POUR CENT
91 PhUiisiques. — Proportion du type thermique observé chez 55 59,1
Hommes 53 cas — — — ... 27 49,1
Femmes 38 cas — — — ... 28 73,7
21 Phthitiques non tuberculeux 7 33,3-
S3 — avec tuberculose miliaire 48 76,2
17 Tuberculose miliaire sans phthisie 15 38,2
Ces recherches sont intéressantes, mais par cela même que chez des phthisiques non tuberculeux, il y en a 25 pour 100 qui offrent le type inverse de la température, cette recherche ne peut servir à un diagnostic exact.
Dans les maladies du cerveau on a eu la prétention de reconnaître l'augmentation de température de cet organe. Sous le titre de thermométrie cérébrale, Broca s'est avisé de mettre un thermomètre dans un petit sachet de ouate sur la tempe et à la protubérance occipitale. Au bout de quarante minutes , ayant obtenu, d'après douze observations, une moyenne de 34 degrés à gauche et de 33*,9 à droite, il en a conclu qu'il
210 SIGNES FOURNIS PAR l' HABITUDE DU CORPS.
connaissait la température cérébrale et qu'il y avait plus grande activité de l'hémisphère droit.
Mieux encore, dans un cas de ramollissement cérébral, il a trouvé i',5 de plus dans le C(Ué malade (|ue dans le coté sain; puis, dans un cas d'embolie cérébrale, il y avait diminution de 2 à 5 dixièmes dans le coté frappé d*embolie. C'est là la science telle que certains savants renseignent à la Faculté de médecine de Paris.
Températures morbides locales.
Hunter et un grand nombre de médecins ont signalé l'augmentation ou l'abaissement de la température locale dans certaines maladies. Elle est augmentée dans les inflammations, dans la lièvre intermittente. Peter (li et Vidal disent avoir constaté une augmentation dans la tuberculost^ pulmonaire. Elle est diminuée dans le choléra, dans le sclérème des nouveau-nés.
Dans la luberculisalion pulmonaire, ont dit Peler et Vidal, aussitôt qu'un noyau de tubercules entre en évolution, et à partir seulementde ce moment, on peut constater une augmentation de la température de la peau correspondante. Cette augmentation persiste pendant tout le temps de la période inllammaloire pour cesser avec elle.
L'(*Ievation de la température de la peau correspond si bien à Pinflammation interne qu'il est |)o>sible d^^ dessiner exactement avec le thermomètre le pourtour d'une caverne, lorsque des tubercules péricaverueux entrent à leur ti)ur en évolution.
.V niosure <]ue le liiernionirlre s'éloigne du point qui correspond au foyer intorius la tonipt'rature diminue graJufllemenl pour redevenir normale à une dislance (jui varie de o à i centimètres.
Vidal ne croit pas avoir constate une t'ievation de température locale de plus lie 2 dt'gres par rapport à rolle prise sous l'aisselle du malade: M. IVior a si::nale des températures plus élevées, surtout dans la fonne casée u-^e.
Au luouuMil de l'ilt-valion de la température, la j)eau est presque toujours sèi'he.
Toute t'ievilion dv la teni{H iMture locale est liée à une accélération du pouls, etc.
Vu :l\<\>c ^t'iicralc, ViJal croit que riK\al;un d'} la température locale e.sl piodiiile, non poiu! tant \\\v la «]iiaiililf de saii,' t|ui aîllue dans un organe que par la diOiculu^ qae cr liiuule cpr-'UVc à rrlourner de la périphérie \er> le centre circuîalviiv : il MinMtiait qut- l-nites les fois que, dans les ca[Mllanvs. le san^ e[>rou\r li'* ia diilioville vi ptiirlrer dans le réseau veineux, il \ a prvHluclioîi vie ciiaicur,
l.'elcNativui moindre vie la tc!îi}U'rali;îe dans les C'Miireslions pulmonaires suivies dhemoplN>ie lui paraî: iOP.s'.ilutra ce p^iut J^ vue un argument
\l' IVtor. /»)..'.'. .».-• .\\
d'une grande valeur, puisque dans ce cas la déchirure vasculaire permet au liquide sanguin de s'échapper librement.
