‹ Traité de diagnostic et de séméiologieChapitre 52 sur 101 · TOME u. m · texte numérisé non relu

TOME u. m

258 EXPLORATiaV DE LA RATE.

causent, lels que la cholihémie (868),la colicystiectasie (i884), la cholicYStite(i88i), la décoloration, rhyperliépatolrop hie (1878), la décoloration grisâtre des fécès, sont, dans le plus grand nombre des cas, les symptômes qui les font soupçonner. Si des abcès surviennent à la vésicule, et s'il arrive que celle-ci s'ouvre à Texlérieur, les calculs peuvent se présenter à l'ouverture fistuleuse. (Voyez le Mémoire de Petit précédemment cité ).

^ §. 2. Exploration de la rate,

1886. L'examen de la rate est, dans la question relative au siège et à la nature des fièvres intermittentes , d'une extrême importance. Lorsqu'il s'agit de déterminer si un homme qui tousse est atteint d'une affection du larynx, des bronches ou du poumon , le premier soin de tout médecin instruit est d'interroger , par les moyens physiques de diagnostic , les organes respiratoires. Or, puisque tous les praticiens conviennent au moins qu'on trouve quelquefois des erigorgemens de la rate dans les fièvres d'accès , n'est-il pas raisonnable de rechercher : si le développement de l'organe splénique est fréquent ou même constant dans ces maladies ? s'il l'est aussi dans d'autres affections ? s'il s'accroit en général pendant les accès ? si des lésions de la rate précèdent , accompagnent ou suivent les fièvres intermittentes ? si l'on peut , avant même que l'époque ordinaire des accès soit survenue, diminuer l'hypersplénotrophie ? s'il est possible de pronostiquer , par l'appréciation de cette diminution, que l'accès manquera? si la fièvre est bien guérie, alors que les accès étant sup-

primés, la rate reste encore volumineuse ? si Ton doit continuer l'emploi des fébrifuges et notamment du sulfate de quinine, tant que l'organe splénique est volumineux , etc., etc. ? Or, toutes ces questions de haute pratique, et une foule d'autres, relatives à l'hydro-péritonie , à l'entérite typhohémique, etc. , ne peuvent être résolues que par l'examen physique de la rate, et l'on ne conçoit pas comment il se fait que beaucoup d'hommes, d'ailleurs amis du progrès , mentionnent à peine , dans leurs observalions de fièvre intermittentes , l'état matériel de la rate. Serait-ce qu'ils ne savent pas le reconnaître ? serait-ce parce qu'ils n'ont pas le temps de le faire? est-ce par un esprit de contradiction qu'ils ne s en occuperaient pas? regarderaient-ils cet examen comme d'une minime importance? En vérité, si l'on se laissait aller aux pensées que les attaques publiques des uns contre des faits incontestables , et l'oubli volontaire des autres inspirent, on userait de représailles; on s'engagerait dans une polémique amère , et il serait facilè aussi de prêter à sa plume les couleurs mordantes^ du ridicul^, ou le fiel de la méchanceté; mais ce n'est pas là faire de la médecine ! et nous laissons à d'autres le triste plaisir qu'ils éprouvent à être méchans, injustes et passionnés dans leurs opinions préconçues. Ayons recours à l'observation ; c'est la route que nous nous sommes tracée et dont nous ne sortirons pas.

1887. L'inspection de la région occupée par la rate, ne donne des résultats significatifs, relativement au volume de cet organe , qu'autant qu'il est extrêmement volumineux. Dans quelques observations où il avait près d'un pied verticalement, et où il s'étendait beaucoup en largeur et en épaisseur, on trouvait bien une saillie remarqua-

ble de l*hypochondre et du flanc gauche ; mais dans d'autres , où la rate avait sept ou huit pouces de haut en bas et des proportions considérables aussi dans les autres sens , on ne trouvait pas que run des côtés du tronc fut, plus que l'autre, volumineux à la vue. Dans les cas extrêmes, les parois thoraciques s'écartaient largement par en bas ; à gauche, etau-dessous d'elles, l'abdomen était plus arrondi et plus bombé que de l'autre coté.

