‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 157 sur 295 · TlUiriîLKS Di: l'ai'pap.kil respiuatoiuk · texte numérisé non relu

TlUiriîLKS Di: l'ai'pap.kil respiuatoiuk

(|ualr(.* in>|Hrali()iis chez des iiuuveau-iiés alleinls de piieuinonie h: Aiulral a vil l('s parois ihoracirjiios s'élever suixanle-qiiin/.e et qualre-viiiirls lois par iniiiule dans les alVeclions pureineiil nerveuses, el il a nièiii»' eoinple eeiil qiiaraiile inouveinents respiratoires cliez une jeune fenniir ♦Ml pi'oie à divers accidents !i\steri(|ues (:2j. La IVcMpience de la respiratinii atteint rarement des proportions seini)Ial)Ies; elle est en général très \iiriahle et |)araît être assez ordinairement en ra|)p(»rt avec le caractère «!♦' la maladie, el principalement avec l'importance physiologique de l'oriiaii»' alVeclé et la nature de sa lésion.

La dyspnée s'ohserve dans les maladies des fosses nasales, telles qu»* le corvza des nouveau-nés, amenant le redressement et le renverseintiil de la langue, les polvpes du nez; — dans les maladies du pharynx, l(lles que les ahces relropliarMigiens, les amygdalites simples ou supfHir«'es ; — dans les maladies du /^^'?//^(^ telles (|ue les cor|)s élranger>, la diphlhérite ("roupale, la laryngite striduleuse, les polypes du lar\nx, l'œdème de la glotte, les tumeurs du coi'ijs thyroïde, qui compriment la trachée; —dans \vs tunu'urs du m^v//r^5//// ganglionnaires, anévrysuiales dtî l'aorte ou cancéreuses; — dans les maladies du poumon, telles qn** Temphysème pulmonaire, la bronchite capillaire, le calarrtic sullocant et certaines pneumonies: — dans les phlegmasies de la />/é//r, lorsqu'il y a un epanchement considérable, — dans le pneumothorax: — dans les wiladies du péricarde et du ctrur allècté de rétrécissement ou dinsullisantv auriculo-ventriculaire, dans langine de poitrine; — dans les malatlies dn péritoine et de l'intestin, lorsque le ballonnement d'une péritonite ou d'une lièvre typhoïde refoule le diaphragme en haut; — dans les uèrro^*'^ hfislériijues el convulsives; dans l'asthme nerveux; — dans C777/////^'a* inU' ladies véréhrales, intéressant les origines du pneumogastrique, etc.

V)\\\\^\\x pneumonie a iiju'è, la gène de la res[)iralion ordinairement modérée peut être excessive, et les malades éprouvent (|uelquefois un sentiment de sullocation: mais ce phénomène n'a guère lieu <|ue lorsque hi j)neumonie s'est développée très rapidement et (ju'elle a envahi les deux j)oumons; c'e.l le fait de la bnnichite capillaire, si bien désignée par Laennec sous le nom de catarrhe sullocant; delà pneumonie lobulaire. confluente des enfants, caractérisée par la respiration e.rpiratrice ;3j,etc. On voit des sujets qui ont une dyspnée extrême, chez lesqueLs on coniplt de(|uaranle à soixante inspirations par minute, elqui, menacés d'asphyxie, restnil assis sans pouvoir à peine s'exprimer. Chez d'autres, au conlraiiv, la gène est également très grande, mais elle existe avec un nombre jx'ii élevé d'inspirations.

Si, dans la pneumonie, le trouble de la respiration est modéré, il iiVu est pas de même dans la jdeurésie : là les inspirations sont courtes, eiilre-

il) V.illtMx, (Utniqne des rnfunts tunivcau-ucs, p. lur>.

cl) AinU";»!, CVt/nV/ja' ni>'i{nalt\:i^ odition, t. III, p. TtlO.

(:]) lloiirliui, Traitf ili's nuiliiilu's dr.s itonrruu-nes t.'l des etifants à la mamelle, arti'i''

f Nt:i MOME.

coupées, comme avortées. Dans les premiers temps, cette gène de la respi^ ration est principalement due à la douleur; mais, un peu plus tard, la compression du poumon, l'impossibilité de son expansion, précipitent les mouvements et les rendent incomplets. Lorsque la pleurésie est passée à Tétat chronique, la respiration est courte, accélérée; mais souvent il n'y a pas de dyspnée proprement dite.

