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CHAPITRE IX

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR L'EXAMEN EXTÉRIEUR DE LA POITRINE ET LA CONFORMATION DU THORAX

On trouve à côté des signes fournis par la spirométrie, par la percussion et par Vamcultation (1), un certain nombro d'autres signes tirés de l'inspection de la poitrine, et qui ne manquent pas dimportance.

La largeur de la poitrine et l'épaisseur de ses muscles pectoraux sont 1 es meilleures conditions qu'on puisse rencontrer à l'état normal.

Au contraire, une poitrine globuleusey maigre, étroite^ poussant sur le sternum, comme une poitrine de poulety avec des épaules saillantes, basses et des pectoraux minces, amaigris, peu développés, indique une constitution faible et des poumons susceptibles de devenir tuberculeux. Pareille déformation, souvent très prononcée sans qu'il y ait de maladie sérieuse, existe dans le rachitisme. Celte disposition s'observe aussi dans les cas de carie dorso-vertébrale, mais alors il y a gibbosité dans le dos, ce qui distingue cette voussure présternale de la voussure rachitique.

Des voussures particulières partielles et permanentes du thorax se produisent localement à la région précordiale dans la péricardite avec épanchement et dans l'hypertrophie du cœur; — au sommet du sternum dans le cas d*anévrysme de l'aorte faisant saillie au dehors ; —sur les divers points des parois thoraciques, à la région sus et sous-claviculaire, stemale, maonnaire, etc., dans Temphysème pulmonaire, ainsi que l'a indiqué

(t) Vojei plut haut, p. 000.

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P.-llh. Louis (I). — 11 son établit également d*un seul côté de la poitrine dilaté parunépanchement séreux excessif de la plèvre qui efface les espaos int(4'costaux, mais alors la dilatation occupe tout un côté de la cafze osseuse tlioracique; — on observe aussi certaines voussures sur la colonut; vertébrale des enfants, dans le cas où le rachitisme produit une incurvation lombaire antéro-postérieure ; — sur Tun des côtés du dos, lorsqutrafl'aiblisst^ment des muscles d\ni côté de la gouttière vertébrale produit la déviation de la taille ou scoliose dorsale; — enfin, lorsqu'une arthrite vertébrale ou une carie des vertèbres déterminent la gibbosité sur les différents points de la poitrine à la suite d'abcès par congestion, d'abcès froids, bydalicjues, etc.; mais alors ce sont des voussures qui sont tôt ou tari reu) placées par des tumeurs plus ou moins considérables.

La dépression générale on partielle des cô/es s'observe quelquefois d'uu côté du thorax, à la suile d epanchement pleurétique entièrement guéri, laissant une complète adhérence entre les deux feuillets de la plèvre. Il va toujours alors rétrécissement d'un côté de la poitrine. J'en ai vu un cas curieux chez une jeune lille affectée de pleurésie purulente avec fistule datant de trois ans. Le compas d'épaisseur donnait S centimètres d'avant en arrière sous la clavicule, tandis (ju'il y en avait 12 du côté opposé. — La déj)ression thoraci(|ue s'observe aussi à la région précordiale après la guérison d'une péricardite ayant produit des adhérences de symphyse cardiaque. — On l'observe, enlin, dans les déviations de la colonne vertébi'ale, suite de rétraction musculaire. Ici, toutefois, la dépression des parois thoraci(iues ne se produit pas au moyen d'adhérences pleurales ou ptTicardiques tirant les côtes en dedans ; elle résulte d'un autre méciini^me. La rétraction des muscles de la gouttière vertébrale, changeant les conditions du rachis et les conditions de l'équilibre, amène une saillie de la poitrine sur l'épaule d'un côté et un enfoncement qui devient peraïaiient dans le côté opposé.

La dépression et déformation de la cage thoracique s'observe aussi dans le rachitisme, là où la mpllosse des os et des côtes les rend aptes à subir toutes les déformations possibles imposées par la violence extérieure. Les côtes sans résistance subissent la pression des bras par le décubitus, et, sous chaque aisselle, les côtes plus ou moins enfoncées donnent lieu aune déformation caractéristi(|ue de cettcî pialadie. En elVel, la dépression latérale et sous-axillaire de cha(|ue côté de la poiti'ine, avec gonflement de chaque symphyse sterno-costale formant chapelet sur le thorax, est un signe certain de rachitisme.

Des plaies fistuleuses et des tumeurs soulevées d-une façon intermittent" à chaijue effort d'expiration et de toux se montrent quelquefois à la surface de la poitrine. L'air sort de ces plaies ou pénètre daiis ces tumeurs. C'est ce qu'on observe dans les plaies pénétrantes du poumon, dans les fistules

(I) Louis, Mémoire sur lemjtlnjseme puimotmire, 1820.— Mémoires de la Société metUcalv trobsernition. Paris, J837, l. I, p. 100.

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pulmonaires culanées et sous-cutanées que j'ai décrites (1), dans les hernies du poumon (2)» etc. Dans quelques cas, si la tumeur dépend d'une fistule pulmonaire sous-cutanée, la tumeur est réductible et fait entendre du gargouillement chaque fois qu'on la réduit (3).

Les mouvements des côtes dans la respiration, réguliers dans l'état sain, et limités au chiffre de 18 ou 20 par minute, s'accélèrent beaucoup et deviennent irréguliers dans l'état morbide. La respiration devient très fréquente et s'élève à 30 et 40 ou 60, soit chez l'adulte, soit chez Tenfant, dans les maladies aigués de la poitrine. Dans le premier Âge, elle est intervertie dans son rythme, et, comme je l'ai fait connaître, elle devient expiratrice dans la pneumonie lobulaire confluente et dans la pneumonie lobaire,phé- Domène dont on peut se faire une idée en poussant plusieurs expirations gémissantes aussitôt suivies de l'inspiration. — Elle est irrégulière, lente et suspirieuse denks la méningite granuleuse, de façon qu'une série de petites inspirations à peine appréciables soient de temps à autre irrégulièrement entremêlées d'un soupir ajouté à l'inspiration. C'est un phénomène signalé chez nous depuis longtemps et que l'on a appelé, je ne sais trop pourquoi, respiration de Chey ne-Stokes. — La respiration est abdominale chez les Individus qui ont la poitrine faible et dans les cas d'emphysème pulmonaire, d'épanchement pleurétique ou d'obstacle à l'inspiration situés daîis le thorax. — Elle est enfin courte^ empêchée, dans la pleurésie avec douleur pleurétique vive, ainsi que dans la péritonite aigué très douloureuse. (]es phénomènes sont extrêmement prononcés chez les jeunes enEuits, et leur présence acquiert une très grande importance diagnostique.

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