FLUCTUATION
qu'on puisse saisir celte tumeur, qu'elle soit arrivée à un degré avancé de développement.
âo56.L'ureléreclasie aurait pour caractères de palpation:une tuméfaction plus ou moins considérable existant de chaque côté de la colonne vertébrale; une mollesse plus ou moins marquée, une forme cjlindroïde (si un obstacle au cours de l'urine existait près de la vessie , et si la dilatation par l'urine avait lieu dans une grande étendue) , ou une apparence plus globuleuse ( dans le cas où cet obstacle serait plus voisin du rein). Il peut arriver qu'un calcul très volumineux ( et c'est presque toujours un calcul qui produit l'empêchement au cours urétéral de l'urine) mette obstacle dans le conduit excréteur du rein au passage de l'urine. Alors , la palpation , faite avec un soin extrême:, pourrait, peut-être ^ sur des sujets à parois abdominales très flasques, permettre de découvrir ce corps étranger. On serait surtout dirigé dans cette recherche par la tumeur formée au-dessus de l'obstacle par l'uretérectasieque cet obstacle aurait
causée.
2067. î^âs^^s le cas où une flstule, suite d'un abcès rénal ou de la néphrotomie , permettrait à un stylet boutonné d'arriver jusqu'à une cavité formée dans le rein, ou près de lui, la Palpation médiate ou le calhétérisme pourrait être pratiqué et servir à faire reconnaître des calculs , des fongosités, des indurations, etc. On ne peut donner de règles absolues à ce sujet, et ce serait à la sagacité de l'explorateur à se comporter en raison des cas particuliers qui se présenteraient.
2o58. La Fluctuation , proprement dite , se trouve quelquefois dans les tumeurs du rein , et on la découvrirait à coup sûr dans l'uretère (iilaté,
si celui-ci était accessible à ce moyen d'irivesliga" tion. Dans les tumeurs rénales , la fluctuation est souvent obscure. La raison en est que ces tumeurs sont le plus souvent multiloculaire. Si la cavité qu'elles circonscrivent était unique , ou si une loge principale existant, les autres, étaient beaucoup plus petites, la fluctuation pourrait être plus manifeste. Ceci est fort important à noter, relativement aux opérations que l'on croirait pouvoir tenter sur la partie affectée. Il ne faut pas oublier que la fluctuation périphérique fi335) pourrait ici avoir de l'avantage et permettrait de constater Taccumuiation isolée de liquides dans diverses parties du rein. Ajoutez encore que le sentiment de flot , communiqué à la main par le doigt qui percute, sera d'autant plus apparent, d'autant plus facile à saisir, que les parois du kyste ou des kystes formés dans les reins, seront plus minces, plus tendues, et que le liquide qu'elles contiendront sera moins épais , moins mêlé de substances demi-solides , et que sa masse sera séparée par moins de cloisons.
^069. La Percussion des reins ne peut guère être pratiquée avec quelque avantage que médiatement et surtout avec le secours du plessimètre. Il faut d'abord , lorsqu'on veut y avoir recours limiter très exactement en avant , sur le côté , et s'il se peut en arrière, le foie, la rate, et surtout, les points de l'abdomen où ces organes cessent de correspondre. Très souvent la limitation du foie et même de la rate en arrière et en bas est impossible , parce que ces organes touchent aux reins, circonstances éminemment défavorables pour établir le diagnostic anatom ique de ceux-ci.
2q6o. On remédie jusqu'à un certain point , cl
VEReUSSîON PLESvSÏ MÉTRIQUE. 333
dans quelques cas^ à cet inconvénient à laide du procédé suivant : dans Fintention d'éloigner du rein le foie à droite et la rate à gauche , les mains d'un aide élèvent les viscères en pressant de bas en haut sur Tabdomen du sujet de Fexpérimenîation. Par cette manœuvre , ces organes mobiles sont soulevés ; le rein au contraire , fixe dans sa position, et circonscrit par des anses d'intestins sonores , peut être reconnu, à l'aide du plessimètre, par le son mat auquel il donne lieu.
