‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 191 sur 295 · LIV1\E VII · texte numérisé non relu

LIV1\E VII

NIC;.^!:^ FOtR^lfi» %1 DI.%Cii.l)€M9rir P%R I.EM TR€II.BI.i:iîi

l»K l/.%l»P%RKII. RICiE«»TIF

CIIAPITIIE PUEMIEH

SKiNES KUL'RMS AU DIAGNOSTIC PAR l'kXAMEN DES LÈVRES

L'étal des lèvies et de leurs fonctions piésente un intérêt clinique considérable et peut devenir un signe diagnosti(|ue d'une valeur réelle.

He même que, dans TiHat de :?anlê, j»'s lèvres continuent à donner l'expression au visage, de mênie, dans l'état de maladie, elles sont Iroublées dans leurs fondions motrices ou elles concourent à donner à la physionomie l'une ou l'autre de ces expiessions si utiles à connaître, et auxquelles les anciens mederins attachaient, avec raison, une grande importance.

Srchf'rt's^r (les lèritM. — Les lèvres peuvent être sèches, ce qui arriv,pres(|ue toujours des le début et pendant le cours des maladit^ inflammatoires aiguës» chroni(jues, des lièvres continues typhoïdes, et pendant le> accès de (itères intermittentes.

Eiulnlts dt's hvtrs. — Llles peuvent être crof'itenses ou couvertes d'un enduit «'pais, poisseux, jaunàliv, (jui se concrète à l'air libre et foiine a leur burlaee un»* couche brune ou noire, plus ou moins résistante: c>sl ce qu'on voit fiequennnenl |)endaiit la période detal des maladies dans les(juelles il existe une iirave alïeeiion du tube digestif, ou dans lesquelles il ) a une altération prolonde de la composition du sang, coinine dans la dy>enterie epidemi(jue, 1«' typhus, la fièvre typhoïde, la fièvre puerpérale, rinfeelion purulente, la morve, et toutes les maladies graves, ataxiqut's ou adynami«jnes.

Volume lies h rr>'>:.— \j' rohane de ces parties doit attirer ratlenlion. Les levrt'S >e gonllmt dans l'erysipele, dans la plilegmasie du lissu cellulaire quelles renK^rnient. Sans pirler ici du volume excessif, d'une sorte d'hyperlrcqdne qui constitue une dilTormité et reclame Temploi de moyens clururgieaux, les lèvres, par leur épaisseur, donnent un caractère tout particulier a la physionomie. C est ainsi que dans la scrofule on voit sou- >em K\< lèvres grosses, saillantes en avant, principalement la lèvre sufk*rieure, et formant comme des bourrelets. Celle disposition est d'ailleurs jointe, dans cetti» maladie, à certains autres signes également caractéristiques.— Chez les idiots, élu/ les crétins de diverses localités, la lèvre

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIG PAU l'eXAHEN DES LÈVRES. 519

inférieure est grosse, pendante, et s'avance au delà de la lèvre supérieure; olie est presque toujours couverte de salive qu'elle n*a plus la faculté de retenir dans la cavité buccale.

Ulcération des lèvres. — Les lèvres peuvent être le siège d'ulcérations très variées. Elles participent, par leur face interne, aux lésions des diverses stomatites simples, ulcéreuses, ulcéro-membraneuses, syphilitiques, et gangreneuses de la bouche. Alors elles peuvent, dans ces occasions, chaiif:or de volume, se couvrir de fissures simples, de fissures syphilitiques, d'ulcérations membraneuses aux commissures et sur le sillon médian, (J*aphthes; de plaques gangreneuses; de pointillé blanc caséeux; d'Oidium albicanSy le cryptogame du muguet, etc. Ces modifications sont surtout très marquées dans la stomatite mercurielle, dans la stomatite ulcéreuse, dans la gangrène de la bouche, dans le muguet, dans la syphilis congénitale héréditaire, etc.

Division des lèvres. — Cette division simple ou double, avec tubercule médian, caractérise la diOformité congénitale que tout le monde connaît sous le nom de bec-de-lièvre.

Tumeurs des lècres.^ EWes peuvent èive le siège de tumeurs de nature bénigne ou maligne. On y trouve des tumeurs érectiles, des tubercules syphilitiques, des durillons chez les fumeurs de pipes à court tuyau, heureux quand ces durillons ne forment pas des épithéliomas ou tumeurs «fpiihélialcs aussi appelées cancroïdes, qu'on ne peut enlever sans craindre la récidive, et qui font périr la plupart de ceux qui les portent.

Couleur des lèvres.— LsL coloration des lèvres peut être différente de i'état normal. Dans la syncope, le mal de mer, le vomissement, elles deviennent instantanément blanches, comme le reste des téguments, mais c'est une pâleur momentanée qui est bient()t remplacée par la couleur rosée naturelle. — Au contraire, dans la chlorose, dans l'anémie et dans les cachexies des maladies chroniques, elles sont habituellement pèles; cette coloration, qu'on retrouve dans les autres tissus, est le résultat de l'appauvrissement du sang et de la diminution du chiffre des globules.

