TROUBLES DE FONCTIONS
des liquides excrétés, que , d'une part , dans les symptômes concomitans et les signes physiques de la cystipathie; et de l'autre, dans Fabsence des caractères de la néphropathie.
2259. La vessie et le canal de l'urèthre malades, non-seulement déterminent, dans les parties voisines, rrne série de phénomènes organiques , tels que des ténesmes pour le rectum ; des désirs vénériens ou des hémorrhagies pour l'utérus, etc. , mais encore ils peuvent troubler la plupart des fonction^: Du reste y la plupart des considérations établies précédemment pour le rein, trouvent ici leur application. Ici, comme a l'occasion de la néphropathie, les malades ont, à l'état aigu ,de la fièvre, quelques accès fébriles, des accidens à^urohémie^ des dérangemensdans les digestions; mais ce qui est spécial à la vessie, c'est l'aéro-entérectasie (météorisme) qui accompagne sa distension, et qui provenant , sans doute , de la compression des intestins par le réservoir urinaire, est elle-même une source d'accidens nombreux et variés. Dans la cystipathie aiguë, il y a parfois du délire, et quand elle se renouvelle souvent, ou lorsqu'elle devient chronique, on observe surtout ce caractère morose et désagréable dont il a été déjà parlé à l'occasion des maladies du rein. Les pertes de liquides faites par la vessie malade, ou les produits altérés qui y sont absorbés et reportés ensuite dans le sang, affaiblissent , font maigrir, et conduisent souvent ceux qui en sont atteints à une mort précédée de longues souffrances.
HYPERCYSTIÏE.
SPÉCIAL ET COMPARATIF DES ETATS ORGANO-PATHOLO- GIQUES DE LA VESSIE ET DE l'urÈTHRE.
2260. Cystipathie ^ urétkropathie ^ (souffrance de la vessie ou de Turèthre considérée en général).
2261. Cystohémie^uréthrokémie jy (congestions san- " guines de la vessie et de l'urèlhre); elles sont, peu connues et ne méritent pas de description particulière.
2262. Cystite (inflammation de la vessie); elle est susceptible de divers degrés qui établissent de très grandes différences dans la maladie. Nous parlerons d'abord de sa forme la plus aiguë {Hypercystite) : douleur vive dans le lieu où l'anatomie apprend que la vessie a son siège. Cette douleur ressemble souvent au besoin de rendre l'urine; mais avec une intensité beaucoup plus grande. Quelquefois elle consiste dans des tiraillemens, des élancemens : elle se propage fréquemment à l'extrémité de la verge où elle est quelquefois très vive; d'autrefois, elle semble remonter jusque vers les reins. Sur l'homme, l'hypogastre et la paroi antérieure du rectum; sur la femme, la cloison vésico-vaginale, sont le siège d'une chaleur plus ou moins vive. La douleur vésicale augmente par le mouvement, la pression, la palpation de ces parties, par la percussion du bas-ventre : il semble que ces dernières manœuvres augmentent le besoin d'uriner. Ecoulement avec l'urine d'un liquide plus ou moins trouble, muqueux, albumineux (2096) filant, san-
HYPERCYSTITE.
guinolenl, puriforme, ou même purulent. Celuici sort tantôt en même tems que l'urine et d'autres fois, à la suite de l'évacuation de ce fluide. On peut reconnaître^par l'inspection, la microscopie, l'analyse chimique, la présence du pus dans le liquide urinaire.
