SIGNES FOURKIS PAR LES CONTRACTURES
nerveuse, on les observe avec ou sans fièvre, dans une partie ou dans la totalité du corps, et sous forme de mouvements musculaires, toniques ou cloniques. Ce sont des phénomènes secondaires dont la nature ne peut être appréciée que par Tétude des autres phénomènes qui les accompagnent.
Dans la méningite, elles viennent à la dernière période de la maladie, après des vomissements, de la constipation et une fièvre prolongée. Dans l'hémorrhagie cérébrale ou méningée, elles succèdent à une perte de connaissance ou à une paralysie musculaire de quelques heures ou de quelques jours, elles s^accompagnent souvent de déviation conjuguée des yeuxet, s'il y a fièvre, elles indiquent un commencement d*encéphalile. Celles qui accompagnent les tumeurs du crâne et du cerveau, les hydatides des méninges, etc., sont toujours précédées de troubles variables plus ou moins marqués de Tintelligence, du sentiment et du mouvement, etc.
Dans la plupart des cas, celles qui dépendent d'une lésion grave de Tencé-» phale produisent dans le fond de l'œil des lésions qui en indiquent la nature organique. En effet, d'après la loi de coïncidence que j*ai établie entre les lésions cérébro-spinales et les altérations névro-rétiniennes ou choroïdiennnes (1), on peut être sûr que chez un sujet affecté de convulsions inter* mittentes, s'il y a une lésion de la papille, de la rétine ou de la choroïde, ces convulsions dépendent d'une altération matérielle cérébro-spinale.
SIGNES FOrRNlS AU DIAGNOSTIC PAR LES CONTRACTURES
La contracture est une convulsion d'apparence toute particulière, carac* térisée par la contraction tonique, temporaire ou permanente et douloureuse des doigts ou des membres chez l'adulte et chez les enfants. Elle existe comme névrose ou comme symptôme des maladies de l'encéphale et des neris. C est une sorte de tétanos local signalé par tous les médecins ; mais son étude, comme maladie essentielle, a été faite par Dance, Lucien Corvi- 9art, qui lui a donné le nom de tétanie^ par Delpech, etc.
La contracture est le symptôme d'un grand nombre de maladies différentes.
Il y a des contractures occasionnées par une lésion organique, récente ou ancienne du cerveau, par une inflammation aiguë ou chronique des méninges, par une altération des troncs nerveux et des parties constituantes d'un membre, etc., ce sont les contractures symptomatiques.
Quant aux contractures sans lésion appréciable de la substance nerveuse causées par un poison, par la maladie d'un viscère, par le froid, par i'h}stérieou par une cause entièrement inconnue, ce sont des contmctures f*sentieUe8, ou idiopathiques^ sympathiques ou réflexes. C'est à celles-là que s'applique le nom de tétanie.
t1) B<>uehut, Atlas (tophthalmotcopie médicale et de cérébroscopie.
374 PÏCSORDRES DE l'INNERVATION.
Je parlerai d'abord de la contracture dite essentielle afin de faire connaître les caractères de cet état convulsif.
,^ f^. — €onti*nctaro idiopathlqao.
La contracture idiopathirjue, si/nipathique, appelée ossontielJe, c'esl-jdire celle qui se produit, dit-on, en dehors de toute altération du cerveau et des nerfs, se montre fréquemment dans Tenfance^dans îa téinnip, quelquefois chez l'adulte convalesi^ent d'une maladie ai-iuë, et chez les hysttri(|ues; je l'ai vue très souvent dans la convalescence du choléra, de la tiëvrrtyphoïde et des maladies aiguës, ainsi que chez les nourrices. Pareil 1 étioloiïie résulte des observations de Delaberge, de Delpech et de Corvi>arl. Elle est plus commune dans les trois premières années de la vie que dans toute la période (jui sépare cet âge de la puberté. Elle s'observe plus souvent chez les garçons que chez les filles, et chez les enfants nouveau-nts issus de parents nerveux, Irritables, atteints eux-mêmes de névroses, on en avant eu dans leur enfance. Murdoch a vu deux enfants de la même famille atteints de contracture. Elle se développe en hiver et sous J iiilluence du froid, ce qui indicpie sa parenté avec le rhumatisme. Elle a de^ alternatives nombreuses, elle existe par moments et disparaît, elle récidivr* même après être restée assez longtemps absent»* pour qu'on ait cru à >:i guérison. Enfin, dans les cas où elle constitue une îîévrose s\mpalhiqut', c'est pendant le travail de la dentition, chez les sujets atteints de vtrs intestinaux, de convulsions essentielles, de phréno-glotlisme, de convalescence de la lièvre ly|)hoïde, du choléra, de la rougeole et de diiïerentes maladies aiguës (ju'elle se développe; à cette classe appartiennent les contractures déterminées par certains poisons, et en particulier par ceux qu'on retire de la famille des strychnées.
