CHAPITRE XVII
Le ténesme est une contraction locale, fréquente et douloureuse, provoquant le besoin d'évacuation stercorale. Cette contraction habituellement
(1) Betaoçon, Comidérationi iur Vhyttérie, i èse. Parts, 1 49.
580 TROl'BLES DE L APPAREIL DIGESTIF.
bornée à ramis, s'élend chez rhomme au coi de la vessie (/én^sm' rêsloil) et chez la lemiiie au vagin. C'est un symplôme conslanl de h dyseiUerie épidnnique. On Pohserve éiralement dans la cystite alirut' et dans la prostalil»' chronique en même temps (|uc le ténesme vésical.
Le l(Mi(-'>me a de donné comme nouveau sigiie des maladies du cœur. Pounjuoi ? et par quel mécanisme? Il est diflicile de le dire.
Quoi (ju'il en soit M. Donnet (l), dans les maladies du cœur, à côté dt> siiznes classiques, a noté unsiiine nouveau : \q ti''nefiine. a Quand je dis noifve((ii/]c ne veux pas dire(jue ce siune n'ait jamais été observe. Sans duuî ■ plusieurs de nos confrères ont dû le remanjuer ; mais je veux dire qu i: n'est pas inscrit dans les traités spéciaux. De plus, quand je me sers du mot /^'//(^^.•m^, jen'in(li(|ue pas bien ce quece siu'iie exprime. Ce n'est pas h sensation doulouivuse (|u'eprouve le dysentéri(|ue : ce n'est pas la p-w que ressentent les personnes prises d'hémoirhoïdes ou autres aflecliu:.-de l'anus: ce ire>t pas la résolution complète (jui caractérise la syncofK* : c'est (|uel(|ue cho>e de spécial. Voici, du reste, comment les chosis spassent selon M. Bonnet : (|ue la maladie soit récente ou ancienne, U pat;<Mil éprouve instanlantnneut le besoin d'aller à la garde-robe. A: moment où il se baisse, il perçoit dans ses entrailles un grand bmit; li se relevé prescjue aus^ih^l, et reste surpris de n'avoir rien rendu.
" J'ai rencontré ce si^me dans les cas de dilatation du cœur. Il e>lvrai qutje liai point Tait d'aulopsie : mais plusieurs de mes malades ont ele \us par m<s coiifrert's, notamment par M. le docteur Titon, qui, à ce propos, iu"a dit i\\o\Y dr'y.i lait la même remar(|ue. J'appelle donc, sur ce point, raltenlioa cb\> médecins (jui peuvent faire deTanatomie pathologique.
• L epoipie ou a|)paraît ce siijne est variable. Dans un cas, il existait avant tout [)henomène morbide du C(')te du cœur.
>^ 11 ne sultit pas devons dire tpie le si^ne existe, il faudrait vous donner des obseï valions : elles viendront plus tard.
'•Maintenant comment ex|)liquer ce ténesme? Selon toute probabilité, celle sensation, perçue par le cerveau par rintermédiaire des nerfs rachidiell^, est due a la répîelion rapide des vaisseaux hémorrhoïdaux qui s*^ dilatent à un momenl donné. Doit-on admettre que cette dilalalion a pour cause le lellux du sang par suite d insuffisance au cœur? Je crois qu'il faut plutôt ^u|)po>er une action des nerfs vaso-moteurs qui dépendenl du grand s}mpathique. Les «expériences de Cl. Bernard ne nous appreiineiil-elles pas tjue la section de ce grand nerl ganglionnaire amène la dilatation des vaisseaux avec augmentation de la chaleur animale? Partant de là, devraiton rattachei' a une lésion du grand sympathi(|ue la dilatation du système circulatoire? C est une idée qui mérite peut-être d'être prise en considération.
y> Si j'ai cru devoir attirer l'attention sur ce sujet, je Tai fait avec d'autant plus de satisfaction, quand j'ai connu l'embarras de plusieurs de nos cou-
(1) Bonnet, Ann.iU's lit' la Société mcduvie de Rrims
frères pour le diagnostic d'un anévrysme du tronc brachiocépbalique. N'ontils pas été longtemps trompés par une douleur intercostale siégeant à gauche?
» En résuméy lorsqu'un malade viendra à nous se plaindre de fausses envies d'aller à la selle^ si nous ne trouvons pas dans le rectum de quoi expliquer cette sensation, auscultons, et nous découvrirons souvent une ûfTeclion organique du cœur, un cas de dilatation. J'ajoute, si la lésion n'existe pas encore, craignons son arrivée, et craignons-la d'autant plus qu'elle est jusqu'à présent incurable. >