1888. Si des tumeurs partielles, des abcès venaient à se former dans la rate et à soulever les parois; si des ouvertures fîstuleuses établissaient une communication entre la surface du corps et des cavités accidentelles développées dans la rate , il serait encore possible de tirer alors quelque parti de l'inspection.

1889. La Mensuration des hypochondres donne aussi, dans les cas où la rate est augmentée de volume,des résultats appréciables. Pour la pratiquer, il faut faire une marque noire en avant sur la ligne médiane et un peu au-dessus de la hauteur de l'ombilic , et en tracer une autre en arrière , à la même hauteur , sur les saillies formaées par les apophyses épineuses des vertèbres; puis, après avoir découvert la poitrine et l'abdomen, mesurer avec soin, des deux côtés , l'étendue de la circonférence des parois qui se trouve entre ces deux marques. C'est en s'y prenant de cette sorte que, daqs quelques faits où la rate était énorme, nous avons trouvé une augmentation de quelques pouces du côté malade. Il est du reste évident que de telles mesures ne peuvent, guère, faire reconnaître s'il s'agit d'une affection splénique ou d'une tumeur, soit du rein, soit d'autres viscères abdominaux.

1890. La Palpation delà rate exige beaucoup de soin. Pour la pratiquer, la position du malade

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doit être celle qui a été indiquée précédemment (1791). C'est surtout ici que les muscles abdominaux doivent être mis dans le plus grand relâchement possible. Les mains de l'explorateur sont placées à plat sur les parois thoraciques , on les glisse sur la peau jusqu'au rebord costal , et on s'assure bi^n en même temps du nombre des cotes qui passent sous les doigts et du point où se trouvent les deux derniers de ces os. C'est une chose très utile que de bien s'assurer de la place où se rencontre le bord inférieur de la cavité thoracique; car il se pourrait faire , et j'en ai vu des exemples, que des personnes inattentives prissent pour le limbe de la rate , les côtes mobiles qui , à gauche , terminent la poitrine.

1891. Lorsque les mains sont parvenues à ce point des parois où il n'y a plus que des parties molles , on exécute une pression plus ou moins forte ; on cherche à apprécier l'élasticité ou la résistance des parties sous-jacentes, et on prend tout le soin possible pour ne pas confondre les fibres des muscles abdominaux contractés avec le rebord splénique. Pour cela, on engage le malade à exécuter quelques légers mouvemens , et si les points que l'on prenait pour la rate agissent et se durcissent , évidemment ce sont alors les muscles qui se trouvent sous les doigts. On exerce alors des mouvemens d'allée et de venue comme on l'avait fait pour la palpalion du foie (1 792) , on presse d'avantage pour palper plus profondément l'abdomen ; on cherche à remonter sous le rebord splénique , et s'il arrive qu'on rencontre la rate sur quelques-uns de ces points, on en suit l'étendue et la surface jusqu'à son rebord soit en avant, soit en bas , soit en arrière lorsque la chose est possî^

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ble. Arrivé au point où la rate cesse de correspon-' dre , on cherche de nouveau à apprécier le degré d'élaslicité ou de résistance des parois abdominales, et cela pour s'assurer encore d'avantage du lieu où la rate cesse de correspondre.

1892. On peut aussi faire reposer le corps du malade sur les genoux et les coudes et palper la rate dans cette attitude où les muscles abdominaux sont mis dans le relâchement. C'est la position que M. Cruveilhier a proposée pour explorer le rein. Il m'est arrivé dans quelques cas de saisir ainsi le limbe splénique auquel je n'avais pu toucher dans touteautre attitude du corps. Quelquefois encore en faisant reposer sur le côté droit la personne q'uon examine, et en portant fortement dans la flexion les cuisses sur le bassin, on glisse plus facilement la main au-dessous du rebord costal, et l'on juge mieux des résultats que la palpation donne dans les maladies de la rate.