206 1 . On peut encore avoir recours ici à Tappré ] ciation de la forme du foie et de la rate, sur les points où ils ne touchent pas au rein, pour juger (approximativement il est vrai), du lieu où les premiers de ces organes correspondent à celui-ci. Ainsi, par exemple, lorsque la figure qu'on aura tracée du foie, en avant et sur le côté , aura été très exactement dessinée, on pourra facilement supposer, au moins dans le plus grand nombre des cas, du sens dans lequel devra se prolonger en arrière et en dedans le reste de la circonférence de la glande hépatique en rapport avec le rein droit,
2062. Pour bien percuter le rein , il faut encore avoir le soin de soumettre le malade, pendant les vingt-quatre heures qui précéderopl l'exploration, à une abstinence assez sévère , sans cela il y aurait à craindre, au moment de l'examen, que l'estomac ou le duodénum renfermassent des alimens dont ]a malité pourrait en imposer pour celle à laquelle le rein donne lieu. Dans une intention toute semblable, il est non moins utile de faire prendre un purgatif. On vide alors les gros intestins des matières dures qu'ils pourraient contenir, et le rein isolé, autant que possible, devient plus accessible aux moyens d'exploration. .
2063. îl faut toujours, lorsqu'on veut percuter les reins , commencer par palper labdomen et les flancs, et comparer les résultats de la palpation avec ceux de la plessimétrie ; ces deux moyens s'éclairent l'un par l'autre , et se donnent réciproquement de la certitude.
2064. La plessimétrie rénale peut se pratiquer en avant ^ sur le côté, ou en arrière.
2065. i°En avant, le malade étant placé surle dos, comme il a été dit précédemment (1890), on percute au-dessous du foie et de la rate à la hauteur d'une ligne verticale qui correspondrait au mamelon; on déprime profondément les parois abdominales , et on cherche à découvrir si le son qu'on obtient ne devient pas mat, de clair qu'il était superficiellement. Cette matité peut être en rapport avec le rein ou avec des parties engorgées, remplies de matières, etc. ; mais s'il arrive qu'on la retrouve seulement assez profondément pour que l'espace qui sépare le point où on parvient à la saisir, ne soit séparé de la surface correspondante des lombes que par une étendue en rapport avec la dimension normale du rein et des tissus interposés , il en faut déduire que celui-ci n'est pas hypertrophié. Cette conclusion devient encore beaucoup plus évidente si , à quelque profondeur que le pîessimètre soit porté et percuté , on continue à trouver toujours un son tympanique. Tout au contraire , si de la matité et de la résistaiice au doigt se trouvent dans la région antérieure de l'abdomen correspondante aux reins, et cela lorsque la plessimétrie a peu déprimé les parois ; si l'espace qui sépare le lieu occupé par ce son mat est très | distant de la surface lombaire postérieure, il en faut déduire au moins qu'un corps solide est situé sur ce point. Resteront avsx symptômes coïncidans des ma-
PERCU&SSON PLESSIMÉTPJQUE, 335
ladies des voies iirinaires, à la palpation, etc., à préciser davantage îa nature de cette masse consistante.
2066. Par l'étendue dans laquelle la matité profonde propre aux reins se manifestera , par la circonscription plus ou moins exacte que la sonoréité des intestins voisins permettra de déterminer alentour , on pourra quelquefois juger des dimensions des reins dans le sens de leur hauteur et dans celui de leur largeur. Le degré de résistance qu'ils donneront au doigt qui percutera , pourra aussi fournir quelques notions sur le degré de consistance des tumeurs du rein examinées antérieurement.
2067. :2'' L'examen plessimétrique des reins sur le côlé n'est guère utile que lorsque cet organe a acquis une grande dimension; du reste la plupart des considérations précédentes sont ici complètement applicables.
2068. o** La percussion médiate du rein en arrière exige presque constamment l'emploi du plessimètre.
2069. Pour la pratiquer convenablement, le malade est couché à plal sur le ventre qui repose luimême sur un plan légèrement élevé et propre à le comprimer. De cette sorte ^ les intestins sont refoulés en arrière et permettent, à l'aide des sons tympaniques qu'ils fournissent, de mieux apprécier la matité du rein; dans celte position aussi, les muscles lombaires sont mis dans le relâchement , ce qui est d'une haute importance, pour donner aux résultats c|u'on obtient plus d'évidence et de certitude. Alors on peut cependant, bien qu'avec moins de succès, lorsqu'il s'agit de la percussion des reins, faire asseoir le malade ou le tenir debout.
2070 Lorsqu'on veut percuter les reins en arrière, il faut déprimer avec un certain degré de force à l'aide du plessimètre, la masse considérable de mus-
des qui remplit les régions lombaires. Sans cette précaution on n obtiendrait presque aucun résultat.
