CHAPITRE IV
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moins brayanles» qui sont dues à des contractions du diaphragme; les muscles qui meuvent la face, et en particulier ceux des lèvres, participent à cet état et provoquent Tépanouissement de tous les traits de la physionomie. On peut le provoquer par le chatouillement des côtes ou de la plante des pieds, et ce peut être un moyen de torture, car Haller raconte que les émissaires de Louis XIV usaient de ce procédé pour convertir les hérétiques des Cévennes. C'est le rire réflexe.
Il est des circonstances où ce phénomène, en apparence si normal, et que Ton est habitué à ne considérer que comme l'expression de la joie, prend l'importance d*un signe diagnostique : c'est, par exemple, lorsque le rire n'est pas motivé par les actes de la vie ordinaire, par les circonstances agi-éables du milieu où l'on se trouve, par les conversations, et lorsqu'il se produit sans la participation de la volonté. Les aliénés, les individus qui délirent passagèrement, les idiots, en fournissent à chaque instant des exemples. Les femmes sujettes aux attaques d'hystérie sont également prises quelquefois d'un rire analogue ; elles l'entremêlent volontiers avec des pleurs et des sanglots, et elles n'ont dans le moment aucune con* science de ces manifestations insolites. Ce trouble spécial et instantané du système nerveux présage souvent l'invasion ou la fin d'un accès convulsif ; mais nous avons vu des cas où il se produisait tout à fait en dehors de ces circonstances morbides.
Il est une variété du rire qui a reçu le nom de rire sardonique, parce qu'on l'observe, assure-t-on,chez ceux qui font usage d'une renoncule qui croU en Sardaigne {Herba sardonia). C est un rire toxique. Son apparence résulte de l'entratnement en sens contraire des deux commissures labiales, avec spasme convulsif dans les lèvres et les joues. — On a cru trouver ce phénomène dans quelques maladies et voir dans le rire sardonique un symptôme fréquent de l'inflammalion du diaphragme et des maladies ataxiques, mais c'est une ancienne assertion que rien ne confirme plus aujourd'hui.
Les pleurs^ qui sont l'expression habituelle de la douleur physique et morale, se montrent quelquefois sans aucune souiïrance. Elles sont le signe de certaines maladies du système nerveux. On les observe chez les hvstériques, qui après leurs attaques convulsives, ou leurs crises nerveuses, rient et pleurent sans motif. On les voit aussi chez les sujets frappés d'hémorrhagie cérébrale et d^bémiplégie, lorsque la connaissance persiste et qu'on lesin« terroge, ils fondent en larmes. — C'est un excellent signe de certaines maladies du cerveau.