1893. Quelque soit le procédé employé pour pratiquer la palpation de la rate , ce mode^ d'exploration, lorsqu'il conduit à des résultats, permet de constater quelle est la saillie du limbe splénique au-dessous du rebord costal ou un peu au-dessous^^ des côtes. Dans les cas extrêmes et lorsque l'organe dépasse de beaucoup le rebord thoracique, il est possible d'apprécier, par ce procédé, la disposition^ de la surface splénique en rapport avec les parois abdominales. Par la résistance que la main éprouve en palpant, on parvient même à juger si l'organe présente de l'épaisseur et de la dureté. Par les bosselures, par les inégalités que l'on rencontre, on est porté à penser qu'il s'agit de lésions plus graves qu'une simple augmentation de volume, comme aussi par ]e toucher égal et poli de cette même sur-

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face, on est conduit à admettre que l'organe est seulement atteint d'hypertrophie sans autre lésion organique. Il est même possible , sur quelques sujets dont les muscles abdominaux sont très mous, et dont les parois du ventre sont chargées de très peu de graisse , de glisser les doigts sous l'organe splénique , et d'apprécier , jusqu'à un certain point , l'épaisseur qu'il offre vers sa circonférence. Ici, comme dans tous les cas de tumeur abdominale , il est encore utile de porter une main en arrière du tronc et une autre en avant, pour juger de la distance qui les sépare, et partant, de l'épaisseur du ventre et des parties engorgées.

1894. Quelque soit du reste le procédé que l'on emploie, le palper de la rate est plus souvent insuffisant pour apprécier le volume de cet organe , et sur un nombre d'hypersplénotrophies, qui ne s'élève pas à moins de 500, et dans lesquelles les observations ont été prises avec le plus grand soin, il ne nous est pas arrivé 1 fois sur 5 , que l'organe splénique ait dépassé le rebord costal d'une manière appréciable. Il faut se rappeler, en effet: que sur une infinité de sujets, les parois thoraciques descendent très bas et jusque vers la crête iliaque ; que, sur beaucoup d'autres, la voûte que présente le diaphragme est très profond e et s'élève très haut dans le thorax ; que fréquemment la rate hypertrophiée est cachée sous les côtes. Toutes les fois que ces dispositions anatomiques existent, il est impossible, par la palpation, de mesurer la rate; delà le peu de succès qu'ont eu les opinions de M. Audouard sur le siège des fièvres intermittentes attribué par lui à la rate; delà, le peu de publicité des faits si remarquables de M. Bally, relatifs à l'influence qu'il reconnut être exercée sur Thy-

persplénolrophie par le sulfate de quinine à haute dose. Il n'y avait que dans les cas extrêmes où il était possible de constater les succès surprenans qu'il obtenait, et encore la palpation donne des résultats si douteux et parfois si contestables , que l'on était quelquefois porté à émettre des doutes sur l'efficacité qu'avait le sel de quinquina dans l'hypersplénolrophie.

1895. Dans les cas même où la palpation parvient à saisir le bord inférieur de la rate et une partie de sa surface, elle ne peut en rien reconnaître le degré auquel la maladie est portée. Pour mesurer un corps solide, en effet, il faut pouvoir déterminer les divers points de sa circonférence. Or , comme il est impossible , pour la rate , d'avoir, par la palpation , des notions sur toutes les parties de l'organe situées sous les côtes , il en résulte que par ce procédé d'exploration, toute exactitude dans la mensuration est impossible. Sur certains sujets , par exemple, l'organe splenique fait une saillie très considérable au-dessous du rebord costal , et est cependant médiocrement volumineux; cela vient de ce que la rate s'élève fort peu vers le thorax ; d'autres fois , elle dépasse à peine le limbe thoracique , et elle a jusqu'à six pouces et demi de hauteur, mais alors elle est refoulée très haut derrière les côtes , et ce sont là les cas qui méritent le plus l'attention du praticien , parce qu'alors il y a presque toujours des accidens plus ou moins marqués vers les poumons ou le cœur.