2263. Dans la cystite simple, l'urine ne s'accumule pas dans son réservoir, elle en sort au contraire peu de tems après y êlre parvenue, parce qu'elle irrite l'organe et décide sa contraction : de là, besoin fréquent d'uriner, et lorsque le malade y obéit , augmentation marquée dans les douleurs. Daiîs les cas extrêmes, la vessie est revenue sur ellemême, et l'urine est rendue d'une manière continue, comme dans l'urocystiectasie, suite d'une acyslionervie, (paralysie de la vessie); mais il y a dans la cystite simple cette différence que, la plessimétrie et la palpation trouvent que le réservoir urinaire n'est pas distendu et n'occupe pas un espace considérable dans la cavité du bassin. S'il V a coexistence d'un obstacle au cours de l'urine, soit à la prostate, soit dans Furèthre, ou encore à l'orifice vésical lui-même , alors, il y a réunion des phénomènes d'hypercystite et d'urocystiectasie. Dans ce cas, l'écoulement d'urine a pu d'abord avoir été entièrement supprimé. A ces symptômes locaux, se joignent des besoins fréquens et douloureux de rendre les fécès; des pesanteurs sur le fondement ou sur l'utérus; des hémorrhoïdes, des métrorrhagies; la circulation, est en général accélérée; il y a fièvre vive, pouls dur, plein et fort; les pommettes sont d'un rouge vermeil qui se dessine sur la couleur naturelle de la peau. La respiration est accélérée parsuite de la douleur vésicale, de là aussi accélération delà circulation. On observe
444 HYPO-CYSTITE, ClIRONO-CYSTITE.
de la céphalalgie, quelquefois du délire;parfois aussi des accès tiébriles, (frisson chaleur et sueur), mais ces accès sont en petit nombre. Une exhalation abondante s'établit parfois à la surface de la peau.
2264. Si l'on pratique le cathétérisme, il est très douloureux, et le bec de la sonde, en touchant la membrane interne de la vessie, trouve souvent celle-ci entourant l'instrument, resserrée qu'elle est par la contraction des fibres charn ues. Dans des cas extrêmes, il se peut faire, surtout si la sonde reste à demeure dans la vessie, que cet organe soit, sur quelque point, le siège d'une inflammation ulcérative, et que l'urine pénètre dans la cavité du péritoine ou dans les parties qui entourent le réservoir urinaire, telles que le vagin, ou le tissu cellulaire du bassin ou du rectum.
2265. A ces phénomènes locaux et généraux de la cystite , il faut joindre en diagnostic les circonstances commémoratives, coups, chûtes, rétention d'urine, etc., qui ont pu la produire : la présence de calculs constatée par le cathétérisme, les maladies des organes voisins qui peuvent l'entretenir, etc. Loin que la cystite se dessine toujours avec des formes aussi aiguës, et que sa marche soit rapide, ainsi qu'il en arrive dans les cas précédens, il se dessine d'autres fois une série de symptômes infiniment moins tranchés et qui peuvent mériter à cette affection le nom kypo -cystite ou, si elle tend à se prolonger, de chrono-cystite. C'est ainsi que la douleur , bien que présentant toujours les caractères précédemment indiqués, peut être très faible , et se prononcer à peine ; que les fluides sécrétés par la vessie chroniquement enflammée , peuvent consister seulement en des mucosités filantes, plus ou moins claires et abondantes. Cel-
TOXICO'CYSTÎTE, URETHRITE. 445
les-ci sortent immédiatement après l'urine, sous une forme assez analogue à celle de l'albumine liquide. C'est là une des nuances de la maladie désignée sous le nom de catarrhe de la vessie, affection dans laquelle se forment souvent des produits puriformes, et qui est fréquemment accompagnée de la résorption des liquides altérés par leur séjour dans la vessie^ et d'un état fébrile général en rapport avec cette résorption, etc., etc. Souvent lorsque la cystite, qui est fréquemment bornée à la membrane interne, revêt celte forme et une marche chronique, il y a dans la vessie quelques causes organiques , telles que corps étrangers, ulcérations, etc., ou quelques lésions d'organes voisins fmétropathie cancéreuse, néphrite, etc.), qui entretiennent le mal
2266, On peut admettre, dans certains cas, une toxico-cystite ; c'est celle qui suit l'ingestion de substances vénéneuses, et notamment des cantharides. La réunion des circonstances commémoratives de l'administration de ces poisons , soit à l'extérieur par des vésicatoires ou par des pommades contenant des substances cantharidées , soit à l'intérieur par l'estomac, le rectum ou le vagin, jointes au caractères de la cystite, pourront éclairer le diagnostic. Un moyen non moins précieux de reconnaître cette maladie, serait de constater dans l'urine , ou dans les matières évacuées par le vomissement et les selles (si la chose était possible) , la présence de la cantharidine ou de toute autre substance toxique.
