TOME II
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du mamelon. Si ce gonflement est porté un peu loin , les glandes mammaires deviennent en même temps douloureuses; mais c'est surtout dans le courant du troisième jour après l'accouchement que les mamelles sont le siège d'un grand développement et que, comme on le dit, le lait monte au sein. En même temps, l'écoulement sanguin ou lochial qui était établi vers l'utérus , se supprime ou du moins diminue notablement dans sa quantité. Cet état fluxionnaire des glandes mammaires, qui a pour crise naturelle l'issue du lait parle mamelon est précédé et accompagné d'un état spécial de la circulation , d'une fièvre vive qui paraissent dépendre d'un changement survenu dans les principes constituans du sang, d'une gaîactohémie, enfin. La question est de savoir si celle-ci précède rétat congestionnaire des glandes mammaires , ou si elle est la conséquence de la résorption qui s'y opère. On n'a pas encore convenablement éclairci ce point important de la science. Toujours est-il que cette fièvre est , dans l'état normal , accompagnée de sueurs plus ou moins abonÉantes d'une odeur spéciale , et de phénomènes qu'on ne rencontre guère dans d'autres cas.
f ^421. Les seins se tuméfient aussi dans la métropathie produite par toute autre cause. On les voit parfois acquérir un volume assez considérable lorsque des tumeurs ou des ulcérations cancéreuses ont leur siège dans l'utérus; ils grossissent dans certaines tumeurs ovariques , etc.
2422. Il est très important, sur la femme en couche, de tenir compte de la manière dont s'établit ou se passe la sécrétion mammaire. C'est un bon signe lorsque les seins se gonflent à l'époque Accoutumée. Lorsqu'il n'en est pas ainsi, lorsque la
ia fièvre de lait ne se déclare pas , il faut songer au développement possible de quelque phlegmasie de rutérus ,. du péritoine ou des organes parenchyînateux . H en est surtout ainsi lorsque les mamelles, après avoir été tuméfiées, s'affaissent d'une manière brusque. Ce signe est en général très mauvais. Toutau contraire , Técoulement gradué et successif de lait par le mamelon et une diminution lente dans la grosseur des seins, sont des symptômes d'un excellent augure. C'en est un non moins bon, lorsque Fenfant tette avec avidité et que la lactation s'établit d'une manière régulière. — L'apparition des règles, pendant la lactation, n'a guère lieu en général que sur les femmes très robustes et dont les glandes mammaires ne font pas assez de lait pour consommer le surplus des liquides que l'alimentation leur fournit chaque jour. Toutefois, €et état ne paraît pas être toujours sans inconvéniens pour l'enfant. Pendant la lactation, il faut tenir un compte très grand de la grosseur du sein et des affections coïncidentes qui peuvent survenir. — Lorsque la femme sèvre, ou lorsqu'après sa couche elle ne nourrit pas , il faut bien examiner l'état du sein et surveiller s^il ne reste pas des engorgemens plus ou moins considérables qui pourraient ullérieurement avoir de graves conséquences.
2425. Que si l'on étudie d'une manière générale les symptômes qui peuvent survenir dans les divers organes , à l'occasion des états variés que l'utérus est susceptible de présenter, on est tout d'abord frappé de l'étendue et de la difficulté du suj et. Cherchons cependant à en tracer un tableau qui , bien qu'incomplet, sera au moins l'exposé des
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2424» Les variations de volume survenues dans Tutérus , peuvent agir sur les divers appareils organiques d'une manière tout à fait mécanique. Voici quelques exemples de ce mode d'influence: — 1° Dans la grossesse , il arrive un moment où le développement du ventre est tel, qu'il survient des symptômes d'anhématosie par refoulement du diaphragme. Cela a surtout lieu lorsque le ventre est d'ailleurs volumineux, lorsque les intestins, par exemple, sont remplis de gaz, et aussi lorsque les parois antérieures de l'abdomen sont solides, épaisses^ résistantes , et se laissent peu distendre par suite de laccroissement de volume de l'utérus et des autres organes contenus dans la cavité du ventre; — â° l'utérus comprimant , par son poids ou par sa position, les gros intestins, et principalement le rectum, il en peut résulter la difficulté de rendre des gaz et par suite une aéro-entérectasie qui augmente les accidens précédens ; — 3o Dans les déviations de l'utérus ( antéversion , rétroversion), dans le prolapsus, dans les tumeurs carcinomateuses ou autres , etc., des phénomènes du même genre, peuvent avoir lieu|, et dans tous ces cas aussi, la vessie, pressée contre le pubis , est souvent le siège de besoins fréquens d'uriner, ou d'une dilatation résultant de robsta€le que l'utérus distendu, dévié ou abaissé vient à exercer sur le conduit uréthral; — 4° les gros vaisseaux, et surtout les veines qui se plongent dans le bassin deviennent le siège d'une circulation difficile ; de là les varices des extrémités inférieures ; de là l'œdème qui survient pendant la grossesse , et s'il arrive que la veine porte soit elle-même comprimée par suite de l'accroissement excessif de l'organe, une hydro-péritonie consécutive se déclare. Celle-
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ci , d'ordinaire , se dissipe après raccoiichement , etc.; — 5*" quoiqu'on ait pu dire sur le peu de fréquencedes congestions cérébrales des hémo-encéphalorrhagies , pendant b grossesse et en dépit de quelques calculs arithmétiques qu'on a établi à ce sujet, il est certain que, consécutivement aux phénomènes précédens, il arrive parfois que des hémorrhagies cérébrales se manifestent, etc.