La dyspnée, peu marquée dans le premier degré de la phthisie pulmonaire^ fait de rapides progrès à mesure qu'on avance vers la deuxième période. Elle devient plus continue et augmente beaucoup lorsque les malades veulent courir ou faire une ascension rapide. Le soir, et surtout lorsqu'il survient un mouvement fébrile, on voit chez un grand noinhre d'entre eux Tessoufflement augmenter par des causes légères.

S*il se fait un hydro -pneumothorax^ la dyspnée devient subitement excessive et accompagnée d'une douleur extrêmement vive dans le côté.

Elle est continue dans les maladies du ventre qui refoulent le diaphragme dans la poitrine et empêchent l'air de pénétrer dans les poumons. Il n'y a là qu'une différence de degré, et chez les individus affectés de tympanite considérable, pendant une fièvre typhoïde ataxique et adynamique, dans les ascites volumineuses ou dans les hydropisies enkystées de l'ovaire, il y a toujours une dyspnée plus ou moins pénible.

Dans l'opinion de CuUen, de Pinel et de Corvisart, Yasthme ne serait qu'une dyspnée revenant par attaques et dans l'intervalle desquelles la respiration est plus ou moins libre. C'est une erreur : l'asthme est quelquefois une maladie nerveuse due au spasme des bronches et du poumon, dont la dyspnée constitue le principal symptôme; et, en effet, pendant leurs accès, les asthmatiques ont une respiration difficile, fréquente, qui provoque la contraction très énergique des muscles respirateurs. Mais, dans l'emphysème vésiculaire du poumon, dans le catarrhe suffocant, dans J angine de poitrine, dans Thydrothorax et dans l'hydropéricarde et certaines affections cardiaques, compliquées d'asystolie, la dyspnée qui prend les formes de l'asthme est ta conséquence de ces différentes maladies organiques. Alors, l'air manque quelquefois aux malades : ils se mettent sur leur séant ou sortent de leur lit, et font des efforts considé- ' râbles pour faire entrer dans la poitrine la plus grande masse d'air qu'il est possible d'y introduire. Lorsque chez eux la dyspnée est poussée à ce degré» ils se cramponnent à un corps solide, afin de donner un point d appui aux muscles inspirateurs, dont les contractions devieiment très violeates. Leurs yeux sont hagards, la face exprime la frayeur, la peau devient presque insensible ou même tout à fait insensible (1), et souvent il y a sur les lèvres une teinte bleuâtre de cyanose, qui annonce lasphyxie imminente* C'est à cet état que les anciens donnaient le nom A'orthopnée

{ 1 1 Bouchut, De Vanesthésie dans la dernière période du croup servant d'indicUion de la irach^aiomie (Comptes rendus de V Académie des sciences, 1858).

(de ô;//o,-, droit, et -r-juvy respirer); ce qui signifie rimpossibilité pour l> malades de respirer autrement que dans la situation debout ou assise.

Hans quehiues (nn/incs, mais surtout dans Vamjinf œdémateuse uu u'ilrme de la f/lotte, dans les pohfpe.'i du larf/na\ dans la laryngite striduieus^^, dans le spasme de la glotte, dans les ulcérations tuberculeuses du Iar}n\. constituant la phthisie laryngée, dans les polypes du larynx, dans les coi'ik êtraufjeis de cet organe, dans le croup y loppression fait en quelqut^ instants des progrès immenses : des paroxysmes de suffocation se manifestent et tendent sans cesse à se rapprocher et à devenir plus violeiil>. Lors(jue l'enfant est pris de ces accès de sulTocation, il se remue et s'agiuconvnUivement, s'accroche aux draps de son lit, à la robe de sa mère, d^*c\\m^ les papiers de tenlurt\ et retombe brisé, au bout dun instant. Un p»'U plus laril, alors (|u*il a |)uisé dans un calme fort peu réparateur une suîtisante quantité de lorce. il reprend sa lutte, semble se mettre en gard»contre la mort, mais il lâche bienirii prise, et, passant par un état d'an»'>tliesit» plus ou moins prononce, il meurt asphyxie si Ton ne s'oppose auv progrè> du mal.