2267. Uréthrite, sensations d'abord de démangeaison, puis de douleurs ayant leur siège au bout de la verge et notamment vers la fosse navicuîaire, se propageant par fois dans toute la longueur du canal de l'urèthi^e jusqu'à la prostate et à la vessie elle-même. Ces douleurs sont plus ou moins vives
URÈTHRITE.
en raison du degré de riiilensité de la maladie; elles deviennent par fois excessives , et sont accompagnées de ténesmes et d'épreintes vésicales. C'est surtout ce qui a lieu lorsque la maladie est très aiguë (hyper-uréthrite) . Ces sensations douloureuses consistent dans un sentiment de chaleur , de cuissons, de brùlement et leur caractère spécial est d'augmenter beaucoup par le passage de l'urine qui, lorsque la maladie est très intense, sort par fois avec un jet très fort à cause de l'excitation qui s'est propagée à la vessie ; la douleur augmente aussi en raison du degré de concentration du liquide urinaire, et par les pressions pratiquées sur le canal. Ce dernier caractère est important pour préciser le lieu spécialement affecté.
2268. Ecoulement par la verge d'un liquide d Sabord muqueux, légèrement trouble, puis opaque, jaunâtre, puriforme ; par fois mêlé de stries sanguines, présentant une consistance crémeuse, variable en abondance; sortant habituellement par l'extrémité de l'urèthre ; s'accumulant dans la fosse naviculaire dont on le fait sortir par la pression dirigée de haut en bas. Dans les cas graves, une grande partie du canal uréthral renferme la matière de l'écoulement, et celle-ci en sort également par la compression de ce conduit, soit qu'elle ait lieu dans le rectum, soit qu'on la pratique au dehors depuis l'anus jusqu'au bout de l'urèthre. Dans une période plus avancée de la maladie, l'écoulement diminue chaque jour d'intensité et d'abondance.Long-tempsil conserve son aspect puriforme et opaque. Lorsqu'il est réduit à peu de chose et qu'il n'en a pas perdu pour cela ses caractères contagieux, il se borne à quelques gouttes de liquides qui s'accumulent le matin dans la fosse na-
URÈTHRITE.
viculaire, d'où il faut le faire sortir par des pressions bien faites pour constater son existence. Les linges qui ont été en contact avec la verge présentent des taches jaunâtres, jaune-verdâtres quelquefois peu prononcées. L'urine examinée au moment où elle vient d'être rendue , offre par fois au fond du vase quelques fragmens de mucosités puriformes.
2269. L'orifice uréthral examiné intérieurement présente une rougeur prononcée. L'extrémité du gland, surtout lorsque la verge a été déclive et que les soins de propreté n'ont pas été très grands, ou encore lorsque des frottemens par les vêtemens ont eu lieu, est elle-même enflammée, ce qui rend le moindre contact douloureux. Erections fréquentes par fois suivies d'éjaculalions douloureuses; besoins répétés et impérieux d'uriner ; dans certains cas, cystite consécutive se développant avec intensité , et précédée quelquefois de rétention d'urine, ou au moins de grandes difficultés à la rendre. C'est surtout lorque la maladie se propage ainsi à des parties plus élevées de l'appareil urinaire que se développe une fièvre vive avec frissons, et qui ressemble assez bien à quelques accès de fièvre intermittente quotidienne. — Parfois le testicule s'enflamme consécutivement à l'urèthre ; de là une orchite qui souvent est accompagnée elle-même de la phlogose de la tunique vaginale et de l'accumulation de liquides dans la cavité de cette membrane séreuse. L'orchité consécutive à l'uréthrite etqui de toutes les affections dece genre est incontestablement la plus fréquente, succède en général à des érections qui n'ont pas été suivies d'éjaculation. Cette circonstance explique, mieux que la sympathie, l'inflammation du testicule h la suite de la blennorrhagie.
