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CHAPITRE II

SIGNES FOURNIS PAR L'eXABIEN DE LA BOUCHE

ARTICLE PREBIIER

Les anciens auteurs, Hippocrate lui-même, se sont occupés de i*étal des dents dans les maladies, et ils ont cherché à trouver des signes diagnostiques dans la manière d'être de ces parties. C'est une étude utile et qui est aujourd'hui trop négligée.

Enduit muqueux des dents. — Dans l'embarras gastrique, on voit souvent autour des dents un enduit blanchâtre ou gris qui résulte des sécrétions muqueuses épithéliales altérées par des parasites de l'espèce Lepto* thrix buocalis.

Enduit fuligineux ou fuliginosités, — Dans la fièvre typhoïde, dès que celle-ci prend la forme adynamique, dans la péritonite, dans l'infection purulente, dans toutes les maladies graves, telles que certaines phlegmasies des organes de la respiration, certaines lièvres éruptives revêtant le caractère typhoïde, les dents deviennent fuligineuses; elles se couvrent d'un enduit poisseux brun ou noirâtre ; bientôt cet enduit devient sec et constitue les fuliginosités, spécialement liées à l'adynamie, car on ne les retrouve pas dans ces fièvres typhoïdes à forme ataxique qui tuent souvent les sujets avant la fin du premier septénaire. Ici, les dents sont à 1 état normal, ou bien elles sont sèches et lisses.

Coloration rouge. — Elles se colorent en rouge dans le choléra, et cette couleur indélébile résiste au lavage et à la lime, car elle s'étend à toute la profondeur de la dent.

Ramollissement de Vémail. — Blanches, opaques, chez les sujets de forte constitution, elles sont bleuâtres, ou laiteuses, ou transparentes, chez les personnes faibles, prédisposées à la scrofule et i la phthisie. Elles

TiiouBLFS m: i/appareil rHGK>llF.

s'allèrent dans la grossesse, et chez tout le monde par les inaladit-s dlontrue durée à cause de l'acidité l)uccale. Cela est surtout marqué daih l'en Tance.

Point illc des (lents. — Les dents sont comme les es en voie de dt''\>'loppemenl : chez les enfants, leur germe se ramollit par rinaniliou et L maladie, leur émail s'amincit, s'altère, et, quand on voit chez un adull»d(*s dt^its |)i(|uées de petits trous noirs, ou coupées par un sillon noirâtrr, on peut être assuré (|ue la personne a eu autn'Fois dans renfance une maladie loHiiue asst^z sérieuse.

Ces alléialions des dents de seconchî dentition ont des caractères diff^^renls (|ui dépendent d(^ l'étal cachectique, du rachitisme, de la syphilis uu de renlerite chronicjue.

(Juand ell(\s sont l'ayees en travers, couvertes de sillons en es<'alier, à\'' des points noirs au bord libre et dentelées à leur bord tranchant, (*♦>! (|u'il y a eu dans les [)remieres anntîes de la d\spepsie prolongée, de Iciilerile chroni(jue et de rosléomalacie ou du rachitisme.

Ouand au contrai rt» les incisives sont courtes ou coniques, et que It^nr bord tranchant est mousse^, échancré, on peut, si l'on veut en (Touv llulciiinson, admettre qu'elles sont altérées parla syphilis (li^. I;r>et l"]'"' .

y^^if^'"'

I !<.. I.'.r» {{ I3t). — Alu'i.ilii'iis lit* ili-ni- ji.ir s\phili.s hi'r<'ilit.iiiv iHulrbiu^oii;.

mais ("est lii une erreur. La syphilis n'y est pour rien comme virus, fllr n*\ e>l (jur poiH' Tt^lat cach«'('ti(|U(^ (jue celle diathèse détermine louj(Hir>.

('.oloi'dtidn noirr. - Klles noircissent sous 1 influence des sels soliibl«'> de fer administrés dans un but lhérapeuti(|ue.