C/est (iueI(|uefois une névrose hystérique ou rhumatismale occupant um ou plusieurs muscles tléehisseurs dei doigts ou des orteils, de manièrt ii déterminer leur contracture tonique permanente et douloureuse. Alors In rétraction est bornée à (|uel(|ues muscles isolés des membres, soit les interosseux, soit les tléehisseurs de la main, soit les extenseurs du pied, le qui donne aux membres un aspect tout particulier. Dans quelques cas elK* occupe les muscles de la face et du cou, mais cela est rare.
Pour moi, je ne pense pas <|ue ces contractures soient e. < se ttt telles eXs:i}\>lésion appréciable. Hans ces cas. il y a souvent une hyperhemie du ueil opti(|ue avec unième péripapillaire semblable à ce que l'on observe dans les maladies de la moelle au début, et, de plus, dans les trois autopsies ([ue j'ai laites, il y avait une hyperhemie de la méninge spinale avec altération du tissu de la moelle limitée à la portion cervicale. C'est une névro>e congestive du bulbe et de la pie-mère de la moelle cervicale (!).
La contracture des extrémités peut être continue ou intermittente. Elle
(1) E. Bouchut, Traité de^ maladies de!i nouveau-nes, 7* édition, arUcle CoNTEACirRE.
SIGlΉ FOURNIS PAR LES GONTRAGTURES. 375
commence ordinairement par Tintermittence ; elle est d'abord passagère, fugitive, et c'est au bout de plusieurs semaines seulement qu'elle devient continue et reste permanente. Quand elle est intermittente, elle revient sous forme d'accès plus ou moins douloureux, fréquents et prolongés.
J'ai eu dans mon service à l'Hôpital des Enfants, une petite fille qui avait six à huit accès quotidiens de contracture des doigts et des orteils, lesquels duraient une demi-heure, venaient le jour et la nuit, durant le sommeil, qui en était fortement troublé, et qui disparaissaient sans laisser de traces, en laissant l'usage complet des mouvements.
La contracture essentielle existe ordinairement seule, mais elle peut être accompagnée de tremblement du membre aiïecté, comme je l'ai vu sur le bras et Tavant-bras gauche d'une jeune fille placée dans mon service et qui n'avait qu'une simple contracture de l'index et du pouce.
Cet état convulsif débute par un ou par les deux membres supérieurs, et par les doigts, où elle peut rester limitée. Elle s'étend quelquefois aux poignets, aux coudes, et se manifeste aussi aux orteils de l'un ou des deux membres inférieurs, puis gagne les pieds, qui sont fortement portés en arrière, les genoux, et très rarement la hanche. Dans ce cas, le mal ame* nant la flexion de la cuisse sur le bassin simule parfaitement une coxalgie. La contracture se montre quelquefois sur le tronc, qui est renversé, comme dans le tétanos; au cou, et forme le torticolis spasmodique, qu'il ne faut pas confondre avec celui que détermine une affection ganglionnaire du cou, ou une maladie vertébrale. En effet, j'ai vu un exemple dans lequel on croyait à une contracture essentielle, et ce n'était pas moins qu'une ostéite des vertèbres du cou.