Il est à remarquer que les différences dans la coloration des lèvres indiquent plutôt des maladies chroniques que des maladies aiguës. Ainsi, en outre de la pâleur chloro-anémique et cachectique, on retrouve chez de vieux apoplectiques, chez les déments, chez les lypémaniaques, quelquefois chez les sujets affectés de ramollissement cérébral, une teinte jaune et blafarde des lèvres. Elles sont noirâtres chez ceux nui ont pris du nitrate d*argent pendant quelques mois; cyanosées ou livides, dans l'asphyxie et dans le croup à sa dernière période ; bletultres, avec une dilatation variqueuse des vaisseaux qui rampent sous la muqueuse, chez les malades qui ont une maladie chronique organique du cœur, dans la cyanose congénitale par rétrécissement de l'artère pulmonaire.

Contraction des lèvres. — C'est surtout dans l'apparence que donne au visage la contraction de leurs muscles intrinsèques que l'on trouve des signes diagnostiques d'un grand intérêt, pour un certain nombre de

■rlO TKOUBLES DE I/aPPAREIL DIGESTIF.

maladies du tube digestif. — Dans ce qu'on nomme la face grippée, l» v'ommissuies labiales sont tirées en bas, la lèvre inférieure est coiiuur inerte, diniinuée de volume. Du reste, ici tous les traits sont amincis ♦i rapprochés du centre du visage. C'est spécialement dans les maladit> abdominales aiguës et douloureuses qu'on rencontre ce masque particulier : ainsi, dans lu péritonite, dans la dysenterie, dans l'hépatite, dal(^ le choléra, dans l'enterile aigué, dans la cystite. 11 semble lié au pheiKmène-douleur, et, ce qui le prouve, c'est qu'on l'observe également dans quel(|ues autres all'octions flouloureiises, mais sans ^érre^, comme la pis- Iralgie, la colique intestinale, hépati(jue, néphrétique, etc., avec relit' dilïérence que la ligure, promptement altérée, reprend son calme au>sil"'. (jue l'accès est terminé.

Tromblemeni, conrulsions et drriation des lèrres. — Le tremble m^^nt 'l'< //•r/rs est un des j)remiers signes certains qui indiquent, chez un ivronii'', rimminence d'un accès de delirium treniens; et chez un dément, doiii rinlelligence est même encore assez peu afl'aiblie, il annonce rinva<in:; [U'ochaine de la paralysie générale.

r/est également dans les lièvres graves, et notamment dans la fu-vr. l\phoïde. que le tremblement des lèvres a une grande valeur diairni»lique. Au début de la maladie surtout, il est certainement un des premierphénomènes de Talaxie. Aussi, tout en donnant la mesure de l'intensiled (le la Tornu' de la maladie, il oblige le médecin à une grande circonspecliuh pour le pronostic.

Comme chacun h' >ail, c'est par un rtdî convuhif des lèrres et le vS^'//rment drs mai hoire^. c'est-à-dire pardu trismu'^, (|ue commence letélanuN

Les ronr((hion'< deM hères senumlrent dans quelques névroses, parliculièremenl dans les allaques de 1 e[>ile()sle, dans Teclampsie, dans la chorre, et enfin dans l'a-ionie au\ approches de la mort.

La dt'iniiiitn d>'s lèvres à droite on à gauclie indique, soit une [>arai\>.<' des lèvres du cette oppose a La déviation, soit une contracture des musi*U> du ct"»le d'Morme. hans le premier cas. elle aimonce, soit une Dai*ah>i'^ des nrrLs tle la laee dans le c<>t»' o{)(io>e à la déviation par hemiplepttaeiale ') fri-jon- uu par carie du rocher, so:t une altération du cervt-au dans le C(tle l'orrespondanl a cette déviation. Alors c'est une hémorrhaiiit' ceit'hraU ou un rauhdlissenimt. Alors la joui* est (lasc^ue et à chaque expiration 1 air souIe\e U- buciMnaleur et sort avec bruit de la bouche. Ou dil que le maladr fiune hi f>>i''\ Ln cas de eofitructnre. elle indique une enotplialit" dans Lheiii^plifit' ceiv-bral opp »>e a la detormaliun.

Il' nu nit*<t'f' >te d' s (' tir'i. — L*ane>thesie des lèvres s'observe daij> i"lh'nnpL'.:ie la< lale a ''n'jure. et alors, si le malade veut boire, il ne seul pa> K' vi-rre .)u'il a mis à sa b«HU'he el il lui semble qu'il est échancre du c'te ou il V a i»aia'N sie.

M-iehoni'em'tif. — Le jdienomène de mastication à vide s'observe dai.s les aneclionsetreluales graves. Ct.»mateuses ou semi-comateuses, el ind.que un état lrè> iirave.

Troubles de êuccion et de mastication. — Chez certains malades les mouvements de maslicalion sont nuls dans l'un ou Tautre côté de la mâchoire. Les aliments passent sous les dents du côté paralysé et il faut recourir au doigt pour les aller chercher et les ramener dans la bouche. Alors les boissons sont mal retenues et coulent au dehors.

Dans d'autres cas le trouble fonctionnel des lèvres se caractérise par un trouble de la succion. Ainsi Tenfant suce le sein de la nourrice pour en tirer le lait, mais s'il y a bec-de-lièvre, fissure palatine, la succion ne peut s'opérer. Il en est de même si le nez est bouché par un coryza congénital : l'enfant prend le sein, veut teter, mais il lâche prise aussitôt en criant, il ne peut sucer^ ne pouvant pas respirer par le nez.

Page 1