‹ Traité de diction et de lecture à haute voix. Le rhythme--l'intonation--l'expressionChapitre 10 sur 34 · F,/|F,/1F, /'IF, /-IF, /'1F,/|F, /|F · texte numérisé non relu

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ms considérons que le temps peut être divisé en '6 parties au lieu de deux, le commencement de

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chaque partie sera relativement fort. Un temps se présentera ainsi sous cette forme :

Forte.

Forte. I Faible.

Faible.

Forte. Faible

Si, au lieu d'être partagé en quatre parties, le temps est divisé en trois parties égales, la seconde partie sera à cheval sur le milieu du temps et nous offrira le phénomène bien connu des musiciens sous le nom de syncope :

Forte. : Faible.

Syncope.

Il n'y a pas d'autre division du temps. Je ne parle ici que de la division du temps et non de celle de la mesure ; car, dans la mesure à trois temps ^ il n'y a pas de syncope, mais trois temps successifs. Tous les mois et tous les groupes grammaticaux se répartissent dans le tempSy selon Tun de ces trois types de division. Et comme le second type de division rentre dans le premier, on peut dire qu'il n'y a que deux modes de division pour le temps, le mode binaire (c'est-à-dire en deux parties égales) et le mode ternaire (c'est-à-dire en trois parties égales). La voix passe avec une très grande facilité d'un mode à l'autre. La faculté analytique de noire oreille est sous ce rapport d'un grand secours pour la musique, car si celle-ci peut facilement, dans

les mesures composées, passer de la division ternaire du temps à la division binaire au moyen de notes pointées, elle est impuissante, dans les mesures simples, à passer de la division binaire à la division ternaire du temps au moyen d'une notation exacte ; elle.est obligée, par Tindication de ce qu'on appelle un triolet, de s'en remettre à la faculté analytique de l'oreille du chanteur pour opérer cette division.

Nous allons faire passer successivement sous les yeux du lecteur des mots et des groupes grainmaticaux de une, de deux, de trois, de quatre, de cinq, de six et de sept syllabes. Nous poserons préalablement cette condition essentielle que la syllabe tonique, qui est par excellence la syllabe forte d'un mot, doit occuper la partie forte d'un temps. Les seules exceptions à cette loi ne sont qu'apparentes; c'est lorsqu'un groupe de mots, grammaticalement ou logiquement inséparables, porte sur la partie forte du temps la tonique finale et prépondérante. Nous engageons les professeurs, dans les exercices suivants, qu'ils pourront modifier et multiplier à Tinfini, à faire battre le temps, et à employer à cet effet le battement horizontal en portant la main alternativement de droite à gauche et de gauche à droite. Naturellement, pour plus de simplicité, nous supposons les temps toujours égaux, c'est-à-dire le mouvement uniforme. Ce n'est que dans la troisième partie que nous aborderons l'étude de l'accélération et du ralentissement du mouvement. D'ailleurs, dans ces premiers exercices, il iil'y a aucune raison de modifier le mouvement.

Afin de ne pas aborder tous les problèmes à la fois,

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nous avons choisi des exemples courts et nous les avons même coupés par des temps vides, remplis par un tire(> qui offriront aux élèves un repos et Toccasion de respirer.

Ne m*occupant pas dans cet ouvrage de la métrique du langage, j'ai cependant trouvé le moyen de la faire comprendre et de l'indiquer en supposant partout le temps soumis à la division ternaire. En effet, dans un temps rempli par une syllabe et un silence, la syllabe sera longue, tandis que, dans un temps rempli par deux silences et une syllabe, la syllabe sera brève. Le lecteur se rappellera en outre Tinfluence qu'a sur la quantité d'une syllabe sa position sur la partie forte du temps. Quand trois syllabes remplissent le temps, la première est longue, sauf quelques exceptions (quand par exemple il n'y a pas de cadence), et vaut la moitié du temps; les deux autres syllabes sont brèves et valent chacune un quart de temps. Dans ce cas, on voit que nous soumettons instinctivement la moitié du temps à une subdivision binaire. Quand le temps est rempli par deux syllabes, si elles ne sont pas de valeur égale, ce qui arrive quelquefois, la première est longue, et vaut deux brèves ou deux tiers de temps.