Là où existe la contracture esssentielle des extrémités, qu'elle soit bornée à quelques muscles, à un seul membre, ou à un grand nombre de muscles sur plusieurs membres, il existe toujours de la douleur au début; cela est surtout évident dans les contractures intermittentes et passagères. Plus tard, quand la contracture est permanente, la douleur disparaît compté* tement. Cette douleur augmente quand on veut redresser ces parties contracturées,ou si, quand elles ont disparu, on presse sur le trajet des nerfs du membre pour les faire revenir.
Chez l'adulte elle est souvent accompagnée d'anesthésie ou d'analgésie, (ait signalé par le docteur Manouvriez (de Valenciennes), d'après six observations. Il n'en est pas de même chez les enfants. Chez eux l'anesthésie n'existe pas, et je ne l'ai observée qu'une fois, mais le sujet touchait à la puberté. Elle est quelquefois accompagnée d'amaurose, de diplopie et de surdité temporaires, mais cela est rare. Toutefois ces phénomènes indiquent qu'il existe là une affection cérébrale de nature inconnue.
Dans la tétanie, les parties contracturées sont raides, quelquefois couvertes d'ecchymoses, et les extrémités des membres toutes déformées offrent un aspect tout à fait spécial. Les poignets sont demi-fléchis et les doigts rapprochés en pointe, tenant le pouce collé sur l'annulaire. C'est caractéristique. Aux pieds l'extension est considérable et les orteils forte-
37r» DKSOUDUES DR L'INNERVATION.
incMil ll^îchis, 00 qui rend la maroho impossible. On oomprend d'après cola conihion la prôlionsion dos objols, la station ot la maroho, doivent èlr» ponihb^s. La diriic'ullé dos mouvements est on rapport avec le deirre K r< 'tond ne do la oontraotnre dos doigts, des orteils ot des pieds.
Sauf la délbrination, les i)arties eontraclnrées n'olTrenl ^généralement \)d> iU' modilioalion extérieure appréoiable aux sons. C'est par exception qu il y existe du frcnilloment, de roHième, et une teinte légèrement ardoiséo avri ou sans ecchymose.
La |)otito lillo dont je viens de [>arIor et qno j'ai eue dans mon ser\ii'e d'hôpital a présenté ce j)hénonièno au pied droit. Le dos du pied ironllt', donlouronx, ollVail une teinte bleuâtre, ecchymoti(|U'^ évidemment due a l'oxlravasation du sang dans le tissu cellulaire. Je ne serais pasrloi^zne d»' croire qno, dans la rétraction convulsive des muscles, l'elVort et la pression exercés sur les vaisseaux ne puissent en (|ael(jne point rompre leurs luni- (|uos et (K'casionnordos hémorrhai;ies sous-cutanées. C'est du nu)ins ce qui a lieu cho7 ma petite malade.
iMaintenant, cotte contracture est-elle bien essentielle et sans lésion d'une partie du système nerveux? — Je ne le crois pas. Mes recherches d«* cérébroscopie tondent à me faire croire le contraire. — En eiïet, dans cinq cas do contracture dite ossentiolle sur sept, j'ai rencontré une hyperhémit s)mpathii|ue do la papille qui m'a paru être le résultat d'une hyperhénne spinale agissant sur le nerf grand sympathique pour produire une para- Ivsio des nerfs vaso-moteurs du fond (W TumI.
La contracture ossentiolle dos extrémités existe toujours sans fièvre, à uioins iU^ com|)lications s|)écialos, et sans trouble de l'intelligence ou dos
sons.
Kilo se termine par la guérison, sauf récidives, ou passe quelquefois à l'état chroniiiuo, devient permanente et délinitive. Kilo s'accompagne aloi's do parai) sio, d'atrophie et de dogonéresconce graisseuse des musdrs, de dilTormilos dos surfaites articulaires et des articulations contracturées, ce qui est fort grave, on raison do la dilformité extérieure qui en résulte.
§ t. — f'ontracluro ^yinploniatlqiie.
