‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 55 sur 295 · SIGNES FOURNIS PAR LES ASPIRATIONS ET PONCTIONS EXPLORATRICES · texte numérisé non relu

SIGNES FOURNIS PAR LES ASPIRATIONS ET PONCTIONS EXPLORATRICES

Daos certains cas de lumeur solide ou liquide, lorsque la nature en est inconnue pour faire le diagnostic, on (ail des ponctions avec des instruments très fins qui n'ont aucun résultat fâcheux pour les malades.

Pour les tumeurs solides, on emploie les trocarts emporte-pièce de Ductaenne ou les aiguilles fines et ci'euses adaptées à un appareil aspirateur, rnnime l'ont fait Jules Guérin, Dieulafov, Potain et Casiiaux.

ilalnglqae ie Duchonnc.

Emptrte-pièce hittologique de Duehentu{^g.3i). — Il se compose d'une tige formée de deux segments de cylindre a et (. Le segment f> est fixé sur k mudie C par la vis B ; à son extrémité c il devient tout à fait cylindrique

\\i MOYENS PinsiQUKS d'EXPLORATION.

cl se Icrniiiio t'i) iinc^ poinli' acorée; au-dessous de celle pointe, il est cn'UM* crinie pelile eupule de I ou :2 cenliuièlrcs de loii^^ueur. Le serment //iilis^e sur le se«;ineul /; à la l'aeou d'une coulisse, il esl comuiaiidé dans ce iiionienl par le lK)ulon A; il esl creux dans sa porlion supérieure el se lerniin»- ()ar un hord Iranchanl (pii vient butter contre le bord supérieur de la cupul<* creusée au-dessous de la pointe r.

On ponctionne le muscle avec remporte-pièce fermé en le tenant comiih' un Irocarl ordinaire, et limitant avec l'index, la lonj^ueur de litre (|ue 1 <ti) veut enloncer. Lorscju'on esl parvenu à la profondeur voulue, on oumv rinstrumenl en reliranl le boulon A, el on lui imprime de petits moiivomtMils latéraux pour faciliter l'introduction d'un morceau de muscle diuis la cupule entre la pointe c el le bord Irancbant du segnient a : en pous>aiil le boulon A on ferme l'instrument el l'on divise le petit faisceau musculaire' ((ui se trouve enfermé dans la cupule.

Pour les tuuieurs liiiuides on se serl des aspiratioïis exploratrices, avec l'appareil (iuérin, nieulafoy, Polain el Casliaux.

Ces appareils se com[»osent tous l'ssentiellement : i'* d'un aspirateur (seringue, ballon ou bouteille): -2° d'inslruments de ponction.

1" AsinratCHi'. — L'aspiraleur esl un vase dans Ie(|uel on fait le vidf ii laide d'un s\slème jmeumaticjue (juelconcjue.

(l'est lanlôt le corps d'une serinj^^ue (.1. Guérin, hieulafov ) (lii;. :l'.0;le sNstème pneumalii|ue esl alors le piston A de la seringue; deux robinels soûl placés, l'un W à l'exlrémilé, l'aulre H sur le C(Mé; un index permet de reconnaître s'ils sonl t)uverls ou fermes; au robinet It s'adapte un lube en caoutcliouc, 4ue Von arme de l'aiguille (1: le robinet K met la cavité de la Ncrmgue en couimunicalion avec l'extérieur. Pour employer rinstrumeiit, le piston étant complètement engage dans la seringue, on ferme les robinets, on fait le vide en retirant le piston tout entier: pt)ur maintenir ce dernier ilans sa nou\elle po>ilion on lui imprime un mouvement de rotation par leijiu'l on ViUi'voclw à un cran ilis[H»>e à cet elTet : on adapte le lube en caoutehoiu' arme de raiguilb\ on pratit|ue la ptuiclion, on ouvre le robinet K : U' lupiiile se precipii- alors dans la seringue : lorsque celle-ci esl reniplu'. ou ferme le robinet H, on ouvre le robinet 11, el l'on chasse le liipude au debiu's en pou^saul le pi>lon prealal)!emenl décroché; on reev»mmeni'e la même mar.rnvre iu<]u"a ee qu'on ait aspiré el évacué li totalité du liijuuie.

