ENTÉRITE
déclarent. iN examinons pas l'organisme sous une seule de ses faces ; mais cherchons à l'envisager sous tous ses points de vue.
1737. Des considéralions semblables sont applicables aux vésicules transparentes (sudamina ), aux dermorrhagies pétéchiales, aux dermiies toxiques qui se déclarent dans un certain nombre d'entéropathies, et qui sont bien plus souvent le résultat des états organo»pathologiques (hémite,ty=phohémie, toxicohémie, etc.) concomitansa la maladie intestinale, que de cette affection elle-même.
SPÉCIA.L ET COMPARATIF DES ETATS ORGANO -PATHO- LOGIQUES DE l'intestin.
1738. Entéropathie (souffrance de l'intestin, considérée en général ).
1739. Entérohémie [ congestion sanguine de l'intestin ). Ses caractères sont très peu connus ; ce n'est guère que pour le rectum qu'il est possible de la reconnaître par l'inspection qui fait voir la membrane muqueuse rouge , variqueuse et tuméfiée.
1740. Entérite (inflammation aiguë de l'intestin). Douleur variable en intensité, occupant les points de l'abdomen, en rapport avec les intestins , et variant par conséquent de siège, suivant que la lésion occupe tel ou tel de ces organes. Dans la duodénite^ on l'observe profondément , soit au-dessous du foie , soit dans la région ombilicale et un peu audessous d'elle. Dans l'entérite, proprement dite { Jéj unité et lié ite) , c'est au centre de l'abdomen €1 notamment vers la région inférieure, à trois au
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quatre pauces à gauche de i'épine iliaque anlérieure et supérieure droite, que la douleur se fait remarquer. La cœcite doone lieu à uue souffrance qui se retrouve dans la fosse iliaque droite. La colite produit une douleur qui , parfois , est fixe dans les fllancs, la région ombilicale ou TS iliaque gauche ; mais qui , plus ordinairement occupe successivement les divers points de l'abdomeu précédemment nommés. Dans la redite il y a fréquemment une souffrance profonde dans le bassin celle-ci semble surtout aboutir à l'anus. Les douleurs, dans l'entérite, varient de caractère suivant une multitude de circonstances (1707) ; assez fixes dans le duodénum, ordinairement sourdes dans le jéjunum et l'iléon, elles ressemblent assez bien, pour les gros intestins , aux coliques qui , dans l'état normal, précèdent les évacuations alvines ; seulement, elles sont beaucoup plus intenses. La douleur du rectum est fréquemment semblable à celle qui accompagne le besoin pressant de rendre les fécès. Du reste, la portion d'intestin située immédiatementau-dessusdes sphincters, alors qu'elle est enflammée, est le siège de souffrances très variables. Ce sont des démangeaisons, des cuissons, des picotemens , des élancemens , des lénesmes , qui parfois sont insupportables. Le degré auquel les douleurs sont portées dans l'entérite „ n'a rien de constant. Extrêmement faible dans quelques cas , il est élevé dans d'autres , à une excessive intensité (1707). C'est surtout dans l'inflammation des intestins qui suit l'empoisonnemeut par les substances corrosives ( entérite toxique), que la souffrance est parfois excessive. Les douleurs inflammatoires de l'intestin augmentent le plus souvent par la pression , et dans les cas aigus , le moindre loucher les exaspère.
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1741* L'intensité des douleurs, correspond, en général, à celle de l'inflammation, mais elle est peut-être encore plus en rapport avec les contractions intestinales qui coexistent avec la phlogose, ou qui en sont la conséquence. Dans quelques cas, la jéjunite et l'iléite sont à peine accompagnées de douleurs. C'est ce qu'on observe sur quelques malades atteints de dothinentérie.
1742* Evacuations alvines plus ou moins abondantes et répétées, molles, liquides, jaunâtres, bilieuses, surtout lorsqu'il s'agit de la duodénite; grisâtres, fétides, fécales, muqueuses, séreuses , sanguinolentes, purulentes; consistant en un mélange de ces diverses matières; contenant, dans l'entérite toxique , les substances délétères ingérées. Dans la colo-rectite , les selles sont très fréquemment réitérées, et la proportion des matières rendues à chaque fois est quelquefois très peu considérable. C'est alors que se manifestent surtout des ténesmes très douloureux, et que les matières excrétées par l'anus sont mélangées de pus , de sang qui y forme des stries , ou qui s'y trouve même en proportion notable.
