DE LA SENSIBILITÉ
Les signes fournis au diagnostic par les troubles de la sensibilité ont une très grande importance pour le diagnostic, dans leurs didérentes manifestations d'ensemble ou de localisation. Ce sont : la douleur^ Vane$thésit\ Vanalgésie. Ces dernières s'étudient au moyen d'une méthode ditedVpsfAt^siométriey parce qu'elle s'exerce au moyen de l'œsthésiomètre.
ARTICLE PREMIER
La douleur est une sensation pénible plus ou moins vive, éprouvée par les êtres vivants. C'est un trouble de la sensibilité consciente du système nerveux.
Il y a des douleurs physiques et des douleurs morales, provoquées les unes par la réaction du corps vivant contre l'action des agents extérieurs, et les autres par le jeu des passions. Les premières seules sont du domaine de la médecine, et, seules, elles méritent de fixer notre attention.
La douleur suppose nécessairement la perception, c'est-à-dire une opération psychologique dans laquelle le système nerveux joue un rôle parliculier; et, en elTet, ce sont les nerfs qui servent d'intermédiaires entre les impressions subies par les organes et les centres de la sensibilité. Il y a ce-
(l) Bouchut, Atlas iVophihalmoscopie médicale. Pari?, 1875.
pendant des impressions dont l'àme n*a pas la conscience et que ressentent les tissus, puisque, sous leur influence, une désorganisation plus ou moins complète peut se produire. C'est ce que j'appelle des impressions morbi- HqMes. A cet égard, il faut distinguer la sensation conscientey de VimpresfiùH, qui a lieu sans conscience, par suite d*une propriété particulière aox tissas vivants.
Ceux qui définissent la douleur une modification de la sensibilité des tissus ont donc tort, car une impression sans conscience, suivie d'une réaction organique locale, est une modification de la sensibilité des tissus qui ne produit point de douleur. Beaucoup de tissus sont impressionnables, je voudrais pouvoir dire impressibleSf et ne sont pas sensibles. Au contraire, chez quelques individus, la sensibilité et la douleur se confondent et ne sont qu'une seule et même chose.
La perception d'où résulte la douleur est plus ou moins vive selon les individus, et selon la nature de Torgane affecté. Elle se traduit par des sensations plus ou moins aiguës, et variées dans leur caractère d'après un certain nombre de circonstances qu'il est souvent impossible de préciser. Tous les tissus et tous les organes peuvent être le siège de la douleur, les organes des sens plus particulièrement que les autres en raison de leur sensibilité spéciale. Ainsi les yeux, la peau, donnent lieu à des sensations douloureuses particulières, différentes de celles qui ont les autres tissus pour siège. Le tissu des cordons nerveux est le plus douloureux de tous, et ce sont les parties les plus riches en nerfs qui sont aussi les plus douloureuses. Quand la douleur siège sur le trajet des nerfs et à leur point d'émergence cutanée elle constitue la névralgie. Toutefois, certains tissus, tels que les ligaments, les tendons et les os, habituellement insensibles dans l'état normal, deviennent, comme Ta démontré Bichat, très douloureux lorsqu'ils sont malades, et l'on ne peut les toucher, même faiblement, sans occasionner la plus vive douleur.
On ne peut juger de la douleur dans les maladies par la sensibilité normale des tissus. En effet, sous l'influence de Tétat morbide, il se développe une sensibilité spéciale très vive dans les organes habituellement insensibles et dans les tissus doués de sensibilité ; certains agents naturels, tels que l'air, la lumière, le vent, provoquent quelquefois des crises douloureuses extrêmement vives. Pour chaque organe doué d une sensibilité spéciale, il y a un agent dont l'influence est particulièrement pénible, la lumière dans l'ophthalmie, le froid sur la peau atteinte de rhumatisme, etc.
Les causes générales de la douleur sont humorales^ organiques ou morales.
Les douleurs provoquées par l'action de la vie aux prises avec les différentes passions ne peuvent être rapportées à aucune altération matérielle du sang et des organes ou des nerfs qui s'y trouvent. Ce sont des modifications essentielles de la sensibilité, dont la cause reste entièrement inconnue, et il y a des personnes qui, au moment d'une grande émotion de
310 HKSOIIDRES DE l/lNNERVATlON.
terreur, de colère ou de saisissement, éprouvent des douleurs vagups générales ou des élancements circonscrits à une partie du corps, des frissons désagréables, sans aucun tiouble appréciable de la santé. Le spasme dl^ impressions morales, la chair de poule avec ou sans hypereslhésie culamv, la syncope et la mort subite, la migraine et certaines douleurs h\pocoiidria(|ues ou hystériques sont de ce nombre.
Aux causes humorales de la douleur se rapportent celles qui dépemieiil de la diminution des globules rouges du sang dans l'anémie et dans la chlorose, dans le diabète, de Thydrohémic et des intoxications, par la strychnine, par les virus, par les miasmes ou les eflluves, etc. On sait, en eiïtU (|ue les modifications de composition du sang, dont le contact avec le cerveau est nécessaire à la production de la force nerveuse, ont une graiiiit inlluence sur la production du nervosisme, des illusions sensoriales douloureuses, de riiyperesthésie des organes des sens, des névralgies et d»^ douleurs sympathiques en rapport avec les maladies viscérales.
Les causes organiques de la douleur sont les maladies des organes où vinréside, telles (|ue les contusions, les plaies, les inflammations, les tumeurs, et suitout les tumeurs cancéreuses, les obstructions des conduits ewrvteurs, les corps étrangers des tissus, les compressions, les tiraillements, etc., les alfeclions locales des nerfs, les maladies du cerveau et de la moelle.
Partout, dans ces diiïérents ordres de causes, la perception douloureuse n'est telle que par l'action régulière de l'activité encéphalique, et il faul, pour qu'elle s'accomplisse, (|ue le cerveau conserve l'intégrité de son organisation et de son action. Ce sont les nerfs qui sont les agents de \à transmission, et là où ils ont été détruits la douleur cesse.
Les formes de la douleur sont très variées, et, sans prétendre les énumérer d'une manière complète, j'indiquerai la douleur tensive, gravatic, piilsativOy lancinante, têrébrante, vontusirOy brûlante, fulgurante, âcn\ cuisante, prarigineuse, comme étant celles dont le nom indique le piu> clairement le caractère intrinsèque.
On les a aussi classées d'après leur siège, en les dénommant par les mois de céiilialalgie, û'odontalgie, d'otalgie, de cardialgie, ôe gastralgie, d'tutéralgicy de dermalgie, dltêpatalgiey de sciatique, de névralgie intercostale, etc.; mais cette classilicalion, utile en quelques circonstiiuces, est foil incomplète et ne peut être généralisée, le véritable siège de la doulAir élaul souvent inconnu.
La douleur est continue, passagère ^ intermittente on périodique. Dansce dernier cas, elle indique loujours une fièvre larvée et disparaît sous Tinlluence des préparations de quinquina. Elle peut être diurne ou nocturne. Dans ce dernier cas, elle est souvent en rapport avec la syphilis.
Locale ou généralisée, elle est tantôt superficielle et tantôt pro/iow/', quelquefois circonscrite au trajet des nerfs ou à l'émergence de leui-s rameaux cutanés; elle est ailleurs étendue k une grande surface de tissu ou à la totalité d'un organe. Elle varie dans sa forme et dans son inlensiléa\<Y le tempérament des malades, avec l'habitude, avec leurs passions et avec
la disposition du moment. Ainsi quelques personnes, douées d'une exquise sensibilité naturelle, souffrent plus que d'autres placées dans les mêmes circonstances ; le fanatisme et l'exaltation diminuent l'aptitude à ressentir la douleur, et il en est de même de l'influence exercée par certaines maladies, telles que l'aliénation mentale, l'hypocondrie, Thystériey par quelques empoisonnements par l'éther, le chlorororme, l'oxyde de carbone, Tamylène, etc.
H y a des douleurs sympathiques qui se montrent quelquefois assez loin de Torgaoe matériellement affecté. Ainsi, chez les enfants, la douleur du genou annonce souvient une maladie de l'articulation coxo-fémorale; — la douleur de la mamelle annonce le début de la phlhisie tuberculeuse ; — le prurit de la verge est un signe de calcul urinaire; — la migraine annonce souvent des maladies de l'estomac ou du gros intestin; — la gastralgie et les vomissements subits avec douleur lombaire indiquent la colique néphrétique ; — les névralgies de la tète sont souvent en rapport avec la carie des dents, etc.
Elle n'est pas la même dans tous les organes, et ce sont les tissus normalement peu sensibles qui, dans Tétat morbide, offrent quelquefois les douleurs les plus vives. Les séreuses, les ligaments, les os malades, sont le siège de douleurs insupportables, tandis que les membranes muqueuses altérées, ou la substance même du cerveau, provoquent à peine une exagération de la sensibilité particulière à ces organes.
La douleur peut quelquefois suffire à elle seule pour caractériser une maladie. Mais il faut en même temps tenir compte des autres phénomènes observés chez les malades, et en particulier de son siège organique, de sa marche, de l'état fébrile, ou des autres phénomènes concomitants. Ainsi, un phthisique ou un cancéreux accuse une douleur vive subite dans le mollet avec gonflement du pied, c'est qu'il a une phlegmatose alba dolens. Un phthisique à la dernière période qui a subitement une douleur pleurétique très aiguë avec forte gêne respiratoire a un commencement de pneumoihorax dû à une perforation de la plèvre. — Un convalescent de fièvre typhoïde a une douleur subite excessive du ventre avec vomissements et algidité a une péritonite par perforation du péritoine. — Une douleur qui revient tous les jours à la même heure indique une fièvre larvée. Cependant, dans beaucoup de cas, la forme de la douleur n'indique rien ; l'étude la mieux faite de ce symptôme ne conduit pas toujours à un diagnostic précis.