1896. La Percussion directe ne donne sur la rate que des documens très insuffisans, parce que les sons qu'elle fournit ne sont pas assez prononcés pour qu'il soit possible de s'en servir pour limiter la rate ; aussi ne la voit-on mentionnée ni dans les

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ouvrages de Corvisart , ni dans ceux de Laennec. Ce n'est que postérieurement à mes travaux sur ce sujet , que M. Andral publia , dans son excellent livre que Ton pouvait avoir des notions sur l'état de la rate et du foie par la percussion , et il ne donne pas d'observations à l'appui de cette proposition. Les applications pratiques de ce procédé d'exploration à l'état de la rate étaient si peu connues en 1828 , que M. Magendie me dit alors que ce serait rendre à la science un grand service que de trouver un moyen d'apprécier le volume de l'organe splénique.

1 897» La Percussion médiate est , sous le rapport de rexî)loration de la rate , infiniment plus utile que celle d'Avenbrugger. Pour la pratiquer, c'est à coup sûr du plessimètre et non du doigt qu'il faut ici se servir. Desexpériencesmultipliées ne peuvent pas laisser d'incertitude sur ce sujet. On peut sans doute reconnaître , en percutant avec la médiation de la main gauche, les portions de la rate qui touchent aux parois , mais il est fort difficile d'apprécier, parce procédé, la présence de celles qui sont situées dans la poitrine au-dessous d'une lame épaisse de poumon, ou encore de celles qui débordent les côtes. C'est surtout dans ce dernier sens que le doigt (qu'il faut presque toujours appuyer trop fort pour obtenir du son) ne donne pas les résultats que l'on recherche, et ne permet pas d'assigner exactement les limites inférieures de la rate. Je n'insisterais pas sur ces choses incontestables , si je ne voyais pas chaque jour à combien de conclusions fausses conduisent les opinions qui leur sont opposées. Des médecins fort instruits, d'ailleurs , ont absolument voulu que le doigt puisse remplacer le plessimètre. Pour prouver leur

proposition , ils se sont donné infiniment plus de peine qu'il n'en aurait fallu , pour apprendre à percuter sur la plaque d'ivoire ; et malgré tous leurs efforts, comme le procédé qu'ils emploient est mauvais, ils ne sont arrivés qu'à des résultats des plus insuffisans. Ils en sont encore à ne pas croire , que Ton puisse mesurer des organes solides au-dessous du poumon ; que la portion de rate, recouverte par les organes pulmonaires puisse être distinguée etmesurée. De-là, appréciation exclusive de l'organe splénique qui touche aux parois; de-là, croyance que la rate n'est pas hypertrophiée dans des cas où son volume est augmenté ; de-là, incompétence complète dans la grande question du siège des fièvres intermittentes ; car si les matériaux sont mal recueillis , les inductions qu'on en tirera seront fort peu fondées; de-là, une injustice involontaire, sans doute, mais cependant pénible, pour les travaux d'autrui; de-là, défaut d'appréciation de l'influence du sulfate de quinine sur le volume de la rate ; de-là, des attaques publiques contre des opinions appuyées sur des faits très nombreux, et des suppositions fort peu charitables sur la manière de faire des autres médecins. Ici, dit-on, on fait voir aux élèves ce qu'on veut leur faire voir, et non pas ce qui est ; là, ajoute-t-on, on produit à volonté le son mat ou le son clair, pour mieux étayer ses opinions ; on aime mieux prêter ainsi une sorte de talent pour forcer à admettre le faux, que de concéder un peu d'habitude aux hommes qui se sont occupés depuis dix ans, et avec un soin extrême, des résultats de la percussion. Ignore-t-on qu'il y a partout des gens peu bienveillans qui écoutent et qui s'empressent de redire ce qu'ils ont entendu ? Veut-on

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faire de l'exercice de noire profession une sorte de combat à outrance où la passion et non la froide observation fournit les armes ? Si Ton veut poursuivre cette triste carrière , cette polémique de personnes^ qu'ons'y engage seul. Pour nous, encore une fois, iln'estqu'uneroutequinousparaissebonne à parcourir : c'est celle dç l'étude attentive des faits.