En réalité tous les hommes, sans connaître la théorie de la métrique du langage, l'appliquent naturellement et sans difficulté. Les lecteurs devront donc, dans les nombreux exercices qui suivent, s'abandonner à leur instinct. C'est leur connaissance certaine de la métrique, bien qu'elle soit inconsciente chez la plupart d*entre eux, qui me permet de ne pas multiplier les si*-

gnes prosodiques. Nous nous exprimons, premièrement, en divisant notre phrase en parties principales, qui se terminent sur une demi-cadence mélodique, dont le rapport plus ou moins simple avec le son fondamental correspond au rapport logique de ces parties avec le tout ; deuxièmement, en divisant à leur tour ces membres de phrase en groupes grammaticaux, qui se distinguent les uns des autres par une cadence prosodique, c'est-à-dire en allongeant la dernière syllabe accentuée du groupe. Nous divisons donc notre discours dans ses plus petites parties au moyen des cadences prosodiques sur lesquelles nous nous reposons un temps plus ou moins long. La cadence prosodique, en effet, peut valoir un tiers de temps et dans ce cas n'est sensible que par rictus rythmique, ou un demi-temps, ou deux tiers de temps, ou trois quarts de temps ou le temps tout entier.

Voici le tableau de ces cadences différentes, en face desquelles nous plaçons les valeurs relatives de la syllabe longue cadencée et des syllabes brèves.

1° u u u (3 syll.) Brève = 1/3 temps, 2° — u u (3 syll.) Longue = 1/2 temps; brève = 1/4 de temps. 3° — u (2 syll.) Longue = 2/3 temps; brève = 1/3 de temps, ¥ — u (2 syll.) Longue = 3/4 temps; brève = 1/4 de temps, 5** — (1 syll.) Longue = 1 temps.

Nous rappellerons ici que les temps sont séparés les uns des autres par des parenthèses, et que par conséquent la syllabe cadencée, c'est-à-dire longue, est tou-

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jours celle qui suit immédiatement la parenthèse. Les étoiles correspondent aux silences de la musique et elles ont la valeur relative variable d'une syllabe brève. Au surplus, à mesure que les exemples passeront sous les yeux du lecteur, nous ajouterons les explications qui nous paraîtront indispensables.

1** Mots d'une syllabe, — Les mots d'une syllabe, quand ils sont isolés et ne font pas partie d'un groupe logique ou grammatical, se placent naturellement dans le temps qu'ils occupent toutenlier ou dont ils occupent la partie forte. Exemple :

) Va, ) cours, ) fuis, ) meurs ).

Si les mots n'occupent que la partie forte des temps, nous aurons, en complétant chaque temps par un silence :

) Va, ^ ) cours, ^ ) fuis, ^ ) meurs ).

Autre exemple :

) Air, * ) jour, ^ ) vent, ^ ) ciel, ^i, ) mer ).

Dans le premier de ces trois exemples, chaque mot est une longue valant trois brèves ; dans les deux autres, les mêmes mots ne sont plus que des longues valant deux brèves.

2° Mots ou groupes de deux syllabes, — Les syllabes toniques doivent occuper la partie forte des temps. Exemple :

) ^ Jar ) din, )^^ mai ) son, ) ** fo ) yer). — ) ^ Es ) poir, )^bon)té, )^^sou)ci).

îi TRAITÉ DE DICTION. - 1. LE RYTHME.

Oa voit, dans ces exemples, que les syllabes Jar, mai, fo, es, don, sou sont des brèves de position, tandis les syllabes accentuées din, son, yer, poir, ié, nt des longues de position. En resserrant ces mômes i dans les temps, on conservera aux syllabes leur ilité de position, et le lecteur aura soin de faire sen- 3S cadences prosodiques, déterminées par Talionenl des syllabes toniques din, son, etc.

ar)din, mai)son, fo)yer}. — ) ,^,1^ Esjpoir, bon}té, soujcî),

:emple de groupes grammaticaux de deux syl-

B } jour, ) !(a« le ) vent, ) *# le) ciel,) «« la) mer) ,|^ et ) l'air).

ien en resserrant ces groupes, avec les mêmes pro-

s de diction que précédemment :

) ## Le ) jour, le ) vent, le ) ciel, la ) mer et ) l'air).

