‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 120 sur 295 · S DÉSORDRES DE L*INNERVATION · texte numérisé non relu

S DÉSORDRES DE L*INNERVATION

tomoîils du cœur, ils se Ironipenl de la façon la plus grave. Ils émcU»Mit là une assertion (jui ne repose sur aucun fait bien observé, et (|U" l'expérience repousse, (".es auteurs, si recommandables d'ailleurs, n'uni i:uère parlé de la syncope qu*en se guidant sur des vues théoriques; niai>, depuis la découverte de Lacnnec, la science a marché, et l'auscultation (*>l venue jeter un nouvt^aujour sur la question si controversée de la syncopi-. Il ne faut donc plus parler aujourd'hui de l'absence des mouvements du cœur, dans les mêmes termes qu'au temps où l'on était privé du secours de l'auscultation.

Dans la syncope, l'application de la main sur la région précordiale p» ni très bien ne pas faire reconnaître les battements du cœur, cela est vrai: mais appli(|uez un st»thosco|)e ou votre oreille sur la poitrine du malad»*, et vous entendrez très distinctement les bruits fje dis les hniits,ei non pas les battements, car ces derniers peu\ent parfois échapper à l'ouïe la plus lin^^) de l'organe: ils pourront être faibles et rares, mais ils persisteront.il e\\>k cependant dans leur nature une modilication morbide spéciale, je v»'U\ parler de leur dédoublement. L'oreille, par exemple, ne perçoit qu'un stui bruit faible et rare au lieu du tic-tac ordinaire. Ce bruit caractéristiipi»' existe toujours, et, s'il vient à cesser pendant un temps assez long, une heure par exemple, il ne s'agit plus de syncope, mais c'est la mort dont un constate ainsi le plus important des signes.

lîaller n*a-l-il pas expritnc c«ttc pensée, (jue laviede l'homme commence par les fonctions vasculaires. «« ror j>rifuum vivens ultimum mot ieu'i ••?— < Le mouvement de ce viseèn» est le priiicijkMle la vie: il est le lien fra-il»' de l'àme et du corps: c'est ce mouvement, a dit le célèbre Louis, qui entretient le feu i\u\ anime nos tissus. Avec lui cesse notre existence. >

" Tant (jue le c«ein' est en mrnivement, le corps sera en vie, cela est incontestable. Aussi la prennère recherche (]ue l'on doit faire auprès d'un homme repute mort, c'est, d'après Louis, de lui tàter le pouls, et j'ajouterai, pour compitter la pensée, d'ausculter son cœur ( \).

»» (Vesl en vaiti qu'on chercherait dans la science un fait bien obser\e,

capable d*etal)lir la possibilité de la persistance de la vie après la cessiition prolo]igee des battements du c<vur à loreiile. Je n'en ai point trouvé, et ceux tju'on cite d:uis i|uelques «nivmge> modernes renferment des omissions telit^neiit gra\es sur les signes de la mort en général, qu'ils ne présentent aucun crédit à mes \eux. ♦

\oici d'aiileuis lieux exemples «.liniques qui prouvent toute l'importance des résultats de l'auscullaliou cardiaijue:

0*^>. 1. — l'.ms I.\ -uit l: IT .-.v::! InI^. le l-.cteur Pi îoux vint me demand»T as>i-î. r..'-» ; oi'.r -ai:\'V \v\ }:.."".>\ j-ii- ►^ »'t v:,oi:r' ".\, «jui »^Kiil Tarière brachiale erilurt'iî . ::i i;\i<te. »! <j\;; riii: iii-tîi v i-.' pv-ir ■i'heriiorrha^ie. Nous ne pûmes reu<>;r A ta r»* ia 1 ^Mii;-- des d-ux t\t: ciiiit-s .ie larlére dans la plaie. L'n seul

t!» F U '.ih'.:'.. T-.i.'.'f :•'^ ^tr-^v :V ': ' '* "', i-i .-. .f^s lU ne pas être enterre tu.:',:, i* <\\\{\:'\ ls:4. Y cv e: te. 0.;\-.-.^e ccur,^:.;-. ^dr i l .<i:t^: de France.

bout fut ]ié, mais il nous fut impossible de trouver Je bout supérieur, rétracté dans les chairs. Pendant ces recherches, et après une perte de sang considérable impossible à apprécier (1), il y eut plusieurs syncopes fort graves. Le blessé était privé de connaissance, insensible aux excitants, blanc comme le marbre, presque entièrement refroidi, sans respiration, les pupilles contractées comme dans l'agonie, dans un tel état eniin, que la mort paraissait imminente à nos yeux, et probable pour les assistants, dont les murmures commençaient à se faire entendre. Inquiet du résultat de cette situation, j'examinai le cœur; ses pulsations étaient imperceptibles à la main, mais il continuait à se mouvoir et à se faire entendre à de longs intervalles dans la profondeur de la poitrine.

