‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 24 sur 295 · DE L^AUSCULTATION EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE L^AUSCULTATION EN GÉNÉRAL

L*auscultation est Tart d*écouter et d'apprécier les bruits qui se produisent dans l'intérieur des tissus et des organes profonds. C'est un mode d'exploration qui consiste à appliquer l'oreille sur une partie saine ou ma* lade du corps, dans le but de percevoir les bruits physiologiques ou morbides dont elle peut être le siège, ou, ce qui conduit au même résultat, à rechercher, à l'aide d'instruments spéciaux, la présence de certains bruits propres à éclairer le diagnostic.

L*auscultation est une des plus précieuses découvertes contemporaines ; elle est due au génie de Laennec, qui aimait néanmoins à rappeler que le père de la médecine, vingt-deux siècles auparavant, avait déjà indiqué remploi de cette méthode, dans ce passage : i^v npocUw to oO; àxoyjdtm nfwi rk^hefà, si, appliquant l'oreille contre la poitrine, vous écoutez (1).

Ces quelques mots d'Hipppcrate, négligés et incompris par tous les commeDtateurs pendant plus de deux mille ans, laissent à penser, en effet, que le médecin de Cos avait soupçonné l'auscultation. Lorsqu'on parcourt Caelios Aurelianus, Paul d'Égine et Ambroise Paré, on n'est pas sans retrouver non plus quelques vestiges de l'application de l'ouïe à l'étude des bruits respiratoires; mais que de vague dans ces indices, et de quelle désespérante stérilité ils eussent été pour la postérité, si Laennec n'était pas Tenu doter la science de son impérissable ouvrage (2).

(1) Hippoerata, Œuwrti, tnd. par Uttré, t. VII, Da maladia. (l)Laeanoc TraHéderaiueuUali(mmidiaiê,l*édïûon. Paris, 1896.

r)S MOYENS PHYSIQUES D'eXPLORATION.

I.aonnoc ifa pas siHiI(Miiont posé la première pierre de rédifice, il l\i ronslriiil en entier; il l'a si bien ex^Muité, qu'il a laissé peu de ehose à faire après lui. Tous les bruits qui se passent dans le eœur, dans les bronches et dans les poumons, il les a indicjues et classés avec une précision si reniarquable, que le diagnostic des maladies de poitrine et des organes delà circulation ne laisse rien à désirer.

l/auscultalion fut principalement appliquée, par son inventeur, à l'étude des aflcclions iboraciques, et tous les médecins de Tunivers apprécient connue il faut les inunenses services (ju'elle rend dans toutes les maladies des poumons, du cœur et de leurs enveloppes; mais Laennec n'a fait qu'indiquer, et tout à fait accessoirement, les avantai:es qu'il serait possible d'en retirer dans le diai:nostic de la izrossesse, de certains cas de fractures, dan> le diai:nt>slic des calculs vésicaux, de certaines lésions de l'oreille, de la IriMupe d'Kustache et des cellules mastoïdiennes, ou même les abcès du foie. Depuis, l'auscultation a ete appliijuée sur les artères et sur les veines dans la chlori>se; sur la léte, par Fischer, pour le dia^'uoslic de l'hydrocéphale et du rachitisme; mais cette application est sans importance.

Ixclalivcment à l'auscultation apj>liquee à la irrossesse, ce fut Mayor (de CuMiève'i qui le premier, en 181 S, ilonna comme positif que les bruits du Civur chez le t\vtus pouvaient être entendus à travers les parois abdominales de la mère, l.a relation de ce sicne précieux resta enfouie dans les archives de la science pendant quatre ans. sans qu'aucun médecin s'en préoccupât, lor>que de Ker^araiiec {[) publia, eu l^--2, un travail sur les phénomènes stellioscopi ;uesdans la irestalion. l'epuis, Paul Dul)ois, 11. N. NiP;:eIé (:2), IV^paul, ont entrepris et fa^l connaître d'intéressantes recherches sur les résultais fi>uruis par lauscultalioii dans le dia^rnosticde la grossesse et dans la ileîeruunalion de certaines conditions du fœtus dans la cavité utérine.

