HISTORIQUE DE L'ÉTUDE DE LA TEMPÉRATURE
Jadis on se contentait d'apprécier la température de la peau à l'aide de la main, mais ce procédé qui ne donne que des résultats approximatifs, souvent trompeurs, impossibles à transcrire, est abandonné. Au point de vue de la science, c'est au moyen du thermomètre appliqué le matin et le soir, en raison des modifications diurnes et vespérales, qu'il faut étudier la chaleur animale, et alors on a une précision qui ne laisse rien à désirer et dont les résultats écrits, figurés sur les tableaux, peuvent être transmis aux observateurs qui veulent se rendre compte par eux-mêmes des iDodiRcations de la chaleur animale dans les maladies.
Quand on se sert du thermomètre pour étudier la chaleur animale, il faut
SIGNES FOrUMS PAR L HABITUDE DU CORPS.
le placer dans le reclum, dans la bouche, sous la langue et mieux dans l'aisselle. Là, par suite du défaut d'évaporation, la calorification est sensiblement à labri des pertes qu'elle subit à la surface de la peau, et Ton a dans ces régions la température profonde. Sous les membres et aux exlri'mités, on n*a. au contraire, que la température périphérique, très variable, facilement modifiée par la température extérieure et étant de 6 à i2 degrés inférieure à celle qu'on obtient au même instant dans l'aisselle.
Sanctorius (H>:2()), Swammerdam (1), Borelli (:2), Boerhaave (3), Martine (4), qui le premier a vu la chaleur des* fièvres intermittentes atteindre RH degrés Fahrenheit, c'est-à-dire 40 degrés centigrades, Schwenke (5), llaller (0), de llaen (7) sont les premiers qui aient employé le Ihermomèlre pour apprécier la chaleur du corps dans l'étal fébrile. Depuis lors Hunier, Currie, Frœhlich ont fait des observations de ce genre, et c'est de nos jours que Piorrv, Andral, Chossal, Monneret, Traube. Baerensprung, Wuuderlioh, Spielmann, Picard, Coblence, Hirtz (8), etc., par des recherches nouvelles, ont montré l'utilité clinique de ce moyen d'exploration.
La chaleur augmente dès qu'il y a fièvre, c'est là un fait incontestable, formule par Hippocrale et Galien ; mais, pour l'apprécier convenablement, il faut substituer le thermomètre à la main et faire l'exploration dans la bouche sous la langue, dans le reclum ou dans le vagin, et mieux que cela dans laisselle. C'est là où l'on a pris la température moyenne de -|- 37 degrès, lar dans la bouche elle est moindre de 1 à 3 degrés, et dans le rectum elle a, au contraire, i ou -2 degrés de plus.
TF.MPKUATIKK l'K'n<t>OE ['ANS LES MALADIES
F.tnde fcéBèralc de la trnipcratare.
0 L^iul on fliulio la chalour morbide au thermomètre, il faut le faire pendant toute la dunvdes maLuiios, et prendre la température de l'aisselle malin et Sv»ir pour rinsenre sur des feuilles spéciales. Cela permet de voir, pour chaque alToclion, la durée et les oscillations de la fièvre ou paivwsmos et leur retour plus ou moins régulier, enfin raclion des médicamiMits sur la chaleur fébrile.
Ouan.l on étudie de colle façon la chaleur morbide, on voit qu'elle offre ItXMS pt riodes. Tune d r ."r U::fi, la seconde d'r'f/f et l'autre de déclin.
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SIGNES FOURMIS PAR Lk TEMPÉIUTTRE DU CORPS. 237
Première période. — Cette première période est de trois h quatre jours et dure quaraule- huit heures.
C'est dans les maladies aiguës inflammatoires, pneumonie, érysipèle, Gèrre éniplive et fièvre intermittente, qu'on l'observe et que l'élévation de température est le plus rapide. D'après Traube et Wunderlich, le thermomètre monte à 39 et 40 degrés en quelques heures. — Dans les fièvres typhoïdes, l'élévation est- plus lente, n'a lieu qu'en trois ou quatre jours ot est toujours plus marquée le matin que le soir. Dans quelques maladies, «ofÎD, si la marche est irréguliëre, comme la scarlatine ou la rougeole, l'élévation est irréguliëre, saccadée, avec des altematives d'accroissement el de chute jusqu'au moment de son apogée.
Deuxième p^ode,d'état.—L'é\évaXioa delà température ne se conserve pas au même degré, elle varie un peu, s'ahaissant, selon Thomas, de minuit à midi, c'est-à-dire le matin, et s'élevant de midi à minuit, c'est-à-dire le soir. C'est ce qu'on appelle la rémigsion da malin et Vexacerbation du soir depuis plusieurs centaines de siècles, mais ce fait, habillé à la moderne, puse pour une découverte importante an milieu de nous.
Cette période est de courte durée quand l'élévation est très rapide, comme dans les maladies inflammatoires et dans la fièvre intermittente, mais elle est assez longue au contraire dans la liëvre typhoïde et dans les maladies où l'élévation assez lente met trois ou quatre jours à se produire.
Période de déclin. — Très rapide dans quelques cas et caractérisée par la perte de 1 à 2 degrés en douze à vingt-quatre heures (pleurésie, pneumooie, fièvre intermittente, érysipèle), elle est ailleurs traînante (fièvre typhoïde), ou bien oscillante en conservant toujours l'élévation du soir. Lorsque la chaleur baisse subitement par une sorte de coltapstu, selon l'expression de Wunderlich, c'est qu'un danger très grand menace le ma* lade et que la maladie, par sa malignité, va le faire périr.
Hirtz, qui a étudié avec soin les modifications thennométriques de la