Dissithftian (h' rcnniil et ctirit'. — Les dents se perdent par la deslrucli(m (le leur i-niail, dans (juelqnes maladies aiguës, dans la lièvre l\ph<Md^ et dans la gr(is.Ne>s«\ lorsqu ils amie acescence très mar(|uee de la bouche. Les femmes eiictMnl<^s (|ui vomissent beaucoup et (|ui ivjellent d'aboii- (lànltvs muc(»>iles acides perdtMit plus lacilement leurs dents que les aulri>. Les acidrs d«' la matière des V()missemenls dissolvent l'émail des dents, el l'os, qui n'e^t plus protège, s'altère à son tour et devient le siège de la caiie.

Le tjr'nn'inent '1rs th'nls pendant le sommeil, considéré comme pbéiio- :nr\iv isole surtc»ut chez les enfants, n'a pas une grande valeur, el il peut [ïarlaileirhMil >'accorder i\\vc la santé; ]]iais, (juand il survient tout à coup chez un individu (|ui n'y était pas sujet, el surtout s'il est accompagné d'un réveil brus(|ur. de fraNcur, d un regard fixe, brillant ou éteint, il donne lieu de craindre îles convulsic»n>, surtout si c'est un enAuit. Hippw^ralt'

SIGNES FOURNIS Al' DIAGNOSTIC PAR L*EXAMEN DES GENCIVES. 523

Pavait déjà remarqué. Accoinpagné de fièvre, de soupirs et de cris aigus, il indique !a méningite.

Cest avec raison qu'on a regardé le grincement et le claquement des dents, pendant le sommeil des vieillards qui n'éprouvent pas ordinairement ce phénomène, comme les signes d'une apoplexie prochaine.

Le grincement des dents» surtout s'il est joint à des tremblements des lèvres, à une difficulté dans la préhension des boissons, quand il se montre pendant la période d'état d'une fièvre typhoïde, est du plus mauvais augure.

Les grincements et les claquements de dents sont fréquemment les signes précurseurs des accès de delirium tremens et de manie aiguë.

SIGNES FOURNIS PAR L'EXAHEN DES GENCIVES § f . — C«l«rACtoa de« ceaelvea.

Les gencives offrent d'assez nombreuses modifications dans leur coloration et dans leur texture.

Elles sont pdles dans la chlorose, et en général dans toutes les maladies où la quantité des globules du sanp; est notablement diminuée, comme à la suite des grandes hémorrhagies, des maladies longues et chroniques, dans les anciennes fièvres intermittentes, et en général dans la plupart des cachexies.

Elles sont d'une rougeur livide^ surtout au bord, dans la stomatite simple et ulcéreuse, ou dans le scorbut, et elles saignent au moindre contact.

Sur les bords se montre quelquefois un liséré noirâtre de sulfure de plomb chez les ouvriers qui travaillent le plomb ou chez les sujets qui ont une affection saturnine, et un liséré bleuâtre chez les personnes qui pendant longtemps ont pris du nitrate d'argent.

Dans les maladies aiguës fébriles, leur coloration n'ofl're rien de particulier, si ce n'est dans la forme adynamique des fièvres; ici, elles sont ruuges ou brunes, ou même noirâtres.

§ t. — Eadalto des seBelwea.

Souvent elles se couvrent d'un enduit blanchâtre épithélial, sous fonne de pellicule grise, que le docteur Ranque (d'Orléans) a, très à tort, considérée comme caractéristique de la fièvre typhoïde. Cette pellicule existe dans un grand nombre de maladies aiguës. — Ailleurs il s'y développe des fausses membranes de diphthérite ou des taches blanches laiteuses miliaires et caséeuses de muguet. C'est de VOidiuin albicans.

La sensibilité, la tuméfaction, la mollesse, l'état spongieux et fongueux des gencives, leur facilité à saigner, constituent une des altérations les plus constantes du scorbut, et même de l'affection qui persiste le plus communément après lui.

524 TIlOrDLKS l»E l'appareil DKJESTIF.

5^ 3. — t'Iccrationf».