207 1 . Dans l'état normal, la région lombaire donne de chaque côté de l'épine dorsale, un son mat dans un espace dont l'étendue transversale varie en raison des dimensions naturelles du rein et de l'épaisseur de la colonne vertébrale elle-même. En général , la dimension de cet espace est de deux pouces à deux pouces et demi de chaque côte et c'est à une distance égale de la saillie longitudinale forçîéc par la rangée des épines vertébrales , que les sons tympaniques propres aux intestins remplis de gaz, sont obtenus. On les rencontre à peu de distance au-dessous des côtes asternales , et au-dessus de la crête de l'os des îles. Pour les obtenir, le plessimètre doil encore une foisétre porté le plus profondément possible; on saisit de cette sorte, avec une grande perfection , les points où les reins cessent d'être en rapport, et ceux où les intestins commencent à se trouver. Il est beaucoup plus difficile d'apprécier quel est par en bas, le lieu où le son du rein cesse de correspondre. En effet, la crête de l'os des îles, lorsque l'organe s'étend très inférieurement, gêne l'examen qu'on veut faire et ne permet pas de tracer une limitation exacte.
2072. La percussion des uretères dilatées se pratique de la même manière que celle du rein et suivant la direction dont il a été parlé h l'occasion de la palpation ( 1890, 2o65). Dans l'état normal il est évident que la percussion ne peut en aucune façon donner d'indices propres à constater la présence de ces conduits. Dans les cas d'uretérectasie (dilatation de l'urétère) , portée à un haut degré , il est évident qu'on pourra trouver profondément dans la direction indiquée, de la matité sans résistance au doigt. La largeur de l'espace occupé par celle-ci correspondra au degré
PERCUSSION PLESSÏMETRIQUE. 337
de la dilatation; la forme de cet espace, dessinée par la percussion, sera allongée, M. Rayer qui suit toujours la marche progressive de la science, a constaté sur le vivant ces résultats plessimétriques ^ue j'avais considérés, théoriquement, comme devant avoir lieu dans des cas pareils, percussion médiate^ p. ^32, et il a reconnu par la percussion médiate, Furetère dilaté, à l'aide du son mat auquel il donnait lieu. 11 faudrait qu'un calcul du rein ou de son conduit d'excrétion fût énorme pour que la percussion médiate fournisse quelques signes en rapport avec sa présence.
2073. Résumons les principales applications pratiques auxquelles conduisent les résultats précédens: r on peut juger dans beaucoup de cas, par la plessimétrie, des dimensions des reins ; — s*" lorsque l'un d'eux est hypertrophié, il est facile de constater la réalité et le degré de Thypernéphrotrophie. MM. Bally, Rayer et moi, nous avons, dans un grand nombre de cas, reconnu l'augmentation de volume du rein par l'étendue et le degré de la matité de cet organe observés d'un côté, tandis que de l'autre côté Fobscurité du son rénal n'avait lieu que dans l'étendue ordinaire. Cette appréciation des degrés divers de l'hypertrophie du rein, est d'autant plus utile, que dans plusieurs des espèces de néphrite uro-albumineuse signalées par M. Rayer , il y avait hypernéphrotrophie plus ou moins considérable; (1) — 3° c'est par une extension d'un, dé deux, de trois ou quatre pouces dans l'étendue de l'espace où le son mat est obtenu; c'est en tenant compte de l'envahissementdu flanc et de la région abdominale antérieure
(1) II edt évident que pour établir le diagnostic on s'est aussi servi dans ces cas des autres moyens d'exploration, qu'on les a comparés
aux résultats de la percussion
ToMB II.
