INSPECTION, PALPATION
une remarquable saillie, et que, dans le coucher latéral , le côté qui supporte le poids du corps est plus volumineux que celui qui lui est opposé. Evidemment, ce signe a peu d'importance diagnostique; car on conçoit que les intestins, s'ils sont un peu volumineux et mal soutenus par le mésentère, peu veut tomber vers les parties déclives et produire aussi une augmentation partielle du ventre sur le point où ils correspondent.
254o. Dans quelques cas d'hydropéritonie où les parois abdominales sont peu tendues et minces, on voit que le moindre mouvement du malade cause une fluctuation manifeste de l'abdomen. Il faut bien se donner garde de prendre pour celleci le flot sous-tégumenlaire des parois , tel qu'on l'observe dans l'œdème; ce flot est superficiel, tandis que l'autre est profond , et avec un peu d'habitude, on parvient très bien à les distinguer l'un de l'autre.
254i . Dans l'hydropéritonie , portée à un degré avancé, il arrive souvent que les veines des parois sont très distendues. Il faut noter avec d'autant plus de soin ce symptôme, que s'il est porté très loin , il indique parfois une oblitération ou du moins une compression de la veine cave inférieure (â97). ^ .
254^. Dans tous les cas où l'inspection et les autres signes permettent de croire à l'existence d'une hydropéritonie , il ne faut jamais manquer d'examiner les pieds , les membres inférieurs et le scrotum , à l'effet de savoir s'ils ne sont pas œdéma^ teux. iDans la même intention, il est non moinâ utile de constater quel est l'état des lombes.
2543. La palpation de l'abdomen, dans certaines maladies du péritoine, doit être faite avec beau-
596 EXPLORATION DU PERITOINE.
coup de ménagement. S'il s'agit, en effet, d'une péritonite , elle augmente beaucoup les douleurs , et indépendamment de cet inconvénient > elle peut n'être pas sans une influence fâcheuse sur la marche de cette inflammation. On doit, dans de telles circonstances , éviter que la main soit froide, palper avec une grande légèreté et la retirer aussitôt qu'elle cause une douleur un peu vive. Quand il s'agit d'une péritonite pariétale ou du moins existante sur des viscères voisins des parois, il faut surtout ne pratiquer la palpation que très superficiellement. Lorsque la maladie a son siège principal dans les flancs ou le bassin , ce qui est fort ordinaire, la main peut être portée plus profondément, mais encore on ne procédera alors dans cette recherche qu'avec beaucoup de circonspection.
2544' La palpation , dans les maladies du péritoine, fait reconnaître : 1° la sensibilité anormale de cette membrane; 2° la chaleur des tégumens du ventre ; 3° la tension , l'élasticité des viscères, lorsqu'ils sont remplis de gaz et qu'ils soulèvent les parois ; [\ un sentiment de mollesse, de défaut d'élasticité aux doigts , alors que des liquides se trouvent accumulés sur le lieu qu'on examine; 5° la tension des muscles abdominaux , contractés sur les points de l'abdomen frappés de phlegmasie. On a , tout récemment encore , attaché beaucoup d'importance à ce dernier signe. Il paraît, en effet, que dans certains cas , on a vu qu'une phlegmasie partielle de la membrane séreuse , existait sur des points correspondans à ceux où de la raideur avait été observée dans les muscles. Il faut avouer cependant que ce symptôme n'est pas spécial à la péritonite , et je l'ai retrouvé dans l'entérite et dans d'autres phlegmasies