Des ulcérations s'y dével()|)])ont assez souvenl. Elles sont transversales, sinueuses, étroites, placées au bord libre, à l'endroit où sorleril les dents. Cela s'observe lorsqu'il y a dans la bouche une denl caritv dont la couronne est détruite, et chez les enfants atteints de slomaùe ulcéro-nienibraneuse, au moment du travail de la dentition lorsqu'un^» dent sort pour la première fois, ou plus tard lorsqu'une dent permaïunte chasse les d(Mits de !ait. (les ulcérations sont infectes, plus ou moins étendues, rouires sur les bords, «iiisàlres au fond, d'apparence diphlheriti que, et n'ont jamais plus d'un millimètre de large.

j^ 4. — làangrènc.

Ailleurs, les gencives se délruisi'ut complètement par la mortilioallun; elles laissent les os à nu, ne retiennent plus les dents dans leurs alvéoles; c'est ce (|u'on observe (juehjuefois dans la stomatite ulcéro-membrantu>e et dans la gangrène de la bouche.

AUTICLE III

MGNKS FOI'RNIS Al' DIACNOSTIC PAU L'EXAMEN DE LA LANGUE

Dans loules les maladies, et principalement dans les maladies aiirue>, la langue louinit des signes (|ui annoncent, d'une manière assez ctrlaiiie, l'exislence de l'état fébrile, rinlensile de la maladie, la facilité dcN s^Tetions, l'état du tube digestif, etc.

C'est |)ar les sym[)alhies nerveuses (|ue la langue, en tant qu'organe de sécrétion, se trouve en relation avec d'autres organes de sécrétion. Cdle sympathie est basée sur les rapports des nerfs nombreux que la laii::ije reroil de la troisième branche de la cinijuième paire (nerf maxillaire inférieur), de l'hypoglosse eldu glosso-pharyngien, avec le grand sympalliiqii'' et h' pneumogaslri(|ue.

Il est évident que la plus étroite et la plus sensible de ces sympalhi^^ est celle (|ui eNi>le entre la langue et le tube digestif. 11 y a aussi uu raf)port s\mpallii(|ue, mais bien moins |)rononcé, de la langue avec la |)eau, les poumons et tous les organes qui sont le siège de maladies aigurs. La sympathie est moins alors une relation d'organe à oriiane (|u'un rapport <'ntre la langue et l'elVorl de la nature qu'on appelle la /îf//'»'. L(\s altérations des secietions de la langue sont des phénomènes relle^e^ surajoutes à la maladie principale, dont ils éclairent la marche en aiiiionçanl son début, son accroissement et son déclin.

L'e\amen de la langue, dans l'état de maladie, doit porter sur sa sécheresse et son hunùdite, sur Tenduit (|ui la recouvre et sur la nature de cet enduit, ou plutôt sur les rapports de cet enduit avec les maladies; sur la coloration de l'organe, sur son volume, étendu sur ses mouvements.

SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC PAR l'eXAMEN DE LA LANGUE. 525

1*'. — 0é«kereMe «a hanlëUé ëe Ia Iabsbo.

La sécheresse de la langue oiïre des variétés : Torgane peut être seulement sec ou poisseux, sec et âpre ; il peut enfin être en outre le siège de gerçures et de crevasses.

En général, dans les phlegmasies aiguës des parenchymes et même des principaux viscères, la langue est sèche et rude; dans les maladies ataxiques et adynamiques, elle est sèche et noire, couverte de croûtes noirâtres qui lui donnent une apparence cornée semblable à la langue du perroquet. Elle peut être également poisseuse. Un peu plus tard, elle est gercée.

Ouand la sécheresse est extrême, les papilles sont saillantes et forment des aspérités à sa surface.

Cette sécheresse de la langue, avec proéminence des papilles, est d'un mauvais augure dans les maladies inflammatoires. Elle annonce souvent le délire et les convulsions. Dans la fièvre typhoïde bénigne au début, elle est un des signes qui indiquent la transformation de cette maladie en une forme plus grave, la forme ataxique habituellement.

La langue reste humide dans un grand nombre de maladies chroniques, dans les névroses et dans toutes les affections apy rétiques.

§ t. — Gerçure* de Ia lAagiie.