1898. Le procédé à suivre pour percuter convenablement la rate, a été exposé ailleurs [procédé opérât,^ n° 286). Il ressemble beaucoup , à gauche, à celui quia été recommandé à droite pour le foie. Insistons seulement ici sur les précautions suivantes qu'il est indispensable de prendre : Il faut, lorsqu'on veut reconnaître l'état de la rate, 1° commencer par explorer le poumon gauche très haut sous l'aisselle et descendre suivant une ligne parallèle à l'axe du tronc, en percutant assez fortement jusqu'à ce qu'on trouve profondément la matité de l'organe splénique; 2« arriver ensuite à déterminer le point où cet organe touche directement aux parois abdominales; apprécier, par des tentatives de percussion^ quelle est l'épaisseur approximative de la lame de poumon interposée; 4** déterminer, d'une manière fixe et positive, les points où l'organe correspond en haut , en les indiquant avec le nitrate d'argent y 5° bien isoler le cœur en avant, en haut et à droite de la rate qui est située plus en avant , plus en bas et plus en arrière que lui ; 6° percuter ensuite l'organe splénique jusqu'en bas, et descendre jusqu'à ce que les sons tympaniques des viscères abdominaux deviennent bien manifestes; 7° circonscrire tout alentour les points de la circonférence de la rate.

1899. Il est non moins utile de se rappeler r qu'en arrière , il est le plus souvent impossible de

limiter la rate; que des alîmens ou des liquides contenus dans l'estomac, que des matières renfermées dans les gros intestins pourraient faire commettre des erreurs; qu'il fauten conséquence avoir soin , alors que l'on veut percuter la rate , que ces viscères soient vides ; qu'il est indispensable de s'enquérir si ce qu'on prend pour une affection de l'organe splénique n'est pas une tumeur du rein, de l'abdomen (1), ou encore , n'est pas une pleurite ou une affection du poumon (i4o2, 1281).

1900. Recommandons encore de tracer avec le nitrate d'argent , en bas et en avant , comme on l'avait fait par en haut, la limitation du rebord splénique. N'oublions pas aussi : 1" de dire qu'il faut percuter avec un certain degré de force et de faiblesse alternatifs, et cela pour juger approximativement de l'épaisseur de la rate ; 1" qu'on doit se défier du son mat que peuvent donner les côtes gauches ; S** que lorsque les parois abdominales sont trop écartées du centre du corps, il est utile de les faire affaisser par les mains d'un aide qui presse sur elles; 4" qu'il est non moins avantageux de faire refouler vers les parois costales à gauche par les mains d'un autre aide, placées sur le côté droit de l'abdomen, les viscères abdominaux et la rate; 5° qu'avec ces précautions, il est plus facile d'apprécier la présence et le volume de celle-ci ; 6° que s'il est arrivé qu'on ait fait un jour des marques noires autour de la rate qui en aient déterminé la circonférence, il faut bien, pour ne pasêtre exposé à commettre des erreurs , placer le lendematin, le malade dans la même attitude qu'il avait

(1) Nons revieadroas sur ce sujet à l'occasion du diagnostic spécial et comparatif des états organo-pathologiques de la raie, et de celui des tumeurs abdominales et des maladies des reins.

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la veille, et éviter de tirer d'avantage la peau un jour que l'autre , etc.

1901. Avec ces précautions , et en suivant la méthode indiquée dcins le procédé opératoire, on ne commettra pas d'erreurs sur la percussion de la rate, et on obtiendra les résultats suivans : «La percussion médiate fait reconnaître , dans le plus grand nombre des cas, la situation, la forme, lé volume de la rate » .

1902. « C'est spécialement en arrière et un peu à gauche qu'il faut chercher Torgane spléninique ; il fournit , quand il n'est pas trop épais , un son dont la matité est un peu moins grande que celle à laquelle le foie donne lieu. Autour de l'espace où ce son est obtenu, se font entendre: en haut, et souvent en dedans , le bruit propre au poumon; en bas et en d€hors , et à des degrés variés, la résonnance stomacale ou intestinale. Lorsque la rate est très développée de haut en bas, il est difficile de la distinguer du rein. S'il arrive qu'elle soit déplacée, on trouvera un son clair sur la région splénique , tandis que la palpation et la percussion médiate pourront faire reconnaître la rate sur d'autres points de l'abdomen » .

1903. « La forme de l'espace dans lequel le son mat est obtenu , correspond en général à la configuration de la rate ».