La vie était conservée, mais il n'y avait pas de temps i perdre. Notre parti fut aussi pris, et, sans consacrer plus de temps à la recherche de l'ouverture supérieure du vaisseau divisé, nous fîmes en quelques secondes la ligature de l'artère brachiale, au niveau du tiers inférieur du bras. Ct^tte opération fut aussi facile que sur un cadavre, où l'ou reconnaît chacun des tissus qu'on divise, sans être gôné par le sang. Ici nul écoulement sanguin ne vint contrarier notre recherche, nous n'eûmes pas même besoin d'éponger ta plaie ; le blessé était blanc, ses capillaires étaient vides, et il n'y avait plus de sang que dans les gros vaisseaux artériels. Le malade a guéri.

Jamais une syncope ne fut plus complète ni mieux caractérisée que chez le malade dont il vient d*étre question ; il est même rare d'en observer d'aussi graves, et cependant les bruits du cœur ne cessèrent pas de se faire entendre (2).

Chez tous les malades pris de syncope qu'il m'a été donné d'observer, les mouvements du cœur étaient ralentis, ils avaient perdu leur impulsion et leur force habituelles, mais toujours j'ai pu les entendre.

c Les uns conservèrent le pouls extrêmement réduit, et Ton pouvait saisir à la région précordiale, avec la main et avec l'oreille, les mouvements des ventricules. D'autres, dont le pouls avait disparu, conservaient encore les battements précordiaux faiblement appréciables avec la main. Enfin, un bien petit nombre ne m'a offert ni pouls ni impulsion précordiale sensible au toucher, mais seulement des contractions du cœur perceptibles à l'oreille. Lorsque la syncope est complète, comme chez les malades de cette dernière catégorie, et je n'en ai observé que deux, les pulsations du cœur sont très bibles et très sourdes, elles sont ralenties et se répètent à des intervalles inégaux; on n'entend plus qu'un simple battement toutes les deux ou trois secondes, mais enfin ce mouvement existe, et il empêchera toujours de prendre l'état de mort apparente de la syncope pour la mort réelle (3). >

Dans un autre exemple que je dois à l'obligeance d'un de mes amis,

(1) Le sang avait succeasivement imbibé la chemise du malade, qu*on avait serrée autour de sa blessure, une chemise de femme, un jupon de toile blanche, les grands rideaux de pereale de deux fenêtres et un drap de lit que Ton avait surajoutés. Le poids de tous ces lioges ensanglantés était énorme et peut donner une idée de l'abondance de cette hémorrhagie.

(2) Bouchttt, ouvrage cUé^ p. 63, 64 et 65.

(3) Boucbut, loc. cit., p. 66 et 67.

300 DÉSORDRES DE L'iNNERVATION.

Routier, et qui a été recueilli à l'hôpital Beaujon^dans le service deMartin- Solon, les ballenienls du cœur se faisaient aussi entendre :

Ob?. II. — Vi\e jeune tille eut une violente attaque d*hystérie, et tomba dans ui état syncopal fort grave.

Celle jeune fille, Aj^^'e de dix-neuf ans, mal réglée, ayant habituellement un lé^er bruit de souffle dans les carotides, avait déjà eu plusieurs pertes de connaissance de courte durée. Ce jour-là, sans aucun symptôme précurseur, elle tomba sans mouvement et sans cris sur le carreau de la salle, les traits non altérés, la peau ducoq^ insensible à tous les excitants, de même que la conjonctive et la muqueuse nasale, les membres dans la résolution la plus complète, et les sens entièrement fermés aux impressions extérieures.

