EXAMEN DE LA BILE
vésicule du fiel par la bi]e , alors que cette distension est très considérable.
i835. L'examen des liqu^^es formés par le foie , se réduit à celui de la bile, car il est impossible de constater quel est l'état du sang avant qu'il arrive à la glande hépatique etaprès qu'il en est sorti. Or, à part les cas démesurément rares et semblables à ceux relatés par Peiit , où une fistule établit une communication entre la cavité de la vésicule et l'exlérieur, on ne peut étudier le fluide biliaire que lorsqu'il est passé par le tube digestif et qu'il est mélangé avec les liquides ou les substances que celui-ci contient. Nous avons parlé ailleurs (1^99) des variétés de viscosité, de coloration que la bile présente, et y revenir serait nous engager dans des répétitions inutiles. Ajoutons seulement ici que dans quelques cas on l'a trouvé pendant la vie, comme M. Andral et moi l'avons observé sur le cadavre, présentant l'aspect d'un liquide aqueux et albumineux , teint d'une légère couleur jaunâtre. Cet état de la bile qui se rencontre quelquefois dans la cyrrhose, l'atrophie du foie, etc., semble résulter d'une transformation de la bile en eau et en albumine. Dans ce cas , ce liquide a perdu son amertume habituelle. On croit, surtout en Angleterre, que cette altération de la bile est pour beaucoup dans les troubles de digestion dont certains individus sont atteints. L'odeur de la bile, qui varie , dit-on , dans plusieurs circonstances pathologiques, n'a point encore fourni de données utiles en diagnostic.
1 836. L'analyse chimique de la bile en santé, n'est point assez avancée pour qu'on puisse encore tirer parti, comme du diagnostic, de celle que l'on en ferait à l'état pathologique. On sait, en effets, que les
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recherches de MM. Thénard, BerzéHus, etc., n'ont point donné, sur l'état physiologique de ce fluide, des résultats identiqiie#,Des recherches intéressantes ont été faites sur les altérations de la bile, mais elles ne sont ni assez nombreuses, ni assez variées pour fournir quelques matériaux à la séméiologie. M. Orfila a trouvé dans la bile cystiquede cadavres d'individus morts de fièvre bilieuse grave, plus de résine qu'à l'ordinaire. M. Thénard a reconnu que ce fluide contenait au contraire moins de résine sur les sujets dont le foie était ^ras. M. Chevalier a constaté la présence du picromel dans \§ bile d'une femme tuberculeuse et sur plusieurs malades atteints de syphilis. M. Chevreul a trouvé de la cholestérine , des acides margarique et oléique dans la bile de cadavres de malades morts par suite de diverses affections , et le docteur Cathrall a rencontré de l'acide hydrochlorique dans les matières vomies pendant la durée de fièvres rémittentes bilieuses , etc. ; mais ces Uocumens n'offrent pômt encore d'application diagnostique. 11 est à désirer que l'on étudie chimiquement, et sur une large échelle, la bile vomie en santé et dans des maladies variées , ces recherches fourniront sans doute des résultats séméiotiques et thérapeutiques. Ce qu'il y a de bien certain , c'est que le fluide biliaire offre souvent des qualités très irritantes. Sans parler de ce fait de Morgagni qui vit la bile trouvée dans les intestins d'un peintre mort au milieu des plus terribles convulsions , faire périr de la même manière un coq qui en mangea. ( Cet homme , comme le fait remarquer M. Roche, pouvait avoir été empoisonné), il faut avouer que la bile donne au goût de celui qui la vomit des sensations variées d'âcrelé , d'acidité et de brûle-