SIGNES FOURNIS PAR LA CYANOSE CARDIAQUE
partie, soit en totalité, et il y a alors une communication élnblie entre les deux ventricules.
6* L'oreillette droite peut s'ouvrir dans le ventricule gauche.
7* Les deux oreillettes s'ouvrent dans le ventricule droit, et le sang arrive dans le ventricule gauche, d'où naît l'aorte, par une perforation de la cloison interventriculaire.
8* L'aorte provient des deux ventricules à la fois.
9* L'artère pulmonaire, mais le cas est plus rare, a cette double origine.
10* L'aorte naît du ventricule droit et l'artère pulmonaire du ventricule gauche.
1 i* L'aorte et l'artère pulmonaire proviennent du même ventricule.
12* On a observé enfin une double artère pulmonaire : l'une se rend au poumon, l'autre se perd dans l'aorte.
Je pourrais, mais sans utilité, multiplier encore les exemples de ces variétés de lésions anatomiques, qui, bien que congénitales dans la grande majorité des cas, se développent quelquefois accidentellement, à la suite d'un travail pathologique. On trouve, par exemple, dans les annales de la science, des observations où l'on a vu soit la cloison' des ventricules, soit la cloison des oreillettes, au niveau de la fosse ovale de préférence, être le siège de déchirures et de perforations consécutives à un état morbide.
Lorsque les cavités gauches et les cavités droites viennent à communiquer ensemble, on les trouve habituellement dilatées et leurs parois sont souvent hypertrophiées. En outre, Louis et Élie Gintrac ont démontré que, dans ces cas de communication insolite, les valvules du cœur droit sont altérées et déformées, et les orifices rétrécis. La lésion indiquée par ces deux observateurs occupe de préférence les valvules de l'artère pulmonaire. Chez les malades qui succombent avec les altérations pathologiques dont il est ici question, le système veineux est gorgé de sang, les sinus cérébraux sont congestionnés, les poumons affaissés. D'après Gintrac, les substances blanche et grise des centres nerveux sont difficiles à distinguer lune de l'autre, tant la congestion sanguine est profonde; les muscles sont grêles et poisseux, les os amincis; tout le corps enfin semble avoir subi un arrêt de développement.
Le phénomène le plus évident de la cyanose cardiaquey et celui qui a soulevé le plus de discussions, est la coloration bleuâtre, violacée, noirâtre, livide ou pourpre de la peau. Cette coloration ne se trouve pas également répaurtie sur tous les points de la surface du corps ; elle s'observe surtout aux lèvres, aux paupières, au pourtour des narines, sur les joues, le nez et les oreilles, aux parties génitales et à l'extrémité des orteils et des doigts renflés en forme de massue. La teinte bleue devient plus foncée pendant les quintes de toux, pendant la marche, les efforts musculaires en général, les émotions morales, et sous l'influence aussi des variations atmosphériques. Un repos prolongé peut, assure-t-on, la faire disparaître; mais ce fait est aussi rare que contestable. Maintenant, quelle est la cause déter-
niinaiilc tU' cetlr coloralioii bleiio? ïiunt-clle à la coniiminioationarionial' (k*s cavilcs <ju cd'iir, ainsi que l'ont avancé Corvisarl et Ginlrac? Esl-oll»^ due siniplemefit à la izùne de la circulation veineuse et à la slase du SLir:« noir, comme l'indique .Mor^agni? Ou bien enfin résulle-l-elle de l'inconiplèle oxygénation du sang dans les jeûnions ? Telle est la question (juil faut résoudre.
Cesdin'érentes intluencesconcotn*ent toutes à la production delà c\aiio>^-, et chactnie d'elles trouve des faits en sa faveur.
Lors(|ne Morgagni a présenté Thisloire si intéressante d'une cvarn»>'' (^ongénilale chez une jeune fille (1), il a eu le soin de faire remarqii'i (|u'avec la communication anomale îles deux co'urs il existait un relreti — sèment considérable de l'orifice pulmonaire. De celte disposition pathub.gique découlait naturellement la stase du sang veineux. Louis a égalemei»: noté le même fait dans la majorité des cas qu'il a observés, et la coluralion bleue a manqué, au contraire, toutes les fois ijue les orifices sont iv^tes sains et libres. Or, a^i argument bat singulièrement en brèche Topin ir.n du niélange di^s deux sangs à travers l'ouverture anomale. Et puis, ain>i (|ue Fou(|uier l'a fait si judicieusement remanjuer, comment se fait-il qu»* le Inius, dans les vaisseaux du(|uel il ne circule que du sang noir, naît point la peau c(don'e en bleu? Enfin, comment expliquerait-on la cyanos»pendant le stade de froid des fièvres intermittentes, dans le cours des autres maladies de ra|)pareil circulatoire, dans les maladies du poumon, dans la brom^hite capillaire, dans l'asphyxie et la période algide du choléra. si ce n'est par le fait de la stase du sang veineux et par l'absence d'hématose.^
On ne saurait donc regarder la cyanose comme étant toujours la cons^- (luence de la communication des cavités du cieur et du mélanine des san::> artériels et veineux: elle n'est pas davantage une stase sanguine: c'est un phénomène se rattachant à un certain nombre d'altérations morbides dilT^*rentes : lésion du cceur, rétrécissement de l'artère pulmonaire, slase veineuse, asphyxie, vW.
Les mahub's aiïectés de a/dHOse cnrdiiiqnr ont, en général, le visait* boulfi, bleuâtre, les yeux proéminents et humides, les sclérotiques bleues, la conjiuictivc, l'iris foncés en couleur, les pupilles presque fixes, les lèvres bleues, la laiiirue inénale, volumineuse, vicdacée comme les lemimenls, les onirles incurvés, et les extrémités des orteils ou des doigts sonfiés en massue oflVant une teinte violette plus ou moins prononcée. — Il> éprouvent une grande gène respiratoire, qui augmente par le moindiv exercice, et sont sujets à de fréquents accès de dyspnée. D'après.!. Frank, ce phénomène, souvent périodique, va (juel(|uefois jusqu'à la suffocation, ft s'accom|)agne fre(|uemment d'efl'rayantes et longues lipothymies. L<'> causes les plus légères provo(juent habituellement ces paroxysmes, qui durent plusieurs heures et qui se répètent, en général, à des intervalles assez rapproches.
(I) Morg.iirni, /V rc-.iihus rt cau^t^ m"rh.. «'|»ist. xmi. it.