‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 6 sur 101 · INSPECTION DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

INSPECTION DE LA LANGUE

longtemps partagé ces opinions ; mais des faits innombrables m'ont prouvé depuis qu'elles étaient loin, dans la très grande majorité des cas, d'être fondées. J'ai publié un mémoire sur la langue, auquel je renvoie et que, vu son étendue, je ne puis reproduire ici. (i) J'établirai seulement, dans cet ouvrage, sous forme de proposition, les résultats principaux de ce travail, et je mentionnerai ensuite des faits ultérieurement recueillis A la clinique sur le même sujet.

1 449- Pour bien examiner la langue, on fait ouvrir largement la bouche ; on examine l'organe , d'abord dans sa position habituelle, et lorsqu'il est logé dans l'espace que circonscrit l'arcade dentaire inférieure : c'est là, en elFetj le seul moyen d'éviter complètement certaine nuance de rougeur qu'il présente par suite de la contraction de ses muscles. On fait tirer la langue au dehors de la bouche, et l'on explore , soit la surface linguale, pour juger de sa sécheresse, de son humidité , de ses enduits ou de leur couleur ; soit les bords ou la pointe, pour apprécier la coloration; soit leur direction , pour juger si la langue se dévie à droite ou à gauche ; soit les mouvemens , pour apprécier leur facilité, leur promptitude, ou leur hésitation, etc. Il est même utile d'enlever les enduits pour juger de la coloration réelle des papilles linguales.

1 450. Notons, avant toute chose, que l'état habituel de la langue de certains hommes est îeî qu'on pourrait croire, en l'examinant, qu'il s'agit de symptômes de maladie. On la voit en effet couverte d'enduits jaunâtres ou colorés en noir, surtout si on a pris des substances foncées en couleur. M. Ptostan a insisté avec raison sur ce fait.

1451. La coloration de la langue correspond en général à celle des autres points de la membrane

(i)Du procédé opératoire, n. 71.5.

muqueuse buccale ; et comme celle-ci a des teintes nuancées, en raison de l'état de la circulation et de la respiration, on retrouve le même effet pour la langue. Aussi, cet organe est-il rouge dans l'hyperhémie générale , plus rouge encore dans les toxicohermodermites (fièvres éruptives); pâle dans Fanhémie; violette dans Fanhématosie , etc. La coloration rouge de la langue ne peut être ponsidérée comme l'expression de Fétat de Festomac. Il est sans doute croyable que souvent la rougeur de la langue coïncide avec une gastrohémie ; mais ce n'est pas là un phénomène sympathique , mais bien une simultanéité dans la rougeur de ces deux parties à l'occasion d'une poly-hyperhémie (pléthore sanguine générale). Sur cent malades atteints d'entérite typhohémique , la rougeur de la langue n'a rien eu de constant , bien que les symptômes gastro-intestinaux persistassent. Par contre, les chaiigemens produits dans les quantités de sang par les saignées générales abondantes étaient suivies de pâleur de la langue. Sur ces malades la rougeur de la pointe linguale s'observait rarement et était tellement un phénomène d' expression produit par la contraction musculaire, qu'elle avait exclusivement lieu lorsque la langue était saillante hors la bouche. Dans soixante observations relatives à des lésions organiques de l'estomac ou des intestins, la langue n'était pas rouge. Sur cent hémo-pneumonites ou hyperhémies générales non compliquées de symptômes gastriques ^ la rougeur de la langue était vive et la pâleur y succédait après les saignées. Dans la chlorose, quoique l'estomac fût très douloureux , la langue était décolorée. Il en était ainsi dans beaucoup de cas d'anhémie générale, suites du cancer, etc. Ainsi, la clinique a pleinement consacré que, sous le rapport delà rougeur, la langue représente l'état de

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