‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 5 sur 101 · INSPECTION DES GENCIVES ET DU PALAIS · texte numérisé non relu

INSPECTION DES GENCIVES ET DU PALAIS

au scorbut des gonflemens eî des hémorrhagies des gencives, produits par les inégalités du tartre et par le déchirement des tissus qui en résultaient ! Il est d'autant plus utile de reconnaître des faits si simples et de si peu de valeur en apparence, que le traitement tout entier repose sur eux. INe considérez pas comme des scrophules , et ne donnez pas inutilement de Fiode lorsqu'il s'agit d'un ganglion lymphatique engorgé, que vous pourriez guérir en faisant enlever le tartre des dents qui ulcère une gencive, ou en procédant à Fextraction d'une dent cariée.

i444' La teinte et le gonflement des gencives méritent encore un sérieux examen. Ces parties présentent en général une coloration correspondante à celle des capillaires (668 ). On les voit tuméfiées et ordinairement saignantes quand la circulation languit et que le cœur droit agit faiblement.

1445. Bans l'examen des gencives il faut surtout noter les petites ulcérations ou les abcès qui , résultant de la carie des dents , ^e manifestent fréquemment vers le point où la membrane gengivale se continue avec celle des joues et y déterminent un engorgement plus ou moins considérable. Celui-ci est souvent la source de ce que Ton désigne vulgairement sous le nom de fluxion.

i446- L'inspection de la voûte palatine y fait souvent découvrir des enduits qui la recouvrent , un gonflement inflammatoire des plis qu'elle présente , des pustules varioliques qui s'y forment, ou des ulcérations vénériennes à bords relevés et rouges, à surface grisâtre , s'étendant à l'os , le perforant , et établissant ainsi une communication anormale entre les cavités orale et pituitaire; d'autres fois encore des ulcérations cancéreuses existent sur ce même point , etc.

i447- L'inspection du voile du palais et de la luette doit porter à étudier leur rougeur ou leur pâleur, les ulcérations, les pustules qui s y trouvent, et beaucoup d'autres altérations qui peuvent être communes aux membranes de la bouche et du pharynx. Mais ici deux choses spéciales doivent être notées : d'une part le peu de mobilité du voile du palais ( circonstance qui se remarque sur certains apoplectiques, ou lorsque la vie s'éteint) ; et de l'autre îa procidence delà luette qui, dans certains cas, suivant M. Lisfranc , peut être très longue , s'étendre par en bas , irriter l'orifice guttural du larynx, et déterminer une petite toux incommode qu'on doit se garder de prendre pour le symptôme d'une affection du poumon lui-même. 11 faut encore noter ici la division congénitale ou accidentelle du voile du palais qui peut exister, et il est d'autant plus important de le faire, que M. Roux est parvenu à guérir une semblable infirmité.

1448. Mais de toutes les parties de la bouche , celle dont l'inspection mérite le plus d'attention est sans contredit la langue. Aux yeux des médecins , les signes diagnostiques, fournis par cet organe, ont une extrême importance , éclairent sur une foule d'états de l'organisme, et sont en partie, pour le tube digestif, ce qu'est le pouls pour la circulation. La langue est, dit-on, le miroir fidèle de l'état de la membrane muqueuse gastro-intestinale, et ses enduits conduisent à des indications thérapeutiques. On donne l'émétique, le quinquina, parce que ces enduits présentent tel ou tel aspect. D'autres médecins dont les talens et les services sont, à mes yeux, d'un bien grand prix, croient pouvoir juger, par la rougeur générale ou partielle de la langue, de i'étatdu tube digestif ou de l'intestin. Confiant en des autorités si imposantes, j'ai

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