EXCRÉTION URINAIRE
bec de l'instrument trouve les parois de la vessie dures et souvent douloureuses. Cet état se fait observer à la suite des rétentions d'urine prolongées , lorsque ce liquide a long- temps séjourné dans son réservoir et en a irrité la membrane interne. Il est probable qu'un calcul doit quelquefois produire le même effet.
2 254. Les mouvemens des muscles abdominaux se combinent le plus souvent avec ceux de la vessie pour déterminer la sortie de l'urine. Dans l'état anormal, on remarque la même synergie d'action entre les muscles et le réservoir urinaire ; mais il est inutile d'insister ici sur ce fait ; car ce que nous avons dit des considérations diagnostiques applicables à la contraction de la vessie, l'est également à celle des organes qui combinent leur action avec la sienne.
2255, On n'est pas encore bien arrêté sur l'existence des mouvemens propres à i'urèthre luimême; — mais les muscles qui l'entourent ou l'avoisinent , et qui concourent puissamment à l'excrétion urinaire, peuvent être le siège de certaines contractions qui gênent, dit-on, l'introduction des sondes ; c'est sans doute là ce qu'on a désigné sous le nom de rétrécissement spasmodique. Nous renvoyons, pour ce sujet, aux traités de chirurgie et notamment à un mémoire de M. Amussat.
2256. Les fonctions de la vessie sont de recevoir l'urine, de la conserver pendant un certain temps; de l'expulser à de certaines époques. Celles du canal de I'urèthre sont de livrer passage à l'urine. Or, à l'occasion des sensations, des mouvemens propres à cet organe, du jet de Turine, nous avons dit à peu près tout ce qui se rapporte à ces mêmes fonctions : nous n'y reviendrons pas. Rappelons seulement : que s'il arrive, par une cause quelcon-
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que, que la vessie ne puisse se débarrasser de l'urine, elle se distend , le liquide y devient plus dense, plus consistant, plus chargé de substances stimulantes ; que quelquefois il se dépose alors des graviers qui peuvent être , à la rigueur, les rudimens de calculs ; que la vessie remplie pendant long-temps d'urine ainsi rapprochée, s'irrite, s'enllammé, se rétracte et finit par devenir impropre à remplir les fonctions qui lui sont départies.
2267. Remarquons encore, relativement à l'urèthre, que la manière dont le jet urinaire a lieu fournit des signes importans dans les rétrécissemens de ce canal; que, suivant le degré de ceux-ci, l'urine sort avec moins d'énergie, par un filet plus fin, en tournoyant, goutte à goutte, par intervalles, ou finit même par ne plus sortir du tout. Du reste, les caractères du jet de l'urine n'ont rien de positif relativement à la coexistence des urélhroarclies (rétrécissemens de l'urèthre) ; et c'est surtout au cathétérisme qu'il appartient de constater l'existence de ces affections.
2258. Les souffrances aiguës de la vessie sont accompagnées de chaleur à l'hypogastre, et probablement aussi d'une augmentation de température de l'urine. Elles peuvent donner lieu , ainsi que les cystipathies chroniques, à des troubles de sécrétion qui ont été signalés à l'occasion de l'aspect de l'urine, et des divers caractères que présente ce fluide (2094, 2096, 2096, 2106). Du mucus formé d'ordinaire en petite quantité, des mucosités filantes, troubles, épaisses, puriformes, dn pus, du sang, etc., peuvent être sécrétés par la vessie malade ; et les moyens de distinguer ces cas des altérations de l'urine en rapport avec les maladies des reins , consistent moins dans les caractères