La pupille était légèrement dilatée et insensible à la lumière, f/éther et Tammoniaque ne produisaient aucun elfet sur l:i muqueuse olfactive, les sons ne parvenaient plus à roreille, et la douleur que durent causer dos piqûres, des pinçons, ainsi que l'excitalion de la peau par des sinapismes, ne put réveiller le système nerveux engourdi. La malade ne poussait aucun cri et ne faisait aucun mouvement. On l'aurait crue morte, si de temps à autre une inspiration presque impercepliMe {S par minule) et la persistance de battements du cœur à rauscultalion ((»8) n'eussent démontré la persistance de la vie dans ce corps privé d'intelligence, de njouvement et dtî sensibilité.

Au bout d'une heure, la malade n'avait pas encore fait de mouvements, et lOc^ntigrammes de tartre stibié, (ju'on lit alors couler dans l'estomac, ne produisirent aucun résultat. On attendait toujours, lorsqu'un assistant s'avisa de porter le doi,i:t dans l'arrière-gorge, ce qui occasionna des nausées, des vomissements et bienlùl après le retour à la vie.

M Enfin, (juand, sur les animaux, on détermine, par la soustraction du sang, les symptômes de la mort apparente par syncope, on arrive à diminuer le nombre et la force des battements du cœur, mais on ne peut réussir à les suspendre pendant un temps assez long ni à fiiire disparaître leurs bruits sans occasionner la mort (1 ). »

Soutenir qu'un être d'une organisation aussi compliquée que celle de rhomme peut rester une heure sans bruits du cœur, c'est-à-dire san> mouvement de cet organe et sans circulation artérielle, me parait bien téméraire et bien opposé aux lois de la physiologie. Je ne crois pas que la circulation chez Thounne puisse s'arrêter longtemps d'une façon complète, et quand je dis longtemps, cela veut dire une heure, sans produire de> caillots cardiaques qui empêcheraient le rétablissement des contractions auriculo-ventriculaires et c|ui amèneraient la mort. D'ailleurs il n'entrera jamais dans mon esprit qu'un nicdeciu puisse avoir la prétention de guérir un malade ni de rétablir l'ordre dans les fonctions déi^angées par la maladie, s'il prétend ne pas savoir i|uand commence et quand finit l'exercice de ces fonctions, en d'autres termes, s'il ne croit pas être sur de distinguer la vie de la mort.

llesle eiilin la Ihermomêtrie qui, dans la syncope prolongée simulant la mort, permet de recoimaître la situation. — En effet, dans la syncope, la tcwpènîtHrcaxHIaire rcstt' //o/ mtz/tMandisquedanslamortlatempératuie

baisse d'heure en heure et au bout de 12 heures est en moyenne de 30 degrés, puis au bout de 24 ou 30 heures de -j- 22 degrés. — Ces résultats, que j'ai envoyés à l'Académie de médecine sous le pseudonyme de Pierre Darandy ont été considérés comme exacts et couronnés d'un prix de mille francs que je n'eusse pas obtenu sous mou véritable nom.

En voilà assez sur ce point et je reviens à la séméiologie de la syncope.

L'invasion de la syncope est tantôt soudaine et tantôt annoncé par des signes prodromiques, tels que : malaise, anxiété, vertiges, tintements d*oreilleSy obscurcissement de la vue, obtusion des idées, bâillements, oaasées, efforts de vomissement, perte du sentiment et asy«(oit>, c'està-dire diminution de la force et de la fréquence des battements du cœur.

A ces premiers symptômes succèdent la pâleur de la face, la décoloration des lèvres, le refroidissement des extrémités, l'anéantissement de la mémoire et de l'intelligence, l'apparition d'une sueur visqueuse sur la peau, le défaut de contraction musculaire, Taffaissement du corps. Dans quelques cas assez rares, il y a émission involontaire de l'urine et des matières fécales.

La syncope n'a, dans la très grande majorité des cas, qu'une durée éphémère. En effet, à peine quelques secondes ou une ou deux minutes se sont-elles écoulées, que les malades rouvrent les yeux et recouvrent le plein exercice de leurs fonctions physiques et morales, mais ils conservent encore pendant quelques instants de la stupeur, de la courbature et de l'oppression. On a parlé de Tinexprimable bien-être et des sensations délicieuses qu'éprouvaient certains individus en reprenant, après une syncope, Tusage de leurs sens, et l'on a cité à l'appui de cette assertion le récit de Montaigne (1) et la narration de J. J. Rousseau ^2); mais nous nous contenterons ici de signaler le fait sans y ajouter d'importance.