.emple de groupes inséparables avec tonique finale ondérante ;

îeau ) jour, } «« bon ) vent, ) ^ beau ) ciel, ) ^ air) pur, ) ^^ mer ) bleue ).

D resserrant les groupes :

leau)jour, bon)vent, beou)ciel, air}pur, mer)bleue).

ns le cas d'une syllabe féminine terminant un mot eux syllabes, la répartition dans le temps, si elle le, est exactement la même :

) ,M, Bon ) vent, mer ) bell', air ) pur ).

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Si elle ne s'élide pas, premièrement on pourra lire, en espaçant les groupes :

) ^^ Bon ) vent, ) ^,^5,^ mer ) belle, ) ^r* ciel ) pur ).

Ou en les resserrant :

) ^^ Bon ) vent, mer ) belle, ciel ) pur ).

Deuxièmement, on pourra lire, en achevant la cadence sur le temps suivant, et en espaçant les groupes :

) ^^ Bon ) vent, ) ^^ mer ) bel- ) le, ^ ciel ) pur ).

Ou en les resserrant :

) 3|fejt Bon ) vent, mer ) bel- ) le, ^ ciel ) pur ),

En lisant ces exemples, le lecteur comprendra très nettement relTet de la cadence et la sensation de repos momentané qu'elle procure à Toreille. On se sert naturellement de la cadence pour unir sans les confondre deux groupes grammaticaux qui, à la rigueur, pourraient être séparés par une césure. La quantité intentionnelle que Ton donne à la syllabe suspend un instant pour Toreille l'émission successive des sons. Les cadences se font aussi bien sur un mot à terminaison masculine que sur un mot à terminaison féminine; seulement, dans le second cas, le mot reporte la syllabe féminine sur le ^mp^ suivant. Souvent, quand la syllabe suivante doit occuper la partie initiaient forte du temps, la syllabe féminine se retire sur le temps précédent, et le mot achève ainsi sa cadence sur le temps qui con-

il TRAITÉ DE DICTION. - !. LE RYTHME,

tient sa syllabe tonique. Nous en verrons des exemples.

3" Mots ou groupes de trois syllabes. — Dans les

mots de trois syllabes, la première sera forte, en vertu

de ce principe que la syllabe initiale d'un groupe de

Bs inséparables est toujours forte ; elle sera donc

i sur la partie forte du temps et deviendra longue

L position.

■ ) tir, ) diri ) ger, ) détour ) ner, ) vête ) ment, } horî ) ger, } mater ) nel, ) labou ) reur, } vani ) té).

n resserre ces mots dans les temps, la voix soumet '.ps à une subdivision binaire. Les syllabes toniiccupent la première moitié forte du temps, et les )remicres syllabes de chaque mot se partagent la le moitié faible.

ver ) tir, dirl ) ger, détour ) ner, vête ) ment, horlo ) ger, mater ) nel, labou ) reur, vani ] tè ).

llabes accentuées tir, ger, ner, vient, elc, sout les longues valant un demi-temps, tandis que les ;s diver, diri, détour, vête, etc., sont des brèves chacune un quart de temps, groupes grammaticaux se disposent de même :

n'ai ) pas, ] tu von ) lais, j nous cou ) rong ). — ] La ion } de mon ) père ]. — ) J'ai fl ) ni ) mon de } voir ). ai frap ) pé ) sur le ) sol ). — ) J'aime ) rais ) le si- ) et ta ) paiï ).

serrant ces groupes et en employant la subdivi-

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sion binaire, qui permet de conserver les cadences nécessaires à distinguer les uns des autres les groupes séparables :

) ^ Je n'ai ) pas, lu vou ) lais, nous cou ) rons ). — ) jjf La mai ) son de mon ) père ). — ^ J'ai fi ) ni mon de ) voir ). — ) ait J'ai frap ) pé sur le ) sol ). — ) ^ J'aime ) rais le si- ) lenc' et la ) paix ).