Au point de vue du diagnostic, il faut savoir que la douleur des névralgies est apyrétique et s'observe sur le trajet des nerfs ou seulement au point d'émergence des filets cutanés, — que la névralgie dentaire estl'indice d'une carie des dents, — que la névralgie du plexus brachial et des intercostaux avec suffocation indique l'angine de poitrine, — que la névralgie intercostale apyrétique indique' la chlorose, — que la névralgie dorsale doit faire craindre la phthisie, — que la névralgie lombo-iliaque indique les déplacements de l'utérus et les affections utérines organiques; — que la sciatique
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chez les gens d'un certain âge peut faire craindre le cancer du rectum : — que la névralgie brûlante, fulgurante et lancinante des membres inférieurs indique Tataxie locomotrice et la sclérose de la moelle épiiiière: — que les névralgies symétriques de la mâchoire et des membres inférieurs peuvent faire soupçonner le diabète; — que la douleur des os est difficile à distinguer de celle du périoste; mais, si elle a une origine syphilitique, on la dislingue à son intermittence et à sa périodicité nocturnes; — que les douleurs de la phlébite et de l'inflammation des lymphatiques sont acconjpagnées de fièvre et suivent le Irajel de ces vaisseaux, dans toute leur étendue, etc. Presque toutes les douleurs, rapprochées des autres phénomènes oITerts par le malade, ont leur signification spéciale. — Celles de Tutérus se reconnaissent parce qu'elles s*étendent aux lombes, sur le rectum, dans les aines et à la face antérieure des cuisses. — Les douleurs du rein sont ordinairement subites, 1res aiguës et accompagnées de vomissements bilieux et de tiraillements dans l'aine ou dans le scrotum, ce qtii annonce la gravelle rénale ; — celles de la vessie portent sur le pérint-e. s'étendent à l'urèlhre et au gland. — Les douleurs du foie, habiluellemeiil sourdes, peuvent être très vives, et alors de Thypocondre, où elles ont leur siège, elles s'étendent souvent à l'épaule droite dans la lithiase biliaire. — Dans le poumon et dans la plèvre, les douleurs se montrent dans le côté malade sous la forme de point de cùté, avec ou sans fièvre, selon le degré de la maladie, et quelquefois à l'état de douleur vague, entre les deux épaules, dans la tuberculisation pulmonaire. — Comme on le voit par ces exemples, la douleur est un phénomène qui n'a pas d'importance absolue, et il faut recourir aux signes qui l'accompagnent pour eu connaître l'origine et la signification.
La douleur est plus ou moins aiguë et se manifeste quelquefois sous forme subaiguë ou à peine appréciable. Elle s'épuise quelquefois par smi excès ou du moins les malades la ressentent très faiblement, car on a vu jadis des malheureux accusés soumis à la torture s'endormir au milieu de leur supplice, et l'on voit encore souvent des femmes s'endormir et peu soufîrir dans les parturitions prolongées.
Elle cesse, soit par la guérison de la maladie qui l'a fait naître ou par épuisement de la sensibilité nerveuse. Dans quelques cas, elle peut par ellemême amener la mort, soit très lentement, soit assez rapidement en quelques heures ou en quelques jours.
Au moyen âge les frères Moraves, secte d'anabaptistes qui avaient horreur de TelTusion du sang, avaient imaginé de faire périr les condamnés au dernier supplice par le chatouillement des pieds. Une fois le spasme commencé, la respiiation s'embarrassait et il survenait une asphyxie promplemenl mortelle (1).
Ods. I. Mort par douleurs de métrite. — J'ai vu, dans mon service à l'Hôtel- Dieu, une jeune femme venant d'une maison publique et qui était atteinte de
(l) Saintc-Foix, Essais historiques, l. V, p, 5-i.
SIGNES FOURNIS PAR l'ANESTHÊSIB ET L' ANALGÉSIE. 319
métrite aiguë, à la suite d'une débauche. Elle souffrait de douleurs semblables à celles de raocouchemeol, et tellement vives qu'elle criait nuit et jour. Rien ne pot la calmer. Elle. était dans un état de spasme perpétuel, le visage congestionné, le coa tendu par l'effort de ses cris.
Après deux jours de souffrances inouïes, par ses cris aigus incessants et l'effort qui les accompagnait, il se fit des ruptures capillaires générales donnant lieu à de nombreuses pétéchies de purpura, et elle succomba sans que l'autopsie, faite avec le plus grand soin sous mes yeux, permit de découvrir aucune lésion appréciable. Elle éuit morte de douleur.
J'ai va un autre Tait analogue à l'hôpital Sainte-Eugénie :
Obs. II. Mort par douleur dam une opération chirurgicale. — Un enfant de dix ans, affecté de fongus vasculaire de.l'os maxillaire supérieur gauche, opéré sans éproQTer de perte de sang considérable. L'ablation de l'os, pratiquée sans le secours do chloroforme, le 2 mars 1860, par le chirurgien de l'hôpital Sainte-Eugénie, fat très bien faite. Elle fut très douloureuse, dura au moins une demi-heure, et au moment où elle se terminait, l'enfant pftlit et perdit connaissance; sa respiration s'embarrassa, et au bout d'une demi-heure il succomba à l'épuisement de la douleur.
La douleur prolongée a quelquefois une influence très marquée sur le moral de quelques personnes. Elle exalte l'imagination des uns, mais, plus ordinairement, elle l'abaisse, fausse le jugement et aigrit le caractère. Il n'y a que de véritables philosophes qui puissent prendre à cœur de l'endurer et dire comme Posidonius, atteint de goutte, en causant avec Pompée : € 0 douleur I tu n*es pas un mal I »
SIGNES FOURNIS AU DUGNOSTIC PAR L'ANESTHÉSIB ET L'ANALGÉSIB
Vanesthésiê (de a privatif, «fcrOqffc;, sensibilité) est le nom donné à la dimi* notion et à l'abolition du sentiment dans les tissus du corps humain* C'est la paralysie du sentiment.
L'anesthésie s'observe surtout dans la peau et dans les muqueuses qui avoisinent les orifices naturels.
D'après Gendrin et Beau, qui les premiers ont bien établi cette distinction, il y en a deux espèces : l'insensibilité au tact, ou anesthésie^ et l'insensibilité à la douleur, ou analgésie. La première, ou anesthésiCy empêche de percevoir les impressions des corps extérieurs, telles que la résistance, la forme, le mouvement des corps, leur température, etc.; la seconde, ou analgésie^ suspend les impressions douloureuses produites par certains agents, ainsi la piqûre, la torsioti, la brûlure, le déchirement, etc. On brûle la peau d'un malaide, il sent qu'on le touche, mais il ne s'aperçoit pas qu'on le brûle. — Ces deux sortes de paralysies du sentiment sont assez distinctes, et se rencontrent isolément chez quelques malades. Le nom d'anesthésie s applique surtout à la paralysie du sentiment qui entraîne la perte de la
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sensibilité au lacl et à la douleur. Elle est infiniment plus rare que 1'/^ //• (ji'sie ou rinseusibililé à la douleur.
f^ — NIgnc» fourniM par TancfithéMiP.
L'anesthésie est quelquefois complète: un homme aiïeeté d'une lé>i<ni du rameau mentonnier de la oinquième paire avait perdu si complèlenieiil U sensibilité de la lèvre inférieure, qu'il croyait toujours que le verre (\n:\ portait à sa bouche était ébréclié dans le point où il touchait la lèvre. ùtt. paralysie complète de la sensibilité n'est pas très commune. Ordinairrm^^ul la sensibilité est seulement amoindrie, elle est obtuse. Les malados s^rendent parfaitement compte de cet rtat. Le sol paraît se mouvoir ou < eiiloncer sous leurs pieds, les ol)jels sont mal saisis par les mains, et kur forme ne peut plus être distinguée par le toucher.
L'anesthésie est paitirllc ou géncrale, elle est fire ou niolfilr et inv-'ulierement intermittente, et se montre alternativement en divers points du corj)s. Elle est iiraduelle ou suhitt». Oiiaiit à son siè.:e, il est très variai»'» . car elle occupe les diflVrentes parties de la peau, souvent sous forme d li>mianesthésie, les mu(iueuses, les organes des sens, etc. — L'anesthésie est iiiiopatIuijin\\'ioQ au nervosisme ou à TliNsterie. ou si/niptoinati(fit\ alors elle est toujours tn rapport avec des maladies de la peau, du sang, de l'oiicephale, de la moelle et des cordons nerveux.
Ouand elle est S}mpton)atiijue, on l'observe très souvent :
1' Dans Vt'i'iihantiu^is des (irrc< ou h'pre tuberculeuse. DfS la formaliuii des taches fauves, au début de la maladie, on trouve de l'insensibilité a la base de ces taches: cette insensibilité s'étend un peu en rayoFUiant eu ijuelque sorte autour de la tache eléphantiasi.jucet se relie ainsi à d'autres points déjà insensibles: de là une partie de la peau ancsthesiee dans une plus ou moins grande étendue. Le même phénomène s'observe au niveau des tul)ercules, sur les nuiqueuses, les }eux, les lèvres, l'inlérieurde la bourbe. Celte anesthesie dans l'eiephantiasis des Grecs est un signe diagnostique très utile.
- A la suite d'un assez grand nombre d'alTecliousdelapeau, on observe de rin>ensibilite qui dure plus t»u moins longtemps: et elle est piirfois accompagnée de douleurs trt\N vives et profondes : c'est ce (]u'ou voit dans le :o}i /, dans le Itihen, dans le j-^ ni}-}ihj(i$, dans Vriy^ijit'lc, etc.
o l'ans les m'.il'.i<li('< deii }nO'li>/ a\ec j)araj)!egie, complète ou incomplète, et elle occupe soit la peau des meMiLue> inférieurs, soit la plante du pied. Alors elle est incom[»Iète et il arr.\e que le malade ne sent pas bien ou il marche, iju il croit mai cher >ur du velours et qu'il ne j)eDl laire un pas les }eu\ fermes. Il lui laul ses \eu\ pvuu* se diriger el avancer le pied, ('.'est le cas de latiLiie iot.O'fio!f ii^\ — Elle se voit aussi dans le> [x\n\l\sies du nunnemenl dues a la iOinfnotiou el à la coHtusiou de< wc/"/n, dans certaines /^cr/iffS el dans vjuelques /icr/'(7/^ic5, dans les tuluours placées sur le trajet des troncs nerNeux.
SIGNES FOURNIS PAU L'aNëSTHÉSIË ET i/aNâLGÈS1£. 3!21
4* 0aDs Vhémorrhagie cérébrale; mais, chez ces malades, il y a engourdissement de la sensibilité plutôt que véritable anesthésie.
