V2 DÉSOIIDRKS 1>K l'iNNEKVATION
viens (I'<'Mio!i('er ne doivent pas être admis (unnme des clios^'S dêlinili\t'>. Toute cette partie de la science est à faire. Il n'\ a aujourd'hui de dênionlrr. (jue la localisation du mal dans le cùté du cerveau opposé à la paial\,H.. Au delà de cette assertion, tout ce (|ui a été dit est encore à établir.
La paralysie se présente encore sous forme d'hémiplégie ou de parah>i' j)arlielle dans rencéphalite et le ramollissement cénd)ral sénile, dan emixdies de l'artère sNivieniu; ou autres, dans les hémorrhai:ies i\e> nv niniics, dans l(\s sullVisions séreus(;s du cerveau, dans les tubercules, !< ciUicers, les tumeurs libreuses, libro-|)lasliqueset leshydatides dévelupiu-^au milieu de cet organe ou dans ses enveloppes. Partout le résultat e^t 1»^ même : soit bruscjuemenl, si la lésion est instantanée, soit, au cofilraiiv. (run(Ha(;on jU'ogressive; après un tem|)s de tolérance variable, si hMim s'est (hneloppé par (h'grés, la j)aralysie arrive dans le cùté du corps opp^'S-' à la lésion cérébrale, et elle occupe une étendue d'autant plus grande \\\h la désorganisai ion est plus avancée.
La j)aralysie s\m[)t<)uiati(|ue des niahidic^ do la morlle est rarenioiil générale, (l'est la iHirnhjsic spinalr. Klle occupe le tronc et les cjualu' membres si la lésion existe ii la région cervicale de la moelle; les niendwis inférieurs seulement lors([u"elle a pour siège la partie inférieure de (»'l organe. G est alors ce ([u'on appelle une //(//7/y^/c///V. — Cette parahsieaUect.* pres(|ue toujours le mouvenu^nt et le sentiment, lorsijue la suhslainv médullaire blanche et grise est altérée : mais, dans (juehjues circon^talK•ê^, la sensibilité si^ conserve si toute la moelle n'est pas détruite et si la lesiuii a pour siège K^s cordons antérieurs. Klle existe toujours dans le côté currespoudanl à cette le>ion, et une maladie du cùté gauche de la inorlK' entraîne necessairem«:nt une paralysie nuisculaire à gauche.
lu instant on avait cru pouvoir reconnaître et j)lacer dans les cordun> antérieurs de la moelle les altérations su.sceptibles de produire la paraly>iL' du mouvement, et dans les cordons poï>terieur> celles (|ui délermineul !♦'> paralysies de la sensibilité. Tou> Ci'S faits lUit ele remis en question par les e\p<n'iene«'S contradictoires de l)roNvn-Se(]uard, et il paraît que les cllo^es ne nc |K\s>ent |)a.s dune nianièie aus>i simple. Il est démontre (|u*' les paral\>ies du niouvem«Mil sont la i on>e(|uence des nialadies des cor- (b>ns anterieui>: mais, pour le> parais sie> de la >ensibilité, on ne sait au juste s'il t'aul le> niellie sous la dr[)endaiioe des cordons latéraux poslerieur>, on, an eonlia;re, >«ni> liullLieurt' drs lésions de la substance gn>€ lie la moiilf. Pc nouvelles e\pcM•ieIlce^ folaircront peut-être un jour Cf point de la p;i\ >ioiu^n'.
ijuand la paiapi.'-ie alTeete \c niuuvrnenl >ans amoindrir la ^ensil)ilit<' i-l n'ol jM> i ..enf'U'a'. les maladie niarclieul av^c peine et fauchent c" saulilKiil tii ii.auMLiiil. aune inanit le si:nilioalive et caractéristique. Oiiaiid elle e>i eonij'lv tf , la n.aivlie e^t i'i;;>,)s>ihle et tous les mouvements voiontanv> sont aih'lt> dan> ie> huimI* > ù^s nitinlnes inférieurs. Les inalailt'^ restent au lit >vr.i> poUN.>;r !('Nrr la ; .:i:he ni h- ueiiuu; cependant, cuniiiie ils stMUenl la douleur, el qu'en ciiatouiLanl la piaule des pieds ou en irri-
tanl la peau on détermine une sensation désagréable, il en résulte presque toujours un mouvement involontaire ou réflexe de retrait de la jambe sur la cuisse. La persistance de ces mouvements réflexes a une très grande importance pour la détermination du siège de la maladie, que Ton ne peut localiser dans les muscles, et qui doit être placé, au contraire, dans les cordoDS antérieurs de la moelle. L'abolition de ces mouvements indique, soit une paralysie myogénique avancée, soit plus ordinairement une lésion de la substance grise et des cordons postérieurs de la moelle.
