CHAPITRE XI
SIGNES FOUHMS AU DIAriNOSTIC PAU LES TROUBLES DE LA FONCTION RESPIRATOIHE
Les signes fournis au diagnostic des maladies par l'étude de la respiration sont de deux ordres.
Dans le piemier, se trouvent ceux qui résultent de robservation extérieure du malade : tels que les variations de capacité et de dimensions de la poitrine; — la fréquence des mouvements respiratoires augmentée ou diminuée; — le rhythme de la respiration perverti; — V ampleur variable des mouvements respiratoires ^ et là viennent se placer quelques considémtions accessoires sur des faits qui sont intimement liés à ces phénomènes et qui en dépendent : tels que la quantité et les qualités de l'air inspiré et expiréy la spirométrie, etc.
Dans le second ordre, sont compris les signes pour la détermination et pour l'appréciation desquels on est obligé de recourir à un examen plus direct, plus immédiat, si l'on peut s'exprimer ainsi : tels sont les signes que fournissent les bruits respiral aires pathologiques des poumons et dis
SIGNES FOURNIS AU DlAGNOSTrC PAR LA RESPIRATION. 473
bronches, les modifications que la maladie fait subir à la résonance de la toux et de la voix dans la poitrine y modifications que peut seule percevoir roretlle appliquée sur le thorax avec ou sans intermédiaire. Ce sont les signes fournis par V auscultation.
C'est seulement après l'examen et la description des signes fournis par l'auscultation que j'étudierai les signes fournis par la percussion de la foitrine, et cela pour deux raisons : d'abord, parce qu'ils sont d'une importance moindre, et ensuite que les procédés dont on fait usage ne sont pas sans quelque analogie avec ceux de l'auscultation. L'étude de ces signes sera pour ainsi dire une transition naturelle entre l'histoire des phénomènes observés dans les affections de l'appareil respiratoire et celle des signes que l'on découvre en étudiant les maladies de l'appareil circulatoire.
ARTICLE PREMIER
Les phénomènes de la respiration normale et ses bruits normaux doivent être parfaitement connus de tous ceux qui veulent apprécier les modifications qu'éprouve la fonction respiratoire dans l'état de maladie. Il est de toute nécessité de commencer l'étude de ces modifications par quelques considérations préliminaires, sur la manière dont les mouvements respiratoires se succèdent et sur leurs rapports avec le pouls, afin de pouvoir déterminer les différences pathologiques au point de vue du diagnostic et du pronostic.
\ l'état de parfaite santé, la respiration est égale ; elle se fait sans effort et sans bruit. Les mouvements respiratoires sont égaux. Le nombre des respirations se répète un certain nombre de fois, toujours le môme, dans l'espace d'une minute, suivant les âges, et peut-être aussi suivant certaines conditions individuelles en dehors de tout état pathologique. Ainsi, chez l'enfant, il varie enti'e vingt-cinq et trente ; chez l'adulte et le vieillard, il oscille entre douze et vingt; on considère généralement le nombre seize comme représentant assez exactement la moyenne normale. Chez la femme, et chez les sujets d'un tempérament nerveux, irritable, chez d autres aussi qui passent pour avoir l'haleine courte, la respiration est un peu plus accélérée. On remarque assez habituellement que le chiffre des mouvements respiratoires est dans un rapport presque exact avec celui des battements du pouls, comme 1 est à 4.
Chaque respiration se compose de deux mouvements successifs, entièrement distincts dans leur mécanisme et opposés dans leur résultat : Vinspirationj phénomène actif, s'opérant par des contractions musculaires et ayant pour but d'introduire l'air dans le poumon, c'est-à-dire dans les cellules pulmonaires ; Vexpiration, purement passive, se produisant par la cessation de ces contractions, par l'élasticité du tissu pulmonaire qui revient sur lui-même, et dont le résultat est l'expulsion de l'air qui a servi à la respiration.
Fréqftence relative des respirations et des mouvements du pouls. —
i7i Tf'.nrBLEs DE l'appareil respiratoire.
Kdw. Srnilh donne les résultats d'une loni:ue série (Inexpériences qu'il a lallf^s sur lui-niéme, à/ié de Irenle-six ans, et sur quatre femmes de >a laniille, iv^êit> de six ans, huit ans et demi, Ireiile-qualre ans et Ireiilfii<njf ans, dans le but de connaître la fréquence absolue et relative di-s pulsations et drs inspirations aux différentes heures du jour et de la nuit, et sous rinfluence qu'exercent la nourriture, le jeune, etc., sur ces acle> oriraniques. (](;s expériences avaient pour but d'obtenir une base de comparaison pour de semblables recherches relatives à la phthisie pulmonaire. Il est arrivé aux résultats suivants : La respiration et les pulsations sont plus fréquentes le jour que la nuit, mais leur progression n'est jws dans le même ordre. — 1** Pour les pulsations, voici Tordre de la proirressi(jn : nuit, de une à cinq heures du matin ; soir, de neuf heures du soir à uiKî heure du matin; matin, de cinq à dix heures; jour, de neuf heures du matin à neuf heures du soir; — :2 " pour la respiration, la progression r.si dans Tordre suivant : nuit, jour, soir et matin. — Il y avait aussi des variations sous Tinlluence des repas : ainsi, dans les trois heures qui suivaient cha(|ue repas, il y avait une augmentation du nombre des pulsations, variable |)our chaque repas; elle était en moyenne de 15 pour le déjtîuner, 14 pour le dîner et 0 pour le thé. Il en était de même pour les inspirations, l'augmentation moyenne étant de 4,i après le déjeuner, et !2,1 après le dîner ou le thé; cependant, c'est le dîner qui avait rinfluence la plus prolongée. Le jeune prolongé ralentissait les pulsations et la respiration, mais surtout les pulsations. Le rapport du nombre de respirations à celui des pulsations était très variable, le chiffre le plus bas étant trouvé chez les enfants pendant le sommeil, 1 à 5, 7, et le plus haut, cluîz les persomn\s les plus âgées, et pendant la veille, l à 2, 9. L'auteur en conclut (|ue, bien que ces deux fonctions ne soient pas nécessairement dépendantcîs Tune; de l'autre, il est cependant incontestable que la circulation est réglée par la respiration.
Varidtions trhitireu de Vinspivation et de Vexpiration, — Sans vouloir entrer ici dans Thistoire physiologique de Tacle respiratoire, je dois attirer un instant l'attention sur quelques différences qui existent, suivant les âges et les sexes, dans le mécanisme des Ae\x\ temps dont il se compose. Chez l'enfant, c'est plus particulièrement par le mouvement d'élévation des côtes que se fait l'inspiration ; chez le vieillard, au contraire, la mobilité des côtes étant grandement diminuée [wir Tossilication des cartilages du sternum, c'est principalement par le diaphragme qu'elle s'accomplit. Tn phénomène moins facile à expliquer, et qui est établi par Heau et Maissiat (1), c'est que, dans i'àge adulte, l'inspiration chez Thonnne a une prédominance bien marquée à s'exeavr par l'action du diaphragme, Tun des dilatateurs les plus énergiques de la cavité du thorax, tandis que, chez la femme, la dilatation ?t fait beaucoup
(I) IUmu 01 MiiNMit, llfcfit'iihci ^iir It' in^'canisfiie dea mouieinetits respiratoires [À'^'k. Ve». dt'mrd., ISi;{. |. t{<:>\ M. iV.7 : IIL -Ji;» .