l.'a>pu*aleur peut éîie e:u\nv un grauJ tlacoii, bouché à l'aide d'un l»ouehv>n en eaoutebiuie. perce \\v' un Ivitu* a daix voies bifurque à l'exléneur \^lig, \W: le tnlu» s'oinre d\\\\ c'<c dA\\> le llao.»n: à l'exlérieur, chacune lies biluuations porte un u^l» îk l A ^î 1> : Tun des robinets B reçoit une p\>n\pe a>pn*ante deNinue a îa::e le v.ie; l'autre A, le tube en caoulchiUic arn\e de l'aigu. lîe iMt.vvart. T. est lurin un ba!L>n, muni d'un bouchon jMMXV jur un lube à robinet, el au K'ud duquel on verse quelques grammos d\\UK On oblienl ici b^ vide en e\p ^saiU !e ballon, robinet ouvert, à k ilamiuo d*uno lampe »\ alcooî. puis !a;>s.i:.: refroidir après avoir ferme

ASPIRATIONS BT PONCTIONS EXPLORATRICES. 145

le robinet. La manœuvre de ces deux appareils est identique : faire le vide, adapter le tube armé de l'aiguille, ponctionner, ouvrir le robinet correspondant. La capacité du flacon et du ballon permet de recueillir une grande quantité de liquide sans qu'il soit besoin de déranger l'appareil.

Lorsqu'il s'agit d'une exploration on emploie souvent comme aspirateur un simple tube en verre fermé par un robinet à chacune de ses extrémités

Fit. M. — Aspirateur PoUin. — B, robinet ouvrant la commuaicalion entre le flacon et la pompe aspinate (le Amod n*ett pas représente sar la figure) ; A» robinet ouvrant la communication entre le Oaeoa et la canole D par l'intermëdiaire d'un tube en caoutchouc; D, canule viss^ sur le robinet G et dont le calibre est TariaUe; G, robinet sur lequel on visse d'un cAtë la canule D et de l'autre côté U boite 4 cuir I ; «itre G et D est aoe tubulure qui reçoit le tube en caoutchouc dont est armé le rabioet A; 1, botte à cuir; T, poinçon du irocart. — Lorsque le poinçon est enfoncé dans la canule D, le robinet G est OQvert.

(Castiaux) ; Tan de ces robinets reçoit l'aiguille tubulée exploratrice ou le trocarl explorateur, l'autre permet de mettre le tube en communication avec une pompe aspirante, ou de l'isoler en y maintenant le vide. Le tube fide d'air isolé et armé d'une aiguille tubulée ou d'un trocart, sert d'explorateur. Supposons le cas où le tube est armé d'une aiguille tubulée; 1 opérateur plonge l'aiguille dans la cavité à explorer, ouvre le robinet Totsin de cette aiguille lorsque toutes les ouvertures latérales de celle-ci sont engagées dans les tissus, et enfonce jusqu'à ce qu'il voit apparaître du liquide, à moins Iqu'il n'ait à craindre, en poussant plus avant, de blesser les (ffganes sous-jacents.

Obtient-il du liquide, il peut sans déplacer Tinstrument adapter l'aspirateur à l'extrémité du tube resté libre et substituer ainsi l'aspiration thérapeutique à l'aspiration exploratrice.

t Des ifutrumerUs de ponction, — Les instruments de ponction sont \xMi des aiguilles tubulées, tantôt des trocarts capillaires. 6. Dieulafoy emploie une aiguille tubulée à pointe acérée et taillée en biseau ; mais la pointe de ses aiguilles est généralement un peu recourbée vers l'axe du tube; c'est là un défaut, cette pointe est ainsi rendue flexible; elle supporte l'effort de l'opérateur et est dans une position telle que toute pression exagérant sa courbure, la rejette hors de l'axe de l'instrument qui dès lors n'a B. — DiAfiMoaTic. 10

