SIGNES FOURNIS PAR LES PICOTEMENTS DE LA PEAU
prodromique, en même temps que les vomissements, les frissons, la courbature et la fièvre ;
6* Dans certains cas de tuberculose pulmonaire, chez des sujets qui toussent avec ou sans expectoration et qui perdent lentement leur embonpoint ; alors la douleur occupe les apophyses épineuses dorsales et elle augmente par la pression du doigt ;
7* Dans l'hystérie et la chlorose sans fièvre en même temps que d*autres névralgies intercostales et temporales et différents phénomènes spasmodiques ou convulsifs ;
8' Dans quelques cas de fièvre typhoïde (Fritz, Chedevergne)|;
1)^ Dans Tulcère simple chronique de l'estomac et dans quelques gastralgies violentes.
ARTICLE Vil
SIGNES FOURNIS AU DUGNOSTIC PAR LES PICOTEMENTS, ENGOURDISSEMENTS, CHA- TOUILLEMENTS ET BRULURES DE LA PEAU OU DE LA PARTIE PROFONDE DES MEMBRES
Parmi les troubles de la sensibilité que produisent les maladies organiques ou sympathiques du système nerveux, il en est dont la signification n a rien d'absolu, qui n'indiquent aucune maladie en particulier, mais qui n'en sont pas moins curieux à étudier.
Ce sont les picotementSy les engourdissements, les fourmillements et les chatouillements des membres. Il y a là une fausse sensation, une véritable illusion sensoriale. Le malade éprouve la sensation idéale plutôt que réelle d'une multitude infinie de picotements qui simulent sur la place le piétinement d'une armée de fourmis. — La sensation est forte ou faible, à peine appréciable ou très incommode et même douloureuse ; elle est limitée à quelques doigts ou à tout un membre et dure plus ou moins longtemps. Elle vient et disparaît sans que rien motive son retour. C'est quelque chose d'analogue à ce que tout le monde a éprouvé lorsque, par une fausse position comprimant les nerfs ou les gros vaisseaux d'un membre, il se produit un engourdissement de cette partie avec des fourmillements très prononcés.
Les fourmillements et les picotements sont souvent accompagnés d'un engourdissement des membres, dans lesquels il y a lourdeur et obtusion de la sensibilité. — Chez quelques malades, il y a au contraire sensation prononcée de brûlure superficielle ou profonde, et chez d'autres il y a une brûlure qui vient comme un trait de feu traverser un instant la profondeur des membres. Telles sont les douleurs fulgurantes de l'alaxie locomotrice.
Les engourdissements des membres sont symptomatiques d'une com* pression des nerfs, ou sympathiques, avec ou sans lésion connue.
Les engourdissements, picotements et engourdissements des membres sont quelquefois le résultat d'une simple compression des nerfs de la
;^iO DÉSORDRKS DE l'iNNERVATION.
partie. C'est ce qui arrive quand ou reste longtemps les jambes croisee>, (luaiitl on s'endort la tète appuyée sur son coude, quand on reste longleni|)N assis dans une voiture dont les coussins sont mal garnis, dans un fauteuil de théâtre dont le fond est mal rembourré, ou lorsqu'on est couché sur un lit trop dur.
En outre de ces causes extérieures, il faut mentionner les causes localo> intérieures de compression des nerfs, telles que les lésions verlébralts comprimant la moelle, les tumeurs du ventre comprimant le plexus saciv. telles que la grossesse, ki constipation et autres, les tumeurs des nerfs nu névromes qui détruisent les nerfs, les paraplégies par myélites chronicpiej avec ou sans sclérose de la moelle, etc.
Comme cause interne, les engourdissements dépendent quelquefois (ie> maladies nerveuses chloro-anémiques ou toxiques. Ainsi le tabac fume à l'excès produit des paraplégies avec engourdissement des membres, et il en est de même pour le sulfure de carbone, etc.
Les engourdissements et la sensation de brûlure sont aussi le symptôni-' de l'hystérie, de l'hypocondrie et de certaines formes de nervosisme (1 >. Dans ce cas, ce sont des phénomènes dont la cause est à peu près inconnu^.
