‹ Traité de diagnostic et de sémiologieChapitre 77 sur 295 · EMPLOI DU THERMOMÈTRE · texte numérisé non relu

EMPLOI DU THERMOMÈTRE

Malgré les recherches de Sanclorius el de Haen, Temploi du ihermomètre en médecine élail tombé en désuétude. C'est de nos jours quWndral, lk)uillaud, Baerensprung, Trauhe, Wuiiderlich, Hirlz (1), etc., ayant repri> Tusaiïe de cet instrument, ont montré le parti qu'on en pouvait tirer pour le diai;noslic de la lièvre, el des diiïérenles espèci's de lièvres éruptives ou autres, pour le diagnostic de quelques maladies aiguës, la pneumonie: pour le pronostic en général et enlin pour la thérapeutique.

(\^ n'est pas assez de constater avec la main la chaleur fébrile de la p<'aii, on n'obtient ainsi (pie des résultats approximatifs insuflisants pour IVtud»* de la lièvre qui est surtout un accroissement de la température profonde {il)y et pour les démonstrations de l'enseignement clinique relatives aux variations fébriles, aux stades de la lièvre et aux complications qui surviennent dans le cours d'un état morbide. On peut se tromper, elil n'y a que le thermomètre qui puisse révéler les modilications de la chaleur morbide, son accroissement, son déclin, ses variations diurnes et nocturnes et, enlin, les degrés de température maxima et minima compatibles avec la vie. Il peut même servir de nmyen de constatation de la mort, car audessous de -^ 'l'I ile::res la mort est bien réelle. Cela résulte de recherches nombreuses i|ue j'ai faites sur les animaux et sur les morts de l'hôpital des Knfants, après avoir rassemblé onze cents observations C-j).

Je prenais la température du corps dans la salle au moment du décès, puis à la salle des morts au bout de 1-2 heures, de '1\ heures, de 3«> heures, de 4S hruros, de 00 heures et de VO heures, en même temps qu'on tenait compte de la temptM'ature ambiante, et dans mes tableaux on trouve la température nunenne de la mort indiquée par séries d'après les temps et d'après la chaleur anil>iante : comme ces recherches ont duré plus de deux ans, on a ainsi la leniperalure de la mort étudiée en toute saison.

lous les liiernionu Irrs ne sont pas egaK inrnl bons pour apprécier la vhaleur aniîi.ale. il faut dos iiislrunienls prieurés dans ce but par un constiiuîour lî.leili-itMit \ U\ est le lliernioïnetre de Fastre itig. %). l>t Hisiiuuie: t peut être pii^i^ire au mercure .m à TaLw^Lmais je |>réfère celui qui e>t j»ri jure a ralcovl. a cause de 'a laolite qu'on a de suivre les oscillations de la ^v>'oîi:îe li.orin kii- irijiio : il ne dy^ t aw^jr que 5 degrés audossous de ;t:.' x'\ iô demies ..u-.iossu>. :i dv-it tire divise en cinquièmes

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EMPLOI DU THERMOMÂTRE.

oa en dixièmes de degré. De plus, pour que rexpérience ne soit pas trop longue, il faut donner une grande sensibilité à l'instrument en lui donnant un petit réservoir facile à échauffer et une colonne très mince.

Mieux vaut encore employer les thermomètres à index dont la lecture est plus facile.

On étudie la température superficielle et locale avec des thermomètres spéciaux à boule aplatie, et la température profonde avec les thermomètres que je viens d'indiquer. La recherche des températures locales est très difficile, presque toujours inexacte, et ce qu'on a dit des températures locales de la paroi thoracique dans la pneumonie, la pleurésie et la tuberculose est si contradictoire que l'on ne s'en occupe plus. Pour Vétude des températures profondes, le thermomètre doit être ap- |riiqué dans la bouche sous la langue, dans le rectum ou dans Vaisselle. Mais il faut savoir que dans le rectum la température est de 1 degré plus élevée que dans l'aisselle, comme dans l'aisselle elle est un peu plus élevée que dans la bouche. Bien que les résultats obtenus dans le rectum soient plus précis en raison de la température plus constante de cet organe, tous les médecins ne placent Tinstniment que dans l'aisselle, ce qui est suffisant pour les recherches cliniques. Ce n'est là qu'une question de convenance, et, comme on peut toujours placer un thermomètre dans l'aisselle, s'il est entendu que toutes les recherches thermométriques seront faites en cet endroit, on a ainsi en tous lieux et pour toutes les maladies un endroit semblable pour observer, ce qui permet de comparer les résultats publiés par tous les observateurs. Dans les maladies de Tessie on peut, comme je l'ai imaginé, se servir d'un thermomètre courbe caché dans une sonde.

Oa verra plus loin (i) quelle peut être l'utilité de la thermométrie appliquée au diagnostic; pour le moment, qu'il me suffise d'avoir mentionné ce procédé d'explora- Uon, et, ^ l'occasion de la température dans les maladies^ j'indiquerai, d'une façon plus complète et plus détaillée, les avantages que le diagnostic, le pronostic et la thérapeutique peuvent retirer de la thermométrie clinique.

Fio. 96. —Thermo mètre à alcool coloré (Fastr^).

(1) Yoy. SlGHES rOCBMIS PAR LA TEMPÉBATURE DU CORPS.

±11 SKiNKS FOl'UMS PAU L'HADITUDE EXTÉUIKIRE DES MALADES.

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Tous les bons ()l)servaleurs savent combien est grande l'imporlance des sifînes fournis par les gestes et les allitudes dilîéreules des malades; parle s(ui d(^ leur voix, par Téclal el i'ex pression de leurs yeux, par rexpression et les mouvemenls de leur physionomie, par la coloralion de leur visaf^e, ele. Kn ellel, ces si|.'nes ne trompent que rarement et ils permeltenl souvent de juuer à distance, et d'un coup d'œil, la nature el Tissue probables d'une maladie. Il est presque impossible de décrire les faits de ce «;enre, car ils cchapj)ent à lanalyse; on les voit mieux qu'on ne les dit, el il faudrait les peindre au lieu de les raconter. Cependant, malgré les difficultés de Tentreprise, je vais 1 essayer, alin de familiariser le médecin avec les aspects si varies el souvent si caraclérisliques que présente l'ensemble extérieur d'un malade.

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