CHAPITRE XII
Les borborygmes et le gargouillement sont deux signes fournis par les bruits intestinaux, mais il existe cependant entre eux une notable diflerence. Les premiers s'entendent spontanément, souvent à distance, tandis
(I) Voj. Dyspepsie.
570 TROIBLES DE l'aPPARKIL DIGESTÎF.
que le irargouillemont ne se perçoit que si l'on comprime avec les mains les parois abdominales et les intestins.
Il y a trois sortes de gariroiiillements, gargouillement œ^ophngirn, le bruit de lluetuation stomacale ou gargouillement dp iestomar^ el le garg ou m eut rut intestinal.
ARTICLE PREMIER
r.Anr.OUILLEMENT Œ"=:'">I'M\r,IEN
Il y a un bruit stomaral et quelque peu œsophagien qui s'enlrnd lorsqu'on donne à boire à un malade et que les boissons lombenl avec bruil do clapotement dans Tosophaire et dans l'estomac, sans y êlre conduil«.s par la contraction a\<iophai:ienne.
Ce bruit indique la paralysie de l'œsophaire. Ce gargouillement œs^iphagien est l'indice d'une mort prochaine.
<; \l;r.oriLLFMF.NT DE I.'E>ThMAC
Dans les mouveinonts l)rus(jues du tronc, on peut entendre une fluctuation qui ressemble assez au bruit (]ui est produit par Laîritalion d'un li(|uide dans un vase dv v^rre à moitié plein. Pour que ce bniît de fluctuation st(»ma(ale puiss»* se produire, il faut donc dans l'estomac la pr»*st'i»rr* d'un liquide et de i:az. L'u r»'>tp, il ne se développe pas seulement par les mouvi-meiils sponlaïu-N, on le fait se développer par la succu^^sion en divois sens. 11 est souvent a»«z foit pour s'entendre à une grande distante, plusieurs maires par exemple: le plus souvent il faut, p4»ur le ptivt'voir, approdicr ronille de la paroi abdominale, pendant qu'une autre personne t'ait la suocussion.
Le ::ari:ouillemeni stomacal intliijue une dilatation de l'estomac chez \t> dN>j epi!.|ue>, mais il s'observe as^ez souvent dans l'etal de santé. — Lor-(|u"on le nr.iontre dans leiat n)nrbide, avec une paralysie des nunibres ou des vomissemeîits. il est toujours le symptôme, soit d'une nosoriivinie ct i\ l raie, soit d'un obstacle app<:>rté au cours des malier^s ooiitrinus dans l'estomac, au nivoau de l'oritice pylorique.
' ri ilist.K'le t si hahitue.b nient (on>lilue par un cancer, ou par un epilhtli* ma du pvlcre el |x\r des tumeurs e\traslomacales qui com^>riintut et île luvtrluri'. Il tMi ivsulu- vjue le bruit de tluclualion stomacale devient quelquefois un sii:ne des rétrécissements du pylore.
\RT1CLE III r.wr. K'i: l ïm^\j intestinal
Pour i|ue !e izar^ouilioineiit intesliii il puisse se produire, il faut dans linteslm la présence de jaz et de matières liquides. On détermine ce
gargooillement en appuyant avec une certaine force sur la paroi abdominale.
Le plus souvent, la personne qui, par la manœuvre indiquée, provoque le gargouillement, n'est pas seule à l'entendre. En eiïet, ce bruit est habituellement assez fort et assez prononcé pour être perçu à distance. D'autres fois, on Tentend à peine, et il faut avoir l'oreille presque appliquée sur la paroi abdominale. Dans ce cas, il convient d'exercer soi-même la pression pour percevoir sous le doigt la crépitation des liquides et de Tair, dont le choc produit le gargouillement.
Pour déterminer le gargouillement, on doit procéder de la manière suivante : appliquer les deux mains à plat sur l'abdomen, à une petite distance l'une de l'autre, et appuyer graduellement de manière à déprimer profondément la paroi abdominale. Pendant qu'une main est immobile, fixée par tous les points de sa face palmaire sur la paroi abdominale, l'autre imprime des mouvements brusques et secs ; au bout d'un instant, s'il y a des gaz et des liquides dans l'intestin, le gargouillement se produit. Il iaut exercer ces mouvements d'abaissement de la paroi du ventre avec beaucoup de modération, car ils peuvent déterminer de la douleur.
Le bruit de gargouillement est un phénomène passager. Après l'avoir produit, on ne le perçoit bientôt plus au même endroit, parce que les liquides et les gaz se sont déplacés.
11 est Tare de trouver le gargouillement sur tous les points de la surface de l'abdorapn. On Tentend habituellement sur le trajet du gros intestin, maïs plus ordinairement encore au milieu du cœcum, dans la fosse iliaque droite. Il existe quelquefois sans qu'on puisse l'apprécier distinctement, ee qui arrive dans les cas de volume exagéré du ventre par les altérations «natomiques de la tympanite, de Tascite, des tumeurs du ventre, etc.
Quelquefois le gargouillement est abondant et à bulles fines. Dans ce cas, il est souvent très étendu et accompagne les flatuosités ; on le ren* centre chez les gastralgiques, chez tous les individus dont les digestions ne sont pas normales.
Ailleurs, il est à grosses bulles et moins abondant. — Souvent placé dans le gros intestin, il peut être limité à une partie de cet organe, dans le CBcnm au niveau de la fosse iliaque droite. On le rencontre au début et pendant le cours même de certaines maladies de l'intestin, l'entérite, la dysenterie, la fièvre typhoïde, les obstructions du cœcum, etc. D'une manière générale, on peut dire : que le gftrgùuillement de la fosse Uia§ue droite ckez un fébriciUsnt ataxchoiynamiquej est le signe de Vaffecti&n ifpIMde.
B est bon de noter que c'est presque toujours dans Pintestin que se pro* doit le gargouillement, beaucoup plus rarement dans la cavité d'un abeès, friuB rarement encore certainement dans la cavité da péritoine.