On observe entin la dyspnée, dans les maladies du diaphragme, dan^ I;i pleurv)d\ nie, dans certaines paraKsies diphlheritiques occupant les noiN inlercoslaux, dans ctu'taines dyspepsies tlalulenles, dans Unstérie, daii> certaines mahidies de renee}>hale intéressant le pneumogastrique, daii> la congestion îles bronches par des L'anulums bronchi(|ues ou par un aii»'vrNsnie de l'aoïle.

Pans les diverses maladies dont il vient d'être (|uestion, il ne faut [la^ croire que la (lN>pnee >oil toujours un j)henomene continu; cela peut-être, mais soUNcnl aussi, hitii ijue de> le>ions du lai\nx,des poum<»ns ou du c-eur persistfut, ou ne ro[»>,.rNe, au couliane, le plu> généralement <pi*' par iulrrvalh s, taiit<»l a[»re> le i«[<a> ou a liieure du coucher du soleil, tant 't ap'.es !«• jtiu> léger exerciee c<M|)orel uu l'émotion morale eîi ap[»dreui'e la plu> iu>i«iiilivmîe. Il e>l même nii[>oN>ible de rien préciser sur repo,|.i'' lie 1 aj>;>.\nlh'U de la dv>pnee (U- ee> maladies. En eflel, tantôt cV.r j-itCïil'. lie lu\ir. t»iîj' Im.in ,t> aulir> >\mpt«e»iu>>. tantôt un ne la voit >;î: \t :vr o'.i'.i un. ;>-: ««le iu> aNauie- de la m.ila. lie; parfois, enlin, >t'> irî.'.:> s 'î.l ;^:r;.': i i-^ «>; la d\<[»nee >e moiilr»- alors avec les caractêro^ le> îî/a ;i\ iM'.v !.' > «:•• ....t» : :;.illfiiie.

K; >.- pîe^r:,l'' î.a; ;.• '-".u-w: \i .; î.vîii.n ^io va\oir si une altération du >.r..«. ".:; ;'/; • '..>i.i'..î • •.:• I /..r .».;.: r allt !.iîi »:i li», > M»iides. peut priMluirt- la ii\>;»:.; •- '':, - :i ;':j<e...»' ir ia «' ..c tus .: .^.:j.;e ûv la resniralion d.ui> 1 .tiï;i..t , r.i:.> iA i... 'r.'M. via:i> i . -»#,:. liai.c .e> henR»rrba::ies, et fu ^i /v'... v:.;:.> l v;> \> '.:.*.> :r. •i:>;:t> i«:i .e ^vin-: a >uî.>. certaines njoditical.v^'..> c.. '.. . ::. :.t : >.o:: t >; t :. vi.^:: :\. :".;:::. ti que ia dyspnée peut être produit»* |v.:' v.c > '...'..^lo .i;N{:> .î.'.v'i;-> c..t:.> .a l..»:iij».'>;1 i.»n inlinjedece liquide.

r.i.l'-.;; .à\!i.,i t ; >-. s xaTitt'.s :î.:\;- lU'jiii lt> fonctions du s^steiiu* ;u : \i\î\. ce : ..iî!..:t ;r. c.c ".a l'.v-:.;^^ :.<.-.• w.: j^.uls et de la re> pi ration, ^l e.\î:o,;l aa»'., vî.i; U > >.: ^ is r.,. :/, .t >.». ^ ^.^I w;»:»;iu\:i. la ii!us légère enio-

tion et le moindre exercice occasionnent une dyspnée plus ou moins violente. Au reste, ce que Tobservation des malades a établi se trouve confirmé par les expériences physiologiques récentes, qui ont prouvé toute l'activité du réie que l'élément nerveux joue dans l'accomplissement de la respiration. Toutes les maladies ayant une influence sur l'innervation générale déterminent de la dyspnée. C'est ce qui se passe dans Thystérie, la gastralgie, rhypocondrie, etc.

