AUSCULTATION MEDIATE
Xaennec et M. Bouillaud le rapportent aux battemens artériels ; mais il y a celte différence entre ces deux observateurs, que le premier l'attribue au principal vaisseau artériel qui apporte le sang au placenta ( vaisseau que Fanatomie ne fait pas connaître); tandis que le second le croit produit par les gros troncs artériels comprimés par l'utérus distendu. — Si cette dernière opinion était fondée , pourquoi se ferait-il qu'on n'entende le bruit simple que du quatrième au cinquième mois ( bien avant les artères hypogastriques peuvent , en effet , être comprimées)? Pourquoi entendrait-on plus manifestement le bruit simple de ce côté, et surtout de celui opposé au cœur du fœtus? Pourquoi ne le produirait-on pas à volonté en faisant appuyer l'utérus par les mains d'un aide , sur les grosses artères du bassin? Pourquoi, en faisant placer la femme alternativement des deux côtés, ne change-t-on pas d'ordinaire le lieu où le bruit de souffle se fait entendre (M. Bouillaud est le seul qui cite un cas où cela ait été observé)? La question relative à la cause anatomique du bruit simple, du souffle placentaire, utérin, observé pendant la grossesse , n'est pas encore résolue; il y a de nouvelles recherches à faire sur ce sujet, et personne n'est mieux, que M. Paul Dubois, dans les conditions de position et de talent nécessaires pour l'étudier. L'auscultation pratiquée sur le col même de l'utérus , à l'aide d'un stéthoscope approprié, pourrait ici avoir de très grands avantages; car, dans les cas où le placenta correspondrait au col utérin, il serait possible de savoir si, sur ce point, le bruit dont il s'agit est plus fort qu'ailleurs. On ne pourrait, s'il en était ainsi, l'attribuer aux artères du bassin. Il serait encore
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possible , lorsque le fœtus est sorti de l'utérus , que le cordon n'est pas coupé, et que le vide qui résulte de l'accouchement fait que les artères voisines de l'utérus ne sont plus comprimées , il serait encore possible, dis-je , de rechercher si le placenta donnerait encore lieu au bruit de souffle. Ces procédés d'exploration me paraissent très propres à juger complètement la question.
23Ô7. Quoi qu'il en soit des théories, il est certain que la présence du double bruit du cœur, dans le cas de tumeur utérine, est un signe pathognomonique de grossesse; qu'il indique de plus que l'enfant est vivant. On trouve dans l'ouvrage de M. Bouillaud, sur les maladies du cœur, une observation des plus intéressantes dans laquelle un enfant de 7 mois , qui naissait daps un état apparent de mort, revint à la vie sous l'influence des bons soins qu'on lui donna , et on n'avait autant insisté sur ceux-ci que parce qu'on avait trouvé, quelques momens avant l'accouchement, les battemens du cœur du fœtus. Si, sur deux ou plusieurs points d'une tumeur utérine, on trouvait des bruits doubles du cœur du fœtus , très distincts les uns des autres, on pourrait, comme le dit Laennec , reconnaître ainsi une grossesse multiple.
2358. Le second bruit n'est pas d'une aussi grande importance diagnostique que le premier. Il est des cas de grossesse où il est très faible , et d'autres où l'on ne parvient pas à le rencontrer,— On a trouvé parfois un bruit presque semblable dans des tumeurs formées par des tissus anormaux, et notamment dans des lésions organiques des ovaires ou de l'utérus. Un cas semblable dans lequel on pratiqua l'opération césarienne par le
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vagin, est consigné dans la Lancette française (n^ du 8 mai i834)» L'épouse d'un des premiers praticiens de Paris a long-temps présenté, dans Thypogastre , un bruit analogue à celui du souffle placentaire, bien qu'il n'existât pas de grossesse.il en est de ce bruit de souffle observé dans ces cas comme de celui du cœur, il peut être produit dans des circonstances variées qu'il est souvent impossible de déterminer.
