‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 27 sur 101 · HOQUET · texte numérisé non relu

HOQUET

mit, il est indispensable de s enquérir : i" S'il n'a pas pris du poison; 2° s' il ne porte pas une hernie étranglée ; 3° s' il n'a pas un corps étranger dans le pharynx;

s'il n'est pas menacé d'hémorrhagie cérébrale; b^s'il n'est pas atteint de syncope , etc. Des vomissemens et même des nausées qu'éprouve une jeune femme , d'ailleurs saine, portent souvent à soupçonner la grossesse. Dans une épidémie de petite vérole , des vomissemens indiquent parfois que le malade sera frappé les jours suivans par l'éruption varîolique. Les vomissemens qui suivent la toux, n'indiquent rien autre chose si ce n'est la compression de l'estomac par suite de Faction des muscles expirateurs.

1629. Le défaut de vomissemens ne prouve pas, à coup sûr, qu'il y ait absence de gastropathie. Il est rare, lorsque dans les cancers gastriques l'orifice pytorique est libre , que ce symptôme ait lieu; cette remarque n'a pas échappé à M. AndraL Tout récemment encore , à la Clinique de l'Hôtel-Dieu , on reconnut qu'une femme, atteinte d'ascite, portait une gastropathie cancéreuse et qu'il venait de se rompre dans le péritoine. Cependant il n'y avait eu pendant la vie, ni tumeur appréciable, ni vomissement. L'ulcération dont le fond présentait la déchirure , avait près de deux pouces de large et occupait la petite courbure.

1 630. Le hoquet , sans avoir son siège dans l'estomac, se rapporte, en général, à un état particulier de ce viscère. On le voit survenir lorsque celui-ci est distendu par beaucoup d'alimens. Quelquefois le hoquet est le résultat de dysgastronervies (troubles dans l'action nerveuse de l'estomac) ; mais il est un des symptômes les plus constans et les plus graves des obstacles au cours des matières dans le tube digestif; diU^si^ quand il existe avec quelque suite ^ faut -il

tXPLOIlATlO.^ DK l'estomac.

toujours penser aux hernies y ou aux retrécissemens intestinaux dont le malade pourrait être atteint. C'est là un des points de diagnostic les plus importans et les plus graves.

1651. La fonction de l'estomac est la chymification. En santé, la durée de celle-ci varie suivant la nature, la quantité de 1^ substance ingérée, suivant les conditions dans lesquelles se trouvera placé l'homme qui digère, suivant enfin une multitude de causes qu'il serait difficile d'énumérer ici en totalité.

1652. Dans l'état anormal, il se peut faire que les alimens restent à peine quelques instans dans l'estomac; d'autres fois, ils y séjournent quelques heures ou quelques jours. La première de ces circonstances peut correspondre sans doute à ce que l'estomac est irrité, et à ce qu'il se débarrasse promptement des substances alimentaires qui tendent à augmenter cette irritation; mais bien souvent aussi, cette rapidité, dans l'action gastrique, est peu dangereuse et tient à une dysgastronervie. Le second état dépend en général de deux causes : ou de ce que le mouvement péristaltique de l'estomac n'a pas lieu (c'est ce qu'on observe sur les personnes qui, travaillant de cabinet, dépensent par le cerveau trop de vie, et entravent ainsi sa libre distribution vers l'estomac), ou de ce qu'il y a quelque obstacle mécanique persistant à la sortie des alimens par le pylore. Ce dernier cas (bien qu'une simple contraction spasmodique des fibres musculaires de l'orifice pylorique puisse produire la stase du chyme dans l'estomac , comme on voit le sphincter de l'anus contracté retenir longtemps les matières stercorales ), est malheureusement trop fréquent. Il résulte de tout ceci, que le séjour prolongé des alimens dans l'estomac peut bien faire

DEFAUT DK CHYMIl IC ATlOiN . 107

redouter une pyiorarctie ( rétrécissemeni; du pylore) , mais ne doit pas être pris pour un signe positif de cette grave affection.

1 653. Le défaut de chymification des substances contenues dans i'estomac peut être reconnu de deux manières : ou bien parce que le malade , tout en mangeant beaucoup, maigrit, et rend par les selles des substances semblables à celles qu'il a avalées, ou encore, parce qu'il vomit des matières qui ne sont pas, ou qui sont mal digérées. Ce défaut de digestion estencore annoncé par des éructations de gaz , par une sensation de pesanteur à l'épigaslre , et par la régurgitation des alimens. L'apepsie ou la dyspepsie (digestion nulle ou difficile) peut être le symptôme de divers phénomènes organiques ou physiologiques. Elles peuvent provenir : 1° de ce que la mastication et l'insalivation se font mal (c'est ce qu'on observe sur certains vieillards dont les dents sont en partie tombées , et qui en conservent assez pour éloigner l'une de l'autre les arcades alvéolaires et les empêcher ainsi de devenir dures). 2"* De ce que l'action nerveuse indispensable pour que le travail gastrique s'effectue , cesse de se diriger vers l'estomac (indigestion à l'occasion de l'iralgie et des impressions morales vives). 5° De ce qu'un état inflammatoire aigu ou chronique trouble les fonctions gastriques. 4" De ce que l'orifice pylorique est largement détruit par une ulcération carcinomateuse ou autre. S** De ce que des tumeurs, coiiiprimant l'estomac, le forcent à se débarrasser, plus tôt qu'il ne conviendrait, des matières qu'il contient, etc. Dans les cas où l'on a la preuve matérielle que la digestion se fait mal , on ne doit pas traiter cet accident comme une maladie, mais bien rechercher la cause organique qui l'occasionne.

riXPLGRATlOK DE L'ESTOMAC.

1634. Tantôt les produits des digestions deviennent acides; cela est presque toujours dû au séjour de la salive dans l'estoineic; car ce liquide a une grande tendance à s'acidifier. 11 ne faut pas regarder ce symptôme comme la preuve certaine de l'existence d'une gastropathie primitive. En effet, c'est souvent lui qui la produit, et quelques grains de magnésie font quelquefois disparaître presque subitement la souffrance de l'organe. Plus d'un ramollissement gélatiniforme ou pultacé de l'estomac , ont été dus à l'action de la salive acidifiée alors que ce viscère avait été long-temps tenu vide d'alimens.

1 635. Les signes fonctionnels que donnent les organes autres que l'estomac, à l'occasion delà gastropathie, sont les plus nombreux et ont été étudiés par les auteurs, surtout depuis l'excellent traité desphlegmasies chroniques, avec le plus grand soin La diarrhée ne se manifeste guère, par suite de la souffrance de l'estomac , q u'autan t que l'intestin y participe, ou que la chymification incomplète des alimens leur ait laissé des qualités irritantes. L absence d'évacuations alvines est souvent un symptôme fort éloigné, il est vrai, des affections chroniques de l'estomac, et elle se rencontre, soit dans la gastralgie, soit dans la gastronervie (défaut d'action nerveuse de l'estomac), soit encore dans la gastropathie carcinomateuse. Dans ces cas, on conçoit facilement pourquoi les malades ont ordinairement peu de selles; c'est qu'en général ils mangent moins qu'il ne serait utile de le faire pour

(i) Dans un mémoire publié en tSaS (Journal complémentaire du dictionnaire des sciences médicales); mémoire qui se ressent des idéés dominantes du temps, et dont je ne voudrais pas défendre actuellement toutes les propositions, j'ai cherché à faire voir que presque tous les organes pouvaient donner lieu à des symptômes de maladie à l'occasion de la souffrance de l'esfomac.

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