La paraplégie ou la paralysie des membres et du tronc dépendent des altérations aiguës ou chroniques, primitives ou secondaires, de la méninge spinale et du cordon môme de la moelle. — La méningite spinale, les hémorrhagies de la moelle, la myélite aiguë ou chronique, la sclérose des cordons antérieurs et latéraux, les corps étrangers de la moelle, etc., favorisent la production de cet accident. Il en est de môme de la compression produite par des tumeurs du canal vertébral, par des anévrysmes ayant usé une vertèbre, par des abcès suite de carie vertébrale c'est-à-dire du mal dePott, et enfin de l'inflammation dans la dure-mère spinale, appelée pachy méningite. Dans ces cas, la paralysie des membres s'accompagne presque toujours d'une congestion paralytique vasculaire des membranes profondes de l'œil, due à un relâchement sympathique des nerfs vasomoteurs de la choroïde et de la pupille (1).
Les paralysies qui dépendent d'une altération des nerfs moteurs du tronc et des membres se rattachent de près aux paralysies symptomatiques des maladies de la moelle. Ce sont des paralysies périphériques au lieu d'être des paralysies centrales. Leur mécanisme est le môme. Elles dépendent d'une interruption de l'influx nerveux par interruption complète de la continuité des tubes nerveux, ou seulement par la compression de ces tubes.
Les blessures et la section des nerfs, leur compression et leur tiraillement par une tumeur, — les névroses, — la névrite simple, diphthéritique et rhumatismale, produisent la paralysie des muscles soumis à l'influence des nerfs altérés. Ce sont des paralysies partielles plus ou moins étendues, selon le nombre et le volume des filets nerveux malades. On observe souvent cette paralysie dans le nerf facial malade après sa sortie du trou stylo-maxillaire; dans le nerf radial ou cubital, dans le nerf sciatique, etc. C'est une paralysie généralement facile à reconnaître, toujours bornée à un certain nombre de muscles. Parfois ces paralysies périphériques s'étendent lorsque la lésion du nerf remonte vers la moelle et le cerveau en formant une névrite ascendante. — Tel est le cas de la paralysie diphthéritique. — Ainsi, l'angine conenneuse provoque dans le glosso-pharyngien une névrite qui remonte au bulbe, au cerveau et à la moelle de façon à faire des lésions nerveuses produisant la paralysie du voile du palais, l'amaurose par défaut d'accommodation, la paraplégie, la paralysie générale et la mort.
En résumé, la paralysie porte à la fois sur le mouvement et sur le senti-
(1) Voy. CtaÊnoscoME, p. 181.
B. — DiÀGifOSTic. S3
X)ï DÉsôiiDiiEs i»i: l'inm:hvatiox.
meiil. Mais le iioin de ;)/n7////.s/>, employé tout seul, s'applique excluiiviineiil à raholilion du niouveuieiit volontaire elde l'action des muscles delà vie animale, tandis (pron donne à la paralysie du sentiment le nom d'rt/^Nllif'sic. — La |)aralysie du mouvement volontaire est part telle, lorah\ hrimplrr/iquey allerne et pdrapléfjiqnef ou au contraire (jêuêrale, et elle dt-lruil en totalité ou en partie les mouvements musculaires. Elle a pour caiiso: 1" les troubles fonctionnels ou sympathiques du système nerveux cérébruspinal; :!' les empoisonnements; !:>" les maladies du sang et les maladies |)rimitives des muscles, et ['' les altérations matérielles des nerfs, d<*s cordons antérieurs, delà moelle rachidieime, de la substance cérébrale cl d^s enveloppes du cerveau. Dans ce dernier cas, on peut en reconnaître la nature par Tophllialmoscope, qui permet de constater l'existence d'uii'' lésion du nerf optique, de la reline ou de la choroïde. C'est à celle méthode d'exploration que j'ai donné le nom de cérébroscopie.