La terminaison de la syncope est très rarement mortelle. Récamier a rapporté l'observation intéressante d'une jeune femme qui, après avoir été affectée d'une syncope longtemps prolongée, parfaitement bien revenue à elle-môme pendant quelques heures, s'affaissa tout à coup et mourut. A l'autopsie, on trouva un gros caillot fibrineux dans le ventricule gauche. Bonet et d'autres auteurs ont cité des cas analogues.

La syncope peut revenir périodiquement. C'est ainsi que Bacon était une fois par mois sujet à cet accident. On Ta vue aussi constituer l'une des formes les plus graves de la fièvre pernicieuse, et Winslow, cet anatomiste que l'on a prétendu avoir été enterré deux fois vivant, a fourni un exemple de fièvre pernicieuse syncopale.

Chez les individus morts par syncope, on trouve d'abord toutes les lésions dépendant des maladies dans le cours desquelles elle s'est produite, puis de l'affaissement et de l'engouement des poumons, ainsi que quelques caillots dans le cœur et dans les vaisseaux.

(1) Monteigne, E$$au, 158S,p. 153.

(2) Jj J. Rousseau, Le$ rêveries , deuxième promenade.

I]r»2 DÉSORDRES DP] l'iNNERVATK^N.

Les causes de la syncope sont nombreuses, l^armi les causes prédis|>usanles, nous citerons la faiblesse générale, radynamie qui succède à ui.* longue maladie, les circonstances morbides qui abattent les forces, le se\' féminin, le tempérament nerveux, le début d'une grossesse, les maladies du cœur, des prédispositions particulières de nature inconnue, Télat puerpéral. En [85^, Alph. Robert (1) a rapporté trois cas de syncope murlelltchez des femmes nouvellement accouchées; mais il est inHniment probable que ces prétendus cas de syncope n'ont été que des embolies.

Si j'examine maintenant les causes occasiormelles, nous voyons que Sauvages n'en admet pas moins de trente-deux espèces, et encore les lipothymies forment-elles un ordre à part; — que Cullen divise la syncope en idiopa(lii(/ue, ou cardiaque, et en symptoma tique d'une affection d'un autre organe que le cœur ou d'un état général ; — que J. P. Frank la fait dépendn^ d'une altération locale (cœur ou gros vaisseaux), ou d'une affection générale, soit asthénique, soit hypersthénique ; — que Sénac enfin décrit trois ordres de causes, suivant (qu'elles ont leur siège : 1® dans le cœur; 2° dans les vaisseaux ; î^ dans les nerfs, auxquels il ajoute, comme appen dice, des circonstances particulières (troubles de l'estomac, lésions du foie). — Il est très vrai que la syncope se montre fréquemment chez les sujets atteints d'une aiïection organique du cœur ; mais c'est surtout dans le cas de dilatation des cavités, quand les parois sont très amincies, que les orifices artériels sont rétrécis, que les valvules sont devenues insuffisantes, qu'il y a persistance du trou de Bolal, et qu'il s'organise rapidement des concrétions sanguines dans les cavités cardiaques ou thrombose cardiaque. — A côté de ces faits il y a les embolies de l'artère pulmonaire chez les femmes accouchées depuis peu et qui amènent instantanément la mort. — L'introduction bruscjue de l'air, en opposant un obstacle mécanique à l'action du cœur, est encore une cause puissante de syncope.— La pléthore et Tanémie cérébrales, par des raisons opposées, et qui cependant aboutissent au même résultat; — les hémorrhagies, et, parmi ces dernières, les hémorrhagies artérielles de préférence; — l'inanition; — les bruscjucs perturbations apportées dans la fonction circulatoire; — la ponction d'une ascite, d'un kyste de l'ovaire ou d'un hydrothorax gauche décomprimant le cœur un peu trop vile; — la rapide expulsion du fœtus; — d'abondantes évacuations, des sueurs excessives; — des débordements bilieux; — l'ingestion de certains aliments dans restomac; — l'action de l'émétitiue; — certains miasmes, produisent également la syncope. — Parmi les causes qui agissent principalement sur le système nerveux, nous signalerons : — les odeurs, la vue d'objets repoussants, les émotions soudaines, une vive frayeur, une violente douleur, une chaleur trop vive, une fatigue prolongée, l'orgasme vénérien, le contacl de dilïérents corps; — les névroses, et, parmi elles, l'hystérie, les mor-

(I) A. Robert, fJela mort auhUc par syncope à lu suite des couches i Bulletin général de thérapeutique^ 18Ô2, l. XLII, p. 78).

