SIGNES FOURNIS PAR L*AUSCULTATION DES ARTÈRES
> 5** Le rétrécissement des vaisseaux^ dans un point plus ou moins étendu de leur trajet, peut s'accompagner aussi d'un bruit de souffle. Mais ce n'est point 1 entrée du sang de la partie large dans la partie étroite, ni le passage de ce fluide à travers la partie rétrécie, qui produit le murmure. Celui-ci survient lorsque le sang entre dans la portion du tube vasculaire située immédiatement au delà du rétrécissement; et, comme cette partie représente, relativement au rétrécissement qui la précède, une véritable diktaticm, il s'ensuit que le souffle, coïncidant avec un rétrécissement, reconnaît encore pour condition essentielle l'entrée du sang dans une partie dilatée du système vasculaire.
> 6* Quoique l'entrée du sang dans une partie réellement ou relativement dilatée de l'appareil circulatoire constitue la condition essentielle et générale du bruit de souffle, il ne suffit pas de cette condition seule pour faire naître un murmure; il faut encore : l"* que la différence entre le diamètre de la partie dilatée et celui du rétrécissement absolu ou relatif qui la précède soil assez prononcée; 2" que le sang pénètre dans cette dilatation avec une force suffisante.
> 7* S'il est vrai qu'il faille une certaine différence de diamètre entre la dilatation où a lieu le bruit de souffle et le rétrécissement réel ou relatif qai précède celle-ci pour que le murmure se manifeste, il ne faudrait pas croire que plus la différence sera prononcée, plus le bruit engendré aura d'intensité. Lorsque l'entrée de la partie dilatée devient fort petite, et ne laisse passer qu'un très mince filet de sang, le souffle, tout en restant net, rade même, perd beaucoup de son intensité, et d'autant plus que le filet sanguin est moins volumineux. C'est quand le sang arrive à larges flots dans une large cavité qu'on a le plus de chance de voir nattre un fort bruit de souffle.
> 8* Étant prouvée la nécessité d'une certaine force d'impulsion du sang pour la production du bruit du souffle, si Ton cherche à déterminer précisément quelle est cette force, on voit qu'elle doit au moins être capable de hire équilibre à une colonne de mercure de 5 centimètres environ de hauteur. On voit de plus que, si cette force s'élève, l'intensité du souffle augmente proportionnellement.
» 9* Toutes les fois qu'un souffle s'est produit, il se propage sur le trajet des vaisseaux, au delà et en deçà de son lieu d'origine, d'autant plus loin qu'il est plus intense, mais toujours à une plus grande distance dans la direction du cours du sang, c'est-à-dire au delà du point où le souffle est engendré. En deçà le murmure se manifeste surtout avec le timbre du bruit de la lime qui mord sur le fer. Au niveau de la dilatation et au delà, il appai*att plutôt atec les caractères du bruit de la râpe qui entame le bois.
> 10* Comme tous les sons possibles, les bruits de souffle reconnaissent pour cause immédiate des vibrations moléculaires. Où et comment naissent ces vibrations? L'observation démontre que le sang, en pénétrant avec une force suffisante dans une partie réellement ou relativement dilatée du système vasculaire, forme toujours une veine fluide, qui traverse le
\'1X MOYENS PIÏV>IOrF:< n'KXlM.OnATION.
Ii(|uidî' primitivement contenu dans la dilatation. i>i\ on sait, depuis les beaux tiavaux dr Savait, (jue toute veine fluide est Ip sièize de vibration:^ susce[)tibUs de produire des sons, vibrations qui ébranlent aussi Toriliee d'écoulement de la veine. Dans l'espèce, les vibrations de notre veine fluide intra-vasculaire et de son orifice d'écoulement sont nettement perçues par le doifît, soit à l'intérieur, soit à la surface des cavités vasculaires où elles ont lieu. Ce sont ces vibrations qui donnent naissance au pbénomène connu ^ous le nom de frrmisspment n'hrdtoire, pbénomène lié d'une manière si intime au murmure vasculaire, qu'on peut dire qu'il n'y a point de bruit de souffle sans frémissement vibratoire, et réciproquement. Ce frémissement, perçu seulement dans les vaisseaux quand il est faible, présent»^ toujours son niaxinmm d'intensité, comme le bruit de souffle lui-même, .sur le trajet de la veine fluide, c'est-à-dire au niveau de la partie dilatée dans laquejl.' entre cette veine. Il se propane étralement en deçà et au delà, mais avec des caractères trop variables, suivant les cas particuliers, pour que Ton parle de ce fait dans un exposé de doctrines irénérales (I ). »
En attendant que les expériences de Cbauveau soient iiénéraîement adoptées, on peut encore soutenir que, dans les artères comme dans le cœur, il y a des bruits de souffle ortjaniques et des bruits de souffle chlorotiques. Les premiers, causés par la compression des artères ou par l'altération de leur structure, sont [oi\']ouvs si m j il t* s et intrninttent'^, tandis que les autres, produits par l'altération chlorotique du san*:, sont quelquefois simples, mais beaucoup plus souvent continH:< et à double couru))!. Ils donnent lieu exclusivement au h)'uit de diuhle et au sifflr)))eut )U)isiral des artnt'u.