La contnMMuro symptomatique d'une sclérose des cordons latéraux delà moelle, d'une tunîour cts'ébijile, d'une sflorose irritative ou d'une encéphalite, olïro lies carat tores exlt^iours absolument diflereîits de ceux de la contracluro ossonlioll(\ La main, les doiirts, au lieu d'être étendus en forme d(^ pointe, stuil iLvhis ongrilTo.Sa cause seule est moins difficile à deviner.
La contracture s\mptt>]nati(|ue est souvent hémiplégique ou partielle *'l m()mqdt\i:ii|U(\ Kilo s'observe, dans la doniiore période de la méningite aigu(\ dans les doigts, dans les bras, dans le cou, dans les membres inférieurs ou dans les \ou\ sons forme de de\ialion conjuguée des globes oeulaiivs, dans l'IuMnonhagie du cerveau au début, loi^squ'une inflammation s'est produite autour du fo\er sanguin ou bien après
deux mois de durée lorsqu'une sclérose commence à s'établir et gagne les cordons latéraux de la moelle. C'est la contracture tai*dive ; dans rtiémorrhagie des méninges, peu après la perte de connaissance et Tinvasien de la paralysie ; dans les tumeurs chroniques cancéreuses ou syphilitiques du cerveau, dans le ramollissement cérébral chronique, dans la méningite cérébro-spinale, dans le tétanos, dans la névrite, dans les tu« meurs qui compriment les nerfs, etc.
C'est un symptôme de signification douteuse et qui appartient, sans modidcation générique, n un très grand nombre de maladies ayant pour $iè<:e le cerveau, la moelle et ses enveloppes. On en reconnaîtra la nature organique au moyen de Tophthalmoscope.
Ces contractures se produisent à la suite des hémorrhagies cérébrales un peu étendues, et qui atteignent les régions motrices, en amenant des dégénérescences secondaires de la moelle désignées sous le nom de scléroses descendantes, lesquelles occupent un appareil bien déiini et qui n'est «lutreque le faisceau pyramidal. Elles ont été bien étudiées par M. Bris* saud (i).
D'après notre confrère, le faisceau pyramidal consiste dans le groupement de toutes les fibres nerveuses qui, partant des circonvolutions motrices de récorce cérébrale, vont se distribuer aux différents étages de la moelle épinière. Il prend naissancedans les grandes cellules dites géantesqui occupent les circonvolutions motrices, puis descend à travers le centre ovale jusque dans le pédoncule, après avoir parcouru une certaine étendue d'une région très importante de l'hémisphère, la capsule interne. Au-dessous des centres moteurs du bulbe, auquel ce faisceau abandonne en passant un certain nombre de ses fibres, il subit la décussalion pyramidale et passe du côté opposé de la moelle épinière. C'est même à cet entre-croisement des pyramides antérieures (qu'il représente au niveau du bulbe dans leur totalité) que le faisceau pyramidal doit sans doute la désignation qu'on lui a récemment imposée. Mais cet entre-croisement est plus ou moins complet selon les cas. Quelquefois toutes les fibres d'un côté, sans exception, passent de l'autre côté dans le cordon latéral ; quelquefois au contraire l'entre-croisement étant incomplet, il reste un certain nombre des fibres du faisceau pyramidal dans la moitié de la moelle du môme côté; cette partie du faisceau pyramidal non décussée continue son chemin dans le cordon antérieur à la partie interne de la corne antérieure et à la partie la plus reculée du «illon antéro-postérieur. Enfin, il y a des cas où l'entre-croisement pyramidal fait complètement dé'aut, et il nous semble que c'est à des cas de ce genre qu'il faut attribuer les hémiplégies non croisées.
Mais Tessentiel de ces dispositions, c'est le passage du faisceau pyramidal dans le cordon latéral du côté opposé de la moelle où il semble se localiser vers la partie la plus reculée de ce cordon, tout à fait au voisi-
i\} Brissaud, Recherches anatama-pathologiqueit et phymlogùjues mr la contracture j'^manaUe det hémiplégiques y 1880.
