DU MOUVEMENT
Les troubles du mouvement fournissent au diagnostic de nombreux indices de maladies cérébrales et spinales. Ce sont ïadynamiey Vataxie^ la paralysie du mouvementy les engourdissements y la perte du sens musculaire^ les convulsions^ la contracture, la carphologie, les sotUfresauts de tendons^ le tremblement^ la syncope, etc.
SIGNRS KOniMS AT DIAGNOSTIC PAR I/AI>YN\MIF
L'état des forces est une des choses les plus iinporlanles à étudier daiiv le cours des diiïéienles maladies que l'on observe chez l'honime. Tanin; auiimenlées, tantôt déprimées, même abolies, c'est-à-dire paralysées, «liront été l'objet d'appréciations très diverses (jui sont devenues la base d* (|uel(jnes-uns des systèmes (jue l'histoire nous a transmis. Depuis TIhmison, qui divisait les maladies en trois classes, d'après l'état des tissiiN dont la force est augmentée istrirtum)^ diminuée {htrum), ou nornialc (niixtum), jusipi'à Frosper Alpin, Cullen, Stahl, Fréd. Iloiïmann, Brown. r»roussais, (|ui ont aussi dir-hotomisé les maladies d'après l'état en pins (►'! moins de ïtwrifahilitr, du ton, de la stlirnk\ de Virrifahililf'y on >Vm beaucouj) occupé de V(H(tf des forces, delà était indispensable, car le deiTi de leur altération est prestpie toujours la mesure de la gravité de ni maux. l>eur diminution est la chose la plus fâcheuse qui puisse arriver 'l constitue lafli/nrimir^ donnant lieu au groupe des wahidirs (nhpmwi'ifi^'^ de Pinel.
Il y a une af/t/namip rraie ou irrlh^ dans la(|uell(^ les forces sont réellement amoindries et pour longtemps, connne dans les lièvres ly[dioïcle*i, lorsrpie le malade, s'il guérit, reste longtemps allai bli, et une a(hiunn\>r fausse dans laquelle il n'y a ({u'opprrssion drs forces^ ce qui se voit daiiN un accès de lièvre intermittente, ptM'uicieuse, grave, où l'on voit h'forces se relever après raceès, et dans une |)hlegmasie grave après vi guérison.
l.'adffntnnie est un état morbide caractérisé par l'état fébrile compliqua' de stupeur et de prostration, c'est-à-dire de perte absolue des forces.
Ce n'est |)as l'asthénie, ou 1 hyposthénie, ni la faiblesse des maladie'^ aiguës ou chroniques, (jui ne sont qu'un abattement des forces en rapp»»i1 avec un élal phlegmasique sans stupeur.
Hn ne rob>erve jamais dans les névroses.
C'est le sym])tome de certaines nosohémies par putridité, par virulen»^ ou par intoxication du sang, par la diphlhérite, par les typhus, par 1 phosphore, par les venins, eic. On l'observe par conséquent dans louU' les pMexies graves, dans quelcpies maladies venimeuses et virulentes t'I dans les empoisonnements miasmatitiues. Il dépend toujours d'un»' altération du sang qui est la dilllueuce et la dimiimtion de la fibrine. En eflet, le sang e^t rempli de niicrobes : tiré de la veine, il se coai:iiK' mal ou se coagule lentement, ou même ne se coagule pas du tout, ^l oiïre les caractères physi(|ues de dissolution jadis indiqués par Huxham. De cette nosohémie résulte un défaut d'irrilabilité des tissus et du s\stèmt' capillaire qui se trouve à demi paralysé: les nerfs vaso-moteurs ont moiii> d'action et les capillaires, relâchés, sont atteints du {la.rum) de Themison,
quiraientit la circulation périphérique, produit le dicrotisme du pouls, sa faiblesse, et favorise les congestions viscérales passives. Dans cette lésion se trouve la pathogénie de radynamie, et sans elle il n*est pas possible d*en comprendre la formation, la persistance et les complications.
Dans certains cas radynamie se trouve compliquée d'ataxie, c'est-à-dire de perversion de l'intelligence et de la contractilité des muscles, ce qui forme V atiixo^ady nantie ; mais cela est sans importance au point de vue nosologique et ne prouve qu'une chose qui est la congestion des méninges et de l'encéphale.