<V Dans le ramollissement cérébral. Ici la diminution de sensibilité tactile est très réelle; ordinairement plus marquée sur les membres, elle est presque toujours égale des deux côtés du corps. Elle s'accompagne de douleurs dans l'épaisseur des muscles ou seulement de froid sur la peau» d'engourdissen\^nlSf de fourmillements, etc. C'est un excellent symptôme du ramollissement cérébral, car il se manifeste longtemps avant la paralysie, et, quand celle-ci an*ive, l'insensibilité augmente avec elle.
6* Dans les épanchements cérébraux des méninges, dans certaines tumeurs eérébralesy et dans toutes les maladies qui se terminent par une compression du cerveau. Chez ces malades, il y a diminution graduelle de la sensibilité tactile, puis absence complète de cette sensibilité.
7* Dans les empoisonnements les plus variés. Ainsi, elle s'observe dans I asphyxie par absorption d'acide carbonique; par suite de la respiration de ce gaz et dans tout ce qui produit Vanoxémie ou défaut d*oxygène dans le sang. C'est ce qu'on observe dans l'asphyxie vulgaire et dans l'asphyxie du croup ou de la bronchite capillaire. — On sait, en effet, depuis mes recherches sur l'anesthésie du croup servant d'indication à la trachéotomie (1), que l'anesthésie résulte du défaut d*oxygénation du sang par suite de la gène respiratoire causée par l'obstacle formé dans le larynx, et par le même défaut d'hématose dans toutes les maladies des organes respiratoires. Cette anesthésie a un caractère spécial qui lui est propre, elle n'est jamais accompagnée de perte de connaissance, ni de paralysie musculaire avec résolution des membres.
L'anesthésie résulte aussi de l'asphyxie par des gaz toxiques, soit après a respiration de vapeurs d'éther^ de chloroforme y d'amylinç et de tous les anesthésiques. On l'observe, après l'emploi de 2 à 3 gi*ammes de ckloral hydraté^ qui, chez les enrants,ainsi que je l'ai démontré en 1869, produisent un état d'insensibilité tel, qu'on peut ouvrir des abcès et arracher les dents sans douleur (3) ; dans ïintoxication saturnine, — dans l alcoolisme chronique, — dans V empoisonnement par l'arsenic; — alors il y a des points d'anesthésie à la peau, de Tamaurose, ou une paralysie de la sensibilité spéciale des organes génitaux. Après la guérison, les sujets oITrent souvent des paralysies variées du sentiment et du mouvement, paralysies qui sont très difficiles à guérir.
Avant la séparation des deux variétés de sensibilité de la peau, on attribuait à l'anesthésie une foule de phénomènes qui dépendent de Tanalgésie, Ainsi, en particulier, dans les maladies du cerveau, on croyait certainement l'anesthésie extrêmement commune; elle y est, au contraire, relativement
(I) Bouchui, Compte» rendu» de V Académie de» sciences. Paris, 1858. ii) E. Bouchut, De» effets du chloral hydraté {Comptes rendu» de VAcad. des sciences. PvU. 1869).
B. * DlASHOSTlC. SI
^^lit nKsoHonKs ni-: l in.neiivatio.n.
assez rare. Tonletois elie s'ol)s<M've à Télat trhéraiaiieslhésie, chez ll♦*^ siij(^ls iîuéris (rniio liéinorrha^ic cérébrale moyenne placée au niveau d» la capsule interne. — Elle est, au contraire, plus habiluellernenl obscnvf dans des aiïeclions qui sont tout à lait élran*;ères aux lésions des cenlr» s nerveux.
ï/anesthésie idioj)alhique est inlininienl plus rare que l'anakésie : on l;i rencontre assez souvent dans la conrdlcscrnce des mdladies aigui'S, (pielle que soit leur nature: — elle s'observe surtout dans le nervosisme cincni(|ue, — chez les hysléricjues, — dans rhypnolisnie, — dans l'épilepsieri dans rhypocondrie. Elle se réunit souvent avec Tanaliiésie, c'est-k-dii» à l'insensibilité à la douleur, qui est au contraire très commune dans Ks névroses.
L'anesibésie de riivpnolisme, du nervosisme et de rbystérie a quelqin^ chose de spécial. — Elie S(^ montre en irénéral d'un seul côte du corps, sous forme (VhrmitOicslhrsic, Elle est très l'uiritiveet disparaît pour revenir au bout de quelques heures ou de quelques jours. — L'électricité, Tapplication d'une plaque de métal, cuivre, or ou arirent, d'une plaque de bois, d'un aimant à distance, (fgmls (rsUicsiouvNrs, suni>ent pour la Taire cesser presque instantanément et sans retour. — Ou bien, elle disparaît d'un côté, et elle se montre du ccMé opj)osé du corps au même instant : c'est ce qm" Dumontpallier a qualilié du n(»m de phrnowènc do transfert. — ('.hez t<»ii> les sujets mai^nelisés ou hypnotises, et chez les hysleri(|ues, ce phénomène du transfert s'observe fréi[uemment, et cela prouve combien doit être fuiiilive la lé.sion oriJianiipie cjui produit raneslhésie et surtout riiéniianesihésie.
^ t. — Mi^ncfi foarnijii aa diagnostic par TaiialgéMic.
(bi désigne sous le nom d^dfnihjrsie l'insensibilité pour la douleur, dans des tissus ([ui conservent la propriété du toucher. Cela se voitdan.N l'ivresse, dans renirnurdisscmenl par le chloroforFue, dans la coniielalion commeneante, etc. Au contraire, la perle de la sensibilité tactile, ou du toucher, ce qu'on apj)elle nnr^tli' 'ii»\ n\'\i>te jainais sans qu'il y ait eu même temps anaLt'sie.
On peut constater ranal:;esie en piijuant la peau, en la pinçant, ou eu la cautérisant sans que le< malades sonlïrent. H en est de même pour le> muqueuses.
l/analfiesie, t»ludiee pour la première fois par (iendrin et par lleau, e>t /' irtirlleon(jcnrriiU\ souvent limitée à un point très circonscrit de la peau, ou à uiu^ petite j)artie du cor[>s, comnie le doiiZt.
Elle debiitt' oïdinaircnuMit par les membres, et surtout par les avanl-bras. h après r»eau, elle est halutueilenu iit plus prononcée à leur partie postérieure qu'à leur partie antérieure, «hi la rencontre en avant de la poitrine, à répiiiaslre; mais presque toujours alors elle existe simultanément aux deux a\-ant-bi'as. Quand elle existe sur les muqueuses, elle occupe presque
SIGNES FOURNIS PAR L'aNESTHÉSIE ET l'ANALGÉSIE. 323
toujours en même temps une étendue plus ou moins grande de la peau. Parmi les muqueuses, celles qui sont le plus souvent affectées sont la conjonctive, la membrane de Schneider, la muqueuse de la langue, de la vulve, du vagin. Dans ces parties, l'insensibilité à la douleur est très étendue ou fort circonscrite, et elle peut être complète ou très légèrement marquée.
L'analgésie peut dépendre d'une maladie du cerveau, de la moelle ou des nerfs, ce qui est rare, et alors elle est symptomatique ; mais ordinairement elle ne se rattache à aucune altération matérielle appréciable, et Ton peut la considérer comme idiopathique ou essentielle. On Tobserve dans certaines convalescences de maladies aiguës, dans la plupart des névroses et dans certains cas d'altération du sang par des poisons ou des substances dites anesthésiques.
L'analgésie permanente, fort rare dans l'intervalle de Vépilepsie^ est au contraire très commune pendant les attaques convulsives. Elle est même si complète en ce moment, que des sujets peuvent se faire des brûlures ou des blessures terribles sans les sentir. J'ai vu, à l'hôpital des Enfants, un malheureux qui y était amené pour une brûlure de toute la tète, occasionnée par une chute, la tête en avant, dans un chaudron plein d'eau bouillante. Il survécut à cette affreuse blessure et entra depuis dans la section des épileptiques, à Bicêtre.
Dans Vhystériej l'analgésie est fort conmiune, tandis que l'anesthésie véritable est très rare. Elle est très souvent limitée à un*seul côté du corps : c'est Vhéniianalgésie. Elle existe en dehors des attaques convulsives ; elle n'en dépend pas. L'analgésie est très variée chez les hystériques. Chez celles-ci, les conjonctives sont insensibles à la douleur; chez celles-là, on peut titiller les fosses nasales, le conduit auditif externe, sans provoquer la moindre douleur; on peut enfoncer le doigt profondément dans la bouche, jusque sur la base de la langue, sans solliciter un vomissement. Chez d'autres, l'insensibilité à la douleur se montre de préférence sur le vagin, le rectum, la vessie : ici le coït ne produit plus la moindre sensation ; là, la vessie a perdu sa sensibilité spéciale, et sa plénitude ne détermine plus aucune gène, il y a rétention; il faut sonder la malade. Chez toutes, il y a analgésie plus ou moins étendue sur le tégument externe, et, comme je viens de le dire, assez souvent sous forme d'hémianalgésie.
Un fait extrêmement curieux, c'est de voir que l'insensibilité à la douleur dans une partie n'empêche point les malades d'éprouver dans cette même partie des élancements, des névralgies, etc., enfin des phénomènes hystériques. — L'insensibilité à la douleur, provoquée artificiellement^ est donc un phénomène de physiologie pathologique parfaitement distinct de l'a-nesthésie observée dans l'état morbide.
L'analgésie chez l'hystérique est par sa fréquence un symptôme d'une grande importance et qui souvent met sur la voie du diagnostic de la maladie. Cette absence de la sensibilité à la douleur est souvent ignorée des malades, et elles sont très étonnées de constater que la peau peut être transpercée sans qu'elles ressentent la moindre impression douloureuse*
olll DKS(HU)l5i:S l)K L'lN.M:r.VATH>N.