DTH PÉSORDRE'î DE l'iNNERYATION.
iiuiio (le. la racine postérioure. Au niveau du renllenienl cervical ce faisr. lU a son étendue maximum; au-dessous de celte région où il a comnn^iur t s'épuiser, on le voit proiiressivemcnt décroître; à la hauteur du rfiitiment lombaire, il est réduit à de très (aihles dimensicms, et c'est à piiU' si l'on en retrouve (juel(|ues veslitres dans les élai::es sous-jacenls à civ ré^Mon.
Kn réalité c'est bien ainsi que les choses se passent. Cependant il e\i<ir dans toute la hauteur de la moelle épinière une commissure blancli*M|r. renferme des libres du l'aisceau pyramidal direct, c'est-à-dire de cette pétition de libn^s ijui ne s'est pas entre-creiséedans la réi^ion bulbaire, et. srl i. toute vraisemblance, il faut considérer une parties des libres commissuiaU> de la ré\i:ion dorsale comme appartenant au faisceau pyramidal desliii* i la région lonîbaire.
Vu certain nombre d«^ théories ont été émises relativement au modtMi' distribution de ce faisceau pyramidal. Il en existe deu\ sur lesqu^lits il faut insister, car elles pernu^tent d'expli(|uer le mécanisme des coiilU'tures taidives chez les bénn'[)léi;i(jues. Pour certains auteurs les libres liu faisceau pyranjidal vont directement des cellules motrices de l'éeorco tiu cerveau à la libre musculaire, et les cellules motrices cérébrales represniileraienl ainsi les centres tro[)hiques des nmscles où se rendent les lihi»^ (|u'ellesém(»llent. M. Iluimenin (l)(»st unardent delenseur de cette manien de voir. Pour dautres au contraire, à l'opinion desquels nous nous ranpH)ns, Paboulissant nécessain* des libres pyraniidales est la subslaïuv ^^iistî de la moelle épinière, de telle sorte que le faisceau pyramidal iie-^t (|u'une iirande connu issure entre les eirconvolulions motrices et la sal»stance izrise de la moelle. Kn outre il y a tout lieu de supposer que, dan^li substau'-e cerise, c'est la trrande cellule des cornes antérieures qui repusente l'oi-iTiine de terminaison des libres pyramidales. Knlin, si l'on conMdere (pie dans l'^M'lu^lle animale la rapidité de d«'veloppemeul du faisceau p\rami(lal est en raison dirtn^le de la précocité de rintellitreiice, il est l'»ul naturel de rapportera cet appareil un r()le de transmission entre les cenlros de commanchMnent qui occupent l'ecorce du cerveau et ceux d'exécutiiMi cpii siè;^^ent dans les cornes anteiieures de la moelle épinière.
De la (l(M\)ule nalui'ellement ijue les altérations du faisceau pyraniiilal ii'donnent lieu aux contractures permanentes que parce (|u'elles sont elh>ménits une cause dirrilalion des cellules motrices des cornes antérieures.
laMte deiieneit^scence serondaire du iaiseeau pyramidal succède aux lesioii^^ destructives (lh'morrha::ies, ramolli>sement)des centres moteurs corticaux ou des libit^s du faiM*eau puamidai lui-même; tout le cours de son Irair-t. la scl»'ro>e s'éleiui en descendant depuis le point lésé jusqu'à sa terminaison dans le renllement lombaire, luette sclérose descendante peut débuter rapidement, jjuehiues jours a peine aj)rès la formation du foyer d'hémorrhairie ou de ramolli^semenl. A partir du moment où la déirénerescence >»^
il) Hupucnin, AuiUimhr >lrs renlr'^ nc'-vcuv. trad. par Th. Keller, Paris, I8T9.
condaire a débuté, l'hémiplégie devient incurable, et bientôt surviendront les contractures, dites tardives.