ARTICLE m
SIGNES DlAGNOSTlUlES I OURMS PAU i/ATAXIK
L'alaxie est un défaut de coordination du mouvement musculaire dû a une altération ai^u«' ou chronique du système cérébro-spinal. C'est un symptôme observe dans les maladies les plus diiïerenles, telles que la lièvre typhoïde, la chorée, la sr'lerose spinale, elc. Il importe donc de distinguer Vata.rie rcrchrale et Vataxic spinale.
l/alaxie cérébrale s'observe dans les typhus et la lièvre typhoïde, et elK' se traduil par les soubresauts de tendons et le délire, d'où le nom de fi'Vn' (ttit.iiiiue par lequel on dt'siirne les cas particuliers de ces malades ou se rencontrent ces symplômes. — Celte ataxie est toujours fébrile et complique les maladii's ainues, mais on l'observe aussi à l'état chronique, dans la pdnthi^ii'' ijriiétiile on encephalile dilluse.
L'alaxi»^ s[»inale est toujours chroni(|ue. C'est celle de la chorée, essentielle névrose couiiestive de la moelle.de l'athelhose qui n'est qu'une chorée s\mpliMnalique; de la j)aral\sie airitanle: et de la sclérose spinale des cordi>ns postérieurs appelée au^si (it'Kvie hnoinotrive,
hans celle dernière maladie, le delaul de coordination du mouvement des membres inlerieurs est le principal symptôme de la maladie. — Les malades ne peuvent marcher de j>ied lerme, ou prendre les objets d'une main assun'c. Ils tremblent en agissant ou en marchant, et ils jettent la jambe plutôt qu ils ne la portent a un poinl déterminé. Les muscles ne sont plus absolument soumis a reni[)ire de la volonté et, dans la nuit, ou Icn NtMiv térme>, le phénomène au^imente enc:>re à ce point, que quelquefois alors tout mouvement est impossible. Les malades n'ayant plus la notion de l'espace ni de la pesantein* des cor[>s. la notion de la droite et de la liauche, lorsqu'ils ont aussi les \eu\ tenues ne peuvent temr un objet
dans la main, ni porter cet organe à droite ou à gauche. L'ataxie est alors compliquée de la perte du sens musculaire.
C'est le résultat d'une myélite des cordons postérieurs devant aboutir à une sclérose spinale, et la preuve c'est qu'au début de cette ataxie locomotrice, comme je l'ai démontré (1), il y a névrite optique congestive, laquelle aboutit à une atrophie optique lorsque l'ataxie est ancienne.
L'ataxie chronique du mouvement est le symptôme de toutes les myélites chroniques aboutissant à la sclérose des cordons postérieurs de la moelle, et elle dure autant que ces maladies. — Elle s'observe également dans les maladies du cervelet, dans quelques paralysies diphthéritiques, dans la paralysie pellagreuse ou syphilitique, etc.
SIGNES FOURMIS AU DIAGNOSTIC PAR L'aMYOSTHÉNIB
L'affaiblissement du pouvoir contractile des muscles sans paralysie constitue ce qu'on appelle Vatnyosthénie» C'est un état morbide voisin de la paralysie, mais ce n'est pas la paralysie.
Toutes les maladies aiguës produisent Tamyosthénie, qui alors accompagne la courbature, mais dans les maladies chroniques telles que la chlorose et l'anémie, dans les maladies nerveuses qui en résultent, dans Thystérie, dans l'hypocondrie et dans le nervosisme aigu ou chronique, ce phénomène existe toujours à un degré plus ou moins accusé.
La force musculaire est très amoindrie, les malades se traînent plus qu'ils ne marchent, ils ne serrent la main que faiblement, et tout effort amène rapidement la courbature et la fièvre. — Le danger, l'attrait du plaisir, la colère ou toute autre émotion morale font momentanément disparaître cette amyosthénie qui revient avec le calme intellectuel, mais du mouvement musculaire exagéré résulte souvent une maladie de quelques jours.
