CHAPITRE PREMIER
DIAGNOSTIC PAR LES TROUBLES DE l'IiNTELLIGENCE
C'est en étudiant les diiïérentes fornies des troubles de l'inteiligence. tels que le délire aigu ou chronique; les diiïérentes manières d*hy]K)condrie; les hallucinations, etc., que Ton arrive à établir le diagnostic de certaines itialadics du système nerveux.
ARTICLE PREMIER
Le délire est un trouble des fonctions de rintelligence, caractérisé par la perversion de la raison, de la volonté et du langage,.
Ce phénomène morbide, déterminé par un grand nombre de causes organiques et dynamiques, s'observe dans plusieurs maladies de nature différente. C'est tantôt le symptôme direct des maladies de Tencéphale, exemple : la méningite; — tantôt un accident sympathique, provoqué parles maladies des autres viscères, exemple : la pneumonie du sommet, la fièvre typhoïde, et d'autres maladies graves; — tantôt reflet d*un poison ou d'une boisson enivrante comme l'alcool et le haschisch, enfin comme réaction provoquée par des impressions morbiiiques de cause inconnue, exemple : la calenture et certaines formes de la folie.
Pour quelques médecins, le délire se confond avec la folie, exactement comme les hallucinations, et j'ai vu plus d'une fois envoyer à Bicétre ou à la Salpètrière ou dans des maisons spéciales, des personnes prises de délire aigu rébrileetquin*étaientqu'audébutd'unepneumonieou d'une variole, etc. C'est une erreur qu'il importe d'éviter en sachant que le délire peut n'être qu un accident initiai passager des maladies aiguës fébriles, ne laissant aucune trace dans la raison de celui qui en a été aiïecté pendant quelques heures. — Comme le délii'e de l'ivresse, il s'évanouit et ses actes sont promptement oubliés : aussi ne pouvons-nous partager l'opinion de San* dnis, qui appelle délire toute exaltation des passions et toute manifestation violente des sentiments les plus honorables de patriotisme, de dévouement ou d'amitié, lorsque ces sentiments poussent l'homme à faire des actes extraordinaires.
( Aux yeux du croyant, du citoyen, de l'homme sensible, il y a peut-être quelque chose de blessant et de douloureux à appeler délire les motifs de toutes ces généreuses actions, de tous ces dévouements sans réserve. Sans doute; et personne ne pourrait perdre sans regret l'heureuse illusion qui nous fait aimer et admirer ces touchants sacrifices; mais le physiologiste ne peut voir autre chose que la nature humaine comme elle est ;