par la matité , que l'on apprécie le degré auquel l'hypertrophie rénale est portée ; — la dureté ou la mollesse qre le doigt ressent en percutant font juger, eoq seulement de la densité générale des reins, mais encore de celle qu'ils présentent sur les points divers de leur étendue;— 5° par le son très clair de la région rénale ou par les petites dimensions de l'espace occupé par la matité, on peut présumer que le rein est atrophié ou qu'il n'est pas situé sur le lieu où il se rencontre d'ordinaire. Cette dernière sup^ position acquierra plus de valeur si la palpation et la percussion font reconnaître ailleurs la présence du rein ; — 6^ dans l'hydropéritonie , en plaçant le malade sur le ventre, les intestins remontent vers les lombes et permettent d'autant mieux de circonscrire le rein, qu'alors les gaz les distendent. Ce résultat est d'une haute importance dans la néphrite uro-albumineuse, qui est si souvent compliquée d'hypernéphrotrophie et d'hydropéritonie ; — 7** dans l'hématurie il est très utile d'apprécier par la percussion, le volume du rein hypertrophié ; car cette connaissance peut conduire à diagnostiquer l'existence d'une hé-monéphrorrhagie fhémorrhagie rénale) ; — 8° la percussion fournit dans l'uretérectasie portée très loin, une matité remarquable qui suit le trajet connu des uretères, et cette matité peut contribuer à établir le diagnostic de cette affection ; — 9** la plessimétrie sert encore à établir les rapports existans entre les tumeurs formées par le rein et les autres organes abdominaux. C'est ainsi que dans im cas vu en ville par M. le docteur Rayer et par moi, il nous fut possible de reconnaître pendant la vie et après la mort avant l'ouverture du cadavre, qu'une anse d'intestin se rencontrait antérieurement entre le foie et la tumeur. Certes ce caractère était très précieux, car il éloignait
MENSURATION
de l'idée qu'on aurait pu se former d'une tumeur appartenant au foie, et il portait ainsi à admettre que la maladie dépendait du rein.
2074. Mensuration plessimétrique vient d'être étudiée, mais on peut encore, pour apprécier le volume d'une tumeur rénale, mesurer les deux flancs <:om parât ivement l'un à l'autrco Pour cela, on trace une ligne verticale sur la ligne médiane , puis une autre ligne sur les épines lombaires.
2076. On a ensuite le soin de tenir compte des cour bures naturelles ou accidentelles de la colonne vertébrale. L'étendue de la circonférence abdominale comprise entre les deux marques que l'on a tracées est ensuite exactement mesurée ; la différence qui existe d'un côté à l'autre donne approximativement la mesure de l'accroissement de la glande chargée de sécréter l'urine. Remarquez cependant qu'une foule de circonstances particulières , et indépendantes de l'état du rein , pourraient influer sur la dimension que Ton obtiendrait. De ce nombre seraient : l'hypertrophie du foie ou de la rate ; une hydropleurie ; une tumeur abdominale ; une hydro-périlonie qui dilaterait le ventre d'une manière égale des deux côtés. Il faut donc, avant de tirer quelques conclusions diagnostiques de la mensuration du rein , commencer par bien déterminer que les affections précédentes ne co-existent pas ; les mêmes remarques sont applicables aux résultats que donnent les procédés de mensuration suivans ;
2076. On peut , dans les tumeurs rénales ^ mesurer l'espace qui sépare le bord inférieur de la dernière ou de Tavant-dernière côte asternale, de la crête de l'os des îles , et cela , soit en avant soit en arrière. Lorsque l'un des côtés est beaucoup plus étendu que l'autre 5 il en faut généralement déduire (lorsque
EXPLORATION DES HEINS.
l'épine n'est pas déviée), qu'il y a quelque augmentation de volume dans une des parties situées dans le flanc correspondant. Mais ce n'est que par des signes plus positifs qu'il est possible de déterminer qu'il s'agisse ici d'une tumeur rénale. Cette mensuration pourrait tout au plus donner quelques notions sur le degré de celle-ci.
2077. On conçoit que l'écartement des dernières côtes, plus prononcé d'un côté que de l'autre, pourrait aussi donner sur les tumeurs du rein quelques documens, d'ailleurs fort secondaires.
2078. Enfin il est un procédé de mensuration bien autrement important dont on peut se servir pour apprécier l'épaisseur du rein. Il consiste à déterminer d'abord par la percussion le point où profondément le rein donne en avant la matité qui lui est propre, et à porter alors une des extrémités d'un compas d'épaisseur sur la plaque d'ivoire, tandis que l'autre extrémité est appliquée sur la surface lombaire correspondante. De cette manière , et en déduisant l'épaisseur probable des parois , on aurait une bonne mesure du volume du rein. Déjà nous avons proposé ce procédé pour l'aorte abdominale (457).
