pharynx ou de l'estomac influe sur cette sensation , je crois pouvoir établir en fait que celle-ci est le plus souvent en rapport avec l'état général du sang. Du reste, la moindre réflexion sur les usages de la soif, et sur les circonstances où elle naît, doivent faire pencher vers cette opinion.

1 549. Ces considérations physiologiques sont entièrement applicables h l'état pathologique: la sôif se déclare avec intensité, lorsque, dans une maladie quelconque, la sueur a été abondante. Exemple : L'hémo-arthrile (arthrite spontanée aiguë) , la stade de sueur dans les fièvres intermittentes, etc.; la soif est surtout très marquée, lorsque la fréquence de la respiration augmente la perspiration pulmonaire et bronchique, et qu'en même temps la peau est couverte de sueurs ; exemple : La pneumonite, la réaction fébrile quotidienne dans la pneumopathie tuberculeuse. La soif est excessive lorsque le rein secrète une énorme quantité d'urine; exemple : Le diabétès. Elle est très intense, lorsque des évacuations alvines fréquentes et aqueuses diminuent la sérosité du sang; exemple : certaines colites, le choléra typhohémique. Elle est portée à un très haut degré, lorsque le sérum est déposé dans de grandes cavités naturelles , et qu'un obs-

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