2359. La mensuration de l'utérus peut se pratiquer sur divers points de l'étendue de cet organe et par des procédés variés. On apprécie les dimensions du corps : i** par la palpation hypogastrique , par le toucher pratiqué simultanément par le vagin et par la région sus-pubienne, ou encore à l'aide d'un doigt introduit dans le rectum, et d'une main placée sur la portion utérine de l'abdomen ; â"* à l'aide de la percussion qui , pratiquée sur le pubis ou au-dessus du pubis, fait reconnaître quelles sont , en hauteur et en largeur, les proportions de volume de la matrice ; S*" par le toucher du vagin combiné avec la percussion (2339); 4° par le cathétérisme de la vessie, combiné avec le toucher du vagin ou du rectum. La distance qui sépare alors la sonde et le doigt donne, en effet, quelques notions, mais approximatives, sur le volume de l'utérus ; 5'' par un compas d'épaisseur particulier qui , très mousse, a rexlrêmilé de l'une de ses branches introduite par le vagin sur le corps de la matrice, aurait son autre branche portée sur les points de l'abdomen , où la palpalion et la percussion feraient trouver l'utérus. La mesure transversale du col peut être obtenue : l'^par le toucher, et c'est le procédé dont on se sert le plus anciennement , et encore le plus habituellement ;
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2** par l'inspection à l'aide du spéculum , et ce moyen d'exploration offre beaucoup d'avantage ; 3° par un compas à pointes mousses qui , porté sur deux points opposés du col utérin, permet de reconnaître, d'une manière exacte , son diamètre transversal. La hauteur du col ne peut guère être donnée dans la majorité des cas, que par le toucher vaginal, qui permet d'apprécier jusqu'à quelle profondeur le doigt peut être porté au-dessus du niveau de la surface du col de la matrice. Peutêtre pourrait-on avoir ici , pour apprécier la hauteur du col, un procédé plus exact. Il serait possible, en effet, de se servir d'une tige arrondie par son extrémité, et qui porterait un curseur mobile dans une partie de son étendue. Celui-ci aurait un support qui indiquerait sur la lige la distance à laquelle ce curseur serait de l'extrémité de Tinstrument. On porterait, sur le doigt, cette extrémité vers le point de l'utérus où le col est implanté; on appliquerait ensuite le curseur sur la surface du col, et on aurait alors, au dehors, une mesure exacte indiquée, sur la tige, par le support du curseur.
2360. Il n'est pas besoin de faire sentir combien il est utile d'apprécier, d'une manière aussi positive que possible, l'utilité des diverses mesures que l'on peut prendre du corps et du col utérin. Ce qui a été dit précédemment, et les considéralions qui vont suivre sur les signes physiologiques et le diagnostic des maladies de l'utérus , nous dispense d'y insister dans ce paragraphe.
236 1. \J examen des liquides formés par l'otérus et le vagin est d'une haute importance, et peut se faire par l'inspection directe de ces liquides excrétés hors la vulve , et en contact avec le vagin ,
OU à Taide de l'inspection avec le spéculum. Il est souvent utile de recueillir les liquides que celuici permet de voir, et de les étudier ensuite.
2562. Le vagin , dans l'état complètement normal, ne donne guère lieu qu'à une sécrétion de mucosités très peu abondantes, transparentes , et qui lubréfient seulement ses parois en contact pour en favoriser les glissemens. Sur un nombre considérable de femmes, que l'on ne peut cependant pas considérer comme malades, le liquide muqueux est en proportions plus grandes, il sort en notable quantité de la vulve; il a perdu en partie sa limpidité; il offre une apparence blanchâtre, caséuse, jaunâtre même et un peu opaque, et cependant il n'y a pas toujours ^ même dans ce dernier cas , de signes concomitans de maladie.
2363. L'utérus, dans l'état sain, secrète des mucosités assez semblables à de l'albumine extrêmement épaisse, transparentes, très consistantes, très adhérentes au col, et qu'il est assez difficile de séparer en diverses parties. On voit très bien ces mucosités a l'aide du spéculum et il est plus difficile de les enlever du pourtour de l'orifice utérin que d'y découvrir leur présence. Elles y forment une couche assez épaisse. Evidemment c'est là un moyen employé par la. nature pour protéger le col contre le contact des corps qui pourraient le heurter avec trop de force , et pour oblitérer aussi la cavité de la matrice. Ces mucosités perdent quelquefois, dans un état presquenormal encore, une partie de leur transparence; mais en général, quand l'utérus est sain, et hors l'époque des règles ou de la grossesse , elles ne sont pas notablement altérées sous le rapport de leur consistance ou de leur coloration. 11 est des