Ai(n>. si l'on irilcrroi:»' 1rs nmkulrs, elles se souviemienl (|ue depuis loti.-leinps elles ont rcniai'fni;'' des eecliynioses de la |)eau sans pouvoir K'^ lapporlera un clior, a un coup dont elles n'avaient aucun souvenir, pan* (|u'elleselai('iil anaIuf'Ni(jin's. VA ecpendanl c\u'a les inèint'S malades, !•' >'ii^ (iii loneinT piTsisl lit dans unt^ ccilainir niesun\ puisiju'elli'S pouva «'iil >• sei'vir de leins niaiii > pnur eoudrc, ()ou!' tricoter, etc. Toulelois. elJcN >• rappellent (|u il leur ai rivait parfois de laisser tomber les objets qir«'ll'> leii. lient enirc b'S doi^rts; il existait donc d<ja de temj)S à autre de l'aii'-.»lbc^i<;. Telle> malad^^s (pii sont anall:e^iijues ne sont pus anestllc^il]^lt^^ i toutes les inip!'<'SM()ns, elles peuvent «ivoii' perdu le sens du louclnr e*. cependant elb^s peivoivent le IVotti-menl, disliniiuenl le cliaud du froi I.
tles niodilications de la seusibilit*^ sont encore beaucouj) jdus \arit*«> dan.> les dil]erente> jxîiiodes de lliypnotisine, et certains procèdes [>♦ uvi'nl rt'udre mauiresle une sensibilité rellexe à la<juelle on donne le nomd'li\j)erexcital)ilii'' ncnro-nnisculaire. (]ette sensibilité spéciale t\st très iinporlant(* à conslaliT purce «ju'elle est la dhiiouslralion srioiti/itjUf* (!•■ la modilicatioii l'i'-rllc de la sensibilité dans rb\st(M'ie. Klle réclame uneelti'l< nnnutieuse, et les proci'Ies (|ui en dt^nontrent Texistence varient av»-,; clnuiue nial;i'lc et suivant la période letbar.i:i(|ue, cataleptitjue ou soninambuliijue de l li\pnolisn}e : - la peri ussiou Icirne, le Irottemeiit, iiii c(unant d air iVai.^ ïîUI lisent 'pour rendie celte li\ perexc.tabilite mandesl»-; (rautiv's lois, il laifl avoir recours au froid intense, à Tapplication local?' (!•• Tetlier ou du clilorofornn\
(«es dilTcrcnts proi'édes d'action prouvent ijue dans l'li\ pnotisun* la sr;isibilil»' n'(\-l point abolie, mais seuleuKnt moliliée, el (ju'elle rr'claiiu remploi d'aiirnls spéciaux pour se manifester, (les faits étaldi-s«nl <:on)bien sont (leu avancées nos connaissances sur la sensibilité <'n liéneral. et Telude des aiicnls estbesiouenes démontre (jue riniluence la plus nuniiiif' en apparence suflit pour transférer l'insensibilité d'un C()lé du corp> au «•()te oj)j)ose et pour /// fteer [)our un temps plus ou moins durable, en uii point détermine du cc! ps.
Les rt-m u'ijues ^Lientuaies (jui précèdent sur la sensibilité de la peau yiiil en partie applicables a la sensibilité spéciale des or-:anes de la vue, de l'ouïe, de le-ioral et du u ùt. La niobdite spontanée ou provoijuee do !a sensibilité cdlaiiee et sensorielle (bMUontre (pic ces troubles fonclioMiiel? dans riiNsterie doivent eiie rap[)ortes a un«^ modalité non orij(inl(jue ù^."î' crnlres nerveux : une ciiiotiiin moialr suilit pour les laire naître on lc< faire dispaiaitie. un excitant peripbeii(jue Miflil aussi pour moiiilierles conditions lonctionnelics des centres nerveux.
Li>s facultés ini.ellecluelles elle/ l'ii} steiKjue nVcliappeul jxjinl à O'Ite l M dv' la mobilité loïKliu.inelle du s\ sterne nerveux : la memoiie, la noli^jn de l usaue ib s objets, la lacnlle du lan-:a^e pari.', écrit, qui nt* sont peut-cire (|ue des ///0'/(//<7cô' (/c /(/ sm^tbidle a rdfrale \w\.\\\'n[ ^pontancmenl ou expcrimenlalemenl être niouiuees de Itdle sorte qu'elles seront augmentée^, ahnlip« nu perverties.
SIGNES FOURNIS PAR L'aNESTHÉSIE ET L'ANALGÉSIE. , 325
Enfiiiy en môme temps que ces anesthésies de la vie de relation, on remarque souvent chez les hystériques des troubles fonctionnels de la vie organique, de la vie végétative, qui sont la conséquence de lanesthésie des organes viscéraux. Alors, on constate la diminution, la cessation des sécrétions ou la rétention des liquides sécrétés dans les réservoirs naturels, parfois même certaines hydropisies locales, dont Sydenham a donné la description clinique et qui ne peuventétre rapportées qu'à une modification du système nerveux.
L'analgésie s'observe dans Vhémorrhagie cérébrale, mais seulement tant que les malades demeurent en demi-connaissance. Dès que celle-ci est revenue, généralement la sensibilité reparaît. Chez quelques individus, lorsque l'héraorrhagie est très forte, l'analgésie est complète, et il y a tout à la fois anesthésie et analgésie. Ailleurs l'insensibilité est incomplète, et, si Ton pince ou si l'on pique la peau, on voit les membres exécuter quelques mouvements et la figure exprimer la souffrance.
Quand l'intelligence revient promplement, la sensibilité reparaît également très vite avec ses caractères de l'état normal ; dans certains cas, au contraire, elle est très exagérée.
Dans la compression du cerveau par de gros épanchements intracrdnienSy il arrive un moment où la sensibilité est très diminuée dans toute 1 étendue du corps; il y a tout à la fois perte de la sensibilité tactile et analgésie.
Dans VintoxicaLion akooliquey Tanalgésie est un phénomène constant. Elle se montre déjà dans le premier degré de l'ivresse, où elle est générale. Dans le second degré, qu'on pourrait appeler le cowa akooliquey cette insensibilité à la douleur est absolue, et elle persiste souvent dans le delirium tremens. — 11 en est de môme dans les empoisonnements par le gaz acide carbonique, par le hachisch, par les narcotiques, par les sels de plomb, et par toutes les vapeurs anesthésiques d'élher, de chloroforme et damylène, par le chloral à l'intérieur, etc., récemment employées pour faciliter la prati(|ue des opérations chirurgic>ales.
Aux troubles de sensibilité de la peau se rattachent les recherches faites par Weber (page 209) avec Vesthésiomètre, espèce de compas dont on écarte plus ou moins les pointes, et qu'on applique sur la peau, pour apprécier la sensibilité en cherchant si le malade sent les deux pointes ou une seule. Il y a là une sensation qui varie selon les cas, et si la sensibilité est intacte le sujet sent les deux pointes, si rapprochées qu'elles soient, tandis qu'au contraire si la sensibilité est altérée, il ne sent qu'un seul omiàci alors que les pointes du compas sont assez éloignées l'une de Tautre. C'est une recherche utile à faire ; elle constitue Vesthésiométrie (voy. page !208, chapitre Estuésiométrib).
Celte méthode demande à être appliquée avec soin : soit avec un compas de métal, soit avec un compas d'ivuire. On lui a reproché de ne rien fournir de bien concluant à la clinique, mais iManouvriez pense que les reproches adressés à la méthode viennent des erreurs dans l'observation et des erreurs d appréciation de la part des sujets.
32(3 DÉSORDRES DE l'INNERVATION.
Il y a lieu, en efl'el, de tenir compte d une série de conditions rehli\v>a l'application de VinstnimcNt lui-même.
Les pointes du compas eslhésiom»'»lri(jne doivent toujours être apjiliquées sur la peau suivant une ligne parallèle à la direction des filets nerwiix de la région : suivant l'axe des membres, suivant le trajet des espao> intercostaux, suivant les lignes transversales ou obliques dans les diiltrentes régions de la face. Le contact doit être de très courte dun-e à chaqueexploration, a cause de l'accoutumance du sujet qui affirmerait encore la perception bien que les contacts eussent cesse d'exister. Les poinl •^ doivent être émoussées. 11 laut tenir un très grand compte de la c(>ndijclibilité du métal pour la chaleur : si les pointes sont froidt's et qu'on h ^ applique sur la peau à la température normale, le sujet accusera la double sensation qu'il n'aurait point perçue, les pointes étant à la même tem[vrature que sa peau.
C'est de cette ccuidilion importante que M. Manouvrier s'est préoc(ii|H' dans la construction de son a^^lhesiomètre : il a remplacé les pointes nit'tallicjues par des pointesd'ivoire.Cet iiislrument (lig. 01 et 92, p. 211) aél'présente à la Sociélr de biologie en 1873 (1). M. Manouvrier rst le preniirr qui ait indique une liémianeslhésied'origine saturnine, qu'il a pu constaltrr chez d'anciens saturnins. Alors, l'aneslhésie est surtout marquée dans les régions en contact avec le plomb et Ton peut suivre avec rigueur le retour graduel de la sensibilité sous l'intluence du traitement.
SIGNES FOIRNIS AC DlAGNOSTir. PAK L'HVl'EriESTHKSlE
On donne le nom dlti/jferesthêsie à Texallation de la sensibilité des tissu> sous riiillufiice du conlacl des excitants naturels de leur sensibilité. C'est ce qui établit uno dilït-ronce entre file et la douleur, qui peut apparaîP.v spontancmenl. Toutefois, riiypcreslliesie ri la douleur ont entre elles d^nombreux points de contact, car là ou il y a douleur, il > a toujours hypereslhesie, el le^ parties qui sonl le sic.v de l'hyperesthésie sont aussi le siège de doukurs sponlaïU'es. Je dirai voK»iitieis (jue les douleurs tiennent davantaire de létal morbide, el gue le teirumenl externe, dans ces maladies, est dispose de telle sorte, que le contaet des excitants ordinaiivs provoque de la douleur.
LTnpereslhesie s'observe exclusivement dans les organes des sens,— dans la peau el dans les muqueuses organes du tou^hf^r:— dans les muqueuses organes du ;7e»r : — dans IVeil el ses dépendances, organes de la ri>-io« ;— dans Tor-^ane de l t)'n>: — el dans la muqueuse pituilaire, orgiuie de roi/onif.
(1^ V0\. pî-l* hillt. l\ tOS. \t^< ,?;'^..^,*.-t< V^i■.-'^: -n -».•'{•«
SIGNES FOURNIS PAR î/HYPERESTHÉSIE. 327
C'est un trouble fonctionnel, idiopathique de la sensibilité, ou au contraii^ un trouble symptomatique dépendant du rhumatisme, ou d*une lésion du système nerveux; en un mot, un symptôme.