Les névroses que je viens de citer ne sont pas les seules causes qui agissent sur l'innervation pulmonaire; mais les maladies de l'appareil cérébro-spinal, telles que l'hyperhémie, ThémoiThagie cérébrale, le ramollissement du cerveau (aigu ou sénile), la paralysie diphthéritique des intercostaux et du diaphragme, les tubercules, les épanchements en général, la myélite, la méningite, les maladies des nerfs pneumogastriques, du plexus pulmonaire et cardiaque, les névroses du tube aérien, du conduit alimentaire, de l'estomac, du foie et des viscères abdominaux, peuvent encore entraver la fonction respiratoire et produire la dyspnée.

D'après cette énumération, qui est loin d'être complète, on peut voir combien la gène de la respiration est chose importante à étudier dans les maladies. Ce n'est pas un signe de diagnostic toujours certain; mais, dans quelques cas, la gène respiratoire permet d'aflirmer l'existence d'une maladie de préférence à une autre. Chez les enfants, la respiration pénible, saccadée, commençant par un effort d'expiration gémissante, est un signe de pneumonie. La respiration gênée, sifflante jserratigue /indique le croup. — La respiration sifflante dans l'inspiration et facile dans l'expectoration indique l'œdème de la glotte; — le cornage ou respiration laryngée bruyante dans les deux temps indique une compression du larynx ou de la trachée par des tumeurs ; — la respiration courte, empêchée, douloureuse, annonce une péritonite aiguë, et la respiration irrégulière, suspirieuse, incomplète, fréquente, puis ralentie, indique une inflammation des méninges ou une aOection cérébrale organique. Ce sont là d'excellents signes de diagnostic.

Quelle que soit la forme de la dyspnée, habituelle ou intermittente, il est rare qu'elle existe sans cause matérielle appréciable, et il est presque toujours possible d'en trouvée la cause dans une lésion organique quelconque, principalement des bronches, du larynx, des poumons, du cœur et des feuillets séreux qui recouvrent ces organes. C'est par exception qu'en l'absence de toute maladie organique des voies respiratoires ou du sang la dyspnée doit être considérée comme un trouble purement dynamique ; et ici je dois écarter les sujets hystériques, hypocondriaques, ou bien les individus en proie à des passions très vives, étiolés par des habitudes d'onanisme et des excès de toute nature, les gens dont le sommeil est insuffisant ou les femmes portant des vêtements trop serrés ; car, à l'égard de ces cas exceptionnels, il est impossible de poser des règles générales.

La dyspnée est un signe assez souvent défavorable, et l'on peut dire qu'il est de mauvais augure lorsqu'il est caractérisé. Une dyspnée avec

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sNinplimie (i asphyxie et lorthopiiée indiquent toujours un dau^^er sérieux.

La dyspnée nNîtant point une maladie, mais un symptôme oceasionii^par des maladies variables du larynx et de l'appareil respiratoire, il en résulte une impossibilité absolue de la combattre par une médicaliuii invariable. Le médecin doit avant tout rechercher la cause du mal.

Si la circulation est précipitée ou i^énée, comme dans les nosorganies du creur ; si le sanir est en trop irrande abondance, ce qui arrive dans la pléthore, l'indicalion est d'ouvrir la veine, parce qu'en diminuant ainsi la IVé- (juenceet l'intensité des battements du cœur, on a la presque certitude <]♦• (aire cesser la dyspnée et d'en éloigner le retour. La digitale, le slratnonium, l'élher et l'opium ne doivent être employés que pour diminuer la contractilil«' du civur, ou dans le but de calmer le spasme des bronches et des poumons, ell'et passager dont le résultat est au moins le soulageinciil des malades. Les corps étrangers des voies aériennes réclament leur tniilt^ment particulier, et la dyspnée (ju'ils occasionnent ne peut cesser qu'après leur exlraclion. (l'est ainsi (jue, dans (|uelques circonstances, la trachéotomie est une ressource extrême contre la suHocation. Dans aucun cas, le médecin ne d(Mt s'inspirer exclusivement du symptôme pour guider sa thr^rapeutique, surtout (juand ce syn)pt«')me est, comme la ^ène de la respiration, un phénomène banal qui s'observe dans une loule de maladies dillVrent«'S. C'est la cause (ju'il Tant rechercher pour la combattre par ile> moyens rationnels et utiles, et les remèdes dynami(|ues ne doivent ètrenli^ en usage (|ue dans Us cas où les lésions organi(iues sont associées à dtpheiUMUenes de dysj)nee nerveuse bien caractérisés.

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