SIGNES FOURNIS PAR LA SYNGOl'E. 363

sures Tenîmeuses; — les fièvres graves, peraicieuses ou autres, les affections gangreneuses et les empoisonnements, particulièrement la respiration des vapeurs d'éther, de chloroforme, d*acide carbonique, d'amylène etdetous les agents employés comme anesthésiques. — Ici, c'est plutôt une asphyxie par byposthénie du système cérébro-spinal ou sympathique qu'une syncope ordinaire. II y a quelque chose de plus que Tasystolie cardiaque primitive : on doit reconnaître qu*une altération grave du sang a modifié les fonctions de l'innervation générale et cardiaque, en produisant une paralysie passagère du cerveau antérieure à la diminution d'action du cœur.

Le diagnostic de la syncope est-il une chose facile? Évidemment oui dans quelques cas, puisque, d'après les caractères tirés de la thermométrie, de l'auscultation et de l'ophthalmoscopie, et que j'ai esquissés, il n'y a plus possibilité de confondre la syncope avec la mort réelle. — Il reste seulement à savoir si Ton peut distinguer l'évanouissement syncopal de l'évanouissement apoplectique et de l'asphyxie. Or, dans l'apoplexie, l'action du cœur et la respiration ne sont pas au même degré diminuées de force et de fréquence, et, dans l'asphyxie, si la syncope existe, — ce qui s'observe assez fréquemment, — elle ne constitue qu'un simple accident n'arrêtant pas les bruits du cœur, et elle ne fait que compliquer im état morbide dont aucun praticien ne saurait méconnaître les caractères.

Pour établir le pronostic de la syncope, il faut remonter à son étiologie; car un état syncopal est plus ou moins grave, selon qu il est le symptôme d'une affection organique très sérieuse, ou qu'il est simplement déterminé par le trouble fonctionnel du système nerveux. — A moins d'un cas rare de /lèvre pernicieuse dite syncopale^ la syncope ne peut jamais être d'un bien grand secours au médecin pour asseoir le pronostic d'une maladie, car l'évanouissement en apparence le plus bénin est quelquefois celui qui amène la mort. Il en est de même aussi de ces lipothymies prolongées qui portent la terreur au sein des familles et qui sont suivies du retour le plus complet à la santé.

En présence d'une syncope, il faut donc toujours s'appliquer à Tétude de la cause qui la produite, et ne concevoir, en général, de crainte que lorsque le malade est atteint d'une fièvre pernicieuse^ d'une affection du coeur; des gros vaisseaux ; du péricarde, ou qu'il est très affaibli par des hémorrhagies antérieures. Là seulement glt le danger.

Les divers moyens de traitement à opposer à la syncope, sont connus : nous ne ferons que mentionner l'exposition au grand air; le décubitus iK)rizoDtal, la tête basse ; — la déligation des corsets, des cravates et des vêtements trop serrés ; — - la projection d'eau froide sur la face ; — l'aspiration de substances odorantes, acide acétique ou ammoniaque ; — les frictions sur les tempes avec le vinaigre, l'alcool ou l'éther, et les brusques secousses imprimées aux malades. — Si la durée de la syncope prend des proportions inquiétantes, il faut en venir à des frictions sèches, aromatiques et alcooliques, sur la région épigastrique ou sur les extrémités, prescrire un lave-

3('4 DKSORDRKS DE L'iNNERVATION.

vement slimulant avec du sel et du vinaigre, faire une injection hypodermique d'élher, 1 gramme; — et, dans le cas où il s'est manifesté prenlahlement une 1res abondante hémorrha^ie, la ligature des meml)rt> d»vient de la plus urgente nécessité pour rétablir l'équilibre fonctionnel de> principaux organes. — Quand il s'agit d'une fièvre pernicieuse syncopale, il faut prescrire 1 à :2 grammes de sulfate de quinine, les faire preiidr^^ sur-le-champ ou faire une injection hypodermique de cette substance atin d'éviter le retour de l'accès suivant qui pourrait être mortel.

Sir.NK< FOURNIS Al' DIAGNOSTIC PAR LES CONVULSIONS

Les convulsions sont des mouvements involontaires, désordonnés des muscles de la vie de relation dans les muscles de la face et des membres. Très diiïérentes les unes des autres par leur nature, elles se confondent en apparence, par la forme qu elles présentent, et il est souvent très dinicile d'en indiquer la cause. H faut les distinguer du spasme, qui n'est aulRchose que la contraction irrégulière des muscles de la vie organique dans les organes internes et qu'on observe dans l'œsophage, le larynx, les bronches, etc.