L'hyperesthésie cutanée et celle des orifices muqueux, vaginisme et autres, sont celles qu'on observe le plus communément.
Dans cet état d'exaltation de la sensibilité, la peau est ordinairement exempte de maladie. Ce ne sont pas les pressions fortes qui déterminent de la douleur, ce sont les attouchements les plus légers qui ne font qu'efDeurer la surface et même le contact des vêtements. Cela s'appelle quelquefois dertnalgie. La douleur ainsi provoquée est souvent assez vive pour amener des cris, pour déterminer la syncope.
L'hyperesthésie cutanée se montre tantôt le jour, tantôt la nuit. Il arrive qu'elle se déploie tout à coup, et que, quittant un endroit, elle se montre subitement en un lieu assez éloigné du point affecté. D'autres fois elle s'épuise en quelque sorte, et elle est remplacée par une espèce d'ânes- Ihésie.
Quand l'hyperesthésie est très prononcée, on observe des névralgies superficielles et profondes; de la rougeur, de la chaleur et une fièvre locale qui, du reste, dure peu de temps.
Les muqueuses peuvent être hyperesthésiées : ainsi la muqueuse de la bouche, la muqueuse des fosses nasales, la muqueuse du vagin, du col de Tutérus, du méat urinaire chez la femme, de l'orifice vulvaire, ce qu'on appelle d'un nouveau nom, le vaginisme, — On trouve quelquefois le vagin et Torifice vulvaire tellement sensibles, que le toucher et le coït sont impraticables. En raison de cette hyperesthésie, le cathétérisme est quelquefois très douloureux et très redouté chez certaines femmes hystériques affectées de rétention d'urine.
L'hyperesthésie est habituellement cutanée, superficielle, ou elle occupe les organes des sens, particulièrement l'œil et les oreilles, mais elle peut être profonde et occuper les os ou les muscles. Ainsi tout le monde sait que chez les hystériques et chez certains phthisiques, on provoque des douleurs en appuyant sur les apophyses épineuses des vertèbres dorsales et cervicales ou rachialgie. — C'est aussi ce qu'on appelle des points apo^ physaires. — Chez ces mêmes malades, on détermine aussi la douleur en appuyant sur les muscles des gouttières vertébrales, sur les attaches de quelques muscles, et en particulier sur les attaches des muscles du tronc.
L'hyperesthésie de l'œil à la lumière; de l'oreille au moindre bruit; du nerf olfactif pour les odeurs, se rencontre dans certaines maladies organiques du système nerveux, telles que la méningite ou l'encéphalite, dans certaines fièvres typhoïdes alaxiques et dans les névroses telles que l'hystérie et le nervosisme.
Avant de mentionner les maladies dans lesquelles on rencontre l'hyperesthésie, dans lesquelles par conséquent cette exaltation de la sensibilité aune valeur diagnostique, je dois dire que le plus souvent l'hyperesthésie existe indépendamment de toute affection matérielle du centre céphalo-
3"28 DKSORhRivS Dr: l'lnneuvation.
rachidicMi, et (jiie roxisloncc de riiyperosthésie doit mémo d'cmlilec laiir penser à toiile auli'e chose (|u'ii une alTeelion c^M'ébrale. (let (Hat nioihid'' est iïénéralement altrihué, depuis les travaux de (lazenave, (iendriii ot Raele, à une névrose, cVst-à-dire à un trouble dynamique indépendant litoute altération nialérielle aj)préeiable.
Elle s'observe dans la plupart des névroses, dans la chorée. dans Vln^W rie, dans l'état nerveux ou nprrosisme (I), dans la convalescence de ctrtaines maladies, au (bd)iit de qu(d(pies nialailies (b^ la peau, etc.
L'bypereslbésie cutanée s'observe au début du :oh(L du lichen el<lu pVKviijo. Il n'y a pas encore de papules, qu'on observe déjà, dans cerlaiih cas, celte exaltation de la sensibilité des téguments. On rcd)stM've é;:;dement, mais à diverses épO(|ues de la maladie, dans Vêrf/lhèine, — dans Veczàma, — dans (luelquesalTeclions rêsiralrusrs et srjuameuses.
Dans les /^cr/v//y/c.s\ Thyperesthésie cutanée (\st un phénomène constant, et les points douloureux des névralgies, bien étudiés par Valleix, ne suiit pas autre chose que des points de la |)eau ou le neif douloureux envoi»' à la peau un lilet d'émeruence superficiel; c'est ainsi que dans la nevrali;ie intercostale on trouve trois points douloureux, l'un antéritin sternal, l'autre moyen et l'autre postérieur vertébral, (jui correspomienl aux trois lilets nerveux sous-cutaués du nerf intercostal. Il eu est de niein.' pour toutes les autres névrali^ies.
Dans Vfn/strrii\ lespoir^ts (TbNperesthésie cuta:iée sont assez communs. Us ne sont pas étendus, habituellement très circonscrits : de là les nonis de points doulourrud', — points (ijmplnfstdres, — rloti In/stcriffue. Le> points d'hyperestht'sie se montrent à la tête ; — sur les aj)oph\ses épininises des vertèbres dorsales, cervicales;— au niveau des iiouttièns vertébrales, surtout à la réiiion du dos: — à la base de la poitrine: — an niveau des attaches supérieun^s du i:raml dentelé et du droit antérieur de l'abdomen; — sur le pubis et dans les flancs; — au niveau de la poinltdu c(eur, à l'épipislre, etc. Ces points douloureux se montrent surtout du côt('' f:auclu^ du corps.
\.'lniperrsthrsie symptomatitjne est beaucoup plus rare et appartient aux nutladies oi'^anicjues du système nerveux et aux dilVérentes lésions ma'"riellcs ijui intéressent queh|ues C(U'dons nerveux. C'est le (as des nêcronn'^ et des compressions nerveuses p:u' une tumeur de voisina^v.
Dans la cont/rstion crrrhnilr, ilans la mcnimjito et dans Venréphalil^y rhyperi'sthesii^ cutanée est rare, mais (juand elle existe, son intensité c«îl très vive. Mlle ne se montrt^ (|u'au début de la période d'excitation des^uiiauts intracràniens. Ce>t surtout de rinpereslhesie sensorielle el cutanfc. (hi en reconnaît la cause j>arce ipie, avec l'ophthalmoscope, il est po^sible de dt^couvrir une lésion du utMl' opticpie ou de la rétine. Dès que les altérations analomiques sont bien (ormees, quand il y a épanchenienl de sérosité ou de pus, il n') a plus d hypereslhesie. Toutefois elle peut
(D Vov. K. Boui'lMit. hu nevo^i^mf rt </?•% mii hi.t*< N''rr.'*/<f'5 "i* édition. Paris, \S''.
reparaître quand ces affections, déjà en voie de guérison, oiïrent les signes d'une récidive, d'une recrudescence, et lorsqu'une encéphalite circonscrite tend à se développer autour d'un produit morbide accidentel, de nature tuberculeuse ou autre.
Dans la méningite cérébro-spinale particulièrement, il y a également de l'hyperesthésie superficielle et profonde, et l'exaltation de la sensibilité est telle, qu'on ne peut souvent toucher la peau, même avec les plus grandes précautions, sans provoquer des douleurs extrêmement vives. — Il en est de même dans la myélite des cordons postérieurs de la moelle, mais alors, par la cérébroscopie, on constate une hyperhémie ou un œdème de la papille qui indique la nature spinale organique de cet excès de sensibilité.
Dans le ramollissement du cerveaUy l'hyperesthésie se montre quelquefois avant la paralysie, et il est important de la reconnaître. C'est, dans quelques cas, le seul phénomène qui soit bien appréciable, et il faut se garder de la confondre avec une névralgie ou une manifestation rhuuiatismale.
La cépkalalgiey ou douleur de tête, également connue sous les noms de cépkaléêy de pesanteur de tête^ de migraine^ d'hémicrdnie, etc., est un phénomène extrêmement commun; — seul, il n'a pas grande importance, mais sa réunion avec d'autres symptômes devient un élément de diagnostic très utile.
On ne connaît guère la cause de la céphalalgie, et Ton n'a aucune donnée exacte sur son siège anatomique ni sur sa nature véritable. En dehors des névralgies de la cinquième paire et des névralgies 0(xipitales, tout ce qui se rattache à la céphalalgie est très obscur. Le devoir du clinicien est de l'envisager comme symptôme et d'examiner sa valeur diagnostique.
La céphalalgie est générale ou circonscrite, continus ou intermittente. Sous cette dernière forme, elle peut siéger dans une moitié latérale de la lète, c'est Vhémicrdnie; elle peut occuper le front (céphalalgie frontale ou suS'Orbitaire); la tempe (céphalalgie temporale)] — l'occiput (céphalalgie occipitale)', elle peut occuper le sommet ou un point très limité du crâne; sur le vertex, c'est le clou.
La douleur de tête est tantôt très intense, tantôt assez légère ; elle est aiguéy sourde, éphémère ou permanente. Ses formes sont très variées : ici (Vstun resserrement, une constriction, il semble que les tempes soient rapprochées l'une de l'autre ; là ce sont des douleurs très aiguës, en manière d'élancements. Tantôt c'est un poids, et il semble que la tête doive s'incliner en avant; tantôt c'est un ballottement intérieur, et les malades croient avoir de l'eau dans la tête. Une autre fois, la tête donne la sen- »tion du vide. C'est sous ces formes diverses que les malades expriment leur souffrance.
On a()j)ello plus litMirraN'ineiil crphalalijio la douleur ai«rue et pa^^a::t'l", l't'phdlct' la douleur SDunlo k\[ porinaiieiitc.
La côphalali;!!' csl raroiniMil isolé*,»; dillVM'i'iils li'ouhles des orgallr^ d»sons, surtout de la vue, (k* l'ouïe rt du lt)ucher, racconipaiinenl ordiiiaiP'nicnt. La vue pinil èliv tdisturcic, la pupille dilatée ou contractée : il p'-u: y avoir diplopie, |)liotophol»ie, etc. L'ouïe peut être dure, et il peut e\i^^•: des hourdonnenients d'oreille. (Juanl au louclier, on ) observe (juchpi-roi> (ie rhyj)ereslliesie ou de ranalire.>ie.
