CAUSE DES BRUITS DU CŒUR
du sang contre les parois ventriculaires. L'expérience du Comité de Dublin, dans laquelle le cœur vide, sorti de la poitrine et posé sur une table, fait entendre un brait lorsqu'on l'ausculte au moment de la systole, ne prouve rien contre le claquement des valvules mitrale et tricuspide ; car, si au lieu d'appliquer le stéthoscope sur la masse des ventricules, on le place à la base de l'organe, de manière à éviter le choc ventriculaire, on n'entend plus ce bruit sourd dont la signification a été mal interprétée.
U'second bruit du cœur, ou bruit clair, est exclusivement produit par le claquement des valvules sigmoîdes, sous le choc en retour du sang contenu dans les artères. C'est un fait démontré par Bouillaud, C. Williams, les membres du Comité de Dublin, Faivre et Chauveau, etc.
En saisissant très vite, à pleine main, les deux troncs artériels vers leur origine, de façon à intercepter la circulation à leur intérieur, on empêche le claquement des valvules sigmoîdes, et le second bruit du cœur cesse complètement.
i^n peut encore faire l'expérience comme il suit : € Pour empêcher l'abaissement des valvules sigmoîdes, sans intercepter la circulation, nous introduisons dans les troncs artériels un trocart dont la gaine renferme plusieurs lames élastiques. L'instrument est .enfoncé jusqu'au-dessous du niveau des valvules sigmoîdes pendant qu'elles sont relevées; puis la fraine du trocart est retirée pour permettre Técartement des lames élastiques, qui s'appliquent alors contre les valvules et les empêchent de s'abaisser. <^D détruit ainsi le deuxième bruit, soit dans les deux artères, soit dans Tune seulement, et Ton entend très bien à la place un souffle doux après « haque systole des ventricules, souffle produit par le retour du sang dans (vs cavités. »
Pour Beau, dont la théorie des mouvements du cœur diffère de la nôtre, <'l qui a fait également une théorie des bruits, l'explication du claquement vaJTulaire imaginée par Rouanet et adoptée par un grand nombre de médecins n'est pas exacte. Le premier bruit inférieur, ou bruit sourd du premier temps, est déterminé par la collision du sang chassé par les oreillettes contre les parois des ventricules au moment de leur diastole et par le choc du cœur contre la poitrine à cet instant. Contraction auriculaire, passage du sang dans les ventricules, dilatation des ventricules au moment de leur diastole et par le choc du cœur contre la poitrine à cet instant. Contraction auriculaire, passage du sang dans les ventricules, dilatation des ventricules, choc des ventricules, collision du liquide contre les parois, systole ventriculaire et abaissement des valvules sigmoîdes, voilà les causes du premier bruit. Le second bruit, ou bruit clair supérieur, correspond au second temps des mouvements du cœur, qui est la dilatation des oreillettes gonflées par le sang qui revient des poumons, et il résulte de la collision du sang contre les parois des oreillettes. Malheureusement ces faits sont difficiles à démontrer, et, comme il n'y a en leur faveur aucune expérience tussi concluante que celles dont j'ai parlé à l'appui de la théorie du claquement valvulaire, c'est à cette dernière qu'il faut s'arrêter.
108 MOYENS PHYSIQUES D'eXPLORATK».
>i 9. — flignefi roarnifi au diai^nuMie par rauf«caltation du cœur
M Tétat patbologique.
C'est rauscultalion qui a rendu possible le diairnoslic exact d'une foule de maladies du cœur dont on ne pouvait que soupçonner la présence. La découverte de Laennec a produit le Traité des maladies du cœur, de Bouillaud; sans elle, nous en fussions restés, dans nos connaissances, à celles que nous avait léizuées Corvisart.
Après l'étude des symptômes et des phénomènes généraux, dont Timporlance ne doit pas élre méconnue, l'auscultation est assurément le meilleur moyen d'exploration qu'on puisse utiliser pour le diaiinostic des maladies du cœur. Elle révèle les altérations de siège, d'étendue, d'i7itensitéj de rhytfimey de nombre, de timbre des bruits cardiaques, et enfin leur alliance avec des bruits de souffles anormaux.