Les bruits de souffle siu)jdt'>i ou i)tt(')'))titte)its, à u)) seul couru)) f, annoncent une Unih'ur (iuérr{/siuub\ un a))('vri/s))ie rarii/uoux, le /V/n'rmfiHCut ou ia Cfnnfnrssi.jii des vaisseaux urtrriels, les rutiositrs de la su)fuiy inimu' d'- l'urti'ir, certaines dilatations capillaires formant des («meur^ rrt'ctib's. Alors le bruit de souffle est partiel . — Il est {iê))èral et peut être entendu à Tmlerieur de plusieurs artères, notamment de Tarière léniorale, dans Viusuffisuuct' des rulvules sitjmoides.
Les bruits d*' souffle coutiuu, ù double courant i'[ W bruit de diable, aiuii nonnnés à cau^e de leur ressemblance avec le bruit d'un jouet d'enfant de ce non), sont les différents deizrés d'un même bruit, de même (|ue le bruit ^iihihmt, le sifjhnneut modulé ou chaut des artères, donnant lieu au snu de la i:uimbarde, au bourdonnement d'une moucbe, au sonde coïKpie, etc., «'te*.
Ce bruit dillere du bruit intermittent en ce sens que le souffle est à cba«|ue instant renforce par un second souffle moins fort, et donnant au bruit une sorte de continuité.
Oiielle (jue soit la variété produite, du moment où le souffle est continu, musical, à d(»uble courant, il sairit d'un état d'anémie ou de chlorose plus ou moins prononcé.
(1) Cliauveau, Sw U iiitfLati'smr df'>> l'i utt\ de ^oufjh' va'x.idimc iJuurnal de /<j ;»//j/M'J/'>- (jie de r homme et îles aiuniaui. I80u. l. Hl, p. lOo-.
SIGNES FOURNIS PAR l'AUSCULTATION DE LA TÂTE. 129
Néanmoins, en présence des expériences que je viens de rapporter, il y a lieu de faire quelques réserves, et d'ailleurs, ainsi que je l'ai dit ailleurs il y a longtemps, on trouve souvent des 'sujets qui, bien portants d'ailleurs et sans anémie ni chlorose apparente, ont des bruits de souffle continu dans les carotides. Tel est le cas de tous les enfants d'un collège examinés sous ce rapport et qui m'ont oiïert, pour la plupart, des bruits de souflQe carotidiens très prononcés. La question est à étudier de nouveau et l'appui que Perrot et Peter ont donné à la théorie de Chauveau prouve qu'il y a là quelque chose à prendre dans ces expériences.
Le docteur Ogier Ward (1) et Corvau (2) ont contesté que le bruit de souffle à double courant se passât dans les artères du cou, et ils ont placé la cause dans la circulation continue des veines. Pour eux, le bruit de souffle à double courant que Ton croit entendre dans les carotides aurait pour siège la veine jugulaire. Malheureusement, au cou et sur les différentes régions du corps, il est difficile d'ausculter les grosses veines, jugulaires ou autres^ sans ausculter en même temps les artères qui leur sont contiguës, et, quel que soit le soin qu'on mette à cette exploration, il y a là une cause d'erreur impossible à éviter. Par cette raison, les expériences de MM. Ward et Corvau ne sont pas décisives, et il faut en attendre de plus concluantes avant d'adopter la théorie qui place dans les veines le siège du bruit de souffle à double courant.
SIGNES FOURNIS AU DUGNOSTIC PAR l'AUSGULTATION DE LA TÈTE
Quand on atisculte le sommet de la tête des enfants en bas âge dont la fontanelle antérieure n'est pas fermée, on peut entendre deux bruits : 1* un bruit isochrone à celui de la respiration et semblable à lui ; S"" un bniii intermittent du souffle isochrone à celui du pouls et qui est le souffle fèphalique. Le premier est dû à la transmission du bruit respiratoire vésiculaire des poumons, et le second se passe dans les vaisseaux de la tête.