La cej)hala!i:i(* s';i(coiiipai:iie ^ou\e^t de tiouhles i.olables du C(>ie ti^voies difiesllves, (jiielijueîui.s (ie nau>ees ou de vonn>senients, cl il \ a l>' :jouis chez les malades un malaise iiéneral très prononcé.
Ladouleiu' de lele se rencontre dans un lies iriand nond)re d'alîectie:j>. Au>>i, au lit du malade, l'aul-il bien anaKserci' s\mi)i(»me : il faut voir >M prend sa MCiU'ce à la tele même inl-rieurenient ou cxleiienrrniiMit, ou >i ne dépend pa> d»^ (pieKiue altération du >an^ chUndlii/m'. sfjttic^ i/ii>jU' i>u ini'u^liw ou dime maladie dont le >iei:«' anatomii|Ue e>l j)lus ou ni'»ii> eloiune du ci'rvrau. — A cet é^ard, il \ a : 1 une céphalalirie siiih^dom'i- (ii/Hf, et -^" une céphalalgie t'fisi-Hlii'Ilt' oH btjniii'ifln'fHt'.
if — €'0|»halul;;ic K^iiiptoiiialiquc*.
La c\'ph:dal.:ie ^'ifiij'tourHi'^fi': solj^erse dans rérNsij)èle du cuir cli«vi'lu. d.ans la con-:r>ii(»n cerebia';t\ dans la nienin-ite, dans rence[)!ial:it. dan> riicmorrha^ie cérébrale. ra;Hiple\ie >rr<ii>e. 1 indrocéphalie, l'inpertrophie du CCI Veau, les pio-ji; tî,'i:N a.cid 'nl-dlcs de cet c»ri:ane ; al(»r>,cllr e>t (l'iduni*-: la nv'sral^.f ^'/../y .'.'/M-y '/ ' >\di>erve : dans les nevraL' f^> di- la lele. la mi^.aine, ! Vjiibp-i '. I ii\>:'i.e. la cLbiri'Se, les lièvres, eU., et elb' e>l aK'i> >oîive:il / •; , -.t'H-.t! .
1 l'vin> ['(/ '/Nf, • '■ /'./-' ( /, ... /. la doultHU' de léte, qui auimiêîiî'pai le co. ilael d;î du. -t. «.-'. lin î< :l i> •:! si ne dia«no>lique, car elle it-viv une maiaàu' ca :.t • viaiis !. > cii '\c::\, vjiie 1 a-il j)eut dinicilenient a[)erct- Noir. l. a- i: a |\:> !.. i;:. :ne nnj .«lî.i!.. e !or>v]n<de la lace la maladie ^Vte:l: a la p^au J.a iia'.--, î.î.un sa p: t <• :. «• in liqm^ 1 «'Vîen.-ion de la [)hlei:ma-i''.
-' l'a-> la ' . s' /. , ' '■■ -, la c<'p:ia:aLie e>t un S}m[>ir)me tir^s ci»n.mr.'... ii>r a .. > ia:vu:.:i> >.; \a. .t> : tlit i >*. ccinîinut\ >ourde, i:i-av.itiNc, >or*vi'K: î:e> loin-, v : vi:i.ai: ( n^ î.l •■. ::'iaif. et t-de existe des deii\ ci»tt > lie a u;. r; , t >! ;>:,: nd- , I -* n.aluifS en unt parlail'-meiil l.i >cî;>a; v'i: : ;1 .. ..r -*. :i.:.\' y:, ia : tv >. i:>. »i(e, c^-mpi imce, ou renii'iicl p:v> Il ( V laU r. i i ;t. itv'.;.^;:: >\.n.on.;' ;-î.r' de \riii^es. d'un eni:ouhii^- >enuî;'. wi > Llu.; > .:.;v ..v . lu; ,;t>. La .. itcii.a'/.'-n dan^ les i:ros Ii'oik'> Na^v -a. a;;es « >; î:r> a UNt •: au c :.!...\\. !•• : L-urdu sanc dans la w'ui^ K.wv MipciuiKv [Miail d..:..::^: :. n .. ,: > .:• >;a\;>; k-s Vrincb du oou, d»la lace il du Ironî >i i.î '.rx ^. :V , . ;•;; >,.:.Us, ,-1 rophlbalino>Ot»j-' penuei de \o»r une iv^: i >; . n i-;, :.»;.!.• Ir- > n:..:u>ncee. Kn un th. t.
la céphalalgie s'accompagne de tous les symptômes dont Tensemble caractérise la congestion cérébrale.
3* Dans la méningite, la douleur de tête a les caractères de celle qu'on observe dans le cas précédent, quand la congestion cérébrale parait être le premier degré de la méningite, mais ce n'est certainement pas le cas le plas commun.
A cette céphalalgie se joignent les symptômes ordinaires et habituels de la méningite: rougeur très modérée de la face, chaleur très vive de la tête, le reste du corps étant à une température fort peu au-dessus de la température normale ; vomissements, constipation, fièvre peu intense, hyperhémie papillaire constatée à Tophthalmoscope, en attendant les phénomènes de la seconde période, qui sont ceux de la compression du cerveau.
Dans la méningite tuberculeuse, si commune dans l'enfance, du moins comparativement à la méningite simple, les accidents ont une marche beaucoup plus lente. La céphalalgie précède quelquefois de beaucoup l'explosion de phénomènes plus caractéristiques. Elle s'accompagne fréquemment de cris, de somnolence, etc. Elle coïncide également avec une névro* rétinite que l'ophthalmoscope permet d'apprécier aisément.
4"* Dans la méningite cérébro-spinale épidémique, quand la marche de la maladie n'est pas trop rapide, quand la mort ne vient pas trop brusquement et qu'on peut analyser les symptômes, on observe comme phénomène prodromique une céphalalgie plus ou moins forte, et, une fois la maladie confirmée, une rachialgie souvent sourde, mais le plus ordinaire* ment très vive, très violente, surtout à la région du cou. Il existe en même temps de la roideur dans les muscles de la nuque, et de l'hyperesthésie. L'hyperhémie et l'oedème de la papille annoncent qu'elle a pour point de départ une lésion organique.
5* Dans Yencéphalite, la céphalalgie ne se fait sentir que dans le cas où la couche la plus superficielle du cerveau est affectée, et dans lequel il y a toujours une méningite partielle; il en est de même dans la plupart des cas de ramollissement cérébral. La douleur est alors permanente, limitée aa point malade; c'est aussi ce qu'on observe dans l'encéphalite chronique des aliénés, cas dans lesquels il y a toujours des traces de méningite accompagnée de névro-rélinite plus ou moins accusée.
6* Vhémorrhagie du cerveau ne détermine pas de céphalalgie par ellemême. Quand il y a douleur de tête, c'est dans les cas seulement où l'hémorrhagie cérébrale est précédée, accompagnée ou suivie de congestion sanguine ou de ramollissement inflammatoire. Dans le premier cas, on observe la douleur sourde, gravative, qui caractérise la congestion cérébrale. Dans le second cas, la douleur est partielle, permanente, obtuse avec hyperesthésie et s'accompagne d'hyperhémie rétinienne. Ces distinctions sont importantes: outre que le diagnostic y gagne en précision, il est indispensable d'avoir ces notions pour baser le pronostic et pour établir le traitement.
7* Dans Yapaplexie séreuse, dans V hydrocéphalie chronique, qui suivent
o-]'! hK>oni)RE^ IT. I.'iNNKIlVATION.
(Iiirhjnefois {\o< maladies st'MMeusos ou (jiii vi"îiiH'ni coiiipiiijn»^!' l«'ur *'• :.vaIrsi'«MH'«\ roiiuî!" dans les lièvres ixravcs, la x'ailatine. la inaladi»' •!« r>i'ii:lit, la |>IUliis;V, il se furiiic, dans les nn'iiiij:ze^ ou dans lu (intlr-ii-- V(Mitri ulrs, drs epanclirnuMils >j''rt'iix non acc.inipamu's de li'aees ^eîl>".: :»n d'inllnnnnation. C«\s epanclienienls, (jui ]ani(dli>se!it, (•oni[)i!inent. lii-lendtMil la pulpe e^Tchralc, sont annoncfs |)ar d»\s douleurs de lêle i\\w 1 ^ malades n!anire>t»'nt en poi'lant la main a e«'tie partie, en se jdair!].-!! dou/emenl. mais ronlmurKcFuent, m j)'tus>anl ers ciis proloiu^N i| .■ Coiiiilet a ap[)»'l»'s cris hiidrcuccjih'il iij}ir<. La d;-uleur d»' lèl«* ijui s»- niai.:le>te par <'•'«> cris e>t un excellent >ii:ne diai:no>ti(|ni' des ('pan lieniei.N <éi'eu\ de rinlt-rieur (:u cerveau, et l'iedènie de la pa{>ille annonce ^a n.. tiu'e (»i':ani.|ue.
N' hans Vln/iii'rh njijiir lUi cPiirtiti, la ceplii'auie cnI un |)!u"n )nj'"ii d'un»* Irlande saieur. K!le e>t lies vivi\ conlinu»', nar<t\\ ^liuue. et rljf > traduit par (\v> ci'is inarticulés et (M)nlinuels. On sait eonihien il e<t dilicii' de (lislinl:u^'r ce cas de l'IiNdiuceplialie. Outre les plienoîneiies de coinpres>ion, >enil)laldes a ctni\ (ju'on observe dans rii\drocephalie, il fa-iî noter dan-^ lin p''rli'i»p!ii'' cerehr.ile les atla(}ue> c(in\ul>ive> e|)ilep'i!oinirv ou élites sont à peu près constantes. c<Mnnie l'ont remar(|ue Calmeil et lii:- S(dle. [l'un autre ^tile, il faut rerluMc lier si l'individu aîVe-^te a eu a subi rinllueiice des eni niati«ni> (!•' se-s (!•> phtnih. iMns raTlirmalive, toutes U> ])resoni[)li()ns sont en favtMir de 1 liypei tidphie du cerveau.
'J lUîi^ \t'> jn O'hicl ii'iis orij'lni'jnrs ilr lil inn^s^ rc/'^V/r///e. t*dles que l-^ fflfi''l('iil>'^. Ir r////f r/ , !,'> ////o/;/''.s\ \*'^ Il fj'l 1 1 i h' ^ , le> t ff in ''H i>: f(hr'r}l\ >,
il n'\ a de do'i'.eur (]ue dans lo ra> ou 1»' proiluit ninrhide e>i voi>in d>- i' P'-ripliciie du cerveau, parce (pTal-ii-s ds e:!Îiaîii«'nt d«* la eonjestion. d-linti nninatiini de la snhstaiH'e cei'ehral'' et suituut de ses envelopp»'S.