1904. « Le volume de cet organe peut être apprécié dans un grand nombre de cas à Taide de la percussion médiate. Si Ton ne rencontre pas le son mat qui correspond à la rate il faut que les dimensions de celle-ci soient très petites. Si l'estomac étant vide, on trouve , dans le lieu qu'elle occupe ordinairement, une matité très grande dans une large étendue, elle sera volumineuse. Toutefois,

une production accidentelle , dont le tissu serait dense, une tumeur du rein, pourraient facilement être prises pour la rate. »

1905. « Il sera souvent possible de connaître au juste les dimensions de l'organe splénique , soit en longueur , soit en largeur. Ce sera dans les cas où les limites du son mat, auquel il donne lieu , seront nettement circonscrites ». Les mesures que j'ai données dans le Traité de la percussion médiate et qui avaient été recueillies sur un certain nombre de faits, me paraissent, depuis que j'ai mensuré un si grand nombre de fois la rate, un peu trop considérable. Je lui avais trouvé dans les circonstances physiologiques quatre pouces de haut en bas. Dans l'état parfaitement sain elle n'a guère, dans le sens vertical, que trois pouces et demi k trois pouces neuf lignes. Si on lui a trouvé en longueur quatre pouces sur le cadavre, c'est qu'il s'agissait de rates légèrement augmentées de volume par les maladies ou par suite des phénomènes de l'agonie. La largeur de cet organe est en général de trois pouces, et il est éloigné de plusieurs pouces de la ligne médiane. 11 n'arrive presque jamais en santé, jusqu'au niveau delà partie antérieure du rebord costal gauche.

1906. L'appréciation du volume de la rate dans diverses affections nous a donné des résultats remarquables. Comme la mesure en hauteur est celle qu'on peut le mieux constater, et qu'en général, l'accroissement en largeur et en épaisseur correspond à l'hypertrophie dans le sens vertical, nous ne donnerons les mesures prises dans quelques unes de nos observations, que dans cette dernière direction, c'est-à-dire de haut en bas.

1907. Dans i5 cas de pneumonites, la rate pré-

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sentait en hauteur, les dimensions suivantes : 5 fois 5 pouces 1/2 (et dans ces trois cas il y eut des frissons et des sueurs périodiques, c'est-à-dire fièvre intermittente coexistante avec la maladie du poumon); 1 fois 5 pouces; i fois 4 pouces i;^; a fois

4 pouces; 6 fois 3 pouces 1/2; 1 fois 3 pouces; 1 fois 2 pouces 1/2, ce qui donne une moyenne assez forte d'un feu plus de [\. pouces ^ei cette étendue pi us considérable de la moyenne est due ^ 3 cas où l'organe offrait 5 pouces 1/2 et où il y avait fièvre intermittente. Les extrêmes ont été de 5 pouces 1;2 pour le maximum et de 2 pouces 1/2 pour le minimum.

1908. Dans 38 cas de pneumopathie tuberculeuse la rate a présenté : 1 fois 6 pouces 1;2; 3 fois

5 pouces; 3 fois 4 pouces 1/2; 5 fois 4 pouces; 4 fois 3 poucesJ;2; 20 fois 3 pouces; 2 fois 2 pouces 1;2. Ce qui donne une moyenne de 3 pouces 6 lignes 1;3. Les extrêmes étant, dans un seul cas, de 6 pouces 1/2, (cas où l'on ne sait pas s'il a existé des fièvres d'accès) pour le maximum, et de 2 pouces 1/2 pour le minimum.

