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CHAPITRE VII

DE LA SUCCUSSION THORAGIQUE

La succussiou thoracique est un moyen d'exploration qui consiste à imprimer au tronc des mouvements brusques et en sens opposé, afin d'obtenir un bruit de flot ou de fluctuation, un clapotertient tout spécial et très reconnaissable, quand on Ta entendu une seule fois. Ce gargouillement, que les malades peuvent produire en imprimant certains mouvements à leur corps, ressemble assez bien au ballottement d'un liquide dans une bouteille à moitié remplie, et il constitue un phénomène qui ne s'explique que par la présence de gaz et de liquides dans les cavités de la plèvre. C'est le signe pathognomonique de l'hydro-pneumothorax. Dans cette affection, qui, presque toujours, est due à la rupture d'un foyer tuberculeux ou d'un abcès, je son est mat et Télasticité des parois thoraciques extrêmement diminuée dans une étendue plus ou moins considérable de la poitrine, principalement à la partie postérieure et inférieure. Dans ce point, l'auscaltalion dénote ordinairement une absence relative de la respiration.

C'est ici le lieu de rappeler comment la succussion était pratiquée, il y a plus de deux mille ans, par le médecin de Cos :

€ Après avoir placé le malade dans un siège solide, et qui ne puisse vaciller, faites tenir ses mains étendues par un aide, secouez -le ensuite par l'épaule, afin d'entendre de quel côté la maladie produira du bruit (1). >

Si Ton pratique la succussion bippocratique, on entend distinctement le Sot du liquide, et même les assistants peuvent quelquefois le percevoir à une distance de quelques mètres.

iiormis la succussion pleurale, qui fournit au diagnostic le signe d'un épanchement d'air et de gaz dans la plèvre, ce moyen n'est applicable que dans un petit nombre de maladies. Dans certaines affections de l'estomac, le cancer du pylore par exemple, et dans des cas de dilatation énorme d'une anse intestinale, on observe un clapotement stomacal et abdominal; mais ce caractère est sans importance, on le néglige ordinairement, car les autres symptômes fournissent de plus précieuses indications.

(t) Hippocrate, Œuvres, trad. par Littré, t. VU : De$ maladies, II, § 47.

40 MOYENS PIIYSIQIES D'EXPLOHATIO.N.

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