Les gerçures et les crevasses de la langue ne se produisent que lorsque celle-ci est déjà très sèche. Elles se rencontrent chez les fumeurs de profession et dans certains cas de syphilis constitutionnelle. Une des conditions les plus indispensables de leur existence, c'est Télat adynamique qui accompagnent la fièvre typhoïde et le typhus. On voit alors s'écouler par ces gerçures du sang et de la sérosité. Elles s'observent dans la dysenterie grave, dans la variole, dans la fièvre typhoïde. Ces gerçures constituent, dans ces maladies, un signe dangereux.

§ s. — EBënlts q«l me ff»niieBl Mir la lABfvo.

La langue, qui, dans Tétat de santé, est assez uniformément humectée et ne présente que quelques mucosités blanchâtres à sa base, se couvre, dans Tétat de maladie, d'un enduit plus ou moins épais, de couleur blanche, jaune ou brune et noire. Dans les maladies inflammatoires légères des organes de la respiration, dans le rhumatisme articulaire aigu, dans la fièvre éphémère, etc., cet enduit est blanchâtre et p&teux.

Il est souvent limité à la base de la langue, la pointe et la surface du tiers antérieur ofl'rant leur coloration naturelle. Beaucoup plus épais le matin à jeun, au moment du réveil, il disparaît en parlie sous Tinfluence des boisions et de Talimentation.Sa surface est uniforniémeiit blanche chez l'adulte; mais, chez les jeunes sujets, cet enduit est semé de points rouges, formés pair les papilles en érection qui le traversent et font saillie au dehors.

H y a des personnes (|ui, en état de sauté, oflrent sur la base de la langue

'rlij TuoLni.FS DE l'appareil digestif.

im eiiduil blanchâtre assez épais, surlout au nionienl du réveil ; cela drp» ii.i chez elles d'une irrilalion chroni(|ue des intestins.

Quand, dans une phle^niasie, coinnic la pneumonie par exenijd»', a langue, d'abord nette et sèche, se couvre d'un enduit blanchâtre, el >url' u: si cet enduit s'accouipa»:ne d'un nuage dans les urines, on peut pnvdu rissue favorable et prochaine de la maladie.

Tarlois l'enduit ne recouvre (|ue les espaces (jui séparent les papilles, tl celles-ci restent nettes et lisses. C'est là ce qu'on nomme la langue rlll^'n^^. On la rencontre fréquemnienl chez les personnes qui font des écarts d-^ réi:ime,ou qui ont eu un lép»r mou veinent fébrile. Klle s'observe éiraleiiM/iil dans un certain nombre de maladies dans les(|uelles il y a un notable alTiiblissement des forces, comme dans les alVections chroniques des \isce['N abdominaux, avec ou sans engorgement, dans les maladies vermin«'u>t'>. dans la scrofule des enfants, dans l'hypochondrie, dans celle forme d».- lii •goutte qu'on appelle la ixoutle atoni(|ue.

La lauirue villeuse accompairne la plupart des lièvres inlermittenteN qui se terminent par l'hydropisie et par l'enfiorgement chronique de la rate <»ii du foie. Sa présence se rattache toujours à la chronicité el àlafraiblissenienl des forces.

L'enduit (|ui recouvre la langue (*st (juelquefois épais, opaque el coniui»poisseux, surlout dans les lièvres de mauvais caractère épidémique, coni::^^ dans la lièvre l\phoïde, dans la peste, dans la pourriture d'hôpital, dans 'a variole, elc. C e>t un |>liénoniene de mauvais augure ; il paraît lie à 1 elaî d"ad\namie et de maliiinile des maladies. II indique d'aulant plus sùreniêiil une terminaison fune>t(^ qu il est plus adhérent.