Ces faits ne sont pas exacts et à la Société de biologie (1), sur un certain nombre de malades porteurs de cavernes pulmonaires, M. Lépine dit avoir constaté qu'il n'existait pas de différence de température entre la région du thorax coirespondante à la caverne pulmonaire, et la région de Taisselle ou du bras voisin. C'est ainsi que, chez un malade, le thermomètre marquait 39*,6 au thorax et 39^,6 à la face interne du bras. D'après M. Lépine, Thyperthermie cutanée, chez les phthisiques, peut exister aussi bien dans la région du bras que dans la région du thorax.
j! f . ^ •layB«tl«ii 4e lA tesipératare dans les sieledleii ea elsMlté.
Dans quelques maladies, la température s'abaisse de 1/2 à 1 degré et plus. Par Vinanition prolongée elle tombe à 34, 32, 30 et même 29 degrés ; il en est de même par le refroidissement du corps exposé au froid lorsqu'il gèle très fort. Ainsi, Boumeville a cité le cas d'un homme mourant de froid chez lequel la température rectale était de -|-28 degrés (2), et Duguet en a publié un autre où en pareille circonstance le pouls était tombé à -f- 25 degrés.
L'abaissement de la température du corps dans les maladies peut être occasionné par la médication mise en usage, mais la diminution est moindre à la suite de ces médications qu'elle ne Test par le refroidissement prolongé. Cet abaissement s'observe après les émissions sanguines, les antipyrétiques et les sédatifs de la circulation. En effet, soit après l'usage de l'antimoine et principalement du tartre stibié, de la quinine, de la vératrine et de la digitale, soit à la suite de saignées abondantes et de vomissements ou d'évacuations copieuses, la température s'abaif^se de 1 à 3 degrés, ce qui est énorme.
Il est une maladie cependant, le sclérème des nouveau-nés, appelé par Hervieux œdème algide, dans laquelle la température s'abaisse à 4- 22 on 4-25 degrés, mais à ce chiffre c'est la mort, et Ton n'a jamais vu la température tomber à ce degré sans que l'enfant meure. On peut même utiliser ce fait pour le diagnostic de la mort apparente, car, en attendant que la température soit tombée à-|- 22 degrés, on est sûr que la mort est bien réelle. C'est ce que je vais démontrer un peu plus loin.
On a également dit que le choléra abaissait la température (Baerenspning et Doyère), mais, d'après quelques auteurs, notamment Lorain (3), la chaleur serait au contraire plus grande. Cela peut être vrai pour la température profonde étudiée dans le rectum, ou de l'aisselle qui monte à + 37
(1) 7 rérner 18S0.
(2) Bournerille, Gatette det hôpitaux, 1872, n* 8, p. 34.
('3) L4>nin, Etudei de médecine clinique et de physiologie pathologique de choléra. Paris, 1868, et Deia température du corps humain, Paris, 1877.
:>48 SIGNES FOURMS PAR l'hABITUDE DU CORPS.
OU 38 el 40 de^fivs, mais la tenipéralure superficielle ou périphérique est ordinairement abaissée. Ainsi, dans les mains, elle est de + :2i à + -^ degrés d'après les expériences (|ue j'ai faites à rHùtel-Dieu, en 1849, lors de la seconde épidémie de choléra qui a paru en France.
Dans Vï'clampsie albumiuuriqne par mémie, elle s'abaisse jusqu'à 30 et 31 degrés, conmie on le voit figure 105, ce qui distinguerait cette forme de convulsions de Teclampsie ordinaire, où la temi)érature serait au contraire plus élevée que dans l'état normal. Ce sont des affirmations à vérifier.
^ É^. — De» effcCH de la chaleur morbide.
Sous rinfiuence de la fièvre el de la chaleur exagérée qui en résulte, les
globules du sang se détruisent, l'eau augnienh-, la fibrine et ralbumiiie
s'accroissent, restent à leur chifi're normal ou diminuent faiblement, mais
il n'y a pas d'éléments certains et caractéristi([ues de l'état fébrile, c^ir ces
phénomènes varient dans les pyrexies et dans les inflanimations.