2079. L'auscultation ne peut le plus souvent donner, dans l'examen du rein, que des signes propres à faire reconnaître la présence ou l'absence d'affections des poumons, des plèvres ou du cœur. Toutefois voici quelques cas où l'on pourrait admettre, a priori ét avec certitude, qu'elle fournirait des résultats utiles : 1° si des calculs plus ou moins nombreux existaient dans le rein et venaient à se toucher les uns les autres , et si Ton auscultait le rein malade en même temps qu'on le palperait ou qu'on le percuterait, il en résulterait
AUSCULTATION, EXAMKW DE l'uRINE. 341
infailliblement un bruit perceptible à l'auscultation. Ce bruit serait en rapport avec le choc que ces calculs produiraient les uns sur les autres ; 2"" des considérations toutes semblables sont applicables aux uretères dans lesquelles plusieurs pierres se trouveraient placées (1); 3^ si une fistule rénale était établie à l'extérieur et permettait à l'air de pénétrer dans la tumeur , le stéthoscope appliqué sur l'abdomen pourrait y découvrir des bruits spéciaux en rapport avec la présence du fluide élastique et des liquides ; 4*^ si cette fistule pouvait livrer passage à un stylet boutonné , celuici en heurtant un calcul existant dans la masse malade, donnerait lieu à un bruit perceptible à l'auscultalion, etc.
2080. L'examen des liquides fournis par le rein, à part les cas de fistules rénales , de renversement congénital, ou d'ouverture accidentelle de la vessie, etc., ne peut être fait que sur le liquide qui a traversé la vessie, Turèthre, et qui, par conséquent , a pu être mélangé , soit avec l'urine formée par l'autre r^^in , soit avec les humeurs variées auxquelles le réservoir urinaire , son conduit excréteur ou les glandes qui y sont annexées donnent naissance. Cet examen , qu'il s'agisse des maladies de l'appareil urinaire, ou des affections du sang, ou des autres organes, est de la plus haute importance , et il est convenable de s'occuper avec beaucoup de soin des parties de cet examen qui se rapportent au diagnostic.
2081. D'abord la manière dont l'urine s'écoule
{i)Il pourrait peut îilre en arriver ainsi pour ies calculs de la vésicule du fiel ou des conduits hépaliques, alors qn'ils sont nombreux et très dur?.
EXPLORATlOiN DES REI^JS.
au dehors doit être notée ; mais comme cette partie de l'exploration se rapporte plutôt aux fafections de la vessie et de i'urèîhre qu'à celle du rein , nous renvoyons pour l'appréciation du mode d'excrétion définitive de l'urine aux paragrapiies^qui traiteront de ces affections.
2082. Pour bien apprécier les propriétés physiques de l'urine, il faut d'abord se donner garde de procéder à son inspection alors qu'elle est contenue dans des vases opaques, et surtout dans des récipiens de métal où elle ait séjourné. Les altérations chimiques qu'elle aurait pu éprouver dans ce cas , par suite du contact prolongé de Tair ou des métaux, pourraient avoir altéré ses propriétés physiques. On la recueillera dans des verres à patte semblables à ceux dont on se sert dans les laboratoires , et présentant , sur un des points de leur bord, un gouleau qui permette une décantalion facile et sans secousses.
2083. L'espèce d'urine que Von veut examiner, et le temps le plus convenable à partir du moment où elle a été^excrétée pour procéder à cet examen, varient suivant les propriétés de l'urine qu'il s'agit d'apprécier.
2084. Si l'on veut juger de l'état de limpidité, de coloration, etc., de ce fluide, il faut en général procéder à l'inspection de celui-ci le matin, lorsque ses matériaux constituans sont très rapprochés , lorsqu'il vient d'être excrété et qu'il n'y a pas encore de sédiment de formé. Si on le recueille dans le jour, il faut tenir compte : de la quantité des boissons qui ont été ingérées 5 de l'espèce d'alimens dont on a fait usage et des substances médicamenteuses, odorantes ou propres à modifier puis- &arament l'urine que les malades auraient pu por-
QUANTITE d'iJRINE. 34 S
ter dans les voies digeslives ( les asperges , la garance, les framboises, la rhubarbe , etc. } Si l'on veut, au contraire, apprécier les sédimens que l'urine contient, on fera conserver, pendant quelque temps, l'urine dans les vases destinés à la recueillir; mais il faut que ce temps ne soit pas assez prolongé pour que le liquide soit chimiquement altéré. Une heure de repos suffit pour que les sédimens soient parfaitement déposés. Si Ton doit examiner ceux-ci isolément, si l'on désire surtout conserver , pour une exploration attentive , les graviers déposés au fond du vase, il faut filtrer avec soin. On examinera aussi au microscope les matières que l'urine aura pu déposer, soit qu'on le fasse en les laissant suspendus dans le liquide urinaire; soit qu'on place, dans un porte-objet , quelques gouttes d'eau distillée, tenant en suspension le sédiment urinaire; soit enfin qu'on procède directement à l'examen micrographique de celuici. Pour juger de la densité de l'urine^ il est bon de se servir d'un pèse-sels, et pour apprécier sa chaleur, d'avoir recours à un thermomètre centigrade. Il est évident que cette dernière recherche ne peut avoir quelque résultat qu'au moment même où l'urine vient d'être excrétée.
