APPETIT. SATIETE
redoutent les alimens à l'instar de poisons. Plus d'une fois on a jeté, consciencieusement ou non, sur le compte de décillionièmes de grains, une amélioration qu'on devait au régime nourrissant qu'on administrait en même temps. Il ne faut pas non plus donner des alimens à tous les malades qui ont un appétit réel, et c'est à l'ensemble des symptômes et aux phénomènes qu'on observe et non à la présence seule de la faim , qu'il faut s'en rapporter pour prescrire ou non des alimens.
1620. Le retour de lappétitest en général un bon signe; le besoin factice se retrouve dans une foule d'états nerveux et dans la métropathie. Les modifica= tions les plus étranges de la faim , considérée dans ses rapports avec le goût, existent dans les mêmes circonstances. L'absence d'appétit n'indique pas toujours une inflammation ou une lésion organique de l'estomac ; on l'observe dans des cas où la partie gauche de cet organe est intéressée et surtout ramollie. Elle peut être la conséquence de matières accumulées dans l'estomac, ou de liquides qui y sont contenus, etc. L'anorexie est quelquefois un mauvais signe et dure tant que l'estomac n'est pas revenu à son état normal.
1621. La satiété n'a lieu en santé, que lorsqu'une quantité suffisante et assez considérable d'àlimens est portée dans l'estomac; dans l'état anormal, elle se manifeste quelquefois bien avant que la proportion de substances ingérées dans ce viscère soit assez grande pour devoir produire cette sensation. Il est des personnes qui éprouvent une faim assez vive, et quelques bouchées d'alîmens , surtout de ceux dont M consistance est pâteuse, suffisent pour produire la satiété et même une sensation de distension à l'épigastre. On observe ce symptôme : r lorsque Festo-
102 EXPLORATION DE l'eSTOMAC
mac est très petit, très rétracté, ce qui du reste est assez rare; 2** lorsque des aliraens restent dans l'estomac, quoiqu'un laps de temps considérable se soit passé depuis leur ingestion; bien que Fappétit revienne alors, la satiété porte bientôt à croire que l'organe n'est pas vide, et la percussion prouve qu'il en est parfois ainsi; 3° lorsque l'estomac est rempli d'une grande quantité de gaz; 4° dans certains états de ce viscère, fort mal définis, et qui ont été considérés, à tort ou à raison , comme des névroses (i655j. La satiété alterne souvent avec ces besoins factices dont il a été précédemment parlé.
1622. La nausée ou le besoin de vomir précède le vomissement dont elle est le premier phénomène; elle consiste dans une sensation pénible qui semble remonter de l'épigastre vers l'œsophage, et porte à contracter les muscles abdominaux et le diaphragme. Elle se déclare dans les mêmes circonstances que le vomissement qui ne la suit pas toujours, On l'observe très fréquemment dans la grossesse et dans la plupart des cas où il est ordinaire de voir vomir les malades.
1625. Le mouvement par lequel l'estomac se débarrasse des alimens qu'il contient, ou la péristole, n'est observable à l'extérieur, que dans des cas assez rares, et dont il a été parlé ; il est inutile de revenir sur ce qui en a été dit.
1624. La régurgitation est le résultat de la contraction de l'estomac et de l'œsophage ; elle fait remonter dans la bouche, sans grands efforts musculaires, des solides, des liquides ou des gaz, en assez petite quantité à la fois. Ces substances sont analogues à celles dont il va être parlé à l'occasion du vomissements En général la régurgitation de gaz ou l'éructation €st une preuve que la digestion se fait mal et qu'il y a
des matières accumulées daus l'estomac ou dans les intestins; ilen est surtout ainsi lorsque les gaz ont l'odeur d*œufs pourris.
1625. Le vomissement ou l'action de rejeter aVec effort les substances contenues dans l'estomac, est susceptible d'une foule de degrés, dont l'histoire appartient à la physiologie. Tantôt il a lieu une seule fois, et d'autres fois il se renouvelle d'une manière très fréquente et très répétée. Dans certains cas , les efforts qu'il exige sont peu considérables, et d'autres fois ils sont portés si loin que le malade souffre beaucoup et devient rouge pendant toute leur durée. Ailleurs, il semblerait que les alimens remontent par la seule contraction de l'estomac , tant les muscles abdominaux agissent peu ; et dans d'autres circonstances, l'action de ces muscles et du diaphragme est excessive. Or, ces secousses de vomissement indiquent ou une souffrance gastrique, qui peut reconnaître pour cause, tantôt une lésion idiopathique et tantôt une affection symptômatique de l'estomac.
1626. On voit survenir en effet le vomissement : dans les déplacemens de cet organe , et lorsqu'il est contenu dans une hernie; — lorsqu'il est irrité par des substances acres ou corrosives ; — lorsqu'il est réellement enflammé ; — lorsque l'action digestive est, comme dans l'iralgie , entièrement suspendue par un travail nerveux qui se fait ailleurs ; — lorsque le pylore est oblitéré en totalité ou en partie ; — dans les ramollissemens gélatineux ou pultacés de l'estomac, etc.
1627. D'un autre côté, le vomissement est quelquefois l'expression de la stimulation de la luette et des parties qui l'avoisinent (ainsi un corps étranger dans le pharynx, cause des vomissemens continus); la constipation et mieux encore un obstacle au cours
EXPLORATION DE l'eSTOMAC
des matières dans l'intestin le déterminent avec une grande persistance. Dans certains cas, il est le symptôme d'une péritonite : cela a surtout lieu lorsque les intestins , réunis par des adhérences , ne peuvent se contracter pour déterminer la progression des matières. Une telle circonstance détermine la même stase stercorale qu'un rétrécissement intestinal; c'est peutêtre encore de cette sorte qu'agissent certaines tumeurs pour produire le vomissement qui se déclare sur quelque point de l'intestin grêle. La souffrance des reins et la métropathie ont souvent le vomissement pour symptômes ; il en est ainsi de l'encéphalohémie et de l'encéphalorrhagie ( congestion et hémorrhagie cérébrales) , et, chose remarquable, on le trouve encore dans l'anencéphalohémie (anhémie du cerveau, syncope). — Dans l'opération de la cataracte, ii suffit d'irriter l'iris pour que le vomissement survienne. — On observe encore ce phénomène lorsque des substances émétiques ont été injectées dans les veines. — Une augmentation dans le volume du ventre décide souvent des vomissemens. Bien plus, de simples affections morales, telles que le dégoût, ou certains mouvemens , tels que l'action imprimée par la balançoire et un vaisseau peuvent provoquer l'action de vomir, etc.
1628. La conséquence de tout ceci est que lè vomissement se retrouve dans une foule de cas , et que son existence isolée est^ loin de toujours indiquer une gastropathie idiopathique. Lorsque des vomissemens existent, il faut en chercher la cause anatomique, autant qu'il est possible de le faire ; c'est le seul moyen de tirer de ce phénomène quelques inductions diagnostiques. Une telle recherche pt;ut faire reconnaître des lésions mortelles si elles n'étaient pas promptement combattues. — Sur tout malade atteint d'une affection aiguë et^qui vo~