Voici maintenant quelques groupes à tonique prépondérante :

) As-tu ) donc ) tout per ) du? ). — ) As-tu ) donc ) perdu ) tout? ). — ) N'a-l-il ) pas) un grand ) front? ). — ) N'a-t-ii ) pas ) le front ) grand? ).

Ou en resserrant les groupes, tout en conservant les cadences :

) ^ As-tu ) donc tout par ) du? ). — ) ^ As-tu ) donc perdu ) tout?). — ) * N'a-t-il) pas un grand ) front?). — ) ^N'a-t-il ) pas le front ) grand? ).

Dans les exemples suivants, j'introduis des finales muettes, et je marque nettement les cadences :

) Trop d'à ) lar ) mes m'assié ) geaient ). — ) # A la ) flam- ) me de mon ) feu ). — ) ^ La co ) le ) re du vain ) queur.

Dans chacun de ces exemples, les deux groupes séparables peuvent se souder plus étroitement Tun à l'autre, au moyen d'un affaiblissement de la cadence qui s'achève dans la première moitié du temps. Dans ce cas, la syllabe féminine devient fprcément très brève, car sa

quantité est restreinte à celle que lui laisse la syllabe tonique, sur ce demi-temps.

) ^ Trop d'à ) larmes m'assié ) geaient ). — ) ^ A la ) flamme de mon ) feu ). — )* La co ) 1ère du vain ). queur ^

Dans la conversation courante, les syllabes féminines sont syncopées, au sens grammatical de ce mot, et Toreille ne perçoit en quelque sorte ces phrases que sous cette forme : A la flamm' de mon feu. La colèf du vainqueur. .

4<> Mots et groupes de quatre syllwbes. — Dans ces mots, c'est la première syllabe qui sera forte; et recevra l'ictus rythmique. Les trois premières syllabes qui remplissent le temps ne sont pas équivalentes à une longue et deux brèves, puisqu'il n'y a pas de cadence ; elles doivent être assimilées à trois brèves dont la première recevra l'accent tonique. En fait, chaque syllabe figure dans le temps avec sa quantité naturelle.

) Débili ) té, ) virili ) té, ) tempéra ) ment ). — ) Obéis- ) sance, ) extrémi ) té, ) magistra) ture ). — ) Le voulez-) vous? ) Vous aime- ) t-il? ). — ) Il n'a rien ) dit ).

K*> Mots et groupes de cinq syllabes. — Dans ces mots, la seconde syllabe sera forte :

) #^|f Gré ) dibili ) té. ) ^.^f, At ) tendrisse ) ment. ) ^^^j^ Ci ) vilisa ) teur. ) ^^ Gir ) culaire ) ment ). — ) ^i^,^ Groit-) il m'effra ) yer? ). — ) ij^t^ Pour) quoi nous fuit-) il? ). — )^^ Quel )futsonef)froi?).

Dans les mots de cinq syllabes, la seconde n'est pas

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nécessairement longue ; mais dans les groupes elle est longue quand elle est le lien d'une cadence, comme dans les trois dernières phrases.

Naturellement, dans les groupes separables, la place de la première syllabe tonique influe sur la répartition des syllabes dans les temps, et Timportance des cadences varie suivant cette place. Voici quatre exemples, à chacun desquels la syllabe tonique avance d'un rang vers la droite :

) Crois ) et tu ver ) ras ). — ) ^^ Croit-) il m'effra ) yer? ). — ) 5,^: Pensez- ) vous par ) tir? ). — ) Tu m'as trom ) pé, ) traître ),

Nous allons resserrer dans les temps tous les exemples ci-dessus :

) eiHit Cré ) dibiii ) té, at ) tendrisse ) ment, ci ) vilisa } teur, cir ) culaire ) ment ). — ) ^^ Pour ) quoi nous fuit- ) il ? Quel ) fut son ef ) froi ). — ) Crois ) et tu ver ) ras. Croit- ) il m'effra ) yer? ) — ) ^ Pensez- ) vous par ) tir? ) Tu m'as trom ) pé, ) traître ).

