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CHAPITRE XVIII

LENTICULAIRES DE l' ABDOMEN

On désigne encore généralement ces taches sous les noms de taches typhoïdes, pétéchies^ papules typhoïdes. Elles constituent en eOet une éruption à peu près constante dans la fièvre typboîde, par conséquent un signe presque pathognomonique dans cette maladie. Au dire de divers auteurs, ce ne serait pas la seule maladie dans laquelle on rencontrerait ces taches : ainsi elles ont été signalées dans l'entérite des enfants, par Rilliet et Barthez ; — dans la pneumonie ; — dans la forme typhoïde des fièvres puerpérales, par Voillemier (i) ; dans la morve, par Becquerel, etc.

Dans ces dernières maladies, les taches rosées lenticulaires sont accidentelles ; dans la fièvre typhoïde, au contraire, elles sont si constantes, qu'elles constituent pour cette fièvre un signe diagnostique d'une grande importance. Il n'y a que dans la fièvre typhoïde du premier âge qu'elles fassent souvent défaut. Elles se montrent du septième au dixième jour, au com- Biencement du grand septénaire, et elles durent de six à huit jours. Leur siège le phis habituel est la paroi abdominale antérieure; puis, par ordre de fréquence, on les retrouve sur la partie supérieure et antérieure des cuisses, au sacrum, sur la région lombaire, sur la poitrine ; elles sont fort rares et ne se montrent que très exceptionnellement sur le cou et sur les membres supérieurs. Quelquefois, mais ce fait n*est pas conunun, elles apparaissent au milieu du premier septénaire de la maladie.

On a remarqué que ces taches, très fréquentes dans certaines épidémies de fièvre typhoïde, manquaient dans d'autres épidémies. C'est un fait qu'on ne saurait expliquer, qui tient sans doute au génie particulier de chaque épidémie.

(1) YoQleotter, Clinique chinrgicaU, Parts, 1861.

588 TROUBLES DE l'aPPAREIL DIGESTIF.

Les taches rosées lenticulaires ont hahiluellement de 2 à 4 niiilim» llv^ de diamètre; elles sont arrondies, papuleuses, plates, sans saillie de li peau, disparaissant sous la pression du doiiït, pour se reproduire aussil l après. Elles sont en petit nombre, de trois il vin^l environ. D'autres u>h on en trouve davantage; quelquefois même cette éruption est comme cnii- |]uente,au point de simuler une varioloïde.

On ne pourrait guère confondre ces taches qu'avecles piqûres de puo >, les pétéchies, ou avec l'acné.

Voici des signes distinctifs qu'il faut avoir présents à Tespril.

Les piqûres de puces oiïrent des papules roses et larges, assez semblables à celles de Turlicaire, moins saillantes cependant. Ces papules s'efl'acent et laissent après elles un point noir qui ne disparaît [K)'\n{ à la pression. Ce point noir est une ecchymose. Dans Tacné, on observe aij sommet de la tache une petite suppuration qui, une fois terminée, lais>o une cicatrice déprimée. De plus, l'acné se montre de préférence dans K> points où les taches lenticulaires sont le moins fréquentes.

Quant aux pétéchies, elles sont constituées par une exlravasalion sanguine, ne disparaissant pas sous la pression du doigt. D'un autre eût»-, elles ne sont pas communes dans la fièvre typhoïde, et quand elles s'y manifestent, ce n'est qu'à une période déjà éloignée du début de la maladie.

CHAIMTRE XIX

SKiNKS FOUUNIS AU DLVGXOSTIC PAR LES SUDAMINA

Les sudamina foiment une éruption caractérisée par de petites vésicuN s régulières, hémisphériques, transparentes, faciles à déchirer, incoidres, très petites, depuis un grain de millet jusqu'à une tête d'épingle, renfermant un liquide séreux et acide. Ces vésicules sont formées au dépens de l'épiderme soulevé. Elles se développent promptcment, en quelques heurts. Elles sont souvent assez nombreuses pour que le toucher puisse les constater aisément; la peau est alors chagrinée. Mais, (|uand les vésicules sont extrêmement petites et plus rares, on ne peut les découvrir de cette façon : c'est en regardant la peau obliquement qu'on peut constater leur présence. Du reste, on ne les trouve jamais isolées; elles sont ordinairement coufluentes, au point de voir plusieurs vésicules juxtaposées, formant une ou plusieurs larges vésicules, comme dans l'herpès. Cette éruption est très éphémère, mais elle se reproduit très vite ; aussi dure-l-elle ainsi plusieurs jours par la reproduction successive de nouvelles vésicules. Celles-ci, très minces, avons-nous dit, se déchirent et laissent après elles une légère desquamation, car elles ne suppurent presque jamais.

On les trouve souvent sur plusieurs points à la fois, mais particulière-

SIGNES FOUIUflS AU DIAGNOSTIC PAR LES TACHES BLEUES. 589

ment sur l'abdomen, sur le thorax, sur les épaules, sur la partie supérieure des cuisses, aux aisselles et aux parties latérales et inférieures du cou.

Quelquefois les sudamina se développent sur les points où la peau est rouge, érylhémateuse. D'autres fois les vésicules ont une apparence blanchâtre, à cause du liquide latescent qu'elles renferment. Cette demi-opacité du liquide des vésicules dépend d'une légère quantité de pus qui s'y trouve môle. On sait aujourd'hui d'une manière précise que les sudamina se lient à la présence de sueurs abondantes et prolongées ; aussi n'ont-ils proprement rien de spécial, comme autrefois on a voulu le voir dans la Qèvre typhoïde.

Les sudamina se rencontrent dans la scarlatine miliaire sous forme de petites vésicules opalines; dans la fièvre typhoïde, mais les vésicules sont transparentes ; dans les sueurs d'été chez les jeunes enfants ; dans la variole, dans la suette, dans la pneumonie, dans la fièvre puerpérale, dans le rhumatisme articulaire aigu, dans la phthisie pulmonaire, dans la morve, dans la résorption purulente, etc.

Du reste, que cette éruption soit dans toutes les circonstances liée aux sueurs, qu'elle soit indépendante de celles-ci, question encore controversée, ce qu'il nous importe davantage de constater, c'est qu'en définitive elle ne saurait constituer un bon signe diagnostique, même dans la fièvre typhoïde, car elle s'y montre à une période déjà éloignée du début, du douzième au vingtième jour. De plus, elle se développe à peu près indistinctement dans la forme grave et dans la forme légère de la maladie.

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