2425. S'il arrive qu'à la suite d'une blessure , d'un accouchement laborieux , d'une lésion organique profonde , la matrice soit dilacérée , romr pue , corrodée , perforée , les liquides qu'elle contient , peuvent pénétrer dans la cavité péritonéale et occasioner des phénomènes promptement mortels. Lors donc qu'à k suite de métropathies variées, les phénomènes d'une hyperpéritonite ( péritonite sur - aiguë ) se dessineront d'une manière très brusque, songez à la possibilité de la perforation de l'utérus et de la pénétralion des liquides qu'il contenait dans la cavité du ventre.
2426. L'utérus peut modifier les divers appareils organiques par suite de rinfluence que les pertes de sang dont il est le siège, ou labsence de ces évacuations peuvent avoir sur les quantités et les qualités des liquides circulans. Nous avons déjà parlé de ces faits à Foccasibn de la menstruation et de la gestation; nous n'ajouterons ici que peu de mots sur cette dernière fonction et sur les diverses métropathies. Au commencement de la grossesse, et lorsque le fœtus ne consomme pas assez de sang pour remplacer l'écoulement menstruel, il survient un état de poly-hyperhémie auquel il est souvent urgent de remédier par la saignée générale. Le même phénomène a fréquemment lieu lorsque les règles vont
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mal par suite d'un état morbide ou lorsque la menstruation s'arrête à l'époque fixée par la nature.—- D'un autre côté, les pertes utérines de sang conduisent, comme nous l'avons vu, la femme à un état de polyanhémie plus ou moins dangereux. — Ceci se voit surtout à la suite des altérations profondes de texture que la matrice présente, et des tumeurs fongueuses qui s'y déclarent. Quelque fois on observe que les hémométrorrhagies excessives, tout en faisant perdre des proportions considérables de sang, ne sont pas la source d'une diminution réelle dans la masse totale de celui-ci, mais bien seulement dans la matière colorante ; de là un état d'hydrohémie si habituellement observé dans des cas pareils. — Indépendamment de ces faits dont les causes organiques sont facilement appréciables, il en est d'un autre genre : tel est lin état particulier du sang^ une diminution marquée dans les proportions de la matière colorante, qui ont lieu dans certains cancers utérins, alors même qu'on n'a observé encore ni hémométrorrhagies, ni déperdition de tout autre liquide. — Dans ces cas, il est vrai, des dérangemens dans les digestions , un défaut d'appétit qui ont le plus souvent co-existé, donnent encore la clef des phénomènes de débilité qu'on observe, et du défaut de coloration des tissus ; mais par fois aussi il faut bien admettre que la résorption des liquides sécrétés, par l'utérus carcinomateux, produit sur les fluides circulans une influence funeste.
2427. Ainsi les qualités du sang modifiées de diverses manières , pourront conduire en diagnostic à rechercher s'il n'existe pas quelque lésion utérine : et c'est surtout dans l'hydrohémie de la jeune fille (chlorose) , qu'il serait important de s'assurer si ces conditions particulières du sang sont liées ou non à