(juand l'enduit de la langue tend à disparaître, el que, d'ailleurs, il nt-x* manife^le aucun s\mpl('»nie insolite, on peut espérer une terminaison heiireu>e et prochaine : ainsi c'est ce qu'on observe dans la forme bt'uigne Jtla lièvre typhoïde, dans l'embarras gastri(|ue, dans la dysenterie legeio. dans l'enierite el dans les maladies aiguës. Dans la pneumonie, ce n'iour de la langue a l'elal normal est presijue toujours accompagné d'un nua.*' dans l'urine. Ces deux signes reunis indicjuenl le retour à la saiil-: d'ailleurs, les signes stelhi>sro|»i(|ues viennent confirmer ce fait clinique»!. d«Mnonirant une anielioralion sensible dans la lésion du poumon.

Cet enduit, ordinairement //'»////r,on"re une réaction ^//tv//iw «'quand la salive lo couvre en aliondaïue: il devient acide dans quel(|ues circonstances piirli.'ulières, a la lin des maladies chroniijues : mais alors la langue est rou^«*, lisse, brûlante, el elle ne tard»* pas à se couvrir de productions blauchatriS {VfiliJidw till>ntnf<. er\ plo-amedont la présence caractérise le muguet.

Les enduits île la langue sont formes de mucus mélangé avec de la bil«'. du sang et un grand nonilire de cellules d'épithélium pavinienleux méitrs à des algues nnerosropi(|u«'S, d'une nature particulière, toujours la inéine, appel(M'S h'iihtiffri r el drcrilfs par (.h. l{obin(i).

! ('.Il, lii'l.iii. lii^'ciit' t.t,. r\ '■ -/'S :fi}t't>n{i piiiayil^'y 'jui croifisenl stir l'homme ri «hr

$ 4. — CmmÊtmr ûe la laa

La couleur de la langue, ordinairement rosée^ change aisément par les iînduits qui s*y déposent et par le sang qu elle renferme. Blanchâtre à la surface dans Tétat fébrile, quelquefois villeuse, elle peut éU^ blanche à la base et rosée à la pointe, ou bien elle est jaune, verdàtre, brune et noire, selon la nature et le degré de sécheresse de l*enduit qui la couvre. Une langue rouge, sèche, eflilée, annonçait an temps de la médecine physiologique de Broussais une gastrite aiguë. (Test là une grande erreur dont le temps et l'expérience ont fait justice.

Une langue sèche^ noire, fendillée, annonce un état adynamique très grave de lièvre typhoïde ou de pneumonie des vieillards.

La langue jaune à la face inférieure et sans enduit est le signe du pastsâge de la matière colorante de la bile dans le sang. On i*observe dans riclère.

La langue cyaito«éf^,rto/ef(e, indique un obstacle à la circulation veineuso ou à rbématose. C'est un symptôme de choléra et de maladie organique du rœur ou des gros vaisseaux, surtout du rétrécissement de Tarière pulmonaire.

La langue pdle, décolorée^ s'observe dans la chlorose et dans Tanémiedes maladies chroniques et des cachexies.

La langue est quelquefois rouge, chaude, lisse, non douloureuse, toute dépouillée d'enduit muqueux, semée de papilles; c'est une disposition que l'on n'observe que dans la scarlatine. Elle est rouge, lisse, douloureuse et acide dans telle période des cachexies tuberculeuses et cancéreuses où doit se développer le muguet, et en effet deux jours après l'apparition de celle couleur on voit les taches blanches d'Oi<fitf m albicans du muguet.

Elle est rouge, gonflée, toute fendillée, un peu douloureuse chez ceux qui abusent du tabac h fumer : c'est la langue des fumeurs.

11 y a une certaine variété de langue noire signalée par iMaurice Haynaud et Lancereaux dans laquelle il y a quelque chose de noir et de touffu à la surface. Cet enduit est considéré comme un résultat de l'hypertrophie épithéliale de la langue unie à un parasite végétal non classé. En voici la description :

Ce cryptogame, différent du champignon du muguet, a été observé sur la membrane muqueuse de la langue, à laquelle il donne une coloration noire toute spéciale. Signalé par M. Maurice Raynaud,qui a fait connaître ses principaux caractères, ce parasite a été retrouvé par Lancereaux (1) à la surface de la langue d'un homme âgé de cinquante ans, et dont une nièce t>!ait atteinte de la même affection. Quoique jouissant d'une bonne santé, cet homme était incommodé par une sensation de gène légère, et surtout fort

< 1) Lancereaux, Sote sur un ca$ de langue noire. Communication Taite û la Société mé- «itcale des h(^piklux, le vendredi 8 décembre 1876 {Union médicaley 1877).