CHRONO-URÉTURITE.
2270. Lorsque la maladie persiste et prend la forme lente [chrono-uréthrite], elle n'offre plus en général qu'un faible degré (hypo-uréthrite) ; l'écoulement prend alors des apparences qui varient depuis l'aspect de mucosités troubles, jusqu'à celui deliquides puriformes; les douleurs sont souvent à peine marquées, et ne se prononcent que par des pressions assez fortes^ ou par le passage d'urines très irritantes ; quelquefois même elles cessent, ainsi que l'écoulement, pendant quelques jours et reviennent ensuite pour la cause la plus légère. Ce sont ces variétés de l'urélhrite qui le plus souvent, sont suivies d'uréthrarctie (retrécissemens uréihraux).
2271. A ces symptômes locaux et généraux il faut joindre, pour établir le caractère de la maladie, l'histoire des antécédens. L'usage de la bierre forte cause par fois une uréthrile assez aiguë, qui se dissipe ordinairement d'elle-même lorsqu^on a cessé de prendre de cette boisson. Le coït ayant eu lieu avec une personne suspecte, porte a admettre que l'uréthrite est contagieuse. Il n'est pas de caractère physique d'écoulement qui puisse faire distinguer Puréthrite contagieuse sypiiylitique de celle qui ne l'est pas; à plus forte raison la plupart des symptômes fonctionnels coïncidans ne peuvent établir cette différence. On a proposé l'inoculation sur la personne malade elle-même, dans Tintention de savoir si l'écoulement pourrait produire des chancres. S'il en était ainsi, la maladie devrait être considérée comme siphylitique. Nous ne pourrions conseiller cette pratique, et cela dans la crainte de causer une infection générale. îl n'est pas dit qu'un écoulement siphylitique puisse produire celle-ci alors que la membrane muqueuse
CYSTORRHAGIE.
orétîirale ou vaginale n'est qu'enflammée et non ulcérée ; tandis qu'elle serait très à craindre si les tissus étaient entamés et les vaisseaux mis à nus. L'existence de chancres, de végétations, de pustules humideSj etc., sur la personne malade ou sur celle qui aurait communiqué l'affection, jointe à l'efficacité des mercuriaux, relativement à la suppression de l'écoulement, seraient de'i signes probables qii^ïl ne faudrait pas négliger pour établir le diagnostic de la nature siphylitique d'un écoulement uréthral. (Voyez plus loin l'exploration des liquides vaginaux.^
2272. Prostatite (inflammation de la prostate). Pyoprostatite (abcès de la prostate). La palpation , par le rectum, de la prostate , permet d'y constater de la douleur, une tuméfaction ou de la fluctuation. Le cathétérisme uréthral y découvre les mêmes symptômes 5 et on éprouve une gêne marquée à pénétrer dans la vessie. Les signes de Turéthrite profonde ; ceux de l'anurorrhée (rétention d'urine), ou au moins de la dysurorrhée (difficulté dans Fexcrétion urinairej; ceux encore de l'urocystiectasie joints à des pesanteurs sur le siège, à l'écoulement (par l'urèthre, la sonde ou lors de l'évacuation des premières gouttes d'urine), de mucus , de pus, etc., I sont les caractères qui peuvent spécifier l'inflammaï tion et la suppuration de la prostate. Ces affections i sont , du reste , complètement classées parmi les maladies chirurgicales.
2 2'j5, HémocysCorrhagie ( hémorrhagie vésicale), écoulement par le canal de l'urèthre, et seulement lorsque le malade urine, ou par la sonde introduite dans la vessie, de sang pur ou mélangé avec le liquide sécrété normalement par les reins. Il peut être liquide ou coagulé, et, dans ce dernier état, présen-