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SIGNES FOURNIS PAR LA PALPATION DES ARTÈRES ET LE POULS

Quelques personnes ont conseillé Tusage d'autres iuslruments de précision, donnant Tindication réputée plus précise de la tension artérielle et dont le but serait de remplacer les appréciations personnelles que donne le doigt. Le pulsiloge de Sanctorius, le sphygmomètre de Hérisson, le sphygmographe de Vierordt, celui de Marey, celui de Brondel, ont été employés bien des fois; mais si ces instruments peuvent avoir des avantages dans la main d'un habile observateur, comme le doigt dont ils prétendent remplacer lusage, ils sont la cause d*un grand nombre d'erreurs. En effet, comme Ta dit Marey, selon que l'on applique l'instrument avec plus ou moins de force^on ades tracés dissemblables, et des observateurs différents se succédant sur le même malade, peuvent obtenir des tracés du pouls qui ne se ressemblent pas. J'ai moi*môme assisté à des épreuves de ce genre, et parmi les tracés du pouls qui ont été publiés par Bordier et G. Paul, sur les modifications du pouls par les médicaments (1), il y eu a un grand nombre qui ont été contredits par ceux que d'autres observateurs disent avoir obtenus dans des conditions semblables. — Au reste, dans la pratique journalière, le doigt d'un homme habile est le meilleur des sphygmomètres, et, si l'on ne veut que compter la fréquence du pouls, la montre ou le sablier sont très suffisants.

Il faut que les malades dont on explore le pouls soient silencieux, calmes et en repos depuis quelques instants, couchés ou assis, et que le membre sarlequel on cherche le pouls soit exempt de toute gène et de toute compression. Ces précautions sont indispensables. En effet, la parole, l'émotion, même celle de voir le médecin, l'exercice, la station verticale (2), augmentent un peu la fréquence des battements artériels de la radiale, et la compression des membres peut en altérer le caractère. Généralement il est utile, chez les personnes impressionnables, de tàter le pouls à plusieurs reprises et sans prétention doctorale, afin d'éviter les erreurs qui peuvent résulter d'un examen fait dans des conditions capables d'augmenter la fréquence des pulsations. On voit ainsi, chez quelques femmes et chez les enfants, le

(1) C Paul, De Vemploi du êphygmographe dam Véiude de$ agent$ thérapeutique$ (But- Iftin de thérapeutique^ 1865, p. 105); — De la digitale iur le pouls, même année, p. 193.

{t) D*aprè< celte observation clinique, le docteur Tufncll de Dublin a basé le traitenwni de« anévrysmes et en a obtenu des succès remarquables. A son tour, le docteur de Uenxi tend à faire du ralentissement du pouls dans la station horizontale un signe diagnostique important. Suivant son observation, cette différence est proportionnée aux forces du patient. EUe est ainsi moins grande chez les vieillards, les valétudinaires, et à la période uJtimedes maladies. Plus la maladie est déprimante, plus la différence est sensible au début. EUe est le llieruiomètre de la dépression des forces par la réduction des matériaux organiques. Le maximum de cette différence s*observe par cette raison dans la fièvre hectique. Dans les alfections typhiques et typhoïdes, la simple position assise sur le lit augmente eoosidérabteoient le pouls du patient; et de même de toutes les maladies atteignant pror fondement la nutrition. Si donc cette différence ne peut servir de critérium diagnostique, elle indique du moins le caractère et le degré du mal. Elle est surtout un signe précieux de i'état des forces du malade et en devient une mesure des plus sensibles. En examinant le l*oals à cet égard, on juge à coup sûr si le malade peut se lever sans craindre la syncope ai les antres accidents résoltaot de la position verUcale (Filiatre sebetio).

308 TROUBLES DE l'APPAREIL CIRCULATOIRE.

pouls tomber de 15 à ^0 pulsations après quelques minutes de conversaliun. C'est un phénomène désigné quelquefois sous !e nom de pouls du médecin.

Le pouls offre d'innombrables variétés de fréquence, de nature et de caractère, suivant l'âge, le sexe et l'idiosyncrasie des individus; suivant les conditions extérieures normales au milieu desquelles ils se trouvent, et suivant les maladies, leur siège, leur degré, leur danger même, etc. Il doit être étudié dans sa fréquencCy dans son volume, dans sa consUtancey daiis sa tension et dans son rhythme. Malheureusement les différents caractères qu'il présente, variables et mobiles, s'observent si souvent dans des conditions opposées à l'état normal et à l'état pathologique par exemple, qu'il est impossible d'en tirer des signes aussi certains que plusieurs palhologistes, et notamment Bordeu, l'ont professé.

ARTICLE PREMIEU

SIGNES FOURNIS l'AR LA FKÉQUENCE DU POUL>

Émotions, — Sous l'influence d'un bruit soudain, d'une peur vive, de la colère ou du chagrin, le pouls s'accélère de 10 à 20 pulsations par minute.

Exercice. — Il suffit de courir, de monter un escalier ou de marcher longtempssur unecùteun peu raide pour accélérer le pouls et pourdonner de l'essoufflement. Dans ces cas, les pulsations augmentent de 8 à 20 pai minute.

Digestion. — Après un bon repas et surtout s'il est rendu plus excitant par quelques verres de bon vin, le visage est animé, les forces sont plus vives, la chaleur de la peau plus grande de un degré, et le pouls plus fort, plus dur, a une fréquence plus grande qui varie de 1:2 à 20 pulsations à la minute. Si c'est là, comme le professe Marey, une preuve de faiblesse et d»paralysie du réseau capillaire périphérique, alors à quoi sert-il de se réconforter par une bonne nourriture ?

Dt'cubitus, — Chez les sujets faibles et chez les convalescents couchés, le pouls à SO s'eleve rapidement à 92 ou à 100 dans le décubitus assis lorsque les malades se mettent à leur séant. C'est l'influence de Teffort qui accompagne ce mouvement (1).

La fréquence du pouls s'apprécie à l'aide du doigt et se compte au moyen de la montre à secondes. Elle offre différents caractères que Ton désigne par les noms de pouls uccêlérê ou fréquent, de pouls lent ou rare.

Le pouls fréquent s'observe dans l'état normal sous l'influence des émotions vives, de l'exercice, de la marche ou de la coui*se,de la digestion, des boissons alcooliques ou excitantes, du décubitus, surtout chez les femmes et chez les personnes faibles, nerveuses ou excitables, etc. Alors, il n'y a

^n Errico tie r»i>u2\ (nii. med,. \S6\\ p. ÔIS.

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