1745. Expulsion de gaz plus ou moins abondans et fétides. Présence des matières constatées par la percussion , et quelquefois par la fluctuation, dans l'intestin grêle, le cœcum, le colon droit et surtout l'S iliaque. Bruit humorique sur ces parties; accumulation des gaz dans l'abdomen qui prend alors beaucoup de volume. A une période plus avancée , ou lorsque les symptômes sont très aigus , le ventre est plus ou moins plat, rétracté et contient peu de gaz.
1744» Anorexie, lorsque l'entérite est aiguë ; nausées, vomissemens , hoquet, surtout lorsque,
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par suite de l'entérite , il y a quelque obstacle au cours des matières» Difficulté ou manque absolu de digestion des alimens qui traversent parfois le tube alimentaire avec rapidité. Refoulement des viscères par les intestins distendus par le gaz , ou encore , sorte d'immobilité du diaphragme , produite par la douleur intestinale qui s'exaspère alors que ce muscle s'abaisse. Cystiectasie urinaire; accélération du pouls qui, cependant, n'est pas constante. Quand les selles n'ont pas été très nombreuses et que la maladie est récente, le battement de l'artère est en général assez développé ; lorsque les évacuations ont été considérables, il devient plus ou moins faible; et si elles sont excessives y il tombe tout à coup à un état de faiblesse extrême et est à peine appréciable ( pouls vermiculaire ). Lorsque l'inflammation est très intense, comme dans l'entérite toxique, le pouls, dès le principe de la maladie , est parfois extrêmement débile. Troubles de circulation, tels que palpitalions, irrégularités dans le rythme du cœur; alors que le malade, atteint d'entérite aiguë, conserve beaucoup de sang, coloration plus ou moins vive des capillaires et notamment de ceux de la bouche et de la langue. La rougeur devient , dans ce cas , plus vive à la pointe de la langue lorsque le malade la tire hors les arcades dentaires, et cela arrive par une simple expression mécanique : dyspnée portée plus ou moins loin , suivant les cas, et causée surtout par la douleur ou par le volume de l'abdomen : de là, ouverture de la bouche qui se dessèche , et formation d'enduits variés sur la langue qui prend alors des aspects divers ^ depuis la teinte grisâtre , au-dessous de laquelle le tissu est rouge , jusqu'à l'apparence jaunâtre, bru-
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nâlre et noirâtre ; depuis une iiumidilé peu marquée jus.qu'à une extrême sécheresse. Consécutivement aux troubles de la respiration et au coucher habituel sur le dos : pneuQiohémie , et plus tard pneumonite , qui prennent facilement la forme hypostatique (i283). Par suite des mêmes circonstances , accumulation des liquides dans les bronches , d'où résulte le danger de voir survenir l'anhématosie par Técume bronchique (SSg).
1745. Consécutivement à ces troubles de digestion , de circulation et de respiration , altérations plus ou moins profondes du sang 5 dansJes premiers temps, réaction générale, vivacité de circulation, poly hyper hé mie (843); plus lard, au contraire , perles de liquides par les selles , les sueurs, polyanhémie ; d'autres fois , matières putrides formées parles ulcérations, résorbées et mêlées avec le sang , typhohémie (864) j ailleurs , pus formé dans l'intestin absorbé par les vaisseaux et mélangé avec le sang , pyoh^mie (855) ; dans d'autres cas, surtout dans la duodénite (^î) , propagation de la maladie de l'intestin aux conduits cholédoque et hépatique, cholihémie (868), etc.
174^* ^ suite, et souvent par suite de symp-» tôtnes si compliqués , phénomènes cérébraux va» riés et qui ont été déjà signalés dans les paragra-» graphes précédens (lySa).
1747. Joignez à ces caractères les circonstances commémoratives des causes qui ont pu agir pour produire l'entérite , et par exemple d'agens toxiques et surtout épidémiques qui auront pu influer sur la production de la maladie ; ajoutez-y la mar-
(1) Voyez Texcellent travail de M. Gasiuiir Broussais sur ce sujet ; voir aussi l'article Cholihémie du Traité de médecine pratique.