‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 4 sur 101 · INSPECTION DES DENTS · texte numérisé non relu

INSPECTION DES DENTS

circonstances tiennent surtout à la manière dont le malade respiré, et tout ce que nous dirons de la langue, à ce sujet, est applicable aux dents. Celles-ci, dans certaines maladies chroniques, paraissent allongées 5 ce qui provient de l'atrophie des gencives ; et ce qui s'observe d'ailleurs , sur des individus sains , lorsque ces gencives ont été longtemps irritées par une cause quelconque. Les dents deviennent branlantes lorsque le rebord gingival reste quelque temps malade (le scorbut, la salivation mercurielîe) ; quelquefois le malade les croit à tort vacillantes.

i44o- Un grand nombre de maladies de la bouche,^^ de la face, ou même de parties très éloignées, sont la conséquence des souffrances causées par les dents malades: des inflammations chroniques ou des fongosités des gencives , des fistules , des caries , des tumeurs carcinomateuses des os maxillaires, des abcès dans les sinus du même nom ; des inflammations rebelles et chroniques de la membrane pituitaire ; des tumeurs et des fistules lacrymales , des abcès et des dermites superficielles aiguës de la face f érisypèles) ; i'ophthalmie et ses suites les plus graves, peuvent être la conséquence de la carie, ou de la destruction de la couronne de la dent. Il serait facile d'appuyer chacune de ces assertions sur des observations nombreuses extraites des auteurs ou de mes notes, si cela ne nous conduisait à augmenter par trop le nombre de ces pages ( i ) .

( i) De toutes les lésions où il est uli[e de constater l'état des dents, cr f^ont surtout les névralgies sur lesquelles il faut insister. La lésion des filets nerveux de la dent peut se reproduire au loin avec la même forme et êfrf suivie successivement, dans différens nerfs, des douleurs propres à ces affections. Indépendamment du cas consigné dans la Clinique de In Piiié, page 267, j'enpourrais citer dix autres du mômegenrc. Or, dans de telies circonstances, le diagnostic de Tétat de la dent est d'autant plus utile qnc. la névralgie continue tant que sa cause organique reste dans l'alvéole cl f^ue le mal cesse ordinairement après l'évulsion de la dent.

*44*- Pour bien examiner les dents, il faut, nonseulement le faire directement, mais il peut être quelquefois utile de se servir d'un petit miroir échauffé préalablemen ( , afin d'empêcher l'humidité d'en ternir la surface. Recherchez si la couronne dentaire a éprouvé, sur quelque point, une perte de substance et si elle ne présente pas une teinte gris-bleuâtre, différente de celle qu'offrent les autres dents. Fréquemment, au -dessous d'une surface dentaire ainsi colorée, se trouve une vaste cavité que la carie a produite. Observez toujours avec soin , surtout pour les grosses molaires , le lieu où les couronnes se touchent; car c'est là que souvent la carie commence.

1442- I^es dents, comme agens mécaniques, causent souvent, sur les parties molles voisines, des ulcérations qui , maintes fois , ont été prises pour des accidens syphilitiques. On évitera toute erreur de ce genre en recherchant si les dents voisines de ces solutions de continuité ne présentent pas d'aspérités ou de surface inégalement brisée (1).

i44^* faut encore faire attention aux enduits qui couvrent le collet des dents, et qui s'élevant vers la couronne, ternissent sa pureté, ou, s'introduisant entre la racine et la gencive, irritent celle-ci, Tenflamment et l'ulcèrent. Que de fois n'a-t~on pas attribué

(i) Unhomme de vingt-quatre ans portait^ soiis la langue, depuis trente mois, une ulcération qui avait résisté à unt foule de moyens, et qui le gênait pour parier ou pour exécuter la déglutition. Les dents étaient intactes et nullement propres à déchirer la langue. lî arriva qu'un jour, en portant par hasard le doigt à la partie interne de l'os maxillaire inférieur au niveau de la canine droite, ce malade sentit une éminence pointue qui touchait à la déchirure de la langue. C'était une dent surnuméraire. On en fit l'extraction et le malade fut guéri en peu de jours. Récemment, à la clinique del'Hôlel-Dieu, des élèves, en assez grand nombre, considéraient comme vénériennes des ulcérations nombreuses entretenues ainsi chez un malade par des dents inégales et irrégulièrement cassées.

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