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DES RÈGLES A SUIVRE DANS L'EXAMEN DES MALADIES

Si l'observateur doit réunir, des qualités aussi nombreuses et aussi variées, c'est que la mission d examiner un malade présente de sérieuses difficultés, et que, pour parvenir le plus promptement et le plus sûrement possible à la connaissance de TalTection et à celle des indications thérapeutiques, il faut passer par une série d'opérations diverses ; elles se compliqueraient l'une l'autre et rendraient les recherches confuses et pénibles, si Tordre et la méthode ne venaient tout simplifier. Or le premier soin d'un médecin, lorsqu'il arrive près du lit d'un malade, est de se rendre minutieusement compte d'une foule de circonstances qui peuvent aider au diagnostic : le sexej YâgCy Vextérieury Vétat général, le faciesj Vattitudey le tempérament et la constitution du malade, par exemple. Déjà, tout en procédant à ce rapide coup d'oeil d'ensemble, il jugé de l'état extérieur du eorps^ et il remarque si l'amaigrissement, la pâleur etl'adynamie semblent attester des souffrances anciennes,'ou si l'embonpoint, la coloration normale etla force témoignent d'un mal récent ; enfin il consulte le degré de chaleur de la peau et le nombre des pulsations du pouls, afin de se renseigner sur le caractère fébrile ou apyrétique de la maladie. L'éducation que peut avoir reçue le sujet observé, sa position sociale, ses relations avec les personnes qui l'approchent, l'étendue et l'exposition atmosphérique de son habitation, les endémies et les épidémies, sont autant d'informations qu'un médecin exercé a bientôt prises d'un regard ou en quelques mots de conversation.

Les devoirs de la profession impriment souvent à l'économie des modifications tellement profondes, qu'elles se traduisent au dehors par des traces indélébiles et qui frappent tout d'abord l'attention. Voici, par exemple, un malade dont toutes les fonctions languissent, dont les chairs sont molles, dont la face est bouffie, dont les gencives sont ramollies, dont les dents tombent, chez lequel il y a prédominance de globules blancs, jnfiltration des jambes, affaiblissement de l'intelligence et mouvement fébrile; il a évidemment absorbé du mercure vaporisé, il est atteint de cachexie h ydrargyrique, et sa profession est celle d'ouvrier dans des manufactures de glaces ou de doreur sur métaux. Dans ce cas, l'aspect seul du malade a tout révélé. Toutes ces indications peuvent être, il est vrai, don- Qées par la personne qui souffre; mais nous n'avons point encore parlé de l'interrogatoire des malades, voulant ainsi faire ressortir tous les bénéfices qui peuvent être retirés, pour les besoins de la cause, d'un examen fait en âlence. D'ailleurs, dans de très fréquentes occasions et sur la voie publique principalement, les renseignements manquent totalement; or que fera-t-on à on malade trouvé dans la rue et présentant des phénomènes convulsifs, soiris d'un délire très aigu? Pour peu que l'on soit habitué à voir des malades et à l'observation muette, on pourra découvrir, par exemple, que cet

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homme a la peau, les souivils el la barbe laiblemoiit colores par une poussière roii^e, cas aïKiuel il est faeiiti de s()U|)(;oiiiier un artisan i\\\ minium. On est alors sur la trace d'une encéphalopatbic saturnine et du traitement qui en est la cons<H|uen(e.

La scrupuleuse inspection de l'état extérieur a encore pour résultat immédiat de fixer Taltention surcertaineséruptionscutanées, tachesdiver>es, cicatrices, plaies lé^'ères, tumeurs, exostoses, dont la connaissance exacte est encore de nature à éclairer sur les antécédents du sujet observe et sur toutes les circonstances commémoratives se rattachant j)lus ou moins directement à Taflection actuelle. Mais la passivité du malade va tesser, et bientôt ses réponses vont venir conlirmer rimporlance des sii.^nt»s déjii connus, car cet examen préliminaire m» saurait suflire pour la détermination du diagnostic, el l'on conçoit aisément qu'il faille quehiue cboscî de plus pour chercher des lésions fonctionnelles ou ori:ani(]u<»s; ce sont les renseignements fournis par le malade lui-même qui vont combler c<tte lacune; mais pour que les investi^^ations orales répondent au vceu du médecin, il est indispensable qu'elles soient recueillies méthodiquement et selon certaines rèi^jles déterminées. Entrons à ce sujet dans quelcpies détails.

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