CHAPITRE Vil
La cyanose (de xuavo;, bleu, et vdixoç, maladie) a reçu un très grand nombre de dénominations parmi lesquelles nous ne citerons que celles de maladie bleue, de cyanose cardiaque^ de cyanopathie et de maladie par surhydrogénation du sang, J. Franck l'envisage et la définit comme un état morbide dans lequel existe une lividité particulière de la peau, ayant son principal siège aux lèvres, aux mains et aux pieds, accompagnée de refroidissement des extrémités, de mouvement anomal du cœur, de dyspnée intermittente, de faiblesse musculaire et de tendance aux hémorrhagies. Louis et Élie Gintrac n'appliquent l'expression de cyanose qu'à la couleur bleue qui sq rattache à la communication anomale des cavités droites et gauches de l'organe central de la circulation ; mais cette manière de voir est trop exclusive, et elle n'est pas complètement acceptée dans l'état actuel de la science.
Dans un traité de diagnostic, c'est un devoir d'accorder au mot cyanose l'étendue la plus large, de l'employer comme désigiiant toute coloration hkue de la peau, et de l'analyser comme un phénomène ou symptôme commun à un certain nombre de maladies.
Plusieurs divisions ont été introduites dans l'histoire de la cyanose;
m TIIOUBLES DE L*APPAREIL ClRCrLATOIRE.
mais celle de J. Frank est infiniment préférable aux autres. Il faut admettre avec lui une cyanose cardiaque produite par les maladies du cœur, ui.e C!/(inose pulmonaire causée par les maladies du poumon et les obstacle^ .\ rentrée de l'air dans la poitiine, enfin une cyanose encéphalique produit»^ ])ur les maladies du cerveau et des nerfs, qui, par excès ou diminution dr rinilux nerveux, font obstacle à l'hématose.
Sir.NES FOIUMS PAU LA CYANOSE CARDIAOI'K
La cyanoic cardiaque est déterminée par les nombreuses confonnatiori> vicieuses du cœur et des irros vaisseaux, susceptibles ou non de produira pendant la vie le mélanine du sang veineux avec le sang artériel, ou l'obstacle à la rentrée du sang dans le cceur. Parmi elles je mentionnerai :
1" La persistance du trou de Rotai, ouverture qui, chez le fœtus, fait comnumi(|uer l'oreillette droite et l'oreillette gauche, et qui, s'oblitérant ordinairement du premier au quinzième jour après la naissance, peut iw point se fermer. Celte anomalie tient, et c'est le cas le plus fréquent, a un simple défaut d'adhérence, nu bien au manque du repli valvulaire. Si l'ôu vient à pratiquer l'autupsie, on trouve alors que le trou de Botal a uiulargeur de i> ou i centimètres et même plus, ({ue son trajet est tanl''»t direct, tantôt oblique, mais que, dans ce dernier cas, il est toujours rétréci. De toutes les altérations (|ui peuvent produire la cxanose, la persistance (lu trou do r»otal est la plus fréquente et mérite d'être placée eu première ligne. Cej)endant, comme je l'ai établi ( i ), on observe assez souvent dans les premières semaines de la vie une persistance du trou de Rolal >ans CNanose.
-2 La n(»ii-obîitéralion du canal artériel, avec ou sans persistance du trou de rn)tal, est un accident déjà plus rare. Cette lésion, toujours congénitale, laisse communiquer le sang veineux avec le sang artériel.
:»' Le itvur, comm»^ celui des pe»issons, peut n'être composé que d'une oreillette et d'un ventrieule, donnant naissance à un tronc unique (}ui se divise bientôt en deux branches pour former les artères pulmonaire et aorte. Le tlvicteur Ihore a publie un intéressant travail sur cette vicieuse conformation du COUH" {'2'.
\ Peux oreillelles peuvent surmonter un seul ventricule, ce qui rapj>elle la disposition anatomique du co-ur des reptiles. Haller en a rapportr* des exemples lou
r» La elois<»n «jui sépare les ventricules manque quelquefois, soit en
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