I iO MOYKNS PHYSIQUES d'kXPLORATIMN.

pour ainsi dire plus Je pointe pour se frayer un chemin. l*ourlanl, pour confirmer la présence d'un épanchement douteux, Tai^i^uille vaut évideiiimrnl mieux (jue le trocarl. En elVel, le but à atteindre est d'armer l'optialeur d'un vide préalable, (|ui l'avertisse dès qu'il arrive au liijuide cheiclh'. [)ès lors, à mesure qu'on enfonce rinstrument, il faut oiïrir au li(|uide un orilice par où celui-ci puisse» passer dans le tube pour se révéler; il faiil donc une pointe en ménn' temps (ju'un orilice. L'aiguille tubulée prcM'iiU' cette double condition; elle a cependant le i2:rave délimt d'exposer a la pi(|ùre des organes sous-jacents, du poumon par exemple, accident dont l'innocuité n'est pas établie.

D'ailleurs, s'il s'agit seulement de reconnaître la nature d'un épanch» ment pleuréti(|ue sur l'existence du([uel aucun doute ne s'élève, les trooartN sont sans contredit préférables, l'our adapter un trocart (1) à un aspirateur, le problème à résoudre était d'em[)é(Jier le vide de se détruire, «ai l'air de pen«'lrer dans la cavil(; lhoraci(pie, lors du retrait du poinçon her> de la canule et de la substitution île l'aspiralenr au poinçon. In trocart a rnbiiiei ordinau'e était insuftisant, la fermeture du robinet ne pouvant >•* faire assez lapidement pour empêcher le vide de se détruire. ()n a alur> pr(q)os<' un Irocart à r(d)inel muni de c(* (|ue l'on a appelé une boîte a cuir I (voy. lii:. -iO). La boîte à cuir est un cylindre de 0 ',010 de lon^ j)uuvant se visser à l'extrémité extérieme de la canule, dont la cavité est rein- |)lie de cuirs percés en leur centre d'un très petit trou laissant passer a (roltement le poinçon du trocart. La boîte à cuir est vissée sur la canule du trocarl, munie elle-ménie d'un robintt: le poinçon est introduit dans sa canule par le trou central de la boîte à cuir. On fait la ponction, puis cm relire le poinçon jusqu'à ce (ju'on ail amené à l'extérieur un index dont il est marqué environ à 0", OIT) de sa pointe. L'apparition de cet index annonce que la pointe du ti'ocart a fran(!hi l'orilice du robinet; on ferme ali»rs ce robinet. Or, pendant tout ce temps, l'air n'a pas pu pénétrer dans la c iimle du Irocart en raison du frotlement exercé pai* les dis(|ues de la boîte à cuii' contre le poinçon. Une fois le robinet fermé, on dévisse labuit^* à cuir, on y substitue le tube explorateur vide d'air, et l'on ouvre de nouveau le robinet. L'opération est simple et facile et le problème parfaitement résolu.

Celte substitution de l'aspirateur vide d'air à la boîte à cuir est pourtant iiénanle et prolonge inutilement l'exploration. Pour obvier à cet inconvénient (voy. (i;j:. 40), une seconde tubulure, à laquelle vient s'adapter Taspirateur |)ar lintermédiaire d'un tube en caoutchouc, a été embouchée sur la canule du Irocart en dessous du robinet. Le manuel opératoire est ainsi simplilié : faire la ponction, adapter l'aspirateur, retirer le poinçon qui •ilisse dans la boîte à cuir l; fermer le robinet C de la canule, ouvrir le robintU A qui met l'aspirateur en communication avec la canule el la cavile ponctionnée.

(1) Nous croyons inutile tle déoiire spt-cialcMiient la canule et le poinron dont se compo>e eut trocarl.

EMPLOI DES SPÉCULUMS. 147

Page 1