10" Apres h'S ni-amles pertes de San»'. 1 inie licence n'e>t pas nel.e, ily.i une v.'ritahu- <iiif iiii>' 'In cci ir,fn. (!t*t rial mnrh de e>t louj«»urs accikUipaune d"ue' (ionl"ur ô' tête qui re>se:nlde (jut Iqneîois beaucoup a la doulfUi 1 'urde, ::!avative d-- l.i (•itn-:e>ti(tn cer(d)rale, et «lue l'on rec^innaîl ena\ai.: iecou:> a:i\ conniieni »rali!s.«'t ace (|ue roplilliainiosi ope permet de coii- <lat'r une ancnii<' w 1 1 chnroi le ou île la rétine.
st. — i'oplialal;iio ^««««^nliolle ou i»>nip«ltaique.
La icphalaLie » xvv/'/- /''- p;; n-/ -/ .'.''// ,V'\ qui ne dépend d'aucune alt'ratiou maleriell'' du i^-Meau et c- >•■> ♦ ::'. «lie.p.^, ie>ultt^ de la sympallnexerct^' >ur la l'ircul il;««n du c-ivcaii p ir 1» > ar«-!ali<ins du sa nu, pu* It^'» enipo:>«»nnemenls l't | ar les troulO-N (i, ^ d;r:erent> appareiLs uriianiijiips. Lde e>l souvent pa>>a^ re. interin t e.il-' < \ >'• r< nconlre:
I l'ans les /*'//■/'/'•< «/ ' •/' ''<''."'■. In eù't. les nevraliiies de h lete >onl a>se/ commune^, ti L'>ih:.> a.'ectts s., ut b-s bianidies frontale^ et auricuaires tle la cm |;:;c!ne p'i:e. el le h«ii' s-'us-cu'cipital. — Dansées i'ireon>tance>, la dv»uleur a l r.î a \i l [«• laiaelrre dt^s nevialiiies: elle re-
vienl par accès, elle est bornée à un côté de la tête, occupe le point d'émergence du nerf; en un root, elle dépend de la distribution du nerf affecté.
Comnie dans toutes les névralgies, la douleur de tête est ici superficielle: elle présente des points fixes douloureux, soit sur le trajet des nerfs, soit plutôt aux points d'émergence des principaux filets nerveux, au niveau du tronc sus-orbitaire, au devant de l'oreille, au-dessus de la nuque.
Quant aux caractères de cette douleur de tête, ce sont ceux qu'on rencontre dans la plupart des douleurs névralgiques, des élancements sur le trajet du nerf malade. Ceux-ci se répètent plus ou moins fréquemment. Quelquefois ils paraissent s'étendre et sont remplacés par de Tengourdissement. Quand ces élancements sont très aigus et répétés, on observe des phénomènes particuliers d'excitation locale ; la peau rougit et devient chaude, la circulation est sensiblement plus active du côté alTecté que du côté sain, la peau sudorale ; les muscles voisins ou sous-jacenls deviennent le siège de contractions involontaires ; le front est plissé, les paupières se ferment, et il y a en même temps des troubles de la vue et de l'ouïe. C'est une névralgie congestive^ et la papille, la choroïde et la rétine sont fortement congestionnées.
Chez des sujets irritables, à mesure que la douleur augmente, surviennent d'autres phénomènes d'excitation nerveuse, des vomissements, des convulsions, le délire, etc.
Ces douleui's névralgiques de la tête se déplacent et peuvent changer de siège, comme toutes les névralgies des autres parties du corps. Elles peuvent êlre continues, avec des exacerbations à certains moments du jour ou de la nuit ; ou bien, elles sont intermittentes et revenant par accès, régulièrement périodiques. Cette intermittence affecte les divers types, quotidien, tierce, quarte, double-quotidien, double-tierce, etc. Il peut même y avoir plus de deux accès en un jour, les intervalles qui les séparent étant plus courts. C'est ce qu'on n'observe pas dans les fièvres intermittentes légitimes : dans ces fièvres, la périodicité est toujours plus longue. Ces douleurs annoncent une fièvre larvée,
La névralgie de la tête ne reste pas toujours bornée au cuir chevelu, elle s'étend à la face, à l'orbite : de là des douleurs très vives au niveau des yeux et des oreilles ; Tœil est parfois horriblement douloureux, de là du larmoiement, des troubles de la vue, du clignotement, des soubresauts des paupières, des convulsions partielles et douloureuses des muscles du vi- ^a-e ; ailleurs, douleur très vive dans le pavillon de l'oreille, dans le conduit auditif externe, et cependant nulle trace d'inflammation de Toreille, pas d'é(X)ulement. D'autres fois, enfin, la douleur s'étend davantage et elle gagne le plexus cervical superficiel ; elle peut encore gagner de proche en proche et venir afl'ecter les rameaux thoraciques et scapuiaires du plexus brachial.
Les causes les plus ordinaires des douleurs de tète névralgiques sont rinsolation, le froid, les blessures des nerfs, la carie dentaire et le travail de la seconde dentition, la chlorose, Timpaludation et surtout la syphilis.
^^^i DÈSOHDKtS DE l'lNNKUVAÏIO.N.
(les iiévraliiios, dans la syphilis, coiisliluenl un des phénomènes les plus intéressants :i étudier de la troisième période de la maladie, quelquefois illa seconde. Klles sont intermittentes et souvent nocturnes.
^'^ Il V a douleur de tète dans le rhuwatismc du cuir c/iercliL Cette miladie, développée sous l'impression du froid, est assez fréquente, h musch^ occipito-frontal et ses annexes fibreuses sont ici alTeclcs.
Celte douleur a les caractères suivants : Elle s'est développée après ui refroidissement subit ou progressif de la tète ; elle est superficielle, '^(•urraie, occupe les deux cotés, et est souvent plus forte en arrière ou en avant qu'en d'autres points. La pression sur la tête rau<rmente; ia contraction des muscles d(»s inàchoircs produit le même résultat. Les coiiïuro chaudes la font sensiblement diminuer. — Souvent on observe en d'aulri> parties du corps des douleurs rhumatismales. La douleur de tête rhvnn.tismale dilTère de la douleur de tête névralgique, en ce que celle-ci revifiil |)ar accès, tandis que la première est continue, générale, sans occupt^r 1^ point d'émergence des nerfs, et n'est pas compliquée, du moins au nu>ment de l'accès, d'une sorte de fièvre locale ou d'un mouvement fébril» très prononc('\
3" Dans la wir/raitu', quand la douleur de tète ne peut être rapporte-^ à aucune lésion matérielle du cerveau : c'est ce qu'on appelle Idcéphalithji'' nerrfKsc on la wif/iitiuc.
La migraine est très commune chez les individus d'un tempéramf^i.l nerveux et chez les lennnes. Les règles, l'état hystérique, la moindre éiiiulion morale, la plus légère contrariété, tout ce qui peut gêner accidentelltment et très momentanément l'ouïe, la vue ou l'odorat, sont les occasiûii> de son développement.
C'est une douleur vive, souvent sus-orbilaire, sans mouvement fcbrilo. mais accompagnée de chaleur et de pesanteur de tête, avec élourdis'^ements, éblouissements. VMc dure de quel(|ues heures à un jour ou deux: l'Ile s'accompagne lVe(]uemmenl de perle de l'appfHit et de vomissements. \ucun autre trouble (M"gani(jue ne vient la compliiuier. — Cette douleur»], tcle s'accompagne sou\enl de ccmgestion papillaire et choroïdienne, etannoni'e une névrose congestive, ce que prouvent du reste assez souvtMtî l'iedème et rinperhémie des paupières. Elle n'est pas grave par elle-mèmr. elle n'est (|iie liés pénible {)ar ses retours fréquents. Cependant elle finit, au bi)ul d'un certam lenij)N, par déterminer de la faiblesse intellectuelle «l une sorie d'hebcUule. — (Juelquefois, les femmes sujettes à la raignin»* ont tics points d b\ perestbesie très prononces sur diflerents points d" corps.
\ hans Irpilriisn', il \ a douleur de télé, mais dans les accès seul»*menî, à moins, bien erileiuiu. que la névrose ne soit symptomalique d'un produit nutrbide deNcloppe dans la >ub>lance cérébrale. Certains individus, res^enlant une douK ur \ive de télé, sont ain>i avertis de i'ininiineuce d'une attaque. C'est donc un symptôme prodromique. Tantôt elle est générale, tantôt, et c'oî ce qui se montre le plus communément quand le mal
SIGNES FOlTRiNIS PAR LA CÉPHALALGIE. 335
de télé précède de très près une attaque convulsive, elle est circonscrite et localisée en un seul point de la tête.
Après les attaques, il y a toujours de la douleur de télé. Celle-ci est lourde, pesante, et ces troubles fonctionnels durent plus ou moins longtemps, de quelques heures à plusieurs jours.
5* Dans Vhystériey la douleur de tête existe presque toujours avant les accès et dans leur intervalle. C'est un symptôme utile à rechercher pour établir le diagnostic quand il n'y a pas encore eu d*attaques de nerfs chez une femme que Ton présume hystérique. Ici la céphalalgie peut être générale et ne présenter aucun caractère spécial ; c'est, ailleurs, une névralgie, une simple pesanteur, la céphalalgie des congestions cérébrales, tantôt eufin une douleur très vive, limitée à un point circonscrit de la tête, sur le vertex, et formant ce qu'on appelle le clou hystérique.
La céphalalgie, est, dans cette maladie, un signe si précieux, qu'on peut dire d'une manière générale qu'une femme nerveuse, sujette aux vapeurs, aux spasmes, à des douleurs vagues, à la tympanitc épigastrique, à la boule(BSophagienne,etc.,qui aune céphalalgie habituelle, générale ou limitée à un seul point et surtout occipitale, est une femme atteinte d'hystérie.