ARTICLE Vlll
SIGNfclS FOURNIS AL l»IA(.NO>ri(: |'AR l'aBOLITION DU SKNS d'ACTIVITÉ MLSOL'LAIRi:. OU HK I.A CONSOlKNi-.K M UbCULAIKE, OU ANESTHÉCINÉSIE
Ainsi que Ch. Bell La établi, nous avuns le sentiment d'activité de no? mouvements musculaires ou de l'ellorl : c'est !e se nu inuscnla i re. Geri\\\ ([ui de son côté a étudié le même phénomène^ lui a donné le nom df srntinunit ihirtiritr ntHscuhni^'. C'est l'étal normal, et en eiïet chacun a la conscience de ses mouvements, ol les yeux fermés, il sait se diriger a droite ou à gauche.
Dans l'elal palhob^gique, le sentimonl d'activité musculaire peut êlix' amoindri ou aboli, et la conscience de la direction des mouvements peut être nulle. En ISô.*), Landry a juihiie sur ce point des observations qui montrent tout le parti que lu semeiologie peut tirer de cette constatation {'1; ; car, dans (|uel(iues maladies du cerveau et de la moelle, et >urtout dans l'alaxie locomotrice, le sentiment de l'effort musculaire et de sa direction est à peu près aholi. nujardin-Beaunietz (3) et Topinard (i) l'ont démontre par des faits extrén)enient nombreux et incontestables.
\oici alors ce qui ai rive:
Cluv. le sujfl dont \v mouvemciil o>t affaibli ou desordonné et cliance-
ih r U-u.-lx;!, //. ?;^". .-> -h--. :2' e:i:i -n. Pin^. InTT, l vol. in-8.
i^-.tr-
SIGNES FOURNIS PAR l'aDTNAMIE. 341
lanty c'est-à-dire aUxique, le malade qui hésite avant de poser les pieds sur lesoly et qui tremble pour donner la main, se dirige tant que sa vue le guide; alors il marche^ tend le bras, serre les doigts, ouvre la main ; mais, lui Terme-t-on les yeux, il devient presque immobile et semble paralysé, n a plus la conscience de la direction de ses mouvements ; il ne distingue plus la gauche de la droite, il ne sait plus ouvrir sa main fermée, ni Termer sa main ouverte. 11 lui faut absolument le secours des yeux pour diriger ses membres, et, dès qu'on lui permet d'entr'ouvrir les paupières, il reprend la coordination de ses mouvements. Ch. Bell a raconté Tun des faits les plus curieux de ce genre: Une mère qui nourrissait son enfant est atteinte de paralysie et perd la puissance musculaire d'un côté du corps et en même temps la sensibilité de l'autre côté. Circonstance étrange ! cette femme ne pouvait tenir son enfant au sein avec le bras qui avait conservé la puissance musculaire^qu'à la condition de regarder son nourrisson. àSi les objets voisins venaient à la distraire, ses muscles fléchisseurs se relftchaient peu à peu et l'enfant était en danger de tomber.
Il y a différentes variétés du phénomène, mais le fait capital est, comme on le voit, la rectification d'un sens par un autre, et, soit qu'on admette ou qu'on rejette le iens musculaire, il y a un fait certain, c'est qu'il faut à certains malades le secours des yeux pour l'exécution de quelques mouvements qu'on peut habituellement accomplir sans leur intervention. Ce phénomène est très curieux. Il s'observe dans quelques paralysies de cause cérébrale, mais cela est rare. C'est surtout le symptôme de l'ataxie locomotrice, où il a été signalé par Romberg. C'est là qu'il se rencontre avec tous ses caractères les plus significatifs. Mais il ne s'observe pas chez tous les malades. Ainsi, d'après Topinard, sur cinquante cas d'ataxie, il n'a été observé que vingt-huit fois. En tenant compte des maladies autres que lataxie locomotrice où on l'a rencontré et des cas d'ataxie où il a fait défaut, on voit que ce symptôme n'a rien de pathognomonique ; ce qui d'ailleurs ne lui enlève rien de son importance comme phénomène psychique pouvant éclairer l'histoire des anomalies de la sensation.