Les convulsions sont de trois espèces : hli apathiques, sympathiques on sj/mptomatiques.

Les premières apparaissent sans altération appréciable de la moelle el du cerveau.

Les secondes sont déterminées sympathiquement par la souffrance dun viscère ou d'un tissu éloigné qui agit par action réllexe et détermine une ischémie ou une hyperhémie cérébro-spinale.

Les dernières enlin résultent d'une lésion matérielle des méninges ou de la substance cérébrale et spinale, et parfois des altérations chlorotiques du saii: ou de certains empoisonnements, d'urée, de strychnine, de plomb, etc.

Lorsque les mouvements convulsifs de la mùchoire ou des membre^ offrent une roideur permanente, comme cela se voit dans le Irismus, U contracture et le tétanos, on dit (jue la convulsion est toniquCy c'est-à-dia* très forte; — au contraire elle est r/o/^VyMe, lorsqu'elle présente des secousses et des alternatives de contractions et de mouvements sacc;idé> involontaires. C'est ce (jui se voit dans l'hystérie, Tépilepsie, la choitv, dans la méningite, etc.

Il y a des convulsions qui existent à l'extérieur d'une façon très apparente, dans la tète, à la face, sur le tronc et dans les membres, tandis que chez d'autres malades la convulsion semble être intérieure et caractériMf par une sin)ple roideur de la tète et une fixité singulière du regard, avec demi-perte de connaissance. C'est ce que l'on a désigné sous les noms d^* convulsions externes et de conrulsions internes. Bien (|ue celte dernièiv

division ne soit pas très justifiée ni bien nécessaire au diagnostic, elle peut être utile, et il faut la conserver.

D'après leur étendue, les convulsions offrent de grandes dissemblances. Elles sont partiellesy ou, au contraire, générales. On trouve dans le tétanos Texemple d'une convulsion tonique générale, et dans le trismus celui d'une convulsion tonique partielle; — Tépilepsie, l'hystérie, la chorée, au contraire, fournissent des exemples de convulsions cloniques générales, tandis que le tic non douloureux montre ce que peut être une convulsion clonîque partielle.

Les convulsions sont apyrétiques ou fébriles; — intermittentes ou continues; — permanentes ou passagères^ suivant leur nature et l'intensité du trouble qui les produit : elles sont initiales et primitives ou secondaires : celles-ci sont infiniment plus dangereuses et dépendent généralement d'une maladie des méninges et du cerveau.

Dans les convulsions permanen^^x ou continues, se trouve : la chorée, le tic non douloureux, etc.; dans celles qui sont intermittentes , irréguliires, se trouvent Thystérie, l'épilepsie ; et dans les intermittentes régulièrement périodiques, se montrent celles qu'on observe dans la fièvre pernicieuse convulsive.

Il est évident que les convulsions sont le résultat d'un trouble fonctionnel du système nerveux, et l'on sait aujourd'hui, sans en douter, que ce trouble peut se produire avec ou sans lésion matérielle permanente et appréciable. Elles dépendent de Thyperhémie ou de l'ischémie du cerveau et de la moelle, lésions transitoires, et elles ne sont différentes que par leur cause. Rien, dans l'état convulsif, ne peut les faire reconnaître les unes des autres, et, si Ton ne tenait compte des phénomènes concomitants fébriles, de leur marche et de leur durée, leur diagnostic serait impossible.

Les convulsions idiopathiques se développent à tout ftge, principalement dans l'enfance, puis chez l'adulte et plus rarement chez les vieillards. Elles se montrent chez les personnes qui offrent une prédominance marquée du système nerveux. Elles sont héréditaires, et, s'il me fallait appuyer cette assertion de Baumes et de tous les autres, je pourrais fournir un grand nombre d'exemples.

Elles résultent des impressions morales vives et de l'habitude. Il est cependant possible que les phénomènes nerveux qu'on croit devoir rapporter à cette influence soient le résultat de la même disposition générale qui a provoqué les premiers accidents. La seconde convulsion est, comme la première, la conséquence d'un trouble local et passager de la circulation encéphalique, qui n'a d'effet qu'en vertu d'une constitution spéciale des individus.

Les convulsions idiopathiques s'observent à la fois chez les individus

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