6' Dans Vhypocondrie, la céphalalgie est habituelle, presque permauente, et offre tantôt le caractère d'une constriction temporale, et tantôt celu d'une pesanteiir telle, que la tête s'incline sur le cou. Quelquefois elle offre des exacerbations. Le plus souvent générale, elle est quelquefois circonscrite, localisée; dans ce cas, elle est le plus souvent sus-orbitaire et occipitale^
7* Dans les fièvres et surtout dans la fièvre typhoïde^ la céphalalgie est un des premiers symptômes de la maladie ; elle survient en général quelques jours avant le mouvement fébrile. Elle ne cède pas au moment de 1 invasion de la fièvre ; au contraire elle augmente. Ainsi viennent des étourdissements et le délire. La céphalalgie est donc un symptôme très précieux dans la fièvre typhoïde, le seul quelquefois dont se plaignent les malades. C'est tout à la fois un symptôme du début et un symptôme de la (HTiode d'état de la maladie ; sa diminution coïncide avec l'amélioration du mal, et lorsque toutefois la guérison doit avoir lieu. Quand, au contraire, la maladie parait tendre vers une terminaison funeste, la céphalalgie persiste. Dans le cas où elle disparaît, il est bien rare de la voir se reproduire. Aussi, si ce phénomène anormal se montre vers le déclin de la maladie, on doit craindre une complication, le retour du mouvement fébrile, des accidents du côté de l'intestin, une pneumonie, mais surtout une méningite ou un épanchement séreux dans les ventricules du cerveau ou dans la cavité de l'arachnoïde.
Dans la fièvre intermittente y la céphalalgie est un symptôme prodromique des accès. C'est un symptôme qui manque très rarement et qui, en I absence d'accès bien complets et bien déterminés, peut mettre sur la voie d une fièvre intermittente. — D'ailleurs il y a une forme de fièvre intermittente pernicieuse dans laquelle le mal de tète constitue le symptôme principal. On appelle cette fièvre fièvre pernicieuse céphalalgique.
• >i)i"» Dt:.>(»iU)mî:s dk l l\M!:iivatio.\.
Dans les /ii'vres ëiiiiflives, la céphalalgie, cjui ressemble heaucuupinetk (|u'<ni reiicunlre dans la lièvre tyj)huï(le, cesse dès l'éruption. C'est iinplum^nieiie du début. — Si la douleur de tète persiste nialirré l'apparition ill'éruption, c'est un si^ine de mauvais augure: ou bien rèruplion est iiuoi;;pieté, ou il se prépare une complication.
S" Il y a enlin des douleurs de tète sympalbi(|ues des maladies dos vm. « digeslives dans Viuiln/rsfion, dans Vctubinds tjastri'im\ mais plutôt diui^ les nuiladies aiiiues 'lue dan^ Us maladies cbroniuues. Toutefois il \ a «.h grand nombre de ih/spcpsics (|ui s'accompagnent de douleurs de lele •! d'une forme de céphalalgie; — la inifjrdiitr lésulte souv(Mit des trnlll)l^; des lonctions de rc^lornac cl de I intestin surtout dauis la t'Otistipotiou. Elles s'ob^el'vent aussi dans la chlorose, lians Irn/r/z/Zt' et dan^ les altf.Titions du sang par les p(»i>t>ns, lorscpie la substance portée dans restuîiiii a une action |)lus ou moins directe sur le ssstèuie nerveux.
De cette étude re^ullçnt des indications tliei'apeuliques dilTèrentes seloh les ililïtMenles e.^|)c('e> de céphalalgie.
A h\ (i'iilialahiir rhlni'iititjiir, le fer. ie (juinquina et les lonicjues:— a la rciiJaiUilijie sf/i>i)ilHiij(i(\ le mercure et l'ioilure de potas>iuni : — a la crpinihil'iie jHihdh'CKJH', le sulfate de (luinine ; - - à la céiifialahjit' '^^imfHiduijuc (W'inban (is ijustrii^id.^, un vomitif: — de n'ts intcstinaur, •t'> vermifuges: de la (///s/y'/zN/V et de la ron\tiiiaiUui, — les remèdes a[)|'trv'pries : mais iiuaiul elle dep'nd d'une lésion cei'ebrale, il ny a ipn' I.i disj)arition (!e la cau>e (jui pu:s>e renlevei".
Lhms tous les cas, d'ai. leurs, il y a b'S pallialifs, les opiacés cl les bciiatifs à rinlerieur ou à l'extérieur, par la méthode endermique ou par iv* injections bous-culanees sédatives, et enfui les révnlsif> de la peau.
Al; ri CLE V
>U.M:> l•^Hlv^l^ \r l'].V<..N">! h: l'AK I.tS NtVHALGIES
sur des objets délicats ; 4*" dans les blessures et contusions des nerfs, mais alors ces douleurs sont plutôt de la névrite; 5''dans les affections organiques cancéreuses ou autres qui rongent et détruisent un filet nerveux, etc.
Les névralgies sont superficielles, bornées à un ou plusieurs (ilets d'émer- ^'ence cutanée, ou elles sont profondes, et sur le trajet des nerfs. La douleur est lancinante, descendante ou ascendante, augmentée par la pression, par la chaleur ou par le froid. Cela dépend de la position superficielle des nerfs. Elles existent souvent sans changement de couleur à la peau et sans gonflement ni conti*action musculaire, mais parfois il y a gonflement et rougeur, comme on le voit à la face, sur les paupières dans les névralgies de la cinquième paire.
Ailleurs, elles déterminent de la rougeur et des éruptions huileuses d'herpès, c'est ce qu'on voit dans le zona du thorax, de la face, du cou el des membres.
Au point de vue de la séméiologie, les névralgies ont une importance considérable, car il importe de ne pas attribuer à une altération profonde el grave des parties sous-jacentes ce qui n est qu'une affection superficielle des nerfs. D'une autre part; il n'est pas moins utile d'éviter celte erreur qui consisterait à appeler névralgie ce qui ne serait qu'une douleur symptomatique de lésions organiques profondes. Ainsi la sciatique peut être une névralgie rhumatismale produite par le froid, — et elle peut être le ^ympti^me d'une affection organique du rectum et du petit bassin. La douleur offre les mêmes caractères, et il n a qu'un moyen d'éviter Terreur, ('est le toucher rectal, qui montre une tumeur coniprimant les racines du nerf sciatique douloureux.
Les névralgies indiquent donc tantôt une perturbation fonctionnelle nerveuse, sans lésion du nerf et sani^ lésion de voisinage, tantôt une affection organique comprimant le nerf ou donnant lieu à une véritable névrite. C'est ce qu'il faut savoir distinguer.
Les névralgies de la cinquième paire dans les branches frontale et temporale sont quelquefois de nature chlorotique, mais elles sont souvent le résultat de la seconde dentition, de la sortie d'une dent de sagesse ou d'une carie dentaire. Quand elles sont accompagnées de contraction musculaire douloureuse, elles constituent le tic douloureux.
Les névralgies de la poitrine dans les nerfs intercostaux, en avant, sur le côté, ou dans la gouttière vertébrale et sur les points apophysaires, indiquent ^oit une névralgie intercostale chlorotique sans complication ; soit une pleurésie sèche; soit une phthisie tuberculeuse commençante ou confirmée; soit enfin une carie vertébrale.
Dans les flancs et se prolongeant en arrière, lorsqu'elles sont très vives et accompagnées de vomissements, elles caractérisent la colique néphrétique. — A l'hypocondre droit et à l'épigastre leur apparition subite et très douloureuse avec vomiturition de bile indique la colique hépatique. — Au-dessus du ligament de Fallope et dans les lombes, chez la femme, lors-
B. — DUGMOSTIC. 22
;U8 l>h:s(HU)llKs hb: l/iNNEUVAïK».
(|ircllcs sont presque conlimies et et peu intenses, elles révèlent l'exblence d'une aiïection utérine.
Chez les enfants une douleur apyrétique du genou sans gondemeiil «t avec claudication indique un conunencement de coxalgie.
D'après leur mode d'apparition, et leur réinitlencc régulière, les névralgies indiquent souvent la nature de la maladie; car, si elles sont n'i:ulièrement périodi(jues, quotidiennes, elles indiquent une lièvre larvée et une influence palustre. — Celles qui reviennent seulement la nuit appartiennent ordinairement à la s\philis.
La nature de la douleur névralgi(|ue en indi(|ue parfois l'origine : ainM lorsqu'elles se rapprochent d'un sentiment de brûlure, et que dans k> membres inférieurs, par exemple, elles se rapprochent de la sensation d'un trait de feu subit et très passager comme un éclair, on dit que c^' sont des rfo/(/f'///".s fuhjNrfUftc-^ et elles appartiennent à cette maladie do la moelle épinière qu'on appelle l'ataxie locomotrice.
lin somme, une douleur névralgique ne signifie rien par elle-raèrao. iju'elle soil dans la tète, le tronc, le ventre ou les membres, elle n'a (!♦' valeur diagnostique (jue par les autres phénomènes qui l'accompagnent cl et qui permettent d'en reconnaître la véritable cause.
AiniCLE VI
.>IGNL> hOLHM> \l DIAGNOSTIC PAU LA UAcJlIALGIE
La douleur s|)onlanee qui a son siège dans la colonne vertébrale s appelle KU'hiahiic,
Klle oicupe le cou, le do^ ou les lombes, et elle augmente par la pression dos apophyses épineuses, par les mouvements et par l'application d'une ej)onge imbibée d'eau chaude. Ce sont les points: douloureti.v (ij'O- //A//N'///v<. (Juaiul elle orcupe les apoph} ses épineuses du cou on lui doniu* le nom de ici riroih/nic.
Klle a p(Mir siège la peau, les mu^cles. le rachis lui-même, la moelle epiiiiere et ses enveloppes, enlin les nerfs émanés de la moelle.
La rachiakie s'observe :
1 Dans la eon::esliou et dans l'anemie de la moelle, dans la mvelilc algue centrale généralisée, dans la m\ élite partielle, dans la myélite chronique et dans quelques InMUorrhagit^s de la moelle:
- l\ins la méningite errebro-spiuale ou typhus cérébro-spinal;
:>' Pans le mal de VoW, dans le cancer du rachis, dans le rhuniatisni»inter\ortebral :
\ l\ins le rhumalisuu^ musculaire du dos. dans les névralgies rachidiennes qui accompagnent quelt|uot«»is la névralgie intercostale ordinaire et dans le lumbaiîo ;
ô** Dans la >arioU\ à la legiou lombaire, comme phénomène initial