1909. Dans 33 cas de gastrit^ ou d'entérites, la rate a présenté dans ses dimensions verticales : 1 fois 6 pouces 1/2; 3 fois 6 pouces ; 3 fois 5 pouces 1/2; 5 fois 5 pouces; 6 /ois 4 pouces 1/2; 6 fois 4 pouces; 6 fois 3 pouces 1/2; 3 fois 3 pouces. La moyenne a été ici de 4 pouces 5 lignes 1/2. Le maximum de 6 pouces 1/2 et le minimum de 3 pouces. Or, il faut remarquer que dans les cas précédens, lorsque la rate a présenté ici une dimension de plus de 4 pouces, il y a eu des frissons et des sueurs périodiques, enfin une fièvre intermittente ; que la maladie de l'intestin était, il est vrai, l'état organopathologique principal; mais qu'il y avait, àcôtéde celui-ci, une série de symptômes en rapport, suivant

nous, avec l'hypertrophie coïncidanle de la raie, et cela est si vrai que, dans plusieurs de ces cas l'administra tion du sulfate de quinine fit dissiper l'hvpertrophie splénique, la fièvre d'accès , et eut l'influence la plus heureuse sur l'affection intestinale.

1910. Dans 25 cas d'hépatites et d'hyperhépatotrophies où les dimensions de la rate ont été notées, on trouve à cet organe 1 fois 6 pouces 1/2; 3 fois 5 pouces; 1 fois 4 pouces 1/2; 3 fois 4 pouces;

16 fois 3 pouces i/2 ; 1 fois 3 pouces. Ce qui fait une moyenne de 3 pouces 8 lignes \]2 , moyenne qu'il faudrait abaisser si Ton en ôtait le cas exceptionnel où la rate offrait une dimension de 6 pouces 1/2, et où il n'est pas dit s'il existait ou non des frissons fébriles, ou s'il y avait eu autrefois des fièvres intermittenles.

191 1. Dans 130 cas de fièvres d'accès de divers types, on a trouvé a la rate : 1 fois 10 pouces; 5 fois 9 pouces ; 4 fois 8 pouces; 2 fois 7 pouces 1/2 ;

17 fois 7 pouces; 6 fois 6 pouces 1/2; 36 fois 6 pouces; 5 fois 5 poudès I/2; 36 fois 5 pouces; 10 fois 4 pouces 1/2; 7 fois 4 pouces; 1 seule fois 3 pouces 1/2. Ici la moyenne est de 5 pouces 10 lignes ^ le maximum de 10 pouces et le rfiinimum pour un seul cas de 3 pouces 1/2, et ce cas exceptionnel était marqué par de la douleur existant sur le lieu qu'occupait la rate. Dans la très grande majorité des observations de fièvre intermittente qui viennent d'être relevées, le développement en largeur et celui en épaisseur ne le cédaient en rien à l'hypertrophie en hauteur.

1912. Les applications pratiques de ces résultats sont nombreuses ; mais avant de les indiquer,

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il est bon de rappeler encore quelques-unes des propositions du traité de la percussion.

1915. a Si le foie est hypertrophié en longueur, il y aura des cas dans lesquels on ne pourra le distinguer de l'organe splénique. Cette distinction sera facilement établie toutes les fois qu'une anse d'intestin ou qu'une portion de l'estomac pleine de gaz , seront situées entre ces viscères.

1914. « Un épanchement pleurétique considérable , l'engouement du poumon porté très loin , rendraient difficile la limitation supérieure de la rate; cependant, malgré ces circonstances défavorables, cette mensuration peut encore être quelquefois obtenue. Il faudra , pour apprécier le volume de l'organe splénique, faire coucher le malade sur le ventre, tandis qu'au contraire, si cette complication n'existe pas , il vaut mieux suivre les procédés indiqués précédemment. »

1915. « Des considérations du même genre sont applicables k l'hydropéritonie ( ascite ) ; il faut alors , pour bien limiter la rate , faire coucher le malade sur le côté opposé au viscère. »

1 9 1 6. « Avant de se prononcer sur le siège pxécis de la rate , il est indispensable de bien reconnaître le rein , car sans cela on s'expose à prendre ïk glande urinaire pour le corps splénique. Il faut aussi se rappeler que la rate, parce qu'elle est plus mince, doit fournir un son moins mat que le rein.»

1917. Arrivons aux applications pratiques : Les lésions de la rate étaient presque oubliées en pathologie, et tandis qu'on étudiait avec un soin extrême les phlegmasies de presque tous les organes, on faisait à peine mention delà splénite, ou bien ses caractères étaient tracés d'une manière fort incomplète. La plupart des auteujs, et notamment mes-

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