Au contraire, dans les inllammalions et dans les pyrexies, paitout où il y a chaleur morbide, l'urée augmente de 0,010 j)our M) à 0,0:îoG (Picard), et, d'après Coze el Fellz, il } a augmentation propcu-tionnelle de la chaleur et de la quantité durée. Kn même temps, il y a dans les deux sangs diminution d'oxygène el augmenlalioii d'acide carbonique.
11 paraît, d'après Weikart. que l'excès de chaleur animale rend la vie impossible par excès de coagulabilile du sang, car ce li(|uide se coairule dans le cœur vers 43 degrés chez les animaux ([u'on amène artificiellenieiil à ce eh i lire de température.
Sous ce ra|)porl, l'excès de ten)|»éralure à 4'2 degrés peut être considéré comme un signe |)ronostique extrêmement fâcheux et précurseur de la mort.
Disons entin (jue. comme elTet de la chaleur morbide, il faut indiquer la rougeur, la seeluresse el ruieeralion de la langue el de la muqueuse buccale ou piiar\ngee, la sécheresse de Teslomac et de l'intestin supprimant les sucs gaslri(jues et enUainant linappelence, |»ar suite l'inanition, l'amaigiissemenl el la pàhur, les ulcéralinns culanets, les régressions graisseu^e^ iles muM'Jes el du cteur (Zeneker), la jierle d'irritabilité du cœur, riiNposlIienie nerveuse produi>aiil la couibalure, l'alonie des vaiï?seaux amenant les h^po^ta^es viscerale> el entravant le jeu des organes, de sorte que. si la lièvre est souvent un ellel. à S(.ai tour elle |)eut être la cause el l'origine de désordres plus ou moins graves.
^ *• — Cautie» de raugnienlation de leiupérulure d«n» ieii maladie».
L'école anatomique, niant lexislence de la tièvie essentielle, soutient que raccroissemenl de la temperaluie profonde ist le résultat de celled'un orgaue cuUanime et qu'elle n'est qu'un de> s\niplômes de la lésion or^M-
nique. Pour cette école, la Qëvre, c'est-à-dire la chaleur morbide, est toujoars symptomatique. Cela est faux, car Hunter, et de nos jours Billroth, ont démontré que le thermomètre, mis dans un organe enflammé, montait moins haut que dans l'anus, ce qui ne devrait pas être si l'organe malade était le foyer qui échauffe le sang et le rectum.
D'ailleurs, comme la chaleur morbide s'établit souvent avant l'apparition de la lésion locale et qu'elle cesse avant la disparition de ces lésions, comme il y a des maladies fébriles aiguës qui amènent la mort sans lésion qui paisse expliquer cette fin, comme le typhus, la scarlatine et la fièvre pernicieuse, uniquement par excès de chaleur morbide, on ne peut pas dire que les lésions organiques inflammatoires soient le point de départ de la chaleur.
Ce n'est pas la rapidité du pouls qui amène un frottement exagéré du sang sur les parois vasculaires, car la seule rapidité du pouls produite par l'exercice n'élève pas sensiblement la chaleur, et la fréquence du pouls n'est pas en rapport avec la chaleur morbide.
Est-ce le résultat d'une fermentation du sang par la présence de matières putrides ou purulentes, de bactéries ou de vibrions? Cela est possible, car les expériences de Tigri, de Davaine, de Billroth, de Coze et Feitz (1) prouvent que les injections de ces matières engendrent la fièvre. Mais ces faits, si probables qu'ils soient, sont bien nouveaux pour être acceptés sans réserve.
D'après Traube et Hirtz, la chaleur augmente dans la fièvre, non seulement parce que, à côté de la production et de la rétention du calorique en excès il y a une déperdition insuffisante produite par une lésion du système nerveux ; mais encore ces médecins pensent qu'une hyposthénie des vaso-moteurs du grand sympathique trouble l'action des capillaires super-* ficiels, refoule le sang et le calorique dans les profondeurs de façon à l'y accumuler. C'est encore là une théorie à vérifier. Quoi qu'il en soit, il est éTÎdent que la fièvre et l'accroissement de chaleur ne sont qu'une seule et même chose, que c'est là un phénomène initial dans les maladies, qu'il est antérieur aux lésions locales, qu'il résulte d'une combustion plus active des éléments du sang au sein des tissus, et que son apparition et ses modifications indiquent l'existence d'une cause première ayant pour siège l'innervation.