Ouanl à ce qui regarde les fractures. Lisfranc a avance connue un fait des phuN cerlams que le >lethoscope. place sur le lieu dune fracture, produit.

>ou> \ uuUicKce .ia plus Ic^er :i;.-iive:;:o:i: -p:^ r.-:; i::;^''^-''^ ^^i membre, une civpiialiou p. us ni.iîues'.o «.uo r. ' /tsl wi '. .:t:l.e Lue celle que Ton v^bt.cul '^Kvr ".es u\vHi\e'.ue:îls .es ;\u> ^ '.or iàs.

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DE l'auscultation EN GÉNÉRAL.

laates aussi déplorables peuvent ôlre prévenues par rauscultation, depuis que Lisfranc, Moreau de Saint-Ludgère, Leroy (d'ÉtioIIes) ont démontré qu'il était possible, à Taide du stéthoscope, de percevoir le bruit du frôlement de la sonde contre la surface du calcul et que Thomson a conseillé Tusage de la sondé mierophoniqtie.

Ménière a rectifié et complété les aperçus de Laennec sur l'application de la stéthoscopie au diagnostic des maladies de Toreille.

Enfin, dans des abcès du foie avec formation dans ce viscère de kystes

Fio. 23. — Sl^th<»cope flexible de VigierH.

hydatiques venant à s'ouvrir, soit dans l'estomac ou les intestins, soit dans le poumoDy comme la science en possède plusieurs exemples, il arrive qu'en pressant l'abdomen dans la portion molle de l'hypochondre droit, on peut obtenir un gargouillement dû à l'introduction de gaz intestinaux dans l'excavation du foie, et qu'on observe, dans le second cas, de la toux, une

Fio. S4. — Stéthoscope flexible américain.

respiration caverneuse, un râle de même nature et du tintement métallique.

Il y a deux variétés d'auscultation : l'auscultation immédiatey celle qui consiste dans l'application directe de l'oreille sur les parties à explorer, et l'auscultation médiate, celle où un instrument acoustique d'une forme spéciale, appelé stéthoscope (fig. 22), est interposé entre le porps du malade et Porgane de l'audition du médecin.

Le stéthoscope de Vigier (fig. 23) est flexible et se compose d'un pavillon A B et d'une plaque auriculaire d'ébène C, réunis par un tube en caout-

O A, paviUoii ; B, orifice du panlloa ; C, plaque annulaire.

l'O Hi-i\TN- piiv^iorE- Il KKrror.ATroN.

l'Ikiiit-iJi.- r)=,i"in <i,- loTi^;. li.iillL et Rii-.-r on; ilimiiiiiA la ioiiiïueiir du IuIk>

qui .-t.iil iiiio raiis'' il'alT.iJtili>>.-'iiiem du s-mi.

Tut-' 'i''oii-li'iit-- ou ~lrthôi--fjr- ■iiiifiir'ihi . — L*> si-ihoscope aniL'ricnin i?l im ?iin|ili' tiih.' nriiu>hi]ui.' on ■■.inuli'ljnuir, f\u\ ]<m-h- ii l'uiK' de si*s e\l[>-ruLli'> uii pelit c'HK' cri'ux •ri ivnir-^ i]iii >"a[)]ilii|Ui? sur la n'i;ioii ii fX|i|i.irer. l'I â l'aiili •' \iti jiflil h.ili.uui"! d-.' onruo ni d'ivAJrp qui s'iittroiluil ibii> l,'>'..ii,liiita'i,i;iir.>\|,.rii.^.lU-Jl>.

St.ll,-<:--i-''l-- K'.ni'j ili-, -j:.i. — i:v.t un ji-Iil laiiiliiiur r}lindriqiit^ fit

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