DU VENTRE
Il ne faut pas confondre les taches bleues sous-épidermiques avec les taches bleues sous-cutanées. Celles-ci résultent d'infarctus hémorrhagiques sous-cutanés causés par des embolies capillaires. On les observe dans la diphthérite toxique, le choléra et les septicémies graves.
Les taches bleues, taches blemtres ou taches ombrées^ superficielles, épidermiques , minutieusement décrites par Piedagnel, sont ovalaires allongées, larges comme une lentille ; mais elles s'en rapprochent par leur nature anatomique. Elles se montrent sur l'abdomen, à la base du thorax, quelquefois sur le tronc, sur les membres, mais jamais à la face. On les a surtout rencontrées dans la fièvre typhoïde.
On a cru longtemps que les taches bleues de l'abdomen avaient une signilication diagnostique dans les fièvres graves. Ce n'est pas vrai, car
on les reiuontro dans d'autres maladies. Moursou croit même quVU»'> ne dépendent d'aa< une maladie en particulier, et qu'elles re>ull«Mit (\r» pour (lu pubis ou de leurs onifs; mais il reconnaît en même temps «ju^- Ion peut rencontrer et que l'on rencontre en elïel des poux du pul».> ou de leurs œufs sans taches bleues. Son aflirmation repose sur fîriU ubst^rvalions.
Duiiut't a vérifié ces recherches et les a confirmées. Il a entrepris d^ reproduin.' ces taches ailipclvUement, 11 eut la pensée que le phthinu^ devait introduire dans le derme qnchjue chose de comparable à un vcuili. et que si on parvenait à introduire ce venin, on produirait les taches bK.Mi. à volonté, à moins de tomber sur des sujets réfractaires.
DuiTuet a trouvé des taches ombrées sur vinirt-qualre malades atteintd'aiïections diverses, et ces malades étaient tous porteurs de poux du pubis. Y avait-il simple coïncidence ou bien relation de cause à eiïel? L«^^> e\périen(H^s de M. Dui:uet font à cet éirard disparaître les incertiludtfs. A|)rès avoir recueilli 'lo poux du pubis, M. Du^ruet les a piles ensenil)le d^manière à obtenir une pâte molle ; puis il a inoculé plusieurs malades avr. cette pâte. Le lendemain de l'inoculation, il voyait toujours apparaître, au niveau des pic|ùres, des taches bleues qui duraient sept à huit jours.
Poussant plus loin ses reclnuches, t)u::uet voulut savoir dans quelle partitMlu corps, dans quel ori:ane résidait ce principe, et il en résulta que la tête isolée ne possède pas le pouvoir colorant, tandis que ce pouvoir semble constamment résider dans le cor[)S. Cela se démontre en insérant celle têlt' sous l'épiderme à la partie antérieure de l'avant-bras, ensuite un p»ni plus bas le corj)s même de l'insecte. Le lendemain, autour du point d'inst'rtion du corps, taclie hb'ur \\(^s^ plus luttes, et rien au point d'insertion d»la léte.
Kn résumé, M. Duguet tire de ses expériences les conclusions suivantes:
l' Les taches bleues se remontrent dans un irrand nombre de maladies absolument disparates: on les retrouve éfialement chez l'homme sain: pai' conséquent elles n'ont aucun rapport, aucun lien qui les rattache diivclement à certaines maladies.
•2' Klles tiennent uniquement à la présence, au passage, à raction du pitthirius in<juiuaîi<.
3'^ Klles n'ont plus aucune siirnilicalion au point de vue du diaioiostic . elles n'ont pas de valeur plus i:rande au point de vue du pronostic; elles n'ont j>lus, en un mot, aucune si::nilication clinique.
4 Lntin, si elles si::nilient encore (luelque chose, leur signification e>t désormais sin-ulièrenienl nslreinle et comparable à celle de Turlicaire dts proeessiniinaires. de la piqûre du moustique ou de la puce, de la vésicul»* et du sillon du sarcopte de la irale, du ccdlier pediculaire dans la phlhiriase, en un mot elle^ sont à l'avenir exclusivement du ressort des dermatolo^istes.