De cette manière de voir résulte pour le médecin cette conséquence, que la chaleur morbide est un phénomène qu'il faut combattre directement, sans trop se préoccuper de la lésion locale, présente ou à venir, et qu'en abaissant la chaleur on peut juguler les maladies. Comme elle a par ellemême un effet destructeur sur les tissus et sur les humeurs, on ne saurait donc trop entreprendre pour l'amoindrir.
Tout ce qui peut abaisser la chaleur morbide est donc indispensable à employer dès le début de la fièvre.
(I) Co«e et PclU, Reckerchei exoér. sur les maladies infectieuses. Paris, 1874.
:250 SIGNKS FOURNIS PAR l'iIABITUDE l)V CORPS.
Sous ce rapport, los antiphlogistiqites, le froid cl les affusiotis froi'it':^; les antiputrides ou antifennentescibles ; les tempérants el les coutrûstimulants qui sont des antipf/rétifjueSy sont les premières armes donl le médecin doive se servir.
La diète, la saignée qui abaisse momentanément la température de l à :2 degrés, les sangsues, ventouses scarifiées, qui agissent de la même façon, mais un peu moins vivement, sont, selon Toccasion, la nature du mal à venir, l'âge et la force des malades, la durée probable de la convalescence, de très bons moyens à employer. Ainsi, lorsque dans une pneumonie la température du soir monte à iO degrés; si l'on fait une saignée la température tombe à ^W, ne s'élève que de quelques dixièmes le soir, el ce n est que le lendemain qu'elle s'élève de nouveau.
Les tempérants, tels que boissons fraîcbes, lotions d'eau froide au vinaigre sur le corps, bains frais, allusions froides à :20 degrés, sunt d'utiles auxiliaires, soit au début, soit dans le cours de la lièvre et seluii la nature du mal et des complications. Avec une lotion froide la lempéraluie tombe de 1 degré à i",5.
Viennent ensuite les controstimulants et parmi eux les alcalins : le mercure, le plomb, Tanlimoine, le quinquina et le sulfate de quinine, la véra- Irine, la digitale, l'acide pbénique, etc.
Les alcalins all'aiblissent le pouls, donl ils diminuent la fréquence, et il> diminuent la cbaieur. Sous ce rapport, le nitrate et l'acétate de potasse, le sulfate de st)ude, le clilorate de soude et de potasse sont très utiles conliv l'état IV'brile des pblegmasies.
Les antiinoniauv, tels que le kermès et surtout l'émétique, sont de trè> fnergitjues contro-sliinulnnls, ayant pour eti'et d'augmenter les sécrétions, (le diminuer l'absorption, el, par suite, de ralentir le pouls en même temji> (|u'ils abaissent la chaleur fébrile. Les antifermeniescihles sont Tacide plifni(]ue (|ui en lavement à la d(»se de 0 à [^1 grannnes par jour diminue lielorlemoiil la l»Mnpérature fébrile.
hi' tous les lemp>Tants t*t conlro-slimulanls, les meilleurs sont léiiielique, la vi'ialriue, la (juinine el la digitale, car ils diminuent la fréciueiu»' (lu pouls cl abaissent la lempérature profonde. Avec l'émétique dans les angines ou au iltlmt lit' la lièvre l\pliouio, on abaisse considérablement la leni|H'raUnv ijui loinl)t' nionieiilanouR'nl de 1 à -2 et o degrés, et l'on raoditio 1res iiolabloiuenl le /i;:/ag habiluel du tracé thermique de cette nia- Liilie.
Au contraire, dans h-s nialailies algiiles. lellos que le choléra, le srlerèino, la eoiigclatii^n, et dans lo cas de iluonicile ou de convalesc*Mne. dans le>quels la leinpiMatiuv tend à s'abaisser, les stimulants, tels que ral(HH>L le vin, le eak, le muse et les boissons aromati(|ues chaudes S'Uit les inoNens dont l'ctal de la lenipcratuie du corps indi(|ue le plus rat iounellenienl l'emploi.
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