Les contractures permanentes n'apparaissent en général que tardivement vers le deuxième ou le troisième mois. La plupart du temps cette contracture s'annonce par une raideur insolite dont les malades se rendent parfaitement compte et qui semble affecter tout d'abord les muscles fléchisseurs de la main et du bras. Peu à peu ce symptôme s'accuse, les doigts se fléchissent dans la main, l'avant-bras se fléchit sur le bras, en quelques mois la position acquise est irrémédiable, sauf à une période plus avancée, comme nous le verrons plus loin. Au moment où la contracture s'établit, quelquefois avant, on constate une exagération notable de la réflectivité médullaire, ainsi que le témoigne l'existence de deux symptômes importants : Vépilepsie spinale et l'exagération des réflexes tendineux. L'épilepsie spinale est connue, nous n'y insistons pas. En quoi consistent ces réflexes tendineux, ces signes du tendon? C'est ce qu'il nous faut expliquer en quelques mots. Dans la position assise, lorsqu'une jambe est croisée sur l'autre et qu'elle est abandonnée à elle-même, ballante, un choc sur le triceps fémoral et surtout sur le tendon rotulien provoque une élévation brusque de la jambe qui est croisée sur l'autre ; le même phénomène s'obtient en percutant le tendon d'Achille, le tendon du triceps brachial. Or, chez les hémiplégiques et chaque fois que les réflexes sont exagérés, les réflexes tendineux, les signes du tendon, sont également fort exagérés.
Le réflexe rotulien commence à s'exagérer dès l'apparition de la contracture secondaire. Cette exagération se manifeste souvent, môme à une époque où la contracture n'est pas encore bien franche, et quelquefois elle sert à cette dernière de symptôme précurseur.
A une période avancée l'hémiplégie avec contracture peut repasser à rétat d* hémiplégie flaccide; mais il y a ordinairement à cette époque un certain degré d'atrophie musculaire, qui indique que les cellules des cornes antérieures de la moelle sont atteintes par les lésions chroniques secondaires. Cette hémiplégie flaccide s'annonce en général par de petites douleurs, de petits élancements, mais surtout par la diminution de la contracture et des réflexes musculaires et tendineux. A partir de ce moment le pronostic devient plus grave, car les lésions sont plus étendues et la mort du malade, par eschare ou par quelque complication viscérale^ est ordinairement proche.
§ s. — ra««fle «•Btraetare.
Il ne faut pas confondre la contracture d'un muscle causée par la paralysie d'un muscle antagoniste, ce qui se voit dans les anciennes paralysies infantiles, avec la contracture vraie; de même les rétractions des doigts ou des membres à la suite de tumeurs articulaires, de blessures des nerfs ou de toute autre affection locale. Ce sont des rétractions et non des contractures.
3î^<> ni':soRDnEs de l'innervation.
ARTICLE VIII
SKINKS FôUnMS AU DIAGNoSTh: l'AEl LA rAIlPHOLOCIK
La carphologie [do x9/.no)oyito, cuoillii' ie fruit, ou do xir.^o;, flooon, Wy.,, rnmasseï) est un trouhlo involonlairc du mouvement caractérisé |)ar !•tentatives (l'un malade (jui, avec ses mains, veut prendre dans lair ilrcorps (|ui n'existent pas ou veut arracher le duvet de ses draps.
C'est un phénomène qui accom|)aiine souvent le délire ou le coma, h' qui n'a pas en diai,Mio>tic plus d'imj)ortan'XM|u eux.
Sous le rapport du projioslicî, au contraire, il en a une très grande, ti l'on peut dire, avec llippociate, (jue la carphologie acconipagn('*e de (it'vn <\st un sii-ne certain de mort dans un temps peu éloigné,
Sir.NKS F<iUnMS AU DIAGNOSTIC l'AR LRS CHAMPFS
Les crampes sont des ctuitractions douloureuses et fugitives des muscles donnant lieu, pendant une ou deux minutes, à une saillie résistante d dure des lihres uiusculaircs alVectées, C/esl un phénomène momenlaih^ (\ii\)n observe très souvent dans Tétat de santé chez les personnes nerv«Mises. — Elles occupent les m(Mnl>res inférieurs, principalement le mollet ou la plante du pied, (juelcjuefois le muscle génio-liyoïdien. Elles se produisent dans le sommeil et [)endant la veille, à la suite d'une fausse position des nuMiihies ou du bàillenient.