Des caractères extérieurs importants révèlent l'état adynamique et sont à peu de chose près semblables à ceux des fièvres typhoïdes graves. Les sujets sont couchés sur le dos, dans un décubitus dont ils ne bougent fi^uère, avec les membres allongés dans la résolution la plus complète. Le visage est rougeâtre, terreux^ plus coloré sur les pommettes, exprime une stupeur profonde avec hébétude du regard et ralentissement de Tintelligence. Les narines sont purulentes; les lèvres sèches et fuligineuses; les dents saies, la langue sèche, noirâtre, tremblante, sortant et rentrant de la bouche avec lenteur. La peau est chaude, congestionnée dans les parties déclives, facile à s'excorier, et de là résultent les eschares qui se produisent souvent au sacrum sur les trochanters. Le ventre, relâché par une diarrhée fétide, est ballonné par la demi-paralysie des fibres musculaires de Tin* testin, et la vessie paralysée se distend de façon à produire la rétention d'urine, En6n il y a, chez ces malades, une disposition très grande aux hémorrhagies et aux congestions passives, soit Tépistaxis, soit les pétécbies, soit la congestion pulmonaire hypostatique formant la bronchopneumonie, soit la congestion rénale amenant l'albuminurie. L'intelligence est troublée par un faible subdélirium, lente dans les opérations, ne permettant guère aux malades de suivre ce qui se passe autour d'eux, et les organes des sens sont affaiblis. Il n'y a pas jusqu'au système musculaire qui ne soit troublé, car les muscles examinés au microscope paraissent granuleux, perdent souvent leurs stries transversales avec leur force contractile, et ils sont le siège d'oscillations involontaires, de soubresauts et de petites secousses coDvulsives autour des lèvres et sur les doigts. C'est l'altération des muscles décrite par Zincker comme spéciale à la fièvre typhoïde.
Les causes de l'état adynamique sont assez nombreuses, mais elles se rapportent toutes à cette altération considérable du sang, dont j'ai déjà parlé. Seulement, comme ces altérations se produisent rarement chez les enfants, il en résulte que l'adynamie proprement dite est très rare chez les jeunes sujets et ne s'observe que dans la seconde enfance, dans la diphthérite, dans la fièvre typhoïde, dans quelques scarlatines, dans quelques varioles et dans l'endocardite ulcéreuse qui produit la pyohémie.
Au contraire, l'adynamie est très commune chez l'adulte, dans les pyrexies et dans toutes les maladies graves où il y a putridité du sang, intoxication virulente ou pyohémie. Tel est le cas des fièvres typhoïdes, des varioles, de la suette épidémique, des scarlatines, du scorbut, de la peste.
(lo la (lysonlerio ]iialii:no, du lypluis (vivhro-spinal, di; la licvro jaiiii«\ •;• la lirvro ])ii('r|)rrale, de la niorvc^ aii:u(\ de l'iclèri^ i:i'av(\ d».* certniiirN piuninioiiios typhoïdes, do (MM'laiiis cas do chol/Ta arrivés à la pôricdr lir ivaclioii, lU'S, <'n}])()is(>iimMM('nls par lo phosplioro, rarsciiic, rcnifliqii"- . hante dose, le venin des serpiMils, oie.
(ihez h^s vieillards, l'adynaniie est plus rare (pie chez l'aduil^'. îD.iistni rol)S(M'vt^ assez souvent, surtout dans la pneumonie; mais ici "adwiaii.i n'est (|u'une apparence due à la irravité du mal et se dissipe av»n' riiillniim;ilion locale; il n'y a point ih* tendance aux. hcmorrhairies, ni de dissolution du saui; (pii, au conti-aire, (\st rorleuiéut coaiiulable et plus chu:»' d(* jihriue (jue dans Tetal normal.
li'ad\namie est une compliialion très irravo de toutes les maladies d;iii> le (H)urs descpudies elle se montre. Ouaiul elle est très prononcée, tli» annonce hahiluellement une mort prochaine.
(liuitre ladynamie, il faut loujoui's prescrire les stimuhoits arorn(ttiii}i'< ou (tlmolitincs, tels cpie l'inlusion de thé, de menthe ou de lUtli-^N-: ralco(dat de mélisse, de menllu» poivrée, l'eau viiunise, le vin de Malaxa, etc.; les (nialr/ftitjifrs et particulit^'omenl les décoctions féculfnl»'> épaisses, la pulpe de viande ciue, dela\ée dans du houillon de ptjulet uii du houillon de hunif, de la ^elee de viande: les tou'i<iui'>i rirnt'rnu.r, W\> (jue le vin de (|uin(iuina, l'elecluaiiv de (piinquina ou la tisane de ipiuiquina; \i^>tinn(iU('s r.rtrrit'urs, tels (pie les frictions (^xcilanlos, les revui>ils cutanés, rhNdroth(M*api(» et h^s ablutions froides l'apides, (pii ont pour ctT'l dt^ calmer l'ardeur et la chaleur dont soulïrenl les malades et d'exciter h'> parois des capillaires relâchées ou à demi paralysées.