Pour bien entendre ces bruits, il faut que les enfants soient calmes et quon constate le souffle céphalique seul, c'est d'après Fisher, de Boston, l'indice de Yhydrocéphalef Rilliet, au contraire, pense que c'est un signe de rachitisme. D'après Withney, ce souffle n'a aucune importance diagnostique et il s'entend chez les enfants comme chez l'adulte.
Le docteur Tripier a entrepris sur ce sujet des recherches nouvelles dont Toici le résultat :
1* Contrairement à l'opinion de ceux qui affirment que ce bruit existe seulement chez les enfants, et ainsi que l'avaient indiqué Fisher et Withney. le souffle céphalique existe chez l'adulte.
(I) Ward, London Med. Ga%,, 1837.
(tj Corran, ArchivtM de médecine, 1813.
B. — Diagnostic. 9
IIÎO MoVF:NS PIIYSIQIKS D'KXI'F.ORAriON.
±' (^csl mi soiiflliî systoliqiuî prolbiul (|u'on enleiid sur Unit le rràii»', [)riii('i();ilem(!iit sur les parties latérales au niveau des tempes, avee nia\iniiiru d'inteusilé sur la r<'gi(ui teuiporale droite.
,*{ Kes malades sur les(|u<ds on le rencontre, entendent un bruit inl»:niiltent synchrone avec le souflle per^u à rauscultation, et par conséipjeiit, avec la systole ('ardiaipie, el dont Tintensilé est en rapport direct avec cfll«' du soulllt^ cephali(|ue.
i Le bruit et le souille ])euvent être modiliés ou supprimés monientan^'incnl par la compression de la carotide du C(')lé où l'on ausculte, ou même du C(*)lé op|>os/'.
r» Le souille cephalique, qui est parfaitement synchrone avec la syslolc <ardia(pi(\ doil se passer dans le système artériel.
On arrive par exclusion à la placer dans la partie terminale de la carotide interne au niveau du point où elle pénètre dans la cavité crànieiiiH-.
(V Mans les anémies par hémorrhairies et par cachexie, dans la chlorose, le souflle cej)hali(|ue se rencontre lorscjue les symptômes d'anéujie sont intenses et de longue durée.
7' L<' souille cephalii|ue sans souflle à la base du cœur et surtout san^ anémie, devia laire souiier à la possibilitt* de la compression de la carotide interne au niveau de sa partie terminale, lorsqu'il n'existera aucun troubla du côte de l'orbite.
In'lii'ifions fonmirs ptir Ir souf/lc if'iilifili'jfir, — Toutes les fois quou rcncontiera le si>ull1e cephalique à la suite d'hémorrhaiiies ou dans la chh>r(>M\ on pourra être certain que l'anémie est profonde et qu'elle réclame un traitiMuent aussi énerixique que possible.
(".ommc \c soullb^ cc[)haliqae peut aussi être produit ])ar un élal caclici'lii)uc sous la dcpcud.uice probablement de lésions diverses, on dc\ra toujiuirs rechercher a\ ce soin la cause de Lanémie.
lK\ii> les i\u'he\ie> rcxistence du souille cephalique est un sigïie proni»>liquc :;ravt' ; >a diminuliou et sa iii>parilioii, coïncidant avec une aixira- \atu»n de la maia.iic. scnuit un indice encore plus fâcheux.
lorsqu'un malade ancm.quc ou non se p!aindi*a de troubles cérébi'aux et MHliuU d'cnlcuvire vies bruits auv>rmaux. ou devra toujours ausculter la tclc, c.ir la con>tal.ilioii du Sv^iiHlc C(^[>hal: ]ue en labserice d'un souille larvliavjuc. pvuuaa mcllrc >iîr la \v>.e via diagnostic d'un»* lésion iiitrai'r,oncînic.
l c nvuimIc rt^p!\aiiquc vvV.i> dv s r.i ia\i'v:. lis p.'ur le li-ailemenl, surtout par la v'vumais^a'.iCv* vies cv>*.ivi:'.K':is dans !c> :.;ç!!c> ;i t>t produit.
t .*nI a;n>i viav\ da:î> les c.;> .'U ;1 vi- "v^:; i d'a::e îameur anevrvsmaleou anc\r\>!iu»Klv\ .a l'-;a','vU\" viv- '.a ca: .: vi-, It: v,; -lu: ir le malade.
l\a Cv>ui:c. v.^îi cN .Ici a c'-/: '.v s a::v ::i. ;.i':> 1 1 d.uis les cas de compression vie îa cau*iulv\ u:\* lîiîcrN ^".: .^:; '.i , ;.'•.,. t'i ais^ml c-'Urir au malade des chaUvCs vie Hicik cl vlaCv' .:s".;> vi.^c:>, :.. ;\ u::u.l !iii èlie utile.