PERCUSSION, MENSURATION
leurs auxquelles il donne lieu et de ne pas lui attribuer celles qui lui sont étrangères ; c'est ainsi que dans la pleurite et la pneumonite , la souffrance existe souvent au-dessus du lieu occupé parla glande biliaire, et que dans la gastrite ou l'entérite , le point endolori se manifeste plus bas que l'espace occupé par l'organe hépatique; 2° elle fait reconnaître, dans les cas où le ventre est volumineux ou distendu par des gaz , le refoulement du foie par en haut , et démontre ainsi que la cavité du thorax est diminuée d'ampleur ; 3" arrive-t-il que les bronches livrent difficilement passage à l'air, que celui-ci s'accumule dans les vésicules et augmente ainsi le volume du poumon ? Un épanchement pleurétique occupe-t-il une grande partie de la cavité- pleurale ? On est conduit à reconnaître de tels états organiques par l'abaissement du foie au-dessous du rebord costal (i352) , etc.
1828. I-.a mensuration exacte du foie par la piessimétrie , permettant de déterminer les variations de volume survenues dans cet organe, il en résulte que l'on peut apprécier dans les cas d'hyperhépatotrophie, l'influence qu'ont des médications variées sur les dimensions de la glande biliaire : c'est de cette sorte qu'il a été possible de constater, à l'état aigu , qu'à la suite des saignées , le foie enflammé, et surtout hyperhémié , diminue de volume d'une manière très prompte ; nfue les purgatifs salins , lorsqu'ils procurent des évacuations abondantes , produisent un effet du même genre, etc. Cette appréciation des dimensions du foie a permis encore de démontrer combien la difficulté avec laquelle la circulation ou la respiration se font , influe sur l'augmentation du volume de la
glande biliaire, puisqu'on voit souvent celle-ci acquérir de grandes dimensions tout aussitôt qu^il existe un troubie circulatoire ou respiratoire. Elle a conduit encore à prouver que îe foie contient une certaine proportion de sang, en quelque sorte en réserve , et qui rentre dans l'économie lorsque des hémorrhagies ont eu lieu ; c'est ainsi qu'à la suite des grandes saignées les malades sont souvent à peine affaiblis , mais que la glande biliaire est de beaucoup diminuée de volume. De ces faits et d'un grand nombre d'autres , est résulté que souvent le volume considérable du foie constaté parla percussion peut être compté parmi les symptômes de la polyhyperhémie , tandis que sa petitesse est l'un des caractères de la polyanhémie.
1829. L'appréciation de l'état de la vésicule du fiel au moyen delà percussion, a permis, i*" de constater que souvent, dans la cholihémie (ictère), le réservoir de la bile est distendu par ce liquide, et que par conséquent l'obstacle au cours de celui-ci existe, non pas dans le foie, mais bien dans le conduit cholédoque ou vers le duodénum ; 2" de déterminer des pressions sur îe fond de la vésicule, soit avec la main , soit avec un bandage approprié , et cela dans l'intention de surmonter les obstacles dont il vient d'être question (1); 3" de reconnaître que dans l'hypertrophie du foie, proprement dite^et dans la simple congestion, la vésicule n'est pas ordinairement pleine de bile; 4** que dans des cas où la cystiectasie biliaire avait lieu , il arrivait souvent consécutivement que le foie s'hyperhémiait et était atteint de phlogose , etc., etc.
(1) Voyez i'article Cholihémie du Traité de médecine pratiqué;