‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 30 sur 295 · I. - RALE3 SECS OU VIBRANTS · texte numérisé non relu

I. - RALE3 SECS OU VIBRANTS

Le râh' sihihfnt est un sit'tlement musical, plus ou moins aiiru, qui accompai:ne ou masque le iuiiit ve>iculaire. 11 orcupe un point des poumons ou toute leur étendue. Tantôt il est de courte durée, tantôt plus proloniré, et il oiTre des nuances diverses (|ui rappellent des bruits bien connus et auxquels i»n »st instinctivement porté À le comparer : le sifflement ou piaulement, le bruit du vent à travers une serrure, le roucoulement d'une tourterelle, le bruit d'une soujuape.

Le râle ronflant est plus irrave et ressemble au ronflement d*un homme endormi, au iiroirnement d'un cmbon, ou mieux encore au ronflement d'une corde de basse. Il est rare que ces deux râles sibilant et ronflant ou rlionchus n'existent pas ensemble dans divers points de la poitrine: ils alti'rneiit souvent, se remplacent l'un lautre, et ont tous les deux la même si::nilicalion, car ils ont un même caractère de sécheresse et de vii)ration indiquant la pre'sence d'un peu de mucus gluant à la surface de la nuupieiise bronchique.

Souvent, lorsqu'ils sont intenses, principalement le râle ronflant, ils délermineiil un iViMuissement ajq)recial)le à la main appliquée sur les parois thoraciques. Il e>l rare (ju'ils soient circonscrits et limités; ordinairiMuent ils se Tout entendie dans toute l'étendue de la poitrine; ou les trouve pendant rinsjùralion comme juiidant l'expiration: ils peuvent enfin disparaître ti>ut d'mx C(»up, a[>rès une stH ousse de toux, pour reparaître queKjues >ecoudt^> apre<, disparaîtr«* de mniveau, et se reproduire un peu plu> taid. La cau>e physique i^ii e^l e\ itl»Mnnienl le retrtH'issemenl partiel du calibrtMles tuyaux l>ionel\itjue<. Lacunec ptMisait que ce rétrécissement elaU pre>(|ue toujours ilù à un gonllcnieiit de la muqueuse pulmonaire. .Mais les inlermittenct^s lrt\]nenleN {\uc 1 on observe dans la production de ces rhonchus, leur dt'placement >oudaiu. leurs Nariat:»>ns de force, de siège, de timbre, portent plutôt a croire que U- ri Irecissemeut des parties de Tarbre bronchique où ils se produiNcnl tient a la présence des sécrétions morbides de celle muqueuse, qui peuNcnl auiimenler ou diminuer, se disimniilro nuMue n\omenlanemenl tout à f.iil : ces sécrétions

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forment^ à l'intérieur des bronches, des obstacles sur lesquels Tair, en passant, détermine des vibrations plus ou moins fortes, suivant le diamètre des tuyaux bronchiqes. D'après Beau, le siège de l'obstacle à la libre circulation de Tair rendrait compte de la différence des tons. Les râles sibilants les plus aigus se passeraient dans les rameaux bronchiques les plus fins; les râles sonores dans ceux de moyen calibre, et enfin les râles ronflants et sonores graves dans les tuyaux les plus larges. Une circonstance qui semblerait confirmer cette opinion, c'est que les râles sibilants sont les plus étendus, et les râles ronflants les plus rares; or les rameaux Inronchiques d'un petit diamètre sont bien plus nombreux que ceux d'un calibre moyen et considérable.

Les râles sonores, sibilant ou ronflant, peuvent être entendus dans plusieurs maladies, soit des bronches, soit du parenchyme pulmonaire, principalement dans les phlegmasies catarrhales des bronches, aiguës ou chroniques, lorsque la sécrétion muqueuse est peu abondante ou n'est pas eDoore établie ; — dans la bronchite, dans l'emphysème pulmonaire et cardiaque; — ils sont plus rares dans les cas de compression des cooduits aérifères par des tumeurs ganglionnaires ou anévrysmales situées sur leur trajet. Tous ces états pathologiques ont pour élément commun le rétrécissement momentané ou permanent d'un ou de plusieurs points des voies aériennes. Il n'est pas rare de rencontrer les râles sonores dans la pneumonie, dans la phthisie pulmonaire, où ils niasquent quelquefois les bruits patbognomoniques et empêchent de porter un diagnostic certain.

Dans les affections que l'on a rangées sous le nom de fièvre typhoïde^ les râles sibilant et ronflant (bronchite typhoïde) sont tellement fréquents, que quelques médecins les ont considérés comme faisant partie du cortège sjmptomatologique obligé de la maladie, et conmie se rattachant à la même cause que celle qui produit la fièvre typhoïde.

En résumé, si les râles ronflant et sibilant peuvent s'observer dans beaucoup de maladies des organes respiratoires, ils indiquent essentielkment la bronchite compliquant ces maladies, et, seuls, ils indiquent infailliblement la phlegmasie delà muqueuse des bronches.

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