■ i2a TROUItLES DE l'aPPAHEIL DICEsTlK.

iiiquii'l (io l'état de sii langue, (|u"il examinait plusieurs fois dans le rmndc la même jOLii'ni>o.Celle'ei présentnit une culuialiuii noire trispiiHKiriK". coiiime si oit IVi'il l>iirbuuillée avec de l'encre, l>lle colorai ion diilmla \r\~ la parlie moyoïinn de l'ornain' et en avant du V lingual, s'éleitdit peu a jni, de l'avon à atteindre toute la face dorsale de lalani!:iie,i.'tàlaisserseulenf!ii les liords intaels et rosés. Elle forma ainsi une lar i;e plaque nianire;l.-[ii'iii

saillante et loulii fait noire, plus allonfjée dans le sens de l'axe de TorfiaMi[ue dans le sens transversal, et neltenn'iil cireonscrile sur ses bords. i^''il'' plai|ue lonieiileuse, ou niieiiv villi-use, représenlail une sorte de :;.i7"i, IouH'u, et scnililail eoiislitui'e par de liii> elieveu\, les uns entre-eroi>és. If ;ui;irs ri'^ulièrenieiit disposes, priiieipa'ement vers la pointe de l'ori-Min-. ou il existait par nioiueitt,- eouiuieuiie nie médiane, l'ne spatule promené'' à la surface de la langue raiTiciiuit un magma noir, a!)oiiilaut, qui, ;n:il'dan^ l'eau, lui->ait voir un grand iiombrc de lilanienls semblables àil-s

poils de dilTérente gr&odeur, pouvanl atteindre jusqu'à un centimètre de longueur(fig. 137).

Placés sous le champ du microscope et vus par transparence, ces Rlamenls apparaissent sous la forme de petits cylindres, d'un jaune ocreux, offrant une partie centrale plus claire, bordée de chaque cdlé par une bande plus foncée. Ces cylindres sont formés d'éléments épithéliaux fortement tassés les uns contre les autres, aplatis et souvent difficiles à reconnaître; leurs bords sont hérissés de lamelles épithéliales adhérentes par une extrémité, libres par l'autre, el assez régulièrement étagées, à la manière des barbes d'une plume. Traités par la potasse, ils offrent une structure épithéliale plus nette, qui, selon la comparaison de M. Raynaud, ne manque pas d'une certaine analogie de structure avec les poils ou encore avec les ongles (lig. 138).

Fie. ISg. - Cylindre itpithJllal lolHlri ie iporei. a ; Pic. m. ~ Tubei el apor» *tbl«ii<i) pu k (ulr« (jllndrg Hn( iDllIlrilUHIi. ». — (100 iiuat- riclige in U liii[ui] riiprd>enl«e Ûg, 137. In». (D'ipriri UnmrMiu.) — (UO diunMreiJ. (D'iprti Lanciruiix.)

Ces cylindres qui, en somme, ne sont que le revêtement épilhélial hypertrophié et allongé des papilles filiformes de la langue, offrent, sinon tous, du moins un certain nombre, comme incrustés i leur surface, des corps cellulaires très réfringents, insolubles dans l'éther, ordinairement disposés en amas et qui sont manifestement des spores. Ces spores, sphériqaes, plus rarement ovoïdes, ont un diamètre qui varie entre 4 et 5 milliluètres; elles sont réunies en petits amas plutât que disposées en chapelet; ordinairement attachées aux cylindres épithéliaux, elles sont quelquefois libres ou fixées sur des cellules épithéliales isolées (Gg. 139).

Il existe, en outre, chez quelques malades, des tubes sporifëres, ondulés,

ramifiés, comme l'indique la figure UO. Toutefois, ces tubes n'ont peut-être

pas une existence constante, car après les ayoïr trouvés une première lois.

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