CHAPITRE VII
La dyspnée (de ^v;, difficilement, irvirv, respirer) est un trouble des fonctions respiratoires, caractérisé par la difficulté de respirer. C'est le symptôme d*un grand nombre de maladies nerveuses, cardiaques et pulmonaires.
Oïl le reconnaît facilement aux mouvements anormaux du thorax lorsqu'ils sont accélérés, à ces mouvements, ralentis ou même naturels quand ils sont d'un accomplissement difficile. Un sentiment de plénitude et d*étouOement vient s'ajouter à l'effort laborieux de l'inspiration. — Dans certaines circonstances, et sans que la santé soit en rien altérée, k la suite d'une longue marche, par exemple, ou bien après une course rapide, un violent exercice musculaire, la lecture à haute voix, le chant, l'ascension d'un escalier élevé, ou seulement une émotion morale vive, on observe de la dyspnée ; mais ici la durée du phénomène est éphémère, et la respiration reprend bientôt, après quelques instants de repos, son rhythme facile et régulier. — Chez quelques personnes cependant, il n'est pas rare de rencontrer une Viisposition toute spéciale à l'anhélation, sous l'influence de la cause la plus légère; elle est fréquemment l'avant-coureur de l'asthme, de l'emphysème pulmonaire, de la tuberculisation du poumon et de la plupart des maladies chroniques de la poitrine ou d'une affection organique du cœur. Les chlorotiques, les anémiques, les convalescents d'une longue et grave maladie, les sujets naturellement faibles et débiles, ont aussi très fréquemment de la dyspnée; c'est même inhérent à leur situation. La respiration chez eux est laborieuse : il semble que chaque inspiration nécessite un effort considérable des muscles élévateurs des côtes; les inspirations s'accélèrent, sont courtes et comme inachevées. Ces malades s'expriment généralement sans éprouver une gêne bien marquée dans la parole, ils ne paraissent même pas souffrir du trouble de leur respiration ; mais, aussitôt qu'ils prennent la position horizontale ou qu'ils dépensent un peu de force dans quelque exercice que ce soit, ils éprouvent ce sentiment de plénitude thoracique que nous avons déjà signalé, et leur respiration s'accélère. Ce n'est là, du reste, que le premier degré de la dyspnée
En admettant avec Haller que l'enfant nouveau-né fasse trentenieux inspirations par minute, tandis que vingtou vingt-deux suffisent à un adulte bien portant, on est frappé de l'augmentation excessive que subissent ces chiffres dans l'état pathologique. Ainsi Valleix a compté jusqu'à soixante-
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