6** Mots et groupes de six syllabes. — Dans ces mots, la première, la troisième et la dernière syllabe sont fortes. Nous pouvons ajouter que la première est attirée à la partie initiale du temps et devient longue.

) Dérai ) sonnable ) ment, ) fami ) liari ) té, ) arti ) culati ] on, ) respec ] tueuse ] ment ).

. Dans les groupes, la répartition dans les temps et

l'importance des cadences dépendront de la position re- lative des syllabes toniques :

) Pars, et) va voya) ger ). — )j(^ Par) tez et voya)gez).

— 1 « Part«z ) tous dès ce j soir ). — ) Emportez- ) vous

'reî ). — ) Je ne vous ) ai riea ) dit ). — ) ,^ Que

a-tril ) dit? ) Rien ). — ) * 11 lui ) a survé ) eu et lui

ioé ) dé ).

Mots et croupes de sept syllabes et plus. — Les Fort longs sont rares, et quand ils passent dans le irs ils nous occasionnent une gène incontestable ; ngs groupes n'offrent pas de difficulté s'ils ne rennt que des mois d'une longueur moyenne.

ci quelques exemples dont nous varierons la comon. 11 faut en les lisant faire attention de bien ler les cadences, c'est-à-dire de bien distinguer les es élémentaires entre eux par un accroissement antité qui porte sur leur dernière syllabe accen-

Nous nous ) som ) mes diver ) tis ). — ) # Noua nous

mes ) tous diver ) tis }. — ] i Nous nous ) sommes temps diver ) tis ). — ) « Nous nous ] sommes ) très temps diver) tis ). — ),* Nous) sommes )anéan) tis).

s se) sont ) impi ) toyable ) meut frap ) pés ). — )*[ls

int impi ) toyable ) ment frap ) pés ).

rès cette étude de délail, déjà un peu longue et nous avons cependant abrégée le plus possible, devons appeler l'attention sur quelques modiûcadans la dicUoDi dont les unes proviennent de va-

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riations dans la prononciation et les autres d'une intention particulière de celui qui lit ou qui parle. La diction est, en elTet, modifiée par la différence de prononciation qu'affectent, en poésie ou en prose, dans un langage châtié ou négligé, les mots où entrent les syllabes ia, iaiy ian, ié^ ien, ier, iety ieux, io, ion, toi, iu, oè, oua (mai y ouen, oué, oui, uel, ueu, ni, yo. Ces syllabes, dont la poésie et un langage châtié font entendre très souvent les deux sons composants, sont prononcées, en prose ou dans un langage négligé, d'un seule émission de voix et comme une diphtongue.

Exemples de mots et de membres de phrases, lus avec affectation de dissyllabisme :

) Une ) faute ) inexpi ) able ). — ) Un dis ) cours ) étudi ) é ). — ) jifjit Ap ) prendre à ) versifi ) er ). — ) C'est votre ) extéri ) eur } qui lui im ) pose ). — ) Vous a ) vez ) un carac ) tère ) impali ) ent ). — ) *^ A ) près la ré ) voluti ) on ) vient la ) contre-ré ) voluti ) on ). — ) ^ Nous vi ) vous ) sous un ) gouverne ) ment ) consli ) tulion ) nel ).

Les mêmes exemples, lus avec affectation de monosyllabisme :

) ^ Une ) faute inex ) piable ). — ) * Un dis ) cours étu ) dié ). — ) #^it Ap ) prendre ) à versi ) fier ). — ) ^i^* C'est ) votre exté ) rieur ) qui lui im ) pose ). — ) ^Vous a ) vez ) un carac ) tère impa ) tient ). — ) j^^ji^ A ) près la ) révolu ) tion ) vient la ) contre ) révolu ] tion ). — ) ^ Nous vi ) vous ) sous un ) gouverne ) ment cons ) titution ) nel ).