On les ol)serv<' souvent chez les lemmes enceintes, à la suite de la compression des nerls du bassin par l'utéi'us liés dévelopj^é; — chez f|uelquc> individus alleiiils de tumeurs du cerveau ou de maladies de la moelle, riilin dans le choléra, dont elles constituent le plus douloureux s\mpl()me.
C'est un phénomène qui n"a aucune importance sous le rapport du pronostic.
On en triomphe aisément par des applications métalliques de laine> d'acMer ou de cuivre mises en contact avec le mcMiibre allecté.
Sir.M-.s l'iU'IiNIS AC DIM.NOSTIC l'M; I ES SO(i;iU:SAlITS DFS TENDONS
Les soubn\>Nauts des tendons sont le résultat des contractions fil)rillaire> des muscles, (jui, de temps à antre, se raidissent sous le doigt et doniienl lieu à un petit choc ina[)preciable et uon douloureux pour le malade.
On les observe dans un assez grand nombre de maladies aiguës fébriles»
SIGNES FOURNIS PAR LKS RÉFLEXES TENDINEUX. 881
el principalement dans les maladies ayant une forme ataxique, avec délire, somnolence et prostration. A ce titre elles existent dans les lièvres typhoïdes graves, au poignet, sur les tendons des fléchisseurs des doigts, et c'est là où on les rencontre le plus habituellement.
SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR LES SURSAUTS DE LA JAMBE ET LE RÉFLEXE TENDINEUX DU GENOU
Tout le monde sait que dans l'état normal, lorsque Ton a les jambes croisées étant assis, si Ton frappe sur le tendon sous-rotulien, il survient des sursauts de la jambe dus à une contraction subite réflexe du triceps crural. Ce phénomène existe môme chez les enfants du premier âge, d après les recherches dEuienbourg, et même dans la seconde enfance. Il constitue le réflexe tendineux.
Ces réflexes tendineux seraient par leur abolition, selon Westphal, un s\mptùme précoce de l'ataxie locomotrice et aussi un symptôme de la maladie confirmée. Erb et Berger partagent cette opinion qui est aussi celle de Tschirjew.
Mais ce n'est pas absolument vrai. J'ai vu deux cas d'ataxie locomotrice bien caractérisés, dans lesquels ce phénomène du genou persistait comme dans l'état normal.
C'est un phénomène réflexe qui dépend de la contraction du triceps crural et, selon Tschirjew, le centre qui tient ce phénomène sous sa dépendance est situé chez le lapin, dans la moelle au niveau des cinquième et sixième vertèbres lombaires à la naissance de la sixième paire de ce nom* Quand on sectionne la moelle à ce niveau, et qu'on divise en outre la racine postérieure du sixième nerf lombaire d'un seul côté, le phénomène du genou cesse de se produire du côté correspondant.
A côté de ce réflexe tendineux du genou, il faut mettre le réflexe tendineux du coude et celui du pied. Quand, ainsi que Charcot l'a montré sur la jambe étendue, on redresse le pied violemment, il se fait un tremblement de la jambe et du pied, qui dure quelques instants : c'est le phénomène du pied ou épilepsie spinale provoquée.
Mais c'est la un signe qui appartient à la clinique française. Dès 1863, ainsi qu'en témoignent des observations qui datent de cette époque, il était joamelleroent mis à protit dans les services de la Salpétrière, par MM. Vulpian el Charcot. Depuis lors, ce phénomène a été étudié dans ses relations avec les différentes afl'ections des centres nerveux, il fait habituellement défaut dans l'impuissance motrice liée au tabès alaxique, à la paralysie spinale de Tenfance et encore dans d'autres états du même genre, tandis qu'il ne manque jamais dans les paralysies de cause cérébrale ou spinale dans lesquelles la contracture existe ou tend à s'établir. ^