L amyosthénie s'apprécie autant par le rapport des malades que par l'essai qu'on peut faire de leur force en se faisant serrer la main par eux ou en leur donnant à manœuvrer le dynamomètre de Burq (fig. 108 et 109). Le chemin que fait l'aiguille sur son cadran indique la force contractile du bras, qui augmente peu à peu à mesure que la santé s'améliore ou que le mal disparaît.
A quoi tient Tamyosthénie? Il est difficile de le dire. Dans les maladies aiguës fébriles, et dans la fièvre typhoïde, c'est à une altération de la fibre musculaire, qui, selon Zenker, apparaît au microscope, privée de ses stries transversales, autant qu'à une sidération nerveuse; mais dans la chlorose et dans les maladies nerveuses, il est
(t) Roiichai, TraUé dediagnattie dei maladies du tysUme nerveux par VopKthalmotcopie. p. 346; et Diagnoitie des maladies de la moelle par VopMhalmoscope (Galette médi^' Mie, 1868).
;tô(; »ÉSOfimiKS DE i.'lNXEHVATlON.
pou pruliablo (ju'i! en suil de même. L'alléralioii do !a tibre muâculaii i>\isle-l-i'lli' alors? On n'en sait rien, el il osl proliabic que l'anijuslli-ii
.■>iilli- .iloij ilun ;iiruLL.Ii>seiiK>iil i-oîi sidéra ble d'inllus nerveux. Cela e^Ià ■ludier.
L';im\Oïlliéiiio dos niakulios algues el dos lièvres ne cesse qu'avec 1^
maladie au moment de la convalescence lorsque Talimentation a pu réparer la consomption causée par Tétat fébrile. Au contraire, dans Tamyosthénie de la chlorose et des maladies nerveuses, le phénomène disparaît assez vite dès que les toniques, les ferrugineux, Thydrothérapie, etc., ont pu reconstituer le sang et ranimer la force nerveuse.
La syncope est une pseudo-paralysie du cœur. C'est un état morbide caractérisé par la diminution passagère de la force et de la fréquence des battements cardiaques, produisant une perte subite du sentiment et du mouvement. C'est en quelque sorte une asystolie incomplèie et momentanée du cœur.
Jusqu'à la découverte de Harvey sur le mécanisme de la circulation sanguine (1), on avait dit que la syncope consistait dans la suspension complète des battements du pouls ; puis, la circulation du sang une fois entrevue, les médecins et les physiologistes modifièrent cette opinion généralement acceptée alors, et at^buèrent la syncope à la suspemion complète des mouvements du cœur. Il y a là une erreur scientifique profonde qu'il importe de déraciner.
La plupart des andens confondaient la syncope et l'asphyxie ; la disparition du pouls dans ces deux états, cependant bien distincts, semblait légitimer cette fausse manière de voir. J. P. Frank lui-même ne sut pas éviter cet écueil, et il décrivit ensemble la syncope et l'asphyxie.
Ce n'est pas évidemment par Vétat du pouls que l'on peut juger delà syncope, car Galien (2) a vu des individus privés de pouls qui conservaient leur parfaite connaissance. Cselius Aurelianus, Lancisi (3), rapportent des faits analogues, et Morgagni parle d'un cas où le pouls resta sans battements pendant quarante jours ! Haller etRamazzini se rangèrent à cette opinion, et Borsieri (4) cite l'observation d'une femme qui marchait, mais dont Tabsence du pouls était cependant bien manifeste. Tous les cliniciens ont vu des faits semblables.
Ce n'est pas davantage sur l'absence ou suspemion complète des mouvements ou des bruits du cœur que l'on peut faire reposer la syncope, car l'observation clinique infirme tous les jours cette proposition qui remonte àCullen; aussi, lorsque Haller, Frank, Burdach, MûUer, Piorry, Bouillaud (5), Devergie, Orfila, Parrot, Josat, Brach et Collongues viennent dire qu'il y a dans la syncope une suspension complète des bat*
(1) FloureDS, Histoire de la découverte de la circulation du sang. Paris, 185i.
(2) ùiïien. De pulsus prcecognitionef lib. I, cap. ni.
(3) Lancisi, De mortilnts subitaneis.
(4) Borsieri, Inêtitulionum medicinœ practicœ. Berolini, 1826.
(5) Bouillaud, Traité des maladies du coevr. Paris, ISil.