En lisant ces deux séries d'exemples, on se rendra

facilement compte que toute modirication dana la prononciation entraîne une modiRcation dans la durée et dans l'importance des cadences. Nous passons aux changements de diction qui proviennent de l'intention; •""'= nous n'avons pas ici en vue les changements dans ure du mouvement, mais seulement la modifieal'éprouve la répartition des syllabes dans les temps cours. Puisque, nous conformant en cela auK lois igage, nous avons adopté la division ternaire du , les moditlcalions les plus sensibles de la diction mdront de l'adoption soit du mode quaternaire 1 mode binaire, avec cette condition que le pre- )artoger8 le temps entre quatre syllabes et le sentre deux syllabes. Le premier imprime une grande té à la parole ; le second, un ralentissement très >\e. Tous deux amènent une rcpartitioa difîérente llabes, et la syllabe forte n'est pas la même dans lis modes de division. Voici un exemple qui suffira re en relief ces phénomènes divers, et dans lequel, )yen de deux modiQcations successives dans le e des syllabes qui composent le temps, nous feasser successivement la diction du mode ternaire de quaternaire et au mode binaire :

comptez- ) vous pour } rien ) sa gÉ ) nérosi j té? ). — I } générosi ) té? ). — ] Oui, ] sa ) gêné ) rosi ) té ),

exemple indique suftlsammenl, il me semble, le •t que le mode de division peut avoir avec l'intenae mode binaire martèle le langue. Le mode naire lui donne, au contraire, une certaine volubi-

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lilé ; tous deux sont, vis-à-vis Tua de l'autre, dans le rapport du simple au double.

Je m'arrêterai ici, mais sans croire avoir épuisé le sujet. Ce n'est que dans un cours oral que Ton peut examiner et résoudre tous les cas à mesure qu'ils se présentent. Au surplus, ce chapitre contient la matière de plusieurs leçons. Dans les commencements, il est nécessaire de battre le temps lentement et de lui donner la valeur d'une seconde. On pourra ensuite en diminuer la durée, c'est-à-dire le battre un peu plus vite, et, si l'on se sert d'un métronome, abaisser l'index de 60 à 80, 100, 120 et jusqu'à 160, qui nous représente le mouvement d'une conversation vivement conduite.

Avant de passer à un autre sujet, je présenterai quelques dernières observations. Les personnes qui ont lu à haute voix les exercices précédents ont éprouvé peutêtre un certain embarras et une légère hésitation qu'elles n'éprouvent pas dans la lecture courante. A cela il y a plusieurs causes. Il en est d'abord de la lecture comme de tout exercice. Quand nous séparons les différents temps d'un mouvement, qu'il s'agisse de la danse, de l'escrime, de la natation, nous éprouvons une gêne incontestable et nous mettons involontairement de la raideur dans l'exécution de ces différentes parties du mouvement. Qui ne sait cependant que la grâce et la souplesse finales sont dues à la précision avec laquelle nous avons premièrement appris à décomposer le mouvement général ? Ensuite, en marquant les temps par des battements de la main, nous en assurons, ce qui est nécessaire, la régularité et l'égalité; tandis que, dans le

langage, en supposant ici le mouvement uniforme, nous nous contentons d'une approximation. En elTet, notre oreille, dont la puissance analytique est bornée, nous laisse la possibilité d'augmenter ou de diminuer la durée, du temps d'une certaine quantité, qui nous représente l'erreur de temps permise, et qui est pratiquement inappréciable par nos organes. D'ailleurs, dans la diction, comme dans la musique, le temps n'est pas sou* mis à une appréciation mathématique; le jugement qu'en porte l'homme est conditionné par les émotions qui l'oppriment ou qui l'entraînent.

Enfin, il faut tenir compte des licences de langage que nous nous permettons à chaque instant dans la conversation ou dans une lecture négligée, licences qu'il faut répudier dans les premières leçons d'un enseignement rationnel, quitte à en faire l'objet d'une étude spéciale et à les pratiquer volontairement et judicieusement dans des circonstances déterminées.

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