2085. La quantité d'urine formée dans un temps donné , est dans l'état normal , proportionnée , i° à la proportion des substances aqueuses qu'on a prises par le tube digestif; 2^ à celle de la vapeur d'eau absorbée par le poumon; S*' à l'abondance des transpirations pulmonaire et cutanée , etc. Elle est plus grande en hiver qu'en été , dans une athmosphère chaude que dans un lieu dont ja température est basse.
2086. Dans les cas pathologiques, la quantité
d'urine formée est souvent fort peu en rappori avec les circonstances précédentes. On va voir combien il est important d'en tenir compte en diagnostic. Cette quantité est parfois énormément augmentée , sans que le malade boive plus qu'à l'ordinaire. Franck a vu en rendre cinquante livres dans les vingt-qualre heures. — Une augmentation notable dans la proportion d'urine , est parfois Tunique symptôme de la maladie à laquelle on donne le nom de diabètes, et qu'il est plus logique d'appeler hyperurorrhee. Si Ton ne prend pas le soin, en interrogeant le malade, de le questionner sur l'abondance de l'urine, pu peut méconnaître complètement l'affection dont il s'agit , et des méprises de ce genre sont journalières. — Ailleurs, la diminution dans l'urine formée dans les vinglquatre heures , est un symptôme qu'il ne faut pas négliger, en ce sens qu'il correspond à des sueurs abondantes qui s'établissent, à des collections séreuses qui se forment , à des affections des reins, de la vessie , etc. — S'il arrive que l'urine se supprime, il en faut rechercher la cause organique. {Ployez plus loin les signes physiologiques). — - Lorsque, dans une hydropisie, il arrive que l'urine est en petite quantité , ce symptôme est mauvais. Lorsque cette quantité devient plus considérable, c'est en général un bon signe. — Dans certaines cardiopathies, où la circulation est momentanément très embarrassée , un flux copieux d'urine , survenu tout à coup, calme souvent, ou fait même dissiper les accès. Le Bulletin clinique renferme un fait de ce genre , des plus curieux et observé par M. Marjolin et par moi ( n" 162).
2087. L'urine, dans l'état normal, est transparente , avec une teinte citrine plus ou moins pro-
COULEUR DE l'uRINE.
noncée , et qui Test d'autant plus que ce fluide a séjourné davantage dans la vessie , que le malade a moins bu, pris une plus grande quantité d'alimens secs et a transpiré par les poumons ou la peau dans des proportions plus grandes. D'après ces dernières raisons, et toutes choses étant égales d'ailleurs du côté de l'alimentation , des boissons, etc. , l'urine est plus foncée en couleur en été qu'en hiver, et dans les climats chauds que dans les froids. Dans certains cas, son apparence est presque complètement celle de l'eau , et il faut alors qu'elle soit réunie en de grandes masses pour présenter une très légère teinte jaunâtre ou jauneverdâlre. D'autres fois, au contraire, sa coloralion est si foncée , qu'elle ressemble assez bien à celle de la plus forte bière. Cette teinte est toujours plus oii moins jaunâtre ou brune, et ne doit pas être confondue , comme il arrive souvent que les malades le font, avec la couleur rouge-vermeille ou noirâtre du sang, couleur dont nous parlerons bientôt. En général, l'extrême limpidité de l'urine annonce que ce liquide s'est formé promptement et dans d'assez grandes proportions; qu'il a peu sé-^ journé dans ses voies d'excrétion ; que le malade a beaucoup bu ou beaucoup absorbé , soit par les poumons aux dépens de la vapeur de l'air, soit par la peau , plongée dans un bain, soit par des parois de cavités intérieures où des injections ont été faites et des fluides résorbés, etc. Cette limpidité annonce encore que les sueurs ont été^ nulles, ou du moins peu abondantes. De là vient que lors du frisson des fièvres d'accès, l'urine est souvent très claire , qu'il en arrive ainsi dans toutes les affections où l'on sue peu ( encéphaiopalhies, névropathies, etc.). La teinte foncée de l'urine indî-
346 EXPLORATlOIt DES KEIJNS.
que au contraire, 1° que ce liquide a séjourné dans les organes chargés de son excrétion; c'est ainsi qu'elle est des plus colorée à la suite d'une rétention qui a duré quelque temps ; 2^" que le malade a peu bu , ou du moins qu'il n'a pas transpiré en raison de la déperdition de sa sueur; S'^que kl transpiration a été abondante; 4° qu'il y a eu, vers quelque organe, un dépôt plus ou moins considérable de sérosité. De ces circonstances, résulte que souvent l'urine est très colorée , très brune dans les périodes de chaleur et surlout de sueur des fièvres d'accès. Baglivi regardait une couleur trop foncée de l'urine comme d'un fâcheux pronostic : « in curatione febrium^ dit-il , nullas vidi pejoras urinas quant nimiùm rubras, » [De urina in dcutis^ p. 71.)
2088. La teinte de l'urine peut être rouge vermeille. A part les cas rares où ce liquide est coloré par la garance, le bois de campêche, la racine de fraisier, les framboises, les mûres, etc., et où les circonstances commémoratives peuvent faire reconnaître la cause de cette coloration, c'est à la présence du sang dans Turine qu'il faut rapporter cette couleur. Celle teinte rouge, produite par le sang , qui du reste est toujours un peu différente de celle qui est causée par des substances étrangères qui teignent l'urine , varie (en raison des quantités de fluide sanguin que l'urine contient), depuis la nuance rouge la plus légère, jusqu'à un aspect complètement sanglant, vermeil ou noirâtre. Une telle coloration indique le plus souvent, en conséquence, qu'il s'agit d'une hémorrhagie de quelque point de l'appareil urinaire.
2089. La teinte de l'urine peut être presque orangée;ceci a principalementlieu dans l'ictère, et nous
ASPECT m l'urine.
avons fait mention ailleurs de la valeur diagnostique de ce symptôme qui , le plus souvent , est en rapport avec un obstacle mécanique au cours de la bile (870, i854). M. Braconnot a rencontré dans l'urine rouge-orangée d'un iclérique, la matière jaune foncée de la bile.
2090. On a trouvé quelquefois l'urine colorée en bleu ; M. Julia en a cité un remarquable exemple. Le sujet de cette observation, âgé de i5 ans^ avait avalé de l'encre. MM. Majou et Gantu avaient déjà observé chacun un fait du même genre. M. Julia qui cite ces observations, attribue à la présence du cyanure de fer la coloration bleue de l'urine que M. Guibourt rapporte à la présence c(u gallate de fer. Du reste, MM. Garnier et Delens , Braconnot, Spangenberg, etc., ont observé aussi des urines bleues, et les rapportent à des principes colorans différens de ceux qui viennent d'être cités. Jusqu'à présent on ne connaît aucun état organo-pathoiogique en rapport avec la teinte bleue de l'urine.
2091. Uurine est fréquemment trouble au moment même où elle est excrétée ; elle offre même quelquefois aLors une apparence lactescente qui , plus tard, se dissipe aussitôt qu'un sédiment se forme, et ce sédiment est alors du mucus ou du pus. Cet état de l'urine est ordinairement en rapport avec des maladies, plus ou moins graves, des voies urinaires.
2092. L'urine conservée pendant quelque temps , se sépare fréquemment en plusieurs couches (Double); l'une d'elles, superficielle (le nuage), quelquefois d'apparence huileuse et irrisée, avait pour les anciens beaucoup plus d'importance séméiologique que pour les modernes. On peut ea
dire autant de Vénéorème ; celui-ci n'est autre chose qu'une substance trouble suspendue dans l'urine, formée vraisemblablement par du mucus tenant en suspension quelques portions du sédiment dont il va être parlé. Pour examiner celui-ci, on peut l'étudier : 1^ lorsqu'il est encore déposé au fond du vase , et pour cela il suffit de le regarder à travers les parois du verre où il a été conservé ; ce procédé est celui qu'on se borne le plus souvent à suivre ; 2o d'autres fois on décante l'urine qui surnage, et on observe alors directement l'apparence et la nature du précipité. Cette expérimentation est fort utile et fait parfois reconnaître au sédiment de Turine les caractères du véritable pus ; 3"* d'autres fois enfin , on filtre ce sédiment et on le dessèche , précaution utile a prendre lorsqu'on veut procéder a l'analyse chimique de ces matières sédimenteuses. L'urine dépose encore parfois des sables , des graviers et de petits calculs sur la nature et la signification diagnostique desquels il faudra bientôt revenir ; ne parlons d'abord ici que des sédimens urinaires.
2095. En général, les sédimens de l'urine sont d'autant plus abondans que l'on a plus transpiré , et que l'urine est plus concentrée, plus colorée. Or, toute maladie dans laquelle la sueur est très abondante, est presque toujours accompagnée de la présence de sédimens dans le liquide urinaire. Ce n^est donc pas comme signes de maladie irritative qu'il faut en général considérer les précipités de l'urine , mais bien comme des indices que le malade a perdu beaucoup de liquide. On les rencontre aussi dans beaucoup d'affections où i! s'agit de maladies de l'appareil urinaire; on les
SÉDIMENS DE l'l'RINE. 349
voit souvent colorés en rouge de brique dans les phlegmasies plus ou moins aiguës de divers organes, surtout lorsqu'il y a co-exislence d'hémite (853). Danê l'hépatite avec ictère, leur teinte est surtout très foncée , ce qui peut tenir à la présence du principe colorant de la bile. Sur certains sujets pâles, dont le sang contient beaucoup de sérosité, dont la peau est peu colorée, sur les femmes, les enfans, etc., souvent Turine dépose, dans les maladies aiguës, un sédiment grisâtre, épais , plus ou moins abondant. Les auteurs avancent les propositions suivantes, qu'il serait bon d'appuyer sur de nouveaux faits : Le sédiment blanchâtre est d'un augure favorable lorsqu'il se prolonge quelque temps pendant le cours de la maladie (Boerhaave). — Lorsque dans le rhumatisme on observe un sédiment rouge au fond du vase , et que l'urine reste d'une belle couleur rouge ( ce qui est dû à la présence de l'acide rosacique), et que ces caractères cessent tout à coup , on peut espérer que la solution de la maladie sera prochaine. — Lorsque le sédiment s'est manifesté et qu'il disparaît tout à coup sans être remplacé par un autre mouvement critique, on peut craindre une recrudescence, ou le développement d'un nouvel état nïôrbide , etc., etc.
2094. Il est bien plus positif de dire que l'examen des sédimens de l'urine est souvent d'une grande utilité pour établir le diagnostic des maladies des organes faisant partie des appareils génito-urinaires. En général, un dépôt plus ou moins abondant de substance puriforme , au fond de l'urine , est en rapport avec une inflammation et même avec des ulcérations ayant leur siège dans diverses parties des voies urinaires. C'est ainsi que dans la néphrite
chronique (surtout dans celle qui est entretenue par un calcul ) , dans les cas où une pierre est engagée dans l'uretère , que dans ceux aussi où la membrane interne de la vessie est phlogosée , excoriée (soit par la présence d'un corps étranger, soit par suite du séjour prolongé de l'urine), une substance évidemment puriforme se trouve fréquemment au fond du vase où l'urine a été conservée. Dans tous ces cas, cette substance est très mélangée avec l'urine suspendue en quelque sorte entre les molécules qui la composent. Une pyoprostatite ( abcès de la prostate ) et une uréthrite donnent aussi lieu à la présence, dans le liquide urinaire, de pus ou de mucosités puriformes; mais ici la substance dont il s'agit est très isolée du reste de l'urine , la décantation l'en sépare avec la plus grande facilité , et d'ailleurs le pus est rendu avant que l'urine soit évacuée , tandis que le contraire a lieu s'il provient d'une lésion d'organes profonds.
2095. L'urine contient souvent une substance visqueuse, filante, semblable à du blanc d'œuf, et qui est excrétée , soit avant que l'excrétion uréthrale s'opère (et dans ce cas il s'agit aussi d'une lésion située au-dessous du col vésical ), soit après l'écoulement de Turine , et alors c'est presque toujours de la vessie d'où provienneiSt ces matières glaireuses qui sont souvent alors fréquemment le symptôme d'une cystite plus ou moins chronique.
2096. Il est très probable que , dans quelques cas , la présence d'une substance d'apparence albumineuse et de matières puriformes dans l'urine, est en rapport avec une altération concommitante du sang. C'est ainsi que dans quelques cas qui, pour nous, doivent êlre